l’Ascension du Seigneur

Dans de nombreux pays on fête aujourd’hui l’Ascension. Voici ce qu’en disait Benoît XVI l’an dernier :

« L’Ascension marque l’accomplissement du chemin de salut entrepris lors de l’Incarnation. Après avoir instruit une dernière fois ses disciples, Jésus est monté aux cieux, quarante jours après Pâques.

Ne s’étant pas séparé de notre condition puisque, par son humanité, il a porté en lui les hommes au sein du Père, révélant ainsi la destination finale de notre pèlerinage terrestre. Pour nous il est descendu du ciel, pour nous il est mort en croix, pour nous il est ressuscité et retourné à Dieu, non plus un dieu lointain mais notre père. L’Ascension est donc le dernier acte de notre libération…

Lorsque les disciples virent le Maître être soulevé de terre, ils ne furent pas démoralisés mais envahis d’une grande joie, qui les poussa à proclamer la victoire du Christ sur la mort… L’Ascension nous dit bien que notre humanité est élevée dans le Christ à la hauteur de Dieu. Et chaque fois que nous prions, la terre atteint le ciel. »

De Saint Léon le Grand (pape 440-461)

« Aujourd’hui, bien-aimés, s’achèvent les jours de la sainte quarantaine qui ont suivi la Bienheureuse et Glorieuse Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ quand il releva le troisième jour par la puissance divine, le vrai temple de Dieu que l’impiété judaïque avait détruit. Cette période, établie par une économie très sacrée, a servi utilement à notre instruction, car, en prolongeant durant tout ce temps sa présence corporelle, le Seigneur donnait ainsi les preuves nécessaires à la foi en Sa Résurrection.

La mort du Christ, en effet, avait profondément troublé le cœur des disciples. Leurs esprits étaient appesantis de tristesse par le supplice de la croix, le dernier soupir, et la mise au tombeau du corps inanimé. Une sorte de torpeur née du manque de foi s’était insinuée en eux. Aussi les très saints Apôtres et tous les disciples que la mort sur la croix avait rendu tremblants et qui avaient hésité à croire à la Résurrection, furent à ce point fortifiés par l’évidence de la vérité qu’ils ne furent affectés d’aucune tristesse, lorsque le Seigneur partit pour les hauteurs des cieux, mais qu’ils furent même remplis d’une grande joie.

Grande et ineffable était en vérité la cause de leur joie ! En présence d’une sainte multitude, la nature humaine accédait à une dignité plus haute que celle des créatures célestes. Elle allait dépasser les chœurs angéliques et s’élever au-delà de la sublimité des archanges, elle ne trouverait à aucun niveau, si haut fût-il, la mesure de son exaltation jusqu’à ce que, admise à siéger près du Père éternel, elle soit associée sur le trône à la gloire de Celui qui l’avait unie dans son Fils à sa propre nature.

L’Ascension du Christ est donc notre propre élévation et là où a précédé la gloire de la tête, là aussi est appelée l’espérance du corps. Laissons éclater notre joie comme il convient, bien-aimés, et réjouissons-nous dans une sainte action de grâces. Aujourd’hui, en effet, non seulement nous sommes confirmés dans la possession du paradis, mais, en la personne du Christ, nous avons même pénétré les hauteurs des cieux; par la grâce ineffable du Christ, nous avons obtenu plus que nous n’avions perdu par la haine du diable.

Car les hommes qu’un ennemi venimeux a exclu du bonheur de leur premier séjour, le Fils de Dieu se les est incorporés pour les placer ensuite à la droite du Père avec lequel il vit et règne, dans l’unité du Saint-Esprit, car il est Dieu pour les siècles des siècles. Amen ».

 Sermon 73, 1° sur l’Ascension, nn. 1 et 4: Patrologie Latine (Migne) 54, 394-395 et CCL (Corpus Christianorum) 138, 450. 453-454