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 de la Médaille Miraculeuse

 

« Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes sur les personnes qui auront confiance. »

Il est difficile de préciser la signification et la portée des Apparitions de la rue du Bac, première de toutes les inter­ventions mariales en notre époque moderne.

Pendant 46 ans, l’humble voyante de la rue du Bac, par ordre du ciel, a été obligée au secret absolu. Sainte du Silence, sa performance de secret et d’effacement a suscité l’admiration du pape-historien Pie XI qui l’a béatifiée. Le Père Aladel, seul confident de Soeur Catherine, n’a fait connaître que les faits utiles à la diffusion de la Médaille.

Le mystère de Marie et le mystère de l’Eglise

Pour entrevoir le message essentiel de la Médaille miraculeuse, on peut noter quel­ques points du mystère de la rue du Bac.

Une préparation au dogme de 1854

Le premier élément est, semble-t-il, que l’apparition de 1830 a préparé les esprits à la définition de l’Immaculée-Conception. Il paraît assuré que la Médaille Miraculeuse a suscité le courant prédominant de foi et d’invocation, pour ainsi dire le degré de pression spirituelle nécessaire pour la définition de 1854. Cette efficacité a d’ailleurs été enregistrée au Congrès romain du Cinquantenaire en 1904 et est reconnue par l’office liturgique de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse.

L’apparition parisienne et, sur un tout autre plan, la définition romaine, ont fait resplendir le Mystère de Marie-Immaculée dans la conscience ecclésiale. En une lumière en quelque sorte nouvelle, Marie est apparue comme « la Fille aînée de la Croix », c’est-à-dire comme la plus riche bénéfi­ciaire en même temps que la première partenaire du Rédemp­teur.

Bien loin de l’exclure de l’économie salvifique, le privi­lège originel de Notre-Dame ne s’explique que par sa vocation et sa mission au service du salut universel. Non pas en dehors ou au-dessus de l’Eglise : Marie, par sa grâce exceptionnelle, est vouée au service d’une Eglise dont elle est l’idéal achevé en même temps que l’auxiliaire efficace et irremplaçable. Pre­mière servante du Christ, elle est, jusqu’à la fin des temps, la première servante du Corps mystique de son Fils.

A l’aube du XIXe siècle, ces vérités de foi étaient obscurcies dans la conscience commune de la Chrétienté. Au lendemain de la tourmente révolutionnaire, la catéchèse et la foi mariales étaient d’une rare pauvreté. Même la prédication et les mani­festations de la piété populaire étaient réticentes ou indigen­tes.

La grande crise de 1789, non seulement avait ruiné les institutions chrétiennes de l’Ancien Régime, mais avait plus profondément encore ébranlé les ressorts et les réflexes de la foi en la plupart des âmes. On ne croyait plus. On ne priait plus. Partout prédominaient l’indifférence, le scepticisme ou l’hostilité. Les sacrements étaient délaissés ou négligés.

Au milieu de ces ruines spirituelles, l’Eglise se relevait laborieu­sement et timidement. Bientôt, elle aurait à faire face succes­sivement à l’apostasie rationaliste, scientiste et matérialiste et surtout à l’apostasie ouvrière.

Foi, prière et conversion

Les mariophanies du XIXe siècle, et, en tout premier lieu, celle de 1830, suscitèrent un réveil de foi, de prière et de conversion. Elles apportèrent une aide appréciable à la mis­sion évangélisatrice et sanctifiante d’une Eglise attaquée sur tous les fronts : intellectuel, institutionnel et social.

Dès 1832 ou 1833, des lettres épiscopales parviennent à la rue du Bac ou à l’archevêque de Paris, pour signaler que la foi renaît, que la prière refleurit, que des mouvements de conversion se dessinent à la suite de la diffusion de l’effigie de la rue du Bac, que le sens populaire dénomme déjà la médaille miraculeuse. « Foi, Prière, Conversion », telle est la trilogie biblique et évangélique que ce « moyen pauvre » entre tous renouvelle par la grâce miséricordieuse de Dieu. L’humble médaille suscite la foi comme jadis l’Evangile en Galilée et comme demain les pèlerinages à Lourdes.

Comme au temps du Christ historique, les pauvres sont les premiers bénéficiaires du message. D’ailleurs la Vierge des Pauvres n’a-t-elle pas confié son don aux filles de Monsieur Vincent qui sont par droit d’aînesse et par vocation propre les premières servantes des pauvres?

Mais les riches ne sont pas plus exceptés qu’aux temps évangéliques. Le miracle le plus éclatant de la médaille — aussi immédiat et décisif que celui du Chemin de Damas —n’a-t-il pour sujet un riche banquier israélite de Strasbourg, Alphonse Ratisbonne ? Un jugement romain en reconnaît le caractère miraculeux, que d’ailleurs toute la haute société européenne a enregistré avec étonnement.

Un signe d’espérance

Impossible de ne pas noter que les faits de la rue du Bac se situent sous un signe d’espérance spirituelle. Alors que le message pénitentiel de Lourdes s’inscrit en la quarantaine pascale de 1858, les faits de la rue du Bac se déroulent au temps liturgique de l’Avent 1830.

Sans en saisir la portée, la voyante a consigné par écrit que la grande Apparition de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse lui était survenue « le samedi soir, en la veille du premier dimanche de l’Avent ». L’Immaculée de la Médaille est venue confirmer et fortifier, la veille de temps particulièrement troublés, l’espérance ecclé­siale du peuple chrétien.

Avertissements et promesses, tel est le schéma biblique des prophètes et de la Reine des prophètes. Toujours présente, par vocation et mission, au mystère de l’Eglise, la Vierge glo­rifiée l’est plus que jamais, en signe d’espérance, aux temps de luttes et de renouveau.

A la rue du Bac, les prophéties abondent, précises et graves : « Les temps seront mauvais —le sang coulera — la croix sera méprisée — on ouvrira à nou­veau le côté du Christ » ; mais les promesses d’assistance et de salut prédominent : « On croira tout perdu — les grâces seront abondantes — je serai toujours avec vous. »

Les pro­phéties sont, semble-t-il, plus détaillées et plus graves que dans les autres mariophanies. Mais la promesse d’assistance et les gages de grâces sont aussi plus assurés et plus formels. Le message de 1830 annonce et enveloppe tous les autres messages du siècle.

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Le signe de la Vierge priante

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