Bienheureuse Marguerite Rutan

Benoît XVI s’est uni spirituellement aux fidèles présents à Dax (France), ce dimanche 19 juin 2011, pour la béatification de la Soeur Marguerite Rutan. Le pape, au stade de Serravalle dans la République de Saint-Marin, a évoqué la nouvelle bienheureuse, au cours de l’Angélus  qui « nous invite à nous adresser en prière à la Vierge Marie ».

Il a rappelé que cette Fille de la Charité, durant la seconde moitié du 18e siècle, « travailla avec beaucoup d’ardeur à l’hôpital de Dax » avant d’être « condamnée à mort pour sa foi catholique et sa fidélité à l’Église durant les persécutions tragiques qui ont suivi la révolution ».

« Je participe spirituellement à la joie des Filles de la Charité et de tous les fidèles qui, à Dax, prennent part à la béatification de Sœur Marguerite Rutan, témoin lumineux de l’amour du Christ pour les pauvres ».

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PETITE BIOGRAPHIE

Allons puiser à la source de la foi de Marguerite Rutan

UN DESTIN INATTENDU, MARTYRE DE LA FOI

Une femme rayonnante et pleine d’audace

Supérieure de l’hôpital de Dax, Marguerite est remarquable par son esprit d’entreprise, sa modernité, son efficacité pour le bien-être des malades. Devant l’ampleur des travaux à entreprendre pour l’aménagement du nouvel hôpital de Dax, elle ne se laisse pas accabler, au contraire, elle les réalise avec une excellente organisation. Elle dirige cet établissement avec intelligence et bonté, travaillant aussi bien avec les administrateurs qu’avec les employés. Sans bruit, elle les accompagne, les encourage, les soutient : tel est son charisme.

Une femme déterminée pour le Christ et fidèle à l’Église

Jusqu’au 18e siècle, la société française et l’Église étaient très liées. Mais en 1789, le pays va connaître de grands bouleversements. Le peuple dans la misère va faire basculer le pouvoir de la royauté. Un gouvernement révolutionnaire prend le pouvoir, il veut créer une société plus juste avec des pour tous. Des idées nouvelles sont véhiculées, on rédige la première « Déclaration des Droits de l’Homme ». Mais, progressivement, ce nouveau pouvoir devient un régime totalitaire, il décide une nouvelle organisation de l’Église de France en la séparant de Rome. De nombreux prêtres et religieuses dont Marguerite Rutan refusent de prêter le serment que les révolutionnaires leur imposent.

Une femme déterminée pour le Christ et fidèle aux pauvres

La Révolution trouve Marguerite Rutan en charge de l’hôpital de Dax avec 6 autres Filles de la Charité. Mais la situation devient plus critique. Leur sécurité leur demanderait de se cacher. Soumises à une menace mortelle, les Soeurs choisissent de ne pas abandonner le service des malades et de les servir jusqu’au bout. Leur amour des autres aura été plus fort que la mort.

Une femme sereine et courageuse jusque dans sa mort

En raison de sa fidélité au Christ et à l’Église, Marguerite est emprisonnée la veille de Noël 1793. Après trois mois et demi d’emprisonnement, elle est condamnée le  9 avril 1794, mercredi de la Semaine Sainte et exécutée dans les heures qui suivent. La dernière étape de sa vie nous interpelle plus particulièrement.
Marguerite fait preuve d’une grande capacité à résister à la violence « d’où qu’elle vienne » et à tout esprit de vengeance. Par son courage et sa sérénité devant les abus de la répression, Marguerite s’est efforcée de construire des relations de fraternité et de pardon. Elle est pour nous comme un phare qui éclaire au milieu des tempêtes. Que son témoignage clair et sans ambiguïté nous entraine à choisir sans compromis le bien des pauvres et de la justice pour tous.

(d’après le livret de béatification)