douce Vierge Marie

Nous avons célébré le 12 de ce mois le saint nom de Marie. Revenons sur la signification du nom de notre Sainte Mère.

A la Vierge s’applique éminemment ce passage d’Isaïe : « Le Seigneur m’a appelé(e) dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il m’a donné un nom. »

Il convenait que ce nom, qui devait la désigner à travers les siècles, fut tel qu’il récapitulât pour ainsi dire toute sa perfection, toute sa grandiose mission, toute sa gloire.

Et il en est bien ainsi. Grégoire de Nysse le déclare : « Dieu lui imposa le nom de Marie, afin que par ce non divinement donné fut signifié son rôle. »

C’est bien un doux nom. Un nom plein de suavité, d’une douceur ineffable, un nom qu’on peut répéter toujours sans se lasser jamais. L’enfant aime à dire et à redire : « Maman » ; chaque fois il y goûte un nouveau plaisir. Enfants de la très sainte Vierge, ce doit être notre joie très douce, notre constante sécurité que de l’appeler par son nom béni. L’invocation de ce nom nous est une consolation dans nos peines et nos afflictions, un réconfort aux heures de lassitude, une force dans nos tentations et difficultés. Après le nom de Jésus, il n’en existe pas de plus efficace et de plus puissant.

Toutes les fois que le nom de Marie retentit, la Très Sainte Trinité se réjouit, Les anges et les élus tressaillent d’allégresse, les démons tremblent et s’enfuient.

P. Rambaud, OP

Voir aussi : http://www.medaille-miraculeuse.fr/editorial/le-nom-de-marie.html et le PDF plus explicite qui suit : 12 septembre, le Nom de Marie

Le coeur de Marie transpercé

En conclusion de l’Exhortation Apostolique intitulée « L’Église au Moyen-Orient », le pape Benoît XVI s’est ainsi exprimé sur la Vierge Marie : 

Le coeur de Marie, Théotókos et Mère de l’Église, a été transpercé (cf. Lc 2, 34-35) à cause de la ‘contradiction’ que son Divin Fils a apportée, c’est à dire à cause des oppositions et de l’hostilité à la mission de lumière que le Christ a affrontées et que l’Église, son Corps mystique, continue de vivre. Marie, que l’Église entière, aussi bien en Orient qu’en Occident, vénère avec tendresse, nous assistera maternellement. Marie, la toute Sainte, qui a cheminé parmi nous, saura une nouvelle fois présenter nos nécessités à son Divin Fils. Elle nous offre son Fils. Écoutons-la qui nous ouvre à l’espérance : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ! » (Jn 2, 5).

Donné à Beyrouth, au Liban, le 14 septembre 2012, fête de la Croix Glorieuse, en la huitième année de mon Pontificat.

Benoît XVI

Benoît XVI au 23e Congrès de Mariologie

Voici le discours de Benoît XVI pour le XXIIIe Congrès international de mariologie, même s’il s’adresse à des théologiens et à des experts, il comporte des éléments qui ne peuvent que nous intéresser dans notre compréhension de la Sainte Mère de Dieu. Le Pape revient notamment sur la place de la Vierge Marie dans les textes du Concile Vatican II. Le pape a  rencontré les participants de ce Congrès, dans la cour du palais apostolique de Castelgandolfo, le 8 septembre 2012,  jour de la Nativité de la Sainte Vierge.

Discours de Benoît XVI

Chers frères et sœurs,

C’est avec grande joie que je vous accueille tous ici à Castelgandolfo, presqu’à la conclusion du XXIIIe Congrès international de mariologie. Vous avez réfléchi, très à propos, sur le thème: «La mariologie à partir du Concile Vatican II. Réception, bilan et perspective», étant donné que nous nous apprêtons à rappeler et célébrer le 50e anniversaire de l’ouverture de la grande Assise, le 11 octobre 1962.
[…]

Le bienheureux Jean XXIII a voulu que le Concile œcuménique Vatican II s’ouvre le 11 octobre, jour où, en 431, le Concile d’Ephèse avait proclamé Marie «Theotokos», Mère de Dieu. Dans ce contexte il avait commencé son discours avec des paroles significatives et programmatiques: «L’Eglise Mère se réjouit car, par un don spécial de la divine Providence, s’est désormais levé le jour tant désiré où, sous les auspices de la Vierge Mère de Dieu, dont on célèbre aujourd’hui avec joie la dignité maternelle, ici, près du tombeau de saint Pierre, commence solennellement le Concile Vatican II».

Comme vous le savez, le 11 octobre prochain, pour rappeler cet évènement extraordinaire, s’ouvrira solennellement l’Année de la foi, que j’ai voulu fixer avec le Motu proprio Porta fidei, dans lequel, en présentant Marie comme modèle exemplaire de foi, j’invoque sa protection et son intercession spéciale sur le chemin de l’Eglise, Lui confiant de temps de grâce, à Elle, bienheureuse parce qu’elle a cru. Aujourd’hui aussi, chers frères et sœurs, l’Eglise se réjouit dans la célébration liturgique de la nativité de la bienheureuse Vierge Marie, la Toute sainte, aurore de notre salut.

Le sens de cette fête mariale nous est rappelé par saint André de Crête, qui a vécu entre le VIIe et le VIIIe siècle, dans l’une de ses fameuses homélies pour la Fête de la Nativité de Marie, où l’évènement est présenté comme un élément précieux de la mosaïque extraordinaire qui est le dessein divin de salut dans l’humanité : «Le mystère de Dieu qui devient homme, la divinisation de l’homme assumé par le Verbe, représentent la somme des biens que le Christ nous a donnés, la révélation du plan divin et la défaite de toute autosuffisance humaine présomptueuse.

La venue de Dieu parmi les hommes, comme lumière resplendissante et réalité divine claire et visible, est le grand don merveilleux du salut qui nous est prodigué. La célébration d’aujourd’hui honore la nativité de la Mère de Dieu. Mais la véritable signification et la fin de cet évènement est l’incarnation du Verbe. En effet Marie nait, est allaitée et grandit pour être la Mère du Roi des siècles, de Dieu» (Discours I). Ce témoignage important et ancien nous porte au cœur de la thématique sur laquelle vous réfléchissez et que le Concile Vatican II a voulu souligner déjà dans le titre du chapitre VIII de la Constitution dogmatique sur l’Eglise, Lumen gentium: «La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église». Il s’agit du lien intime entre les mystères de la foi chrétienne, que le Concile a indiqué comme horizon pour comprendre chaque élément individuel et les diverses affirmations du patrimoine de la foi catholique.

Au Concile, auquel j’ai participé en tant qu’expert, comme jeune théologien, j’ai eu l’occasion de voir les diverses façons d’aborder les thématiques autour de la figure et du rôle de la bienheureuse Vierge Marie dans l’histoire du salut. Dans la seconde session du Concile un groupe nombreux de Pères ont demandé que l’on traite de la Vierge au sein de la Constitution sur l’Eglise. […]

Avec le vote du 29 octobre 1963 il a été décidé d’opter pour la  proposition et le schéma de la Constitution dogmatique sur l’Eglise fut enrichi avec le chapitre sur la Mère de Dieu, dans lequel la figure de Marie, relue et représentée à partir de la Parole de Dieu, des textes de la tradition patristique et liturgique et d’une ample réflexion théologique et spirituelle, apparaît dans toute sa beauté et sa singularité et étroitement liée aux mystères fondamentaux de la foi chrétienne. Marie, dont est soulignée avant tout la foi, est comprise dans le mystère d’amour et de communion de la Très Sainte Trinité; sa coopération au plan divin du salut et à l’unique médiation du Christ est clairement affirmée et mise dans son juste relief, en faisant ainsi un modèle et un point de référence pour l’Eglise, qui se reconnaît elle-même en Elle, y voyant sa vocation et sa mission.

La piété populaire, qui a toujours été tournée vers Marie, est finalement nourrie par des références bibliques et patristiques. Le texte conciliaire n’a pas épuisé toutes les problématiques relatives à la figure de la Mère de Dieu, mais il constitue l’horizon herméneutique essentiel pour toute réflexion ultérieure, qu’elle soit de caractère théologique, ou de caractère plus purement spirituel et pastoral. Il représente, en outre, un précieux point d’équilibre, toujours nécessaire, entre la rationalité théologique et l’affectivité croyante. La figure singulière de la Mère de Dieu doit être cultivée et approfondie par des perspectives diverses et complémentaires: alors que la voie de la vérité reste toujours valide et nécessaire, on ne peut pas ne pas parcourir aussi la voie de la beauté et la voie de l’amour pour découvrir et contempler encore plus profondément la foi cristalline et solide de Marie, son amour pour Dieu, son espérance inébranlable.

C’est pour cela que, dans l’Exhortation apostolique Verbum Domini [Parole de Dieu], j’ai adressé une invitation à poursuivre sur la ligne dictée par le Concile, invitation que j’adresse cordialement à vous, chers amis et experts. Offrez votre contribution compétente de réflexion et de proposition pastorale, afin que l’imminente Année de la Foi puisse représenter pour tous les croyants en Christ un vrai moment de grâce, où la foi de Marie nous précède et nous accompagne comme un phare lumineux et comme modèle de plénitude et de maturité chrétienne vers lequel regarder avec confiance et dans lequel puiser enthousiasme et joie pour vivre avec toujours plus d’engagement et de cohérence notre vocation de fils de Dieu, frères en Christ, membres vivants de son Corps qui est l’Eglise.

Je vous confie tous, ainsi que votre engagement de recherche, à la protection maternelle de Marie et je vous accorde une Bénédiction Apostolique particulière. Merci.

la Vierge Marie et sa sainte médaille miraculeuse