Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs,
Vierge fidèle, Dieu nous presse aujourd’hui d’écouter sa voix :
Obtiens-nous un cœur nouveau,
accueillant à son appel, accordé à sa volonté.
Servante du Seigneur,
Dieu nous presse aujourd’hui de ne pas endurcir notre cœur !
Obtiens-nous un cœur libre pour marcher à la suite de ton Fils.
Tu es pure, ô Marie, et nous sommes pécheurs,
Tu es pauvre, ô Marie, et nous sommes trop riches,
Tu es libre, ô Marie, et nous sommes esclaves…
Prie pour nous, pécheurs.
Tu es accueil, ô Marie, et nous sommes refus,
Tu es don, ô Marie, et nous sommes dureté,
Tu es joie, ô Marie, et nous sommes tristesse…
Prie pour nous, pécheurs.
Tu es paix, ô Marie, et nous vivons dans la peur,
Tu es marche, ô Marie, et nous butons sur le chemin,
Tu es debout, ô Marie, et nous ployons sous le fardeau…
Prie pour nous, pécheurs.
L. Le Pan s.m.m.
Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse
Saint Joseph dépositaire du Père Éternel et ministre du Saint-Esprit.
I
BOSSUET
« Le Seigneur s’est cherché un homme selon son cœur. »
Saint Joseph et l’enfant Jésus. Peinture de Guido Reni vers 1635
« C’est une opinion reçue et un sentiment commun parmi tous les hommes, que le dépôt a quelque chose de saint, et que nous devons le conserver à celui qui nous le confie, non-seulement par fidélité, mais encore par une espèce de religion.
« Mais s’il y eut jamais un dépôt qui méritât d’être appelé saint, et d’être ensuite gardé saintement, c’est celui dont je dois parler, et que la providence du Père Éternel commet à la foi du juste Joseph : si bien que sa maison me paraît un temple, puisqu’un Dieu y daigne habiter, et s’y est mis lui-môme en dépôt; et Joseph a dû être conservé pour garder ce sacré trésor. En effet, il l’a été, chrétiens : son corps l’a été par la continence, et son âme par tous les dons de la grâce.
« Dans le dessein que je me propose d’appuyer les louanges de saint Joseph, non point sur des conjectures douteuses, mais sur une doctrine solide, tirée des écritures divines et des Pères, leurs interprètes fidèles, je ne puis rien faire de plus convenable que de vous représenter ce grand saint comme un homme que Dieu choisit parmi tous les autres, pour lui mettre en main son trésor, et le rendre ici-bas son dépositaire.
«Je prétends vous faire voir que, comme rien ne lui convient mieux, il n’est rien aussi qui soit plus illustre ; et que ce beau titre de dépositaire, nous découvrant les conseils de Dieu sur ce bienheureux Patriarche, nous montre la source de toutes ses grâces, et le fondement assuré de tous ses éloges.
« Et, premièrement, chrétiens, il m’est aisé de faire voir combien cette qualité lui est honorable. Car si le nom de dépositaire emporte une marque d’estime, et rend témoignage à la probité ; si pour confier un dépôt nous choisissons ceux de nos amis dont la vertu est plus reconnue, dont la fidélité est plus éprouvée, enfin, les plus intimes, les plus confidents :
« quelle est la gloire de saint Joseph, que Dieu fait dépositaire, non – seulement de la bienheureuse Marie, que sa pureté angélique rend si agréable à ses yeux, mais encore de son propre Fils, qui est l’unique objet de ses complaisances, et l’unique espérance de notre salut ; de sorte qu’en la personne de Jésus-Christ, saint Joseph est établi le dépositaire du trésor commun de Dieu et des hommes ! Quelle éloquence peut égaler la grandeur et la majesté de ce titre ?
« Le premier de tous les dépôts qui a été commis à sa foi (j’entends le premier dans l’ordre des temps), c’est la sainte virginité de Marie, qu’il lui doit conserver entière sous le voile sacré de son mariage, et qu’il a toujours saintement gardée, ainsi qu’un dépôt sacré qu’il ne lui était pas permis de toucher. Voilà quel est le premier dépôt.
« Le second est le plus auguste : c’est la personne de Jésus-Christ, que le père céleste dépose en ses mains, afin qu’il serve de père à ce saint enfant, qui n’en peut avoir sur la terre. « Dieu choisit ce fidèle et prudent serviteur pour être l’appui de la sainte Vierge, le nourricier de son Fils enfant, et l’unique coadjuteur du conseil céleste. » ( Saint Bernard, Hom. ii.)
« Vous voyez déjà, chrétiens, deux grands et deux illustres dépôts confiés aux soins de Joseph ; mais j’en remarque encore un troisième, que vous trouverez admirable, si je puis vous l’expliquer clairement. Pour l’entendre, il faut remarquer que le secret est comme un dépôt.
« C’est violer la sainteté du dépôt, que de trahir le secret d’un ami, et nous apprenons, par les lois, que si vous divulguez le secret du testament que je vous confie, je puis ensuite agir contre vous comme ayant manqué au dépôt, comme parlent les jurisconsultes.
« Et la raison en est évidente, parce que le secret est comme un dépôt. Par où vous pouvez comprendre aisément que Joseph est dépositaire du Père Éternel, parce qu’il lui a dit son secret.
« Quel secret? Secret admirable, c’est l’incarnation de son Fils. Car, fidèles, vous n’ignorez pas que c’était un conseil de Dieu, de ne pas le montrer au monde, jusqu’à ce que l’heure en fût arrivée; et saint Joseph a été choisi, non-seulement pour le conserver, mais encore pour le cacher.
« Aussi lisons-nous, dans l’évangéliste saint Luc, qu’il admirait, avec Marie, tout ce qu’on disait du Sauveur; mais nous ne lisons pas qu’il parlât, parce que le Père Éternel, en lui découvrant le mystère, lui découvre le tout en secret et sous l’obligation du silence; et ce secret, c’est un troisième dépôt que le Père ajoute aux deux autres, selon ce que dit le grand saint Bernard, que Dieu a voulu commettre à sa foi le secret le plus sacré de son cœur.
« Que vous êtes chéri de Dieu, ô incomparable Joseph ! puisqu’il vous confie ces trois grands dépôts, la virginité de Marie, la personne de son fils unique , le secret de tout son mystère. »
(Bossuet, du 1er Panégyrique de saint Joseph 19 mars 1657)
II
Valentin Esprit FLÉCHIER (1632-1710)
Mais saint Joseph n’est pas seulement le dépositaire du Père éternel, il est le ministre du Saint-Esprit, dans le mystère de l’Incarnation.
« Jésus-Christ devait naître d’une vierge, les prophètes l’avaient prédit : ainsi le portait le décret éternel de la réparation du salut des hommes. Comme cette merveille était au-dessus des lois de la nature, il fallait un Dieu pour l’opérer; comme elle était au-dessus de la portée de la foi et de la créance humaine, il fallait un homme pour la voiler.
Le Saint-Esprit est l’auteur invisible du mystère, et Joseph est le voile mystérieux qui le couvre.
« Ils se partagent ensemble, pour cet effet, leurs fonctions et leurs offices : l’un par une secrète et féconde vertu, suppléant au défaut d’une stérile virginité, formait dans le chaste sein de Marie le corps sacré du Sauveur du monde ; l’autre, par une protection visible, mettait à couvert la naissance du Fils et la réputation de la Mère, sous l’ombre du plus pur et du plus saint mariage qui ait été destiné dans le ciel et qui ait été contracté sur la terre.
« L’un se réservait la puissance de l’opération intérieure, pour former cette foi vive, cette charité parfaite, cette humilité profonde, qui étaient les fondements de sa grandeur ; l’autre était chargé du pouvoir de l’administration extérieure, pour la secourir dans ses besoins, pour pourvoir à toutes les nécessités de sa vie, pour être son consolateur dans ses troubles, et le compagnon de ses travaux dans la garde du dépôt sacré, également commun à l’un et à l’autre.
« Le Saint-Esprit enfin, par sa grâce, était, dans le fond, le chef de ce mystère; saint Joseph, dans la suite, en était, par sa vigilance et par ses travaux, le conducteur et l’économe. »
Automne 1613. Capitaine Watson remet pied sur le quai de Keith, aux portes d’Édimbourg, après 22 ans d’absence. Jusqu’à ce moment il a parcouru l’Europe en long et en large: France, Belgique, Allemagne, Autriche, Bohème et Moravie. Le capitaine Watson est un homme cultivé, car il a pu étudier dans toutes les villes où il a séjourné. Maintenant il est décidé de retourner à la maison et d’y poursuivre son travail. Un travail qu’il ne pourra pas faire à la lumière du soleil.
Le clandestin de l’Évangile
Saint Jean Ogilvie
Car «Capitaine Watson» est en réalité Jean Ogilvie, un missionnaire jésuite en cachette, débarqué dans une terre qui lui est aussi bien mère qu’ennemie. Vingt ans avant sa naissance en 1579, l’Écosse est devenue protestante et pour les catholiques la vie est devenue très dangereuse. Célébrer ou participer à une Messe peut comporter la perte des biens et l’exil, ceux qui récidivent paient de leur vie.
Jean le sait bien et quoique les supérieurs l’aient destiné à Rouen, en France, pendant deux ans il écrit et supplie le Préposé Général, le Père Claude Acquaviva, de pouvoir retourner chez ses compatriotes. En raison de son insistance et de sa ténacité le clandestin de l’Évangile commence sa nouvelle mission le 11 novembre 1613.
Amour et trahison
Le quotidien du père Jean est un défi continuel au système. Il célèbre la Messe avant l’aube avec peu de personnes dignes de confiance, puis il visite les malades, les détenus, rencontre les nouveaux convertis et même les «hérétiques», ces protestants qui songent revenir au catholicisme.
Parfois il passe la nuit chez certains d’entre eux et a l’habitude de réciter le bréviaire dans la chambre où il est logé. «Quelqu’un qui m’avait espionné et entendu murmurer à voix basse, à la lumière d’une bougie, disait que j’étais un magicien», écrit-il dans ses mémoires.
Et c’est justement un «hérétique» qui l’a trahi, Adam Boyd, gentilhomme de Glasgow, ville où le jésuite se rend en octobre 1614. Boyd feint de vouloir se réconcilier avec l’Eglise, au contraire il signale la présence du père Jean à l’archevêque anticatholique de la ville, qui l fait arrêter.
Foi d’acier
Ce qui suit rappelle la nuit de Jésus entre le Jeudi et le Vendredi Saint. Une nuit qui pour le père Jean dure entre mois. Procès entrecoupés de tortures, constamment enchainé avec des jambières de fer qui le torturent, insulté et giflé même par l’archevêque, père Jean ne cède pas d’un millimètre voire il réfute point par point toutes les accusations.
Pleuvent également sur lui les insultes des familles de certains catholiques, emprisonnés grâce à une liste de noms retrouvés dans les papiers confisqués au père jésuite. Lui au contraire ne trahit personne, il est même souvent cinglant et ironique avec qui veut le faire plier.
Et quand la menace de la mort se fait concrète il dit: «Je sauverais, si je le pouvais, ma vie mais en ne reniant jamais Dieu: ne pouvant pas concilier les deux choses, je sacrifierais le bien mineur pour gagner le plus grand»
Jusqu’au dernier moment
Comme la violence ne réussit pas à le briser, on tente de le séduire. On lui propose de riches prébendes et la main de la fille de l’archevêque. Tout coule sur le dos du jésuite, qui refuse l’apostasie tout comme il refuse de désavouer la suprématie spirituelle du Pape sur celle du roi, qui affirmait gouverner par droit divin.
A ce point Jacques I Stuart intervient dans le procès, en ordonnant la pendaison de Ogilvie s’il s’obstine à camper sur ses positions. La condamnation est formalisée le matin du 10 mars 1615 et exécutée l’après-midi. Jusqu’au dernier moment même sous la torture, rapporte la chronique officielle du procès, père Jean engage la bataille contre qui le diffame en l’accusant de lèse-majesté.
«Quant au roi, s’exclame-t-il, je donnerais volontiers ma vie pour lui; sachez aussi que moi et un ami Écossais nous avons fait à l’étranger en faveur du roi des choses très importantes que vous avec tous vos ministres ne parviendrez jamais en faire autant. Je meurs donc, oui, mais seulement pour ma foi». Sa dépouille est enterrée ensemble avec celles d’autres condamnés mais on l’a perdue de vue pour toujours.