le Pape François à Guayaquil

Sanctuaire  de la divine Miséricorde - GuayaquilCe lundi, pour son premier jour entier en Équateur, le Pape passe une bonne partie de la journée à Guayaquil, la capitale commerciale du pays, située sur le Pacifique. Premier temps fort, sa visite au sanctuaire de la divine Miséricorde de la ville, le deuxième plus grand lieu de culte à Guayaquil, après la cathédrale. Le Pape François a pris le temps de se recueillir et a récité un « Je vous salue marie » avec les fidèles. « Jésus est là, pour chacun de vous, avec beaucoup de Miséricorde, la Vierge est toujours à vos côtés » a dit le pape avant de bénir la foule.

Se tenant sur 11 hectares, ce sanctuaire est une grande arche de pierre et de verre lancée vers le ciel et dont la construction s’est achevée en 2013. Entouré par une végétation luxuriante, il est né de la volonté de l’archevêque de Guayaquil qui devant l’afflux de pèlerins venant vénérer l’autel de la Divine miséricorde à la cathédrale, a décidé de le transférer ici. En Équateur, la dévotion à la Divine Miséricorde est très forte. Chaque 27 avril, un grand pèlerinage a lieu.

À quelques mois du second synode sur la famille, c’est un discours très fort que le Pape a lancé depuis Quayaquil. Un million de fidèles ont assisté sous le soleil à la messe célébrée dans l’immense parc de Los Samanes (379 hectares). La célébration était dédiée au thème de la famille, un pilier de la société équatorienne.

Extraits de l’homélie du Pape François –>

« La famille est l’hôpital le plus proche, la première école des enfants, le groupe de référence indispensable des jeunes, la meilleure maison de retraite pour les personnes âgées a dit le Pape François. Elle constitue la grande « richesse sociale’’ que d’autres institutions ne peuvent pas remplacer, qui doit être aidée et renforcée, pour ne jamais perdre le sens juste des services que la société prête aux citoyens ». Des services qui ne sont pas « une aumône, mais une vraie “dette sociale” à l’égard de l’institution familiale. La famille est aussi une petite Église, une « Église domestique » qui, avec la vie, achemine la tendresse et la miséricorde divine. Dans la famille, la foi se mélange au lait maternel a affirmé François, en expérimentant l’amour des parents, on sent proche l’amour de Dieu. »

« Les noces de Cana se répètent avec chaque génération, avec chaque famille, avec chacun de nous et nos tentatives pour faire en sorte que notre cœur arrive à se fixer sur des amours durables, fécondes et joyeuses. Ces noces de Cana sont un moment de famille joyeux : le vin est signe de joie, d’amour, d’abondance. Combien de nos adolescents et jeunes perçoivent que, dans leurs maisons, depuis un moment, il n’y en a plus ! Combien de femmes seules et attristées se demandent quand l’amour s’en est allé, quand la vie s’est obscurcie ! Combien de personnes âgées se sentent exclues de la fête de leurs familles, marginalisées et ne s’abreuvant pas de l’amour quotidien de leurs fils, petits-fils et arrière-petits-fils ! » Cette métaphore du vin manquant peut aussi se constater « dans le manque de travail, les maladies, de situations problématiques que nos familles traversent, dans le monde entier. »

Le Saint-Père a rappelé la figure maternelle de Marie, toujours confiante dans son fils, n’hésitant pas à faire répéter aux fidèles : « Marie est mère ». « Elle est là, pleine d’attention et de sollicitude. Marie nous enseigne à remettre nos familles entre les mains de Dieu ; à prier, en allumant l’espérance qui nous indique que nos préoccupations sont aussi celles de Dieu. La famille est une école où la prière nous rappelle aussi qu’il y a un nous, qu’il y a un prochain proche, sous les yeux : il vit sous le même toit, partage la vie et se trouve dans le besoin ».

« Au sein de la famille, personne n’est rejeté . Une mère aime ses fils comme ils sont, tous ont la même valeur » a poursuivi le Saint-Père, reprenant une image enseignée par sa mère, qui comparait sa famille aux cinq doigts de la main, en disant qu’une douleur au pouce est aussi grande qu’une douleur à l’auriculaire. « La famille est le lieu où l’on apprend à demander permission avec respect, à dire « merci » comme expression d’une juste évaluation des choses qu’on reçoit, à dominer l’agressivité ou la voracité, et à demander pardon quand on cause un dommage. »

« Le meilleur des vins reste à venir, pour chaque personne qui se risque à l’amour, même si tous les paramètres et les statistiques disent le contraire ; même si les familles traversent des difficultés. En famille, les miracles se font avec ce qu’on a, avec ce qu’on est, avec ce que l’on a à portée de main. Ce n’est pas toujours l’idéal, ce n’est pas ce dont nous avons rêvé, ni ce qui « devrait être ». Mais à Cana, le meilleur vin est sorti du pire endroit, les jarres de purification où tout le monde avait lavé ses péchés. Murmurez-le jusqu’à le croire : le meilleur vin reste à venir et susurrez-le aux désespérés ou aux mal-aimés. Dieu s’approche toujours des périphéries de ceux qui sont restés sans vin, de ceux à qui il ne reste à boire que le découragement ; Jésus a un faible pour offrir en abondance le meilleur des vins à ceux qui pour une raison ou une autre, sentent déjà que toutes leurs jarres se sont cassées. (…) La famille, aujourd’hui, a besoin de ce miracle. »