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Editorial de la lettre aux associés de la Médaille miraculeuse

Patiente Marie

Toute la vie de Marie ne fut qu’un constant exercice de patience. La compassion qu’elle éprouva des souffrances du Rédempteur, dès l’instant où elle devint sa Mère, suffit à faire de Marie un modèle de patience.

La Sainte Famille-Vitrail de l’église Notre-Dame des Airs Saint-Cloud - L et A Alleaume vers 1937
La Sainte Famille-Vitrail de l’église Notre-Dame des Airs Saint-Cloud – L et A Alleaume vers 1937

Que n’endura-t-elle pas patiemment dans ses voyages à Bethléem, en Égypte, et durant tout le temps qu’elle vécut avec son Fils, d’abord en présence, puis en l’absence de Joseph, dans l’humble maison de Nazareth, cette maison que nous retrouvons à Lorette !

Pour saint François de Sales, aux noces de Cana, Jésus n’adressa à sa sainte Mère une réponse où il semblait peu tenir compte de ses prières qu’afin de nous proposer un exemple de sa patience.

Sa présence au Calvaire, près de Jésus expirant sur la croix, nous fait assez comprendre combien grande et sublime fut aussi la patience de la sainte Vierge. “Ce fut précisément alors, dit Albert le Grand, que par les mérites de sa patience, elle devint notre Mère, en nous enfantant à la vie de la grâce.”

La vertu de patience qui porte Marie à agir dans l’amour et non à se résigner et à subir les événements passivement, a quelque chose à voir avec l’espérance. “Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience” , dit saint Paul (Éphésiens 4, 2) et encore “l’amour prend !patience.” (1 Corinthiens 13, 4)

Au sein de notre société de l’immédiateté, il nous faut réapprendre à patienter : nous avons besoin de temps pour nous accomplir, pour réaliser de belles choses, pour nous découvrir. Nous avons besoin de temps dans l’amour.

Ô Marie, vous avez souffert avec tant de patience, vous qui étiez exempte de toute faute ! Ô notre Mère, la grâce que nous vous demandons aujourd’hui, ce n’est pas tant d’être délivrés des croix que de les porter avec patience. Nous vous en prions, pour l’amour de Jésus, obtenez que Dieu nous accorde cette grâce. ■

Jean-Daniel Planchot, cm

L’attention maternelle de Marie

Le signe de Cana Giotto Chapelle des Scrovegni Padoue
Le signe de Cana Giotto Chapelle des Scrovegni Padoue

Par sa sollicitude maternelle, la Vierge Marie nous aide à nous ouvrir à la grâce de Dieu, à nous débarrasser de tout ce qui nous ralentit dans notre marche vers le Christ, dans notre attention au prochain et notre service à son égard.

Dans l’exemple de Cana (Jean 2, 1-11), Jésus accomplit son premier signe grâce à l’intervention de sa Mère. Cela nous invite à nous confier à Jésus miséricordieux : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Aux noces de Cana, Marie est la femme attentive qui s’aperçoit d’un embarras important pour les mariés : le vin manque, le vin, symbole de la joie, de la fête. Marie découvre la difficulté, la fait sienne et, avec discrétion, agit immédiatement. Elle ne reste pas là à regarder, mais elle s’adresse à Jésus et lui présente le problème tel qu’il est : « Ils n’ont pas de vin. »

Et quand Jésus lui répond que son heure n’est pas encore venue, elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Alors Jésus accomplit le miracle, transformant une grande quantité d’eau en vin, un vin qui apparaît tout de suite le meilleur de toute la fête. Quel enseignement pouvons-nous tirer du mystère des noces de Cana ?

Marie participe à la joie des gens ordinaires et contribue à l’accroître ; elle intercède auprès de son Fils pour le bien des époux et de tous les invités, dont les disciples de Jésus. Ce dernier n’a pas refusé la demande de sa Mère. Que d’espérance pour nous dans cet événement !

Nous avons une Mère qui a les yeux attentifs et pleins de bonté, comme son Fils ; le cœur maternel et débordant de miséricorde, comme lui ; les mains qui veulent aider, comme les mains de Jésus qui rompaient le pain pour qui avait faim, les mains de Jésus qui touchaient les malades et les guérissaient.

Cela nous remplit de confiance et fait que nous nous ouvrons, par l’intercession attentionnée de Marie, à la grâce du Christ qui ne manquera pas de transformer nos efforts humains en quelque chose de divin. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

LE CHEMIN DE DAMAS

Conversion de Saint Paul
Conversion de Saint Paul

EN ce 25 janvier, on célèbre la conversion de saint Paul. Comment la rencontre a-t-elle pu se faire un jour entre le judaïsme passionné de Saul de Tarse et le message libérateur de Jésus ?

Car quand Saul, – son nom avant sa conversion – entendit parler de Jésus de Nazareth et de ses disciples, ce fut pour s’y opposer violemment de tout son zèle de juif fervent et pour persécuter… jusqu’au jour où sa vie fut soudain retournée par un évènement et une expérience inoubliable dont nous avons trois récits dans les Actes des Apôtres (9,3 ; 22,6 ; 26,13).

C’est au terme d’un voyage de Jérusalem à Damas. Il est midi. Or, voici que soudain une lumière plus lumineuse que le soleil, qui est pourtant dans tout son éclat, enveloppe Saul et sa troupe. Tous sont terrassés et tombent à terre. Saul entend une voix lui parler : «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» Il lui répond : «Qui es-tu, Seigneur ?» La voix reprend : «Je suis Jésus que tu persécutes.» Et Saul, de nouveau : «Seigneur, que veux-tu que je fasse ?» La voix répond : «Relève-toi, va à Damas ; là, on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.»

La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas Hans Speckaert XVIe siècle | DR
Hans Speckaert XVIe siècle – La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas | DR

Saul se relève mais, bien qu’il ait les yeux grands ouverts, le voici devenu aveugle. Il restera ainsi trois jours dans la nuit complète. Il est conduit par la main jusqu’à Damas, et là il logera chez un certain Jude qui habite la rue Droite, la grande rue de Damas.

C’est lui-même qui nous donne la vérité sur cette conversion lorsqu’il déclare : «J’ai été empoigné par Jésus Christ» (Philippiens 3,12). Cette emprise personnelle du Christ sur sa vie, à partir de ce moment-là, sera radicale. Il dira plus tard : «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.»

Le Ressuscité s’est manifesté à Saul comme Messie glorifié en Dieu et vivant dans ses disciples avec lesquels il ne fait qu’un. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

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SAINT PAUL :
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