Saint Gabriel dell’Addolorata

couronnement de la Vierge cathédrale de SpoleteSaint Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs (François Possenti) était originaire d’Assise. A 17 ans, il entra chez les religieux passionnistes (Congrégation de la Passion). Cinq ans après, à 24 ans, encore séminariste, à Isola del Gran Sasso dans les Abruzzes, le 27 février 1862, tuberculeux et atteint d’une grande souffrance qu’il supporte joyeusement, il offre sa vie à Dieu. Il vécut sa dernière année dans une union à Dieu très profonde et une charité fraternelle des plus délicates. Il a été proposé par l’Église comme patron des novices et des séminaristes.

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François Possenti naquit le 1er mars 1838 à Assise. Dès son enfance il manifesta une véritable dévotion à Marie, et aimait à l’invoquer par ces mots : « Mamma mia ! » Ce n’est pas à dire que François fût sans défauts et déjà un saint ; s’il l’est devenu, ce n’est que grâce à de sérieux et persévérants efforts. Car naturellement il était emporté et violent, avec un goût très prononcé pour la mondanité, le théâtre et la danse, il aimait les compliments que lui valaient sa distinction et sa belle voix.

Il songea de bonne heure à se donner à Dieu dans l’Ordre de Saint-Paul de la Croix ; mais il reculait toujours, laissant résolutions et promesses, pour retourner aux plaisirs de la frivolité. Pour le décider il fallut une intervention directe de Marie. Un jour qu’il suivait à Spolète une procession où l’on portait une statue de la Sainte Vierge, donnée jadis par Frédéric Barberousse, le jeune homme vit soudain la sainte image s’animer, jeter sur lui un regard plein de tendresse, et lui adresser ces paroles : « François, le monde n’est plus pour toi ; il te faut entrer en religion ». — Terrassé comme saint Paul sur le chemin de Damas, François sort de la foule, et cherche un endroit écarté pour donner un libre cours à ses larmes. Il rentre chez lui, change de façon de vivre, endosse un cilice et se prépare à obéir à Marie. Le 5 septembre 1856 il disait adieu à sa famille et quittait Spolète pour entrer au noviciat des Passionnistes à Morrovallé.

Au noviciat on lui donna le nom de Gabriel dell’Addolorata (Gabriel de Notre-Dame des Douleurs), nom bien approprié à sa dévotion envers la Mère de Dieu.

En changeant d’habit et de nom, le novice changea également de vie. Dès ce moment il montra au service de Dieu une ferveur qui ne se démentit jamais. En aucun moment de sa vie religieuse on ne constatera chez lui la moindre infraction aux prescriptions de la règle. On rapporte que le pape Clément VIII disait un jour : « Que l’on me désigne une personne religieuse qui ait persévéré en l’exacte observance de ses règles pendant sa vie. Que l’on m’en donne un témoignage certainement suffisant, je ne veux pas d’autre marque de sa sainteté pour le canoniser. » Ce fut ce genre de sainteté que pratiqua Gabriel, pendant sa carrière de novice et de jeune religieux. Il ne fit qu’accomplir ses règles ; mais il le fit avec la charité parfaite qui voit dans chacune d’elles la volonté de Dieu.

Son obéissance était si exacte envers tous qu’on aurait dit qu’il avait pris pour devise ce mot de saint François de Sales : « Tant de condescendance que vous voudrez, pourvu que Dieu ne soit pas offensé. » Sa pureté était protégée par une telle modestie qu’il évitait de porter ses regards sur le visage de qui que ce fût. A la pratique de l’humilité il joignait un air affable et souriant, où il n’y avait rien de guindé. Serviable envers tout le monde, il était à l’affût de toutes les occasions de rendre service avec le plus complet désintéressement.

Ainsi se passèrent ses six années de vie religieuse. Il suivait les cours de théologie à Isola del Cran-Sasso (Naples), quand il fut atteint de phtisie pulmonaire. Il succomba le 27 février 1862, en serrant étroitement sur son cœur l’image de Jésus mourant et de Marie au pied de la croix.

La dévotion populaire commença aussitôt à l’entourer ; et la confiance des fidèles fut récompensée par d’éclatants miracles.

J.-M. Planchet, cm