LUMIÈRE DU CHRIST

Le Supérieur Général de la Congrégation de la Mission (Lazaristes) et des  Filles de la Charité nous avait donné au début de l’Avent une méditation. En tant qu’Associés de la Médaille Miraculeuse, il est bon juste avant Noël d’en reprendre à notre compte quelques extraits.

«La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » Jean 1, 5.

A tous les membres de la Famille vincentienne,

Que la grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ emplissent vos cœurs maintenant et toujours !

Par l’Incarnation de Jésus, Dieu nous assure de sa présence constante dans notre monde. En Jésus, nous avons un Dieu qui nous accompagne toujours dans les moments de lumière comme dans les moments de ténèbres, bien au centre de nos vies comme à leurs frontières incertaines. Pourtant, c’est souvent aux frontières, aux « limites extérieures » de notre vie, que le Seigneur se révèle à nous.

Les récits de l’Avent nous montrent des vies vécues aux frontières : l’étonnante annonciation faite à Marie pour être la mère du Seigneur ; la noble lutte de Joseph pour accepter cette impressionnante réalité ; la naissance de Jésus dans la simplicité d’une étable ; l’humble hommage des bergers ; le déracinement soudain de la Sainte Famille pour échapper à la colère et aux mains d’Hérode ; tous ces récits d’Avent nous montrent un Dieu, qui, bien que centré sur l’amour trinitaire, « se dépouilla lui-même » (Ph 2, 7), en devenant homme. En choisissant de vivre aux frontières, Jésus nous fait entrer dans le Règne de Dieu, et nous rapproche paradoxalement du cœur de l’amour de Dieu.

La lumière du Christ a vaincu les ténèbres d’un monde rempli de péché et de souffrances. Les quatre Evangiles des dimanches de l’Avent nous aident tous à centrer notre attention sur ce qui est essentiel pour être disciples à la suite du Christ  : « veiller dans l’attente du Christ » (Mc 13, 33) « préparer le chemin du Seigneur » (Mc 1, 2) ; confiants que « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37) et « rendre témoignage à la lumière » (Jn 1, 7). Pris ensemble, ces récits évangéliques nous donnent une recette pour mettre notre foi en actes tout au long de l’année.

Ce chemin d’Avent fait de vigilance, d’enthousiasme et de confiance qui témoigne de la foi évangélique, a été le pivot de la vie de saint Vincent de Paul, qui a trouvé le Christ là où il l’attendait le moins : aux frontières, aux « limites extérieures » de sa vie. Dans ses deux expériences pivots de conversion ; en écoutant la confession d’un homme malade et en exhortant avec succès ses paroissiens à donner de la nourriture et des médicaments à une famille extrêmement malade ; ces deux expériences ont conduit Vincent au Christ dans les pauvres. Une fois qu’il est entré dans le monde des pauvres, sa vie en a été transformée. Dès ce moment-là, il s’est organisé et il a inspiré à ses disciples à faire de même :

« N’arrêtez donc plus votre vue à ce que vous êtes, mais regardez Notre-Seigneur auprès de vous et dans vous, prêt à mettre la main à l’œuvre sitôt que vous aurez recours à lui ; et vous verrez que tout ira bien ». (Coste III, Saint Vincent à Louis Rivet, prêtre de la Mission à Richelieu, 19 décembre 1646, page 133).

En préparant notre cœur et notre maison pour la venue du Seigneur à Noël, laissons les paroles de Jésus et le charisme de saint Vincent de Paul résonner plus profondément dans nos cœurs et dans nos vies. Les récits de l’Avent et de Noël nous rappellent d’une manière saisissante Celui qui est né, qui a vécu et qui est mort aux frontières. L’Evangile de Jean nous rappelle de façon très émouvante que Jésus « est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 11) C’était vrai pour la Sainte Famille. Souvent dépeinte dans les tableaux et les images pieuses comme calme et sereine, elle a suivi en réalité le chemin des pauvres et l’errance des réfugiés.

Cette triste réalité continue aujourd’hui. Le Christ qui était pauvre vit dans les pauvres qui ne possèdent guère plus que les vêtements qu’ils ont sur le dos, qui n’ont pas de nourriture ni d’abri et qui sont privés de dignité humaine. Pourtant, comme saint Vincent le dit, les pauvres ont la « vraie foi » comme nous le voyons dans leur confiance inébranlable et constante en Dieu. Leurs vies et celles des membres de la Famille vincentienne qui les accompagnent nous parlent chaque jour de l’Avent de l’espérance.

Que le Seigneur naisse à nouveau en vous en ce Noël et vous bénisse en cette année qui vient !

Votre frère en saint Vincent,

G. Gregory Gay, C.M. Supérieur général