Comme Marie, accueillir l’Esprit Saint

Christ Pantokrator monastère Sinaï 6ème siècle | DRLe Saint Père invite les jeunes à honorer la sainte Mère de Dieu et, comme elle, à rêver aux grandes choses que Dieu veut pour eux. C’est ce qu’il exprime dans la lettre qu’il vient d’adresser au cardinal André Vingt-trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, à l’occasion du centenaire du « Frat », pèlerinage des jeunes des diocèses de l’Ile de France, qui se déroule cette année à Lourdes du 22 au 27 avril. « Avec des mots simples, la Mère du Christ indique la voie du renouveau spirituel à travers l’appel à la conversion et à l’amour de l’Église. »

Dans la méditation qu’il a donnée à l’occasion de la prière du Regina caeli, ce dimanche, en présence des pèlerins réunis place Saint-Pierre, il nous fait part de nouvelles quelquefois tristes et quelquefois pleines d’espérance. Ainsi Il invite les 29 prêtres nouvellement ordonnés à semer la joie de l’Évangile dans le monde ; « confirmé dans l’espérance » par sa visite à l’Église américaine, il encourage à l’occasion de la Pâque orientale l’unité des chrétiens et demande de ne pas oublier les conflits en Afrique.

« À l’exemple de Marie, puissiez-vous accueillir l’Esprit Saint; il vous fera connaître les mystères divins et il vous aidera à demeurer fidèles au Seigneur dans toute votre vie. Que le temps pascal illumine votre existence. »

Voici d’abord le texte de la lettre que le pape a adressé au cardinal André Vingt-Trois :

À Monsieur le Cardinal André VINGT-TROIS,

Archevêque de Paris,

Président de la Conférence des Évêques de France

À l’intention des jeunes rassemblés à Lourdes, du 22 au 27 avril, à l’occasion du centième anniversaire du ‘Frat’, organisé par les diocèses de l’Île de France.

Chers jeunes,

En rejoignant la cité mariale de Lourdes, en cette année jubilaire qui marque le 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à la jeune Bernadette, vous participez à l’action de grâce de toute l’Église pour le message que la Vierge a confié à Bernadette. Avec des mots simples, la Mère du Christ indique la voie du renouveau spirituel à travers l’appel à la conversion et à l’amour de l’Église.

En ce lieu, la Vierge est venue visiter Bernadette. Au cours de votre pèlerinage à Lourdes, recevez cette visitation de Marie qui vous confie aujourd’hui les paroles qui lui furent dites par l’ange de la part du Seigneur : « Réjouis-toi ! Tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30).

En effet, par sa grâce, le Christ vous rend dignes de sa confiance et il désire que vous puissiez réaliser vos rêves les plus nobles et les plus élevés d’authentique bonheur. Ce bonheur est d’abord un don de Dieu, qui se reçoit en empruntant les chemins inattendus de sa volonté. De tels chemins sont exigeants mais aussi source de joie profonde. Regardez Marie : invitée à prendre un chemin surprenant et déconcertant, sa disponibilité la fait entrer dans une joie que toutes les générations chanteront. C’est le secret qu’elle livre à Élisabeth, sa cousine, alors qu’elle vient la visiter et la servir : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante… Le Puissant fit pour moi des merveilles» (Lc 1, 47-48). À votre tour, acceptez de vous laisser conduire pour que le Seigneur fasse quelque chose de grand avec votre humble vie.

C’est notre « oui » à Dieu qui fait jaillir la source du vrai bonheur : ce « oui » libère le moi de tout ce qui l’enferme en lui-même. Il fait entrer la pauvreté de notre vie dans la richesse et la force du projet de Dieu, sans pour autant entraver notre liberté et notre responsabilité. Il ouvre notre cœur étroit aux dimensions de la charité divine, qui sont universelles. Il conforme notre vie à la vie même du Christ, dont nous avons été marqués lors de notre Baptême.

Chers jeunes, je vous encourage, pendant ces journées, à célébrer avec enthousiasme la joie de croire, d’aimer et d’espérer dans le Christ, et à parcourir dans la confiance le chemin d’initiation qui vous est proposé. Je vous invite, en particulier, à recueillir avec attention le témoignage de vos aînés dans la foi et à apprendre à accueillir, dans le silence et la méditation, la Parole de Dieu, pour qu’elle puisse modeler votre cœur et porter en vous un fruit généreux. En effet, à chacun d’entre vous, le Seigneur a quelque chose de particulier à dire. N’ayez pas peur de l’écouter. Dans cet esprit, le ‘Frat’ est aussi un temps privilégié pour se laisser interroger par le Christ : « Que veux-tu faire de ta vie ? » Que ceux d’entre vous qui ressentent l’appel à le suivre dans le sacerdoce ou la vie consacrée, dans la ligne de nombreux jeunes qui ont participé au ‘Frat’, consentent à l’invitation du Seigneur, pour se mettre totalement au service de l’Église, dans une vie toute donnée pour le Royaume des Cieux. Ils ne seront pas déçus.

Je désire enfin rendre grâce au Seigneur pour toutes les personnes, prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui, formant une immense chaîne, ont contribué pendant un siècle à faire de ce pèlerinage un moment important dans la vie d’un grand nombre de jeunes chrétiens.

Chers jeunes, je confie chacun d’entre vous à l’intercession maternelle de Notre-Dame de Lourdes et de sainte Bernadette. À vous, les jeunes, aux Évêques qui sont les Pasteurs de vos diocèses d’Île de France, à vos aumôniers, aux laïcs, qui vous accompagnent et qui témoignent avec joie et simplicité de leur foi auprès de vous, j’accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 12 avril 2008.

BENEDICTUS XVI

© Copyright : Librairie Editrice du Vatican

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Texte de la méditation que le pape Benoît XVI a prononcée à l’occasion de la prière du Regina caeli, ce dimanche, en présence des pèlerins réunis place Saint-Pierre.

AVANT LE REGINA CAELI

Chers frères et sœurs,

La célébration au cours de laquelle j’ai ordonné 29 nouveaux prêtres vient de se terminer dans la basilique Saint-Pierre. Chaque année, ceci est un moment de grâce spéciale et de grande fête : une sève renouvelée est infusée dans le tissu de la communauté aussi bien ecclésiale que citadine. La présence des prêtres est indispensable pour la vie de l’Eglise mais elle est précieuse pour tous. Dans les Actes des apôtres on lit que le diacre Philippe apporta l’Evangile dans une ville de la Samarie ; les gens adhérèrent avec enthousiasme à sa prédication, voyant également les signes prodigieux qu’il accomplissait sur les malades ; « et la joie fut vive en cette ville » (8, 8). Comme je l’ai rappelé au cours de la célébration eucharistique, ceci est le sens de la mission de l’Eglise et en particulier des prêtres : semer la joie de l’Evangile dans le monde ! Là où le Christ est annoncé avec la force de l’Esprit Saint et accueilli avec une âme ouverte, la société, même si elle doit faire face à une multitude de problèmes, devient « cité de la joie », pour reprendre le titre d’un ouvrage célèbre sur l’œuvre de Mère Teresa à Calcutta. Voici donc le vœu que je forme pour les nouveaux prêtres, pour lesquels je vous invite tous à prier : qu’ils répandent la joie et l’espérance qui jaillissent de l’Evangile, là où ils seront envoyés.

En réalité, ceci est également le message que j’ai laissé ces derniers jours aux Etats-Unis d’Amérique, lors d’un voyage apostolique qui avait pour thème : « Christ our Hope – Le Christ notre espérance ». Je rends grâce à Dieu d’avoir béni largement cette expérience missionnaire unique et de m’avoir permis de devenir un instrument de l’espérance du Christ pour cette Eglise et ce pays. Je lui rends grâce, dans le même temps, car j’ai moi-même été confirmé dans l’espérance par les catholiques américains : j’ai en effet trouvé une grande vitalité et la ferme volonté de vivre la foi en Jésus et d’en témoigner. Mercredi prochain, au cours de l’audience générale, j’ai l’intention de revenir plus amplement sur cette visite en Amérique.

Aujourd’hui, de nombreuses Eglises orientales, qui suivent le calendrier julien, célèbrent la grande solennité de Pâques. Je désire exprimer ma proximité fraternelle et spirituelle à nos frères et sœurs. Je les salue cordialement, en priant le Dieu un et trine de les confirmer dans la foi, de les combler de la lumière resplendissante qui émane de la résurrection du Seigneur et de les réconforter dans les situations difficiles dans lesquelles ils doivent souvent vivre l’Evangile et en témoigner. Je vous invite tous à invoquer avec moi la Mère de Dieu, afin que le chemin du dialogue et de la collaboration, emprunté depuis longtemps, conduise rapidement à une communion plus complète entre tous les disciples du Christ, afin qu’ils soient un signe d’espérance toujours plus lumineux pour l’humanité tout entière.

APRES LE REGINA CAELI

Les nouvelles qui nous parviennent de certains pays d’Afrique continuent d’être source de profonde souffrance et de vive préoccupation. Je vous demande de ne pas oublier ces situations dramatiques et les frères et sœurs qui en sont victimes ! Je vous demande de prier pour eux et d’être leur voix !

En Somalie, plus spécialement à Mogadiscio, de rudes conflits armés rendent toujours plus dramatique la situation humanitaire de cette chère population, opprimée depuis trop d’années sous le poids de la brutalité et de la misère.

Au Darfour, malgré quelque lueur d’espoir momentanée, la situation reste dramatique pour des centaines de milliers de personnes sans défense et abandonnées à elles-mêmes.

Enfin, au Burundi, après les bombardements des derniers jours qui ont touché et terrorisé les habitants de la capitale Bujumbura, et également atteint le siège de la nonciature apostolique, et face au risque d’une nouvelle guerre civile, j’invite toutes les parties concernées à reprendre sans attendre la voie du dialogue et de la réconciliation.

Je forme le vœu que les autorités politiques locales, les responsables de la communauté internationale et toutes les personnes de bonne volonté n’épargnent pas leurs efforts pour faire cesser la violence et tenir les engagements pris, afin de jeter des bases solides pour la paix et le développement.

Confions nos intentions à Marie, Reine de l’Afrique.

Puis le pape a salué, entre autres, les pèlerins de langue française :

Chers pèlerins de langue française, je vous adresse mes salutations cordiales. À l’exemple de Marie, puissiez-vous accueillir l’Esprit Saint; il vous fera connaître les mystères divins et il vous aidera à demeurer fidèles au Seigneur dans toute votre vie. Que le temps pascal illumine votre existence. Avec ma Bénédiction apostolique.

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana