la Maternité de la Vierge Marie

Ma MèreDieu n’a pas voulu que la vie surnaturelle fût moins humaine que la vie naturelle, au contraire, ni que les enfants qu’il adopte en son Fils fussent à moitié orphelins. Et il a fait la Vierge.

Lui qui met au cœur des mères ordinaires des merveilles de tendresse, que ne mettra-t-il au cœur de la mère par excellence, dont l’amour pour son Fils Unique et pour ses fils d’adoption doit être en quelque manière le pendant du sien ? — Ce seront des combles, des miracles d’affection et de douceur, quelque chose de mystérieux comme la vie de la grâce à laquelle ils correspondent et comme l’incarnation qui est leur raison d’être.

Car, encore une fois, il n’y a que l’incarnation ; mais elle montre sa totalité en donnant aux hommes, comme mère, par une surnaturelle maternité, la mère de Dieu.

Si Dieu même fait qu’une Vierge soit mère, s’il fait qu’étant mère d’un Homme-Dieu elle soit mère de tout le genre humain, il ne lui inspirera pas seulement des sentiments maternels tièdes et réservés dont une mère ordinaire ne se contenterait pas.

La maternité divine est de l’ordre des choses infinies, et elle l’est en tant que maternité ; c’est donc en un amour maternel en quelque sorte infini qu’elle va s’exprimer. Mère de l’Infini, mère dans laquelle cet Infini devient la vie de l’humanité entière, elle sera en quelque sorte infiniment mère, et Dieu lui fera le cœur assez grand pour aimer en conséquence. 11 y va du sérieux, de la sincérité, du réalisme de l’incarnation…

II y a, dans le plan providentiel, un aspect de l’amour du Christ que les hommes ne voient bien qu’en regardant sa mère, comme il y a un aspect de l’amour de Dieu que les hommes ne voient bien qu’en regardant l’Homme-Dieu…

Là où n’est pas cette douce mère de grâce… Dieu même n’apparaît plus aussi bien comme un père, le Christ n’est plus aussi proche, l’Église n’est plus aussi familiale, le christianisme perd de son attrait accueillant. Il devient comme un temple protestant, sans présence vivante et sans autel ; un système ordonné mais froid : il n’y a plus de mère dans la maison. En refusant une partie du don de Dieu, c’est toute sa bonté que l’on a mise en doute, et tout le réalisme de l’incarnation.

E. MERSCH

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LA MATERNITÉ DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

C’est au Concile d’Éphèse, en 431, que fut proclamé le dogme de la maternité divine de la Sainte Vierge Marie. Marie est la mère de Jésus parce qu’elle lui a donné son corps et son sang; le Fils de Dieu a pris d’elle sa chair, il est son Fils et elle est véritablement Mère de Dieu. En 1931, à l’occasion du quinzième centenaire du grand Concile, Pie XI institua la fête au mois d’octobre.

L’Église a toujours magnifié la maternité divine de la Vierge Marie, qui associe de si près la Sainte Vierge à toute l’œuvre rédemptrice. Elle redit sans cesse son admiration pour le mystère de l’Incarnation qui s’est opéré en elle et sa joie pour le message de salut qu’elle a apporté au monde en nous donnant son Fils. En nous faisant vénérer ainsi la Mère du Sauveur, l’Église veut susciter en nos âmes un amour filial pour celle qui est devenue, dans la vie de la grâce, notre propre Mère, en nous donnant l’Auteur de la vie: « Nous tous qui sommes unis à Jésus-Christ et qui sommes membres de son Corps…, nous sommes sortis du sein de Marie comme un corps uni à son chef. Elle est notre Mère à tous, mère spirituelle mais véritablement mère des membres du Christ » (Pie X, Encyclique Ad diem illutri). Recourons avec confiance à l’intercession de la Très Sainte Vierge, comme l’Église nous y invite.