ANNONCIATION

Reportée au 4 avril en raison de la Semaine Sainte cette année, la fête de l’Annonciation est normalement célébrée le 25 mars dans l’Église, neuf mois avant Noël. Voici ce que nous enseigne le texte évangélique de l’Annonciation (Luc 1, 28-38) :

  1. Annonciation - Philippe de Champaigne - Musée des Beaux-Arts de CaenLa Vierge Marie est un être exceptionnel. Elle est saluée comme pleine de beauté. C’est le texte du Nouveau Testament sur lequel l’Église s’appuie quand elle affirme l’Immaculée Conception.
  2. Le Messie est à la fois fils de David et fils de Dieu. Il réalisera les promesses de Dieu. Il sera à la tête d’un royaume, celui-là même que les Prophètes ont annoncé.
  3. La Vierge Marie demande comment Dieu peut vouloir à la fois sa virginité et sa maternité. L’ange répond : « Par la toute-puissance divine. » Le corps du Christ sera formé par le Saint-Esprit. Comme preuve de cette toute-puissance, il annonce la maternité prochaine d’Élisabeth.
  4. L’attitude de Marie est empreinte de foi et de générosité.
  5. Elle n’a pas accepté à la légère. Elle connaissait suffisamment les Écritures pour savoir qu’elle souffrirait. Cependant Dieu ne l’éclaire pas dans le détail ; il demande à Marie de s’en remettre à Lui, ce qu’elle fait : « Je suis la servante du Seigneur. »

Splendeur mariale que le mystère dont Saint Augustin s’exclamait dans une admiration étonnée : « Quel esprit pourra méditer, quelle langue pourra exprimer non seulement que le Verbe était au commencement, sans aucun principe de naissance, mais aussi que le Verbe s’est fait chair, qu’il a choisi une vierge pour en faire sa mère, une mère restée vierge… Qu’est cela ? Qui parlera ? Qui se taira ? C’est étrange à dire : ce que nous ne pouvons exprimer, nous ne pouvons le taire ; nous prêchons à haute voix ce que notre intelligence ne saisit pas » (Serm. 215, 3; PL 38, 1073).

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Voici ce qu’en a dit le pape émérite Benoît XVI :

  • Marie est la femme de l’écoute : nous le voyons dans la rencontre avec l’Ange et nous le revoyons dans toutes les scènes de sa vie, des noces de Cana jusqu’au jour de la Pentecôte, lorsqu’elle se tient au milieu des apôtres précisément pour accueillir l’Esprit. C’est le symbole de l’ouverture, de l’Église qui attend la venue de l’Esprit Saint.
  • Au moment de l’annonce, nous pouvons déjà entrevoir l’attitude d’écoute – une écoute réelle, une écoute à intérioriser, qui ne dit pas simplement oui, mais qui assimile la Parole, prend la Parole – à laquelle suit la véritable obéissance, comme s’il s’agissait d’une Parole intériorisée, c’est-à-dire devenue Parole en nous et pour nous, presque comme une forme de notre vie. Cela me semble très beau : voir cette écoute active, c’est-à-dire une écoute qui attire la Parole de façon à ce qu’elle entre et devienne en nous Parole, la reflétant et l’acceptant au plus profond du cœur. Ainsi, la Parole devient incarnation.
  • Nous le voyons également dans le Magnificat. Nous savons qu’il s’agit d’un tissu composé de paroles de l’Ancien Testament. Nous voyons que Marie est réellement une femme d’écoute, qui connaissait dans son cœur l’Écriture. Elle ne connaissait pas seulement certains textes, mais elle s’était tellement identifiée à la Parole que les paroles de l’Ancien Testament devenaient, synthétisées, comme un chant dans son cœur et sur ses lèvres. Nous voyons que sa vie était réellement pénétrée par la Parole, elle était entrée dans la Parole, l’avait assimilée et était devenue vie en elle, se transformant ensuite à nouveau en Parole de louange et d’annonce de la grandeur de Dieu.
  • Il me semble que saint Luc, se référant à Marie, dit au moins trois fois, peut-être quatre, qu’elle a assimilé et conservé les paroles dans son cœur. C’était, pour les Pères, le modèle de l’Église, le modèle du croyant qui conserve la Parole, porte en lui la Parole ; non seulement il la lit, mais il l’interprète avec son esprit pour savoir ce qu’elle a été à cette époque, quelles sont les questions philologiques. Tout cela est intéressant, important, mais il est plus important d’écouter la Parole qui doit être conservée et qui devient Parole en nous, vie en nous et présence du Seigneur.
  • Cela est évident : la Vierge est la parole de l’écoute, la parole silencieuse, mais également parole de louange, de l’annonce, parce que la Parole dans l’écoute devient à nouveau chair et devient ainsi présence de la grandeur de Dieu.

Benoît XVI, rencontre avec les prêtres de Rome, 26 février 2009