LA CHARITÉ DE MARIE

Marie est une femme qui aime. Dans l’exquise délicatesse de sa charité, elle sent profondément les nécessités d’autrui. Dès qu’elle les connaît, elle agit avec spontanéité et décision pour porter secours.

Nous le percevons d’abord à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Évangiles de l’enfance.

Le premier acte de la Vierge, devenue Mère de Dieu en prononçant son « fiat », a été précisément un acte de charité envers le prochain.

L’Ange Gabriel lui révèle que sa cousine est sur le point d’être mère, et sans hésiter, elle se met en route pour s’engager dans un service de charité auprès d’Élisabeth où elle demeure environ trois mois, jusqu’à la fin de sa grossesse.

À la naissance de Jésus, même état de choses : Marie contemple son Fils, mais cela ne l’empêche pas de l’offrir à l’adoration des bergers et des mages.

Quand, après trois jours d’anxieuses recherches, elle retrouve Jésus au temple, la Vierge, qui a tant souffert de sa disparition imprévue, cache sa douleur sous celle de Joseph : « Voici que ton père et moi, tout affligés, nous te cherchions » (Luc 2, 48).

Aux noces de Cana, elle seule s’aperçoit de l’embarras des époux du fait que le vin vient à manquer (Jean 2, 1-11).

« Nous voyons, dit Benoît XVI, l’humilité aimante avec laquelle elle accepte d’être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son Fils doit fonder une nouvelle famille et que l’heure de sa Mère arrivera seulement au moment de la croix, qui sera l’heure véritable de Jésus. Alors, quand les disciples auront fui, elle demeurera sous la croix (Jean 19, 25-27); plus tard, à l’heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d’elle dans l’attente de l’Esprit Saint (Actes 1, 14). » (« Deus caritas est », 41).

Marie nous enseigne que, lorsque l’amour pour Dieu est vraiment total, il s’épanouit tout naturellement en un amour généreux pour le prochain. Elle est ainsi, « par-dessus tout, témoin actif de l’amour qui édifie le Christ dans les coeurs» (Paul VI, Marialis cultus, 37). ■

Jean-Daniel Planchot