La Passion exprime la miséricorde de Dieu

Ô Croix dressée sur le monde Ô Croix de Jésus-ChristCe Vendredi Saint placé sous le signe de la miséricorde à Rome, au cours de la célébration de la Passion du Seigneur, dans la basilique Saint-Pierre, le prédicateur a appelé à «démythifier la vengeance», expliquant le rapport entre miséricorde et justice : «L’heure est venue de nous rendre compte que l’opposé de la miséricorde n’est pas la justice, mais la vengeance».

Une célébration sobre, animée par le chœur de la chapelle Sixtine, rythmée par la procession, la prostration, l’adoration, la vénération de la croix et par l’Évangile de la Passion selon saint Jean chanté par trois diacres. Tous les ans depuis 1980, c’est le prêtre franciscain Cantalamessa qui prononce le prêche, et non le Pape lui-même.

«Une des causes, peut-être la principale, de l’éloignement de l’homme moderne, de la religion et de la foi est l’image déformée que celui-ci a de Dieu, Inconsciemment, on relie la volonté de Dieu à tout ce qui est désagréable, douloureux, à ce qui porte atteinte à la liberté et au développement individuel, un peu comme si Dieu était l’ennemi de toute fête, de toute joie et de tout plaisir. Un Dieu hargneux et inquisiteur.»

«L’Année de la miséricorde est l’occasion pour ramener au jour la vraie image du Dieu biblique, un Dieu qui ne se limite pas à faire miséricorde, mais qui est miséricorde. Cela ne veut pas dire qu’il faille oublier ou sous-estimer la justice de Dieu : celle-ci est l’acte par lequel Dieu rend justes ceux qui croient en son Fils. Non seulement la justice de Dieu ne contredit pas sa miséricorde, mais c’est en cela qu’elle consiste !» « En pardonnant les péchés, Dieu ne renonce pas à la justice, mais à la vengeance.» 

Or, «la vengeance est devenue un mythe envahissant qui contamine tout et tout le monde, à commencer par les enfants. Une grande partie des histoires portées à l’écran et des jeux électroniques sont des histoires de vengeance, que l’on fait parfois passer pour une victoire du gentil héros.» «50%, voire plus, de la souffrance présente dans le monde vient du désir de vengeance, tant dans les relations interpersonnelles que dans les rapports entre États et peuples.»

La haine et la brutalité des attaques terroristes de cette semaine à Bruxelles «nous aident à comprendre la force divine contenue dans les dernières paroles du Christ: ‘Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font’». « La miséricorde est la seule chose qui puisse vraiment sauver le monde et tout particulièrement, ce qu’il y a de plus précieux et de plus fragile en ce moment dans le monde : le mariage et la famille.»