visite du Pape François au Sri Lanka

banners_Sri_Lanka_et_PhilippinesAprès un vol de près de dix heures, le Saint-Père a été accueilli à 9 h 30 locales à Colombo, capitale du Sri Lanka, le premier des deux pays asiatiques de son septième voyage apostolique. Comme Jean-Paul II, il visite ensemble ces pays, qui ont la plus forte proportion de catholiques.

Au Sri Lanka, en deux jours, il prendra part à une rencontre inter-religieuse, procédera à une canonisation et priera au sanctuaire marial de Notre Dame de Madhu.

Aux Philippines les trois jours suivants, il rencontrera notamment les victimes du typhon Yolanda et se rendra au sanctuaire de l’Enfant Jésus de Cebu.

A son arrivée, il a été accueilli par le nouveau chef de l’état, les corps constitués et un chœur de 2.000 enfants. Après le discours du Président, le Pape a prononcé le discours suivant : –>

« Ma visite au Sri Lanka est, en premier lieu, pastorale. En tant que pasteur universel de l’Église catholique, je suis venu pour rencontrer et encourager les catholiques de cette île, et aussi pour prier avec eux. Un point central de cette visite sera la canonisation du bienheureux Joseph Vaz, dont l’exemple de charité chrétienne et de respect pour toute personne, sans distinction d’ethnie ou de religion, continue, aujourd’hui encore, de nous inspirer et de nous enseigner. Mais ma visite veut aussi exprimer l’amour et la sollicitude de l’Église pour tous les Sri-lankais, et confirmer le désir de la communauté catholique de participer activement à la vie de cette société. C’est une continuelle tragédie de notre monde que beaucoup de communautés soient en guerre entre elles. L’incapacité à réconcilier les diversités et les désaccords, qu’ils soient anciens ou nouveaux, à fait apparaître des tensions ethniques et religieuses, souvent accompagnées d’accès de violence. Pendant de nombreuses années, le Sri Lanka a connu les horreurs de la guerre civile, et à présent il cherche à consolider la paix et à soigner les blessures de ces années. Dépasser l’héritage amer d’injustices, d’hostilités et de défiance laissé par le conflit n’est pas une tâche facile. Cela ne peut être réalisé qu’en faisant vaincre le mal par le bien et en cultivant les vertus qui promeuvent la réconciliation, la solidarité et la paix. De plus, le processus de guérison demande d’inclure la recherche de la vérité, non pas dans le but d’ouvrir de vieilles blessures, mais plutôt comme moyen nécessaire pour promouvoir la justice, la guérison et l’unité.

Je suis convaincu que les personnes qui appartiennent à des traditions religieuses différentes ont un rôle essentiel à jouer dans le processus délicat de réconciliation et de reconstruction qui est en cours dans ce pays. Pour que ce processus ait lieu, il faut que tous les membres de la société travaillent ensemble et que chacun ait droit à la parole. Tous doivent être libres d’exprimer leurs propres préoccupations, leurs besoins, leurs aspirations et leurs peurs. Mais, surtout, ils doivent être prêts à s’accepter mutuellement, à respecter les diversités légitimes et apprendre à vivre comme une unique famille. Chaque fois que les personnes s’écoutent humblement et de manière ouverte, les valeurs et les aspirations communes apparaîtront toujours plus visiblement. La diversité ne sera plus vue comme une menace, mais comme une source d’enrichissement. La route vers la justice, la réconciliation et l’harmonie sociale sera vue encore plus clairement. En ce sens, la grande œuvre de reconstruction doit inclure l’amélioration des infrastructures et pourvoir aux besoins matériels, mais aussi, et c’est encore plus important, elle doit promouvoir la dignité humaine, le respect des droits de l’homme et la pleine inclusion de tous les membres de la société. Je forme le vœu que les responsables politiques, religieux et culturels du Sri Lanka, prenant la mesure du bien et de la guérison qui résulteront de chacune de leurs paroles et de leurs actions, apportent une contribution durable au progrès matériel et spirituel du peuple du Sri Lanka.

Merci encore de votre accueil. Puissent ces jours que nous passerons ensemble être des jours d’amitié, de dialogue, et de solidarité. J’invoque les abondantes bénédictions de Dieu sur le Sri Lanka, la Perle de l’Océan Indien, et je prie pour que sa beauté resplendisse pleinement en faveur de la prospérité et de la paix de tous ses habitants ».

Après quoi le cortège papal a pris la direction de la capitale. La foule était telle sur le parcours que le ralentissement a contraint le Saint-Père à renoncer à sa rencontre avec l’épiscopat local, qu’il a récemment reçu à Rome. Le Cardinal Secrétaire d’Etat a été envoyé pour le substituer. Arrivé à la nonciature, il a déjeuné en privé avant de gagner par la route la présidence de la République pour un entretien avec le Président. Ensuite il a été présenté aux autorités gouvernementales et a assisté au lancement de l’émission philatélique commémorative du voyage papal.