suite et fin du voyage en Arménie

voyage apostolique en ArménieLa prière pour la paix célébrée samedi 25 juin au soir sur la Place de la République, au centre de la capitale Erevan, a été le point d’orgue du voyage du Pape François en Arménie. Ce rassemblement œcuménique fut l’occasion pour le Saint-Père de répéter son message de paix et de remercier l’Arménie pour sa constance dans la foi chrétienne.

Ce dimanche 26 juin, le Pape François a participé à la Divine Liturgie selon le rite arménien de St Grégoire l’Illuminateur. Cette célébration très solennelle a été présidée par Sa Sainteté le Catholicos Karékine II, Patriarche suprême de tous les Arméniens.

La Divine Liturgie s’est déroulée à Etchmiadzin, le «Saint-Siège» de l’Église apostolique arménienne, situé à une quinzaine de kilomètre de Yerevan, la capitale. Fait exceptionnel : elle s’est tenue en plein air, -alors que la tradition religieuse locale prévoit la célébration des cultes à l’intérieur des églises-, sur l’autel de St Tiridate, construit en 2001, à l’occasion du 1 700e anniversaire du baptême de l’Arménie, première nation chrétienne de l’Histoire.

La liturgie, entièrement chantée, s’est divisée en quatre temps : la « préparation », la Liturgie de la Parole (synaxe), le canon du Saint-Sacrifice, la dernière bénédiction et renvoi.

Peu avant le terme de la célébration, et après l’homélie du Catholicos Karékine II, le Pape s’est adressé aux fidèles rassemblés sur la place pour une allocution centrée sur l’unité œcuménique : « Que l’Église Arménienne marche dans la paix et que la communion entre nous soit pleine. Qu’en chacun surgisse un fort élan vers l’unité, une unité qui ne doit être ‘ni soumission de l’un à l’autre, ni absorption, mais plutôt accueil de tous les dons que Dieu a donnés à chacun pour manifester au monde entier le grand mystère du salut réalisé par le Christ Seigneur, par l’Esprit Saint’ ». Il a en outre appelé à écouter « la voix des humbles et des pauvres, de tant de victimes de la haine, qui ont souffert et sacrifié leur vie pour la foi », à tendre  « l’oreille aux jeunes générations qui implorent un avenir libéré des divisions du passé », avant de demander au Catholicos Karékine II de le bénir, « ainsi que l’Église Catholique, et de bénir (notre) course vers la pleine unité »

Plus tôt dans la journée, au Palais apostolique d’Etchmiadzin, le Pape François a rencontré les 14 évêques de l’Église arménienne catholique, ainsi que les 12 prêtres présents dans le pays. La minorité catholique représente moins 8% de la population arménienne ; l’essentiel de cette communauté, estimée à 600 000 membres, vit en diaspora.

Puis Le Pape François et le Catholicos Karékine II ont signé une déclaration commune au Palais apostolique d’Etchmiadzin, à l’issue d’une rencontre avec les délégués et bienfaiteurs de l’Église apostolique arménienne.

Le préambule de ce texte s’attarde sur les « relations chaleureuses et fraternelles » existantes entre l’Église catholique romaine et l’Église arménienne apostolique. Cette proximité « dans la foi et l’amour » n’a cessé de se renforcer, depuis la visite du Saint Pape Jean-Paul II en 2001, à l’occasion du 1 700e anniversaire du baptême de l’Arménie, première nation chrétienne de l’Histoire. Le texte mentionne également un autre moment marquant dans l’histoire de cette relation : la messe solennelle célébrée le 12 juin 2015, en la Basilique St Pierre, à la mémoire des victimes arméniennes du « Metz Yeghern », les massacres de 1915. Au cours de cette émouvante célébration, le Pape François avait cité la déclaration commune signée par son prédécesseur St Jean-Paul II et le Catholicos Karékine II, laquelle évoquait «  l’extermination d’un million et demi de chrétiens arméniens, au cours de ce qui a traditionnellement été appelé le premier génocide du XXème siècle ».

Avant de regagner Rome, le Saint-Père s’est rendu en fin d’après-midi à Khor Virap, monastère situé près de la frontière turque. Une étape symbolique en hommage à saint Grégoire l’Illuminateur, père spirituel de l’Arménie. Pour cette visite dans l’un des lieux les plus sacrés de l’Arménie, le Pape était guidé par le catholicos Karékine II et les autres responsables de l’Église apostolique.