Saint Antoine de Padoue

Antoine, dit de Padoue, (1195-1231) fut un très grand prédicateur, canonisé dès 1232 par Grégoire IX, mais déclaré docteur de l’Église seulement en 1946. Il est généralement représenté tenant un livre sur lequel repose l’Enfant Jésus. Saint Antoine, né à Lisbonne,  était prêtre, chanoine régulier, lorsqu’il entra dans l’Ordre des Mineurs, récemment fondé (franciscains).

Il pensait aller chez les peuples d’Afrique pour propager la foi, mais c’est en Italie et dans le midi de la France qu’il exerça avec beaucoup de fruits le ministère de la prédication, en attirant un grand nombre. Il écrivit des sermons pénétrés de doctrine et de douceur et, sur l’ordre de saint François, enseigna à ses frères la théologie à Padoue, où il mourut en 1231.

– La catéchèse de l’audience générale du 10 février 2010 a été consacrée par le Pape émérite Benoît XVI à « l’un des saints les plus populaires de l’Église catholique ».

Saint Antoine « a fortement contribué au développement de la spiritualité franciscaine grâce à sa grande intelligence, à son sens de l’équilibre, à son zèle apostolique et à sa ferveur mystique… Il fut l’un des premiers grands théologiens des Frères Mineurs pour ne pas dire le premier ».

Saint Antoine a composé un cycle de sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l’Église, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses semons reprenaient toute la fraîcheur et la beauté de l’Évangile ».

Dit de Padoue ou de Lisbonne, Antoine définit la prière « comme une relation d’amitié où l’homme dialogue avec le Seigneur », l’articulant en quatre dispositions indispensables: ouvrir avec confiance son cœur à Dieu, lui parler avec affection, lui confier nos attentes, le louer et le remercier.

Cet enseignement résume la théologie franciscaine, « la centralité de l’amour divin qui s’ouvre à la sphère affective et à la volonté cordiale, qui est aussi source d’un connaissance spirituelle qui dépasse toutes les connaissances ».

Le Docteur évangélique connaissait bien les défauts de la nature humaine, et « la tendance à tomber dans le péché. Il exhortait sans cesse à combattre l’inclination à l’avidité, à l’orgueil et à l’impureté… Au début du XIII siècle, dans un contexte de renaissance des villes et du commerce, le nombre des personnes insensibles aux pauvres s’accroissait.

Ainsi invitait-il les fidèles à rechercher l’amitié des pauvres et la véritable richesse, celle du cœur ». Cet enseignement « est tout aussi valable aujourd’hui, face à la crise économique, aux inégalités qui appauvrissent tant de personnes et accroissent la pauvreté.

Puis un autre des aspects saillants de la théologie franciscaine, le christocentrisme, « invite à réfléchir aux mystères de l’humanité du Seigneur, principalement la Nativité et la Crucifixion. « La vue du Crucifié inspirait à Antoine une immense gratitude envers Dieu, mais aussi de l’estime pour la dignité de la personne humaine, grâce à laquelle croyant comme incroyant peut trouver un sens enrichissant à sa vie ».

  Rappelons « l’importance du crucifix pour notre culture et pour l’humanisme découlant de la foi chrétienne… C’est parce que Dieu nous considère importants que nous devons être dignes des souffrances du Christ ».

Le Pape a conclu en sollicitant l’intercession de saint Antoine en faveur de l’Église, et en particulier des prédicateurs. « Suivant son exemple, puissent-ils unir ensemble une saine doctrine, une piété sincère et rigueur de discours. Prions afin que prêtres et diacres accomplissent leur ministère avec conscience, annonçant en l’actualisation la Parole de Dieu auprès des fidèles, surtout dans les homélies liturgiques ».

SERMON POUR L’ASSOMPTION DE MARIE – Saint Antoine de Padoue