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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

LE CHEMIN DE DAMAS

Conversion de Saint Paul
Conversion de Saint Paul

EN ce 25 janvier, on célèbre la conversion de saint Paul. Comment la rencontre a-t-elle pu se faire un jour entre le judaïsme passionné de Saul de Tarse et le message libérateur de Jésus ?

Car quand Saul, – son nom avant sa conversion – entendit parler de Jésus de Nazareth et de ses disciples, ce fut pour s’y opposer violemment de tout son zèle de juif fervent et pour persécuter… jusqu’au jour où sa vie fut soudain retournée par un évènement et une expérience inoubliable dont nous avons trois récits dans les Actes des Apôtres (9,3 ; 22,6 ; 26,13).

C’est au terme d’un voyage de Jérusalem à Damas. Il est midi. Or, voici que soudain une lumière plus lumineuse que le soleil, qui est pourtant dans tout son éclat, enveloppe Saul et sa troupe. Tous sont terrassés et tombent à terre. Saul entend une voix lui parler : «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» Il lui répond : «Qui es-tu, Seigneur ?» La voix reprend : «Je suis Jésus que tu persécutes.» Et Saul, de nouveau : «Seigneur, que veux-tu que je fasse ?» La voix répond : «Relève-toi, va à Damas ; là, on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.»

La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas Hans Speckaert XVIe siècle | DR
Hans Speckaert XVIe siècle – La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas | DR

Saul se relève mais, bien qu’il ait les yeux grands ouverts, le voici devenu aveugle. Il restera ainsi trois jours dans la nuit complète. Il est conduit par la main jusqu’à Damas, et là il logera chez un certain Jude qui habite la rue Droite, la grande rue de Damas.

C’est lui-même qui nous donne la vérité sur cette conversion lorsqu’il déclare : «J’ai été empoigné par Jésus Christ» (Philippiens 3,12). Cette emprise personnelle du Christ sur sa vie, à partir de ce moment-là, sera radicale. Il dira plus tard : «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.»

Le Ressuscité s’est manifesté à Saul comme Messie glorifié en Dieu et vivant dans ses disciples avec lesquels il ne fait qu’un. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

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SAINT PAUL :
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Sainte Marie, Mère de Dieu

Vierge et Enfant Luis Morales (vers 1500-1686) Madrid Le Prado
Vierge et Enfant Luis Morales (vers 1500-1686) Madrid Le Prado

En cette année de la sainteté, comment pourrions-nous ignorer Marie, la Sainte Mère ! Car, comme le dit la chanson, sortie de la bouche d’un enfant délaissé par sa génitrice : « Une maman, c’est la tendresse ; une maman, quelle richesse ! Le plus bel amour qui existe ! Un grand bonheur qui remplit le cœur ! Petite maman, toi si jolie ; petite maman, toi si gentille ! Sans toi, maman, tout paraît ennuyeux ; sans toi, maman, je suis malheureux ! »

Il se demande pourquoi sa mère est partie : question non avenue pour Jésus, jamais abandonné par sa mère, pas même dans le chemin de la croix et au Calvaire, au pied de ce gibet « du supplice le plus terrible et le plus cruel » comme l’a dit Cicéron.

Car Marie est Mère du Seigneur, Marie est Mère de Dieu. La déclaration de la maternité divine de Marie est exprimée d’abord par sa cousine Élisabeth : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » Mais Dieu a-t-il besoin d’une mère ?

Charles Péguy a imaginé Dieu, du haut du ciel, n’ayant rien à envier aux hommes, sauf le bonheur des tout-petits de pouvoir s’endormir sur la poitrine d’une maman. Certes, la nature divine n’a pas besoin de mère, contrairement aux mythologies païennes. Mais la nature humaine, assurément oui !

« Je voudrais que la Vierge Marie couronne ces réflexions, car elle a vécu comme personne les béatitudes de Jésus… Elle est la sainte parmi les saints, la plus bénie, celle qui nous montre le chemin de la sainteté et qui nous accompagne. Elle n’accepte pas que nous restions à terre et parfois elle nous porte dans ses bras sans nous juger. Parler avec elle nous console, nous libère et nous sanctifie. La Mère n’a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n’a pas besoin que nous fassions trop d’efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore :Je vous salue Marie…’ » (Pape François, Gaudete et exsultate, n°176) ■

Père J.-Daniel Planchot, cm

Marie Immaculée

apparition de la Vierge Marie à Bernadette de Lourdes
apparition de l’Immaculée à Bernadette de Lourdes

Nous célébrons l’Immaculée Conception au cœur de l’Avent. Marie nous prépare ainsi à la venue du Seigneur. Lui qui ne s’est jamais résigné au péché a voulu nous donner une garantie d’espérance.

La femme et sa descendance sont mordus au talon. Mais le Tentateur, c’est à la tête qu’il est atteint, et toute son œuvre avec lui est perdue. Tout au long de la Révélation, Dieu redit sa promesse par ses Prophètes. Et Dieu sait et fait ce qu’il dit.

Qui peut prétendre être saints, immaculés ? Marie, ce chef d’œuvre de sa grâce, en laquelle toutes ses promesses s’accomplissent, se tient sainte et immaculée devant Dieu pour qui rien n’est impossible.

Il a fallu attendre le XIXe siècle pour que l’Église perçoive ce mystère de la sainteté de Marie, qui lui vient de son propre Fils. Ce mystère, entrevu avec Catherine Labouré, Marie le dévoile à Bernadette Soubirous, jeune fille illettrée. « Je suis l’Immaculée Conception. »

On disait jusque-là qu’elle était conçue sans péché mais pas encore qu’elle était elle-même Immaculée Conception. Comprenons la place unique qu’a Marie dans le plan de Dieu ; à chaque ‘Je vous salue Marie’, nous disons ‘pleine de grâce’, car il n’y a pas de place pour le péché.

Marie, préservée du péché, n’est pas lointaine, c’est une alliée, un modèle, elle porte la vie de Dieu, elle est la nouvelle Eve. Marie est celle qui nous accueille maintenant.

Elle comprend le péché avec pitié et douce miséricorde car elle le voit dans sa misère et non dans la tentation et l’attirance

Marie écoute, entend et soutient. Elle a connaissance des abîmes de la miséricorde de Dieu et, de là, elle peut remettre le pécheur sur le chemin de son Fils.

Marie est notre éducatrice qui nous conduit dans la foi, sans menace ni châtiment. Elle a montré ses talents d’éducatrice avec Catherine et Bernadette, rencontre après rencontre. Quelle chance, quelle grâce, quelle joie, d’avoir du Seigneur reçu Marie !

P. Jean-Daniel Planchot, cm