Parole de Dieu, pauvres, jeunes et médaille miraculeuse

Sr Evelyne Franc

Rome, mardi 14 octobre 2008 – Soeur Evelyne Franc, supérieure générale des Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, a témoigné ce mardi matin au synode des évêques, durant la treizième congrégation générale :

1. « la Parole de Dieu au cœur de notre vie ».

« La Parole nous réveille chaque matin et nous accompagne au long du jour à travers la liturgie des heures, l’Eucharistie, les temps de prière et de service. Elle est à la fois douce comme le miel et amère comme le fiel; elle conforte et bouscule, provoque à avancer au large, nous désinstalle ».

« Le partage de la Parole (lectio divina)  ranime l’engagement apostolique, est facteur d’unité et chemin de pardon, de réconciliation et de discernement ».

« Il est encore plus nécessaire à notre époque où, dans les cinq continents, les Sœurs en proximité de cœur et de vie avec les pauvres, sont parfois confrontées à des situations de difficulté extrême. Le partage de la Parole fortifie alors leur sens d’appartenance au Christ, les relie à la communauté qui les envoie, à la mission de l’Église ».

2. « L’annonce de la Parole à travers notre service des pauvres. »

« la Parole pousse à servir non seulement pour combattre la faim matérielle, la misère, elle nous pousse aussi à travailler pour un monde où tous soient respectés » et à « dénoncer les injustices ». Une double lecture de la Parole s’impose : lire la vie des pauvres à la lumière des Écritures et lire les Écritures du point de vue des pauvres ; ils sont sacrement du Christ au milieu de nous, ces pauvres qui nous évangélisent ».

« En conclusion, deux mots sur l’annonce de la Parole dans la pastorale des jeunes et la piété populaire. »

« Les jeunes des cinq continents répondent avec enthousiasme aux défis lancés lors des JMJ :

‘Vous êtes le sel de la terre …
Vous êtes la lumière du monde’ (Mt 5,13-14) à Toronto,
‘Nous sommes venus L’adorer’ (Mt 2,2) à Cologne,
‘Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous.
Vous serez alors mes témoins’ (Ac 1,8) à Sydney.

Les jeunes attendent de nous de tels défis et sont prêts à les relever quand nous cheminons à leurs côtés, vivons de cette Parole et savons la leur expliquer ».

Enfin, à propos de piété populaire, Sœur Evelyne a mentionné la « médaille miraculeuse ». « Offerte à tant et tant de personnes à travers le monde, c’est un humble outil catéchétique, un résumé de l’histoire du salut qui permet d’annoncer la Parole de Dieu. Cette Parole, Marie, la femme eucharistique, notre modèle de vie spirituelle, l’a reçue pleinement et nous la partage totalement ».

La médaille miraculeuse

La médaille, appelée « miraculeuse » du fait des guérisons miraculeuses obtenues par l’intercession de la Vierge Marie, remonte aux apparitions de celle-ci à Catherine Labouré, novice des Filles de la Charité, en la chapelle de la rue du Bac à Paris en 1830.

Catherine Labouré a reçu de la Vierge Marie la mission de faire frapper une médaille sur le modèle qu’elle lui montrait et de la distribuer aux pauvres et aux malades, en recommandant de la porter au cou avec confiance et de dire la prière gravée sur l’ovale : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

A partir de la médaille une catéchèse biblique peut expliquer le sens de l’attitude de la Vierge qui écrase le serpent, et le sens de l’intercession de Marie dont les mains rayonnent, du fait des grâces répandues sur le monde, mais tous les rayons ne sont pas lumineux : d’autres grâces sont encore à demander.

C’est ce que font notamment chaque jour les milliers de fidèles qui s’approchent de l’autel de la Chapelle des Apparitions, rue du Bac à Paris, en intercédant pour leurs proches et pour le monde.

L’avers de la médaille évoque le sacrifice du Christ en Croix pour toute l’humanité, la présence de Marie au pied de la Croix, il nous rappelle que l’amour est vainqueur, comme le symbolisent les deux cœurs de Jésus et Marie, représentés sous le M. Les douze étoiles se rattachent à la vision de l’apocalypse de saint Jean – la femme couronnée d’étoiles, la lune sous ses pieds – mais aussi à l’histoire du salut qui passe par les douze tribus d’Israël et l’envoi en mission des douze apôtres du Christ Jésus.