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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

Pourquoi mai est-il appelé mois de Marie ?

Quand le mois de mai revient et que la nature se pare de toute sa beauté, nous nous souvenons que ce mois est dédié à celle que l’Écriture pare aussi de toute beauté, la Vierge Marie. C’est effectivement le mois où nous avons la coutume de l’honorer depuis longtemps et il est bon de continuer à le faire, car nos cœurs se sentent toujours proches de cette Bonne Mère.

Naguère nous le chantions :

C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau.
À la Vierge chérie disons un chant nouveau.
Oui, ornons le sanctuaire de nos plus belles fleurs.
O
ffrons à notre Mère et nos chants et nos cœurs. – (Père Lambillotte, sj)

À la chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, beaucoup effectivement apportent des fleurs et chantent pleins de joie. Quant aux cœurs, c’est le secret de chacun certes, mais l’expression des visages en dit assez pour deviner le rapport qui existe avec Elle.

*

La dédicace d’un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire dont on ne trouve guère l’usage avant le XVIIIe siècle. Mai, mois de Marie, est le plus ancien et le plus connu des mois consacrés, officiellement depuis 1724 ; août, le mois du Cœur Immaculé de Marie ; septembre, le mois de Notre-Dame des douleurs depuis 1857 ; octobre, le mois du Rosaire depuis 1868 ; novembre, pour nous le mois de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse ; décembre, le mois de l’Immaculée Conception. Cela fait six mois de l’année consacrés à la piété mariale.

Cette consécration est née à Rome. La promotion du mois de Marie doit beaucoup aux Jésuites. Au XIIIe siècle, le roi de Castille avait déjà associé dans son chant la beauté de Marie et le mois de mai. Au siècle suivant, mai étant le mois des fleurs, un dominicain avait l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir à la Vierge le 1er mai. Au XVIe siècle, saint Philippe Néri exhortait les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai.

Marie est guide sur le chemin de la prière. C’est parce que le mois de mai se termine par la fête de la Visitation qu’il nous invite à nous rapprocher de Marie pour prier avec elle et nous confier à sa médiation. Sans bruit, bien des personnes se réunissent les soirs du mois de mai, à l’église pour dire le chapelet près d’une statue de la Vierge ornée de fleurs.

Selon le missel marial, Marie nous accompagne vers le terme de la prière, vers Dieu qui est loué pour le salut accompli par son Fils, Marie y étant associée par grâce. Quand nous prions avec Marie, nous nous tournons vers son Fils. Beaucoup de « Je vous salue Marie » sont accompagnés d’une intention de prière car nous avons confiance en Marie pour porter nos suppliques au Seigneur.

« Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

« Marie, prenez nos prières, présentez-les à Jésus. » ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm, aumônier et directeur
national de l’Association de la Médaille Miraculeuse

Marie de qui le Verbe s’est fait chair

Annonciation Fra Angelico (1387-1455) Tempera sur bois (détail) - Florence
Annonciation Fra Angelico (1387-1455) Tempera sur bois (détail) – Florence

Aujourd’hui lendemain de Pâques, c’est le jour de l’Ange, celui de la Résurrection. Lors de l’Annonciation que nous célébrerons lundi prochain, un autre Ange nous a révélé Marie.

Plus tard, Jésus, son Fils, pour lui être unis plus encore, nous a confié comme trésor, Marie, sa mère. Elle est d’abord confiée à saint Jean sur la Croix:  “Prends-la chez toi”. Cette parole-testament, prenons-la aussi pour nous.

Accueillons Marie près de nous pour qu’elle nous guide. “Voici ta Mère.” (Jean 19, 27). Cette Mère nous presse de vivre en ce monde avec l’Esprit d’amour présent dans la Sainte Trinité. Et à l’heure de notre mort, revêtus de toutes ses grâces et de celles de son Fils, nous l’aurons à nos côtés près du Père.

Marie intercède sans cesse pour nous auprès de l’Esprit Saint, le Père des pauvres. Puissions-nous vivre comme elle,  puissions-nous aimer chacun de nos frères, et surtout les plus pauvres et blessés, comme elle les aime !

L’école de Marie est vraiment efficace. Elle nous montre les dons du Saint-Esprit, elle nous offre aussi l’exemple du ‘pèlerinage dans la foi’, elle nous invite, comme à l’Annonciation, à chaque mystère de son Fils, à poser humblement les questions qui mènent à la lumière, s’achevant toujours par l’obéissance de la foi : “Je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole !”

Marie nous invite à répondre par nos prières, par nos sacrifices offerts avec amour. En nous unissant à l’offrande du Christ, nous recevons sa vie même.

Et Marie “nous accompagne et nous conduit jusqu’à la Porte qui donne la Vie, parce que Jésus ne veut que personne reste dehors, à la merci de l’intempérie.” (Pape François à Lima)

Marie est unique. Et sa place dans le cœur de Dieu est unique. Elle a accueilli l’ange Gabriel en exprimant une confiance parfaite en son Dieu. “Sois sans crainte Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.” (Luc 1, 30) “Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.” (Jean 1, 14). ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

–  L’Annonce faite à Marie — Le OUI de Marie — La Vierge de l’IncarnationPleine de grâce — Bienheureuse Incarnation et annonce faite à Marie — Le Verbe et le mystère de l’Incarnation Comme le OUI de Marie  — Jésus aimable dans le sein de sa mère — L’Annonciation selon Vincent de Paul

1617 Mission naissante en sol Picard

Sermon de Folleville, aquarelle - J. Bernal
Sermon de Folleville, aquarelle – J. Bernal

S’approcher de ses 36 ans et se voir confirmer enfin sa véritable vocation à travers un événement conséquent, c’est ce qui est arrivé à ce prêtre dans la force de l’âge qu’était Vincent de Paul, alors précepteur dans la famille  noble des Gondi.

Mais que s’est-il donc passé à Gannes en Picardie ? “Un jour, on m’appela pour aller confesser un pauvre homme dangereusement malade, qui était réputation d’être le plus homme de bien, ou au moins un des plus hommes de bien de son village. Il se trouva néanmoins qu’il était chargé de péchés qu’il n’avait jamais osé déclarer en confession, ainsi qu’il le déclara lui-même tout haut par après en présence de feu madame la générale des galères lui disant : ‘Madame, j’étais damné, si je n’eusse fait une confession générale, à raison des gros péchés que je n’avais osé confesser.’ Cet homme mourut ensuite, et madite dame, ayant reconnu par là la nécessité des confessions générales désira que je fisse le lendemain une prédication sur ce sujet.”
                                                                                                                                             (Entretiens aux missionnaires du 17 mai 1658)

Vincent, le 25 janvier 1617, jour de la conversion de saint Paul, à Folleville, va prêcher sur la confession générale pour réconcilier avec Dieu, avec soi-même et avec son prochain. C’est un vrai succès et beaucoup désirent recevoir le sacrement de réconciliation. Madame de Gondi lui demandera d’en faire autant en plusieurs autres endroits sur ses terres. Toujours avec le même succès.

En 1625, avec la collaboration de quelques prêtres, il va instituer la Congrégation de la Mission dont le but premier est de porter l’évangile aux pauvres gens des champs. Ainsi donc voilà 400 ans a débuté la Mission en sol picard, étendue ensuite en France, en Europe et dans des contrées lointaines, Vincent confiant souvent cette Mission à l’intercession de la première missionnaire qu’est la Sainte Mère de Dieu. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm