l’idéal qui doit nous orienter

Humanisme véritable et nouveau conformisme

Chers Fils et Filles,

A ceux qui se posent la question de savoir par quoi est guidée, en ce moment, notre pensée, sur la perfection humaine, sur l’idéal qui doit orienter l’homme moderne, bien des idées viennent à l’esprit, qui constituent l’une des caractéristiques de la mentalité des hommes de notre temps.

Ces pensées partent en général d’une évaluation négative des types d’hommes que nous proposait comme modèles la pédagogie des générations précédentes. Une critique effrontée et souvent acerbe démolit les hommes exemplaires qui nous ont précédés.

La stature des héros du passé est rabaissée et réduite à des niveaux souvent au-dessous de la normale. Mais, surtout, les représentants des générations proches de la nôtre sont immanquablement rejetés comme inaptes à enseigner quoi que ce soit aux générations nouvelles, et sont même accusés d’être coupables des situations inadmissibles que la jeunesse moderne aurait héritées d’eux.

Le bien que les anciens, ou les moins anciens, ont fait ou se sont efforcé de faire, tout doit être repensé et repris non seulement sans égard, mais en opposition aux données traditionnelles, que le temps et la maturité de la civilisation nous montrent comme le fruit d’immenses efforts, dignes d’honneur et de reconnaissance.

Tout est faux, dit-on; ou, du moins, tout est à abandonner et à refaire du type d’homme tenu jusqu’à hier pour exemplaire. On veut un humanisme nouveau.

On le veut si nouveau que l’on rejette continuellement les formules d’humanisme admises jusqu’à hier, jusqu’aujourd’hui, par les différentes écoles de pensée ou par les divers mouvements sociaux. De la recherche d’un humanisme nouveau, on tombe ensuite facilement dans le conformisme avec quelque auteur à la mode, discutable, mais à la mode.

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