Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

LE MOIS DU SAINT NOM DE JÉSUS – XVIe JOUR.

LE MOIS DU SAINT NOM DE JÉSUS – XVIe JOUR.

JÉSUS CHASSE LES VENDEURS DU TEMPLE.

Scriptum est : domus mea domus orationis vocabilur ; vos autem fecistis illam speluncam latronum.

Il est écrit : ma maison sera appelée la maison de la prière, et vous en avez fait une caverne de voleurs. Matthieu 21.

D’après LE MOIS DE JÉSUS – Malines 1839

1er Point.

IHS extrait des armes du Pape François
IHS extrait des armes du Pape François

Lorsque Salomon eut fait solen­nellement la dédicace de son temple, il se prosterna devant l’autel, et s’adressant au Seigneur, il le conjura de regarder son peu­ple avec miséricorde toutes les fois qu’il solliciterait les secours du Ciel dans ce lieu qu’il venait de lui consacrer.

A peine eut-il fini sa prière, que le feu descendit du ciel, dévora les holocaustes et les victi­mes, et la majesté de Dieu remplit tout le temple. Cependant cet édifice si célèbre ne contenait que l’arche d’alliance, et la Divinité n’y résidait point corporellement, com­me elle le fait aujourd’hui dans nos églises.

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Sainte-Marie, Refuge des Pécheurs

Sainte-Marie, Refuge des Pécheurs

Fête le 16 janvier

Notre Dame des Victoires Paris
Notre Dame des Victoires Paris

À la suite du vœu de Louis XIII, proclamant la Vierge Marie patronne de la France, une église fut construite à Paris, à partir de 1629, et bénie en 1666. En 1809 elle fut rétablie au culte sous le titre de « Notre-Dame des Victoires ».

L’année même où l’archevêque de Paris Mgr Hyacinthe Louis de Quélen autorisait la frappe de la Médaille miraculeuse (1832) l’abbé Desgenettes était nommé curé de Notre-Dame des Victoires. Il se sentit accablé par l’incroyance du monde du négoce et de l’argent qui peuplait sa paroisse.

Le 3 décembre, alors qu’il célébrait la messe, il entendit une voix intérieure l’invitant à consacrer sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie. Il consacra la paroisse au Cœur Immaculé de Marie (1836), une confrérie fut établie en l’honneur de Notre Dame « Refuge des Pécheurs » ; Les conversions se multiplièrent.

Sur l’autel, une statue, œuvre anonyme d’un sculpteur italien (1869), montre la splendeur de la Mère avec l’Enfant qui trône sur le monde. Le diocèse de Paris commémore cette invocation le 16 janvier. Désormais elle évoque la victoire de Marie sur le pêché et l’accueil maternel qu’elle réserve aux pécheurs.

Extrait de la Liturgie des Heures – Diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis

Le titre de Marie comme « refuge des pécheurs » s’inspire des élévations de saint Bernard. « Si, accablé par l’énormité de vos crimes, confus des plaies hideuses de votre cœur, épouvanté par la crainte des jugements de Dieu, vous vous sentez entraîné dans le gouffre de la tristesse et sur le bord de l’abîme du désespoir, un cri à Marie, un regard à Marie » (Homélie sur l’Annonciation 2,17).

À cette époque, un manuscrit avec des litanies mariales l’invoque comme « refuge des pauvres » (Letania de domina nostra Dei genitrice virgine Maria, Mayence) ; plus tard, en Italie (1524), elle apparaît comme « refuge des sans espoir » et « secours des pécheurs ». Le titre « refuge des pécheurs » apparaît enfin dans les litanies de Lorette (1558).

Les augustins déchaussés introduisirent la dévotion à Paris avec un tableau de la Vierge de Montaigu (Brabant flamand) ; ensuite par celui de la Mère de Miséricorde de Savone (Ligurie). « Marie ne parlait jamais d’elle-même, mais toujours de Dieu, et elle l’a fait avec ce nom si ancien et toujours nouveau : miséricorde, qui est synonyme d’amour, de grâce. » (Benoît XVI, Homélie à Savone, 17 mai 2008).

« On dirait que tous les péchés de ta vie resurgissent. — Ne perds pas confiance. — Fais appel au contraire à ta Mère Sainte Marie avec la foi et l’abandon d’un enfant. Elle ramènera le calme dans ton âme » (saint Josémaria, Chemin §498). « Vous avez promis aux trois enfants de Fatima : — À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Qu’il en soit ainsi ! » (Benoît XVI, Discours à Bethléem, 13/05/09).

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Audience générale: Dieu parle aux hommes comme à des amis

Audience générale: Dieu parle aux hommes comme à des amis

Ce mercredi, dans la salle Paul VI, devant une foule de pèlerins de près de 7 000 personnes, Léon XIV a poursuivi la série de catéchèses annoncée sur le concile Vatican II en abordant la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine.

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LÉON XIV

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 14 janvier 2026

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Catéchèse. Les documents du Concile vatican II I. La Constitution dogmatique Dei Verbum 1. Dieu parle aux hommes comme à des amis

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!

Nous avons ouvert le cycle de catéchèse sur le Concile Vatican II. Aujourd’hui, nous commençons à approfondir la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine.

Il s’agit de l’un des documents les plus beaux et les plus importants du concile et, pour nous y introduire, il peut être utile de rappeler les paroles de Jésus : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15).

C’est un point fondamental de la foi chrétienne, que Dei Verbum nous rappelle : Jésus-Christ transforme radicalement la relation de l’homme avec Dieu, qui sera désormais une relation d’amitié. C’est pourquoi l’unique condition de la nouvelle alliance est l’amour.

Saint Augustin, dans son commentaire sur ce passage du quatrième Évangile, insiste sur la perspective de la grâce, seule capable de nous rendre amis de Dieu dans son Fils (Commentaire sur l’Évangile de Jean, Homélie 86). En effet, une ancienne devise disait “Amicitia aut pares invenit, aut facit”, “l’amitié naît entre égaux, ou rend tels”. Nous, nous ne sommes pas égaux à Dieu, mais Dieu lui-même nous rend semblables à Lui dans son Fils.

C’est pourquoi, comme nous pouvons le voir dans toute l’Écriture, il y a dans l’Alliance un premier moment de distance, dans la mesure où le pacte entre Dieu et l’homme reste toujours asymétrique : Dieu est Dieu et nous sommes des créatures ; mais, avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à sa fin ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui dans notre fragile humanité.

Notre ressemblance avec Dieu ne s’obtient donc pas par la transgression et le péché, comme le suggère le serpent à Ève (cf. Gn 3, 5), mais dans la relation avec le Fils fait homme.

Les paroles du Seigneur Jésus que nous avons rappelées – “je vous ai appelés amis” – sont reprises dans la Constitution Dei Verbum, qui affirme : « Par cette révélation, en effet, Dieu invisible (cf. Col 1, 15 ; 1Tm 1, 17), dans son grand amour, parle aux hommes comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15) et il s’entretient avec eux (cf. Bar 3, 38), pour les inviter et les admettre à la communion avec lui » (n° 2).

Le Dieu de la Genèse conversait déjà avec les premiers parents, dialoguant avec eux (cf. Dei Verbum, 3) ; et lorsque ce dialogue est interrompu par le péché, le Créateur ne cesse de rechercher la rencontre avec ses créatures et d’établir à chaque fois une alliance avec elles.

Dans la Révélation chrétienne, lorsque Dieu, pour venir à notre rencontre, s’incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu est définitivement rétabli : l’Alliance est nouvelle et éternelle, rien ne peut nous séparer de son amour.

La Révélation de Dieu a donc le caractère dialogique de l’amitié et, comme dans l’expérience de l’amitié humaine, elle ne supporte pas le mutisme, mais se nourrit de l’échange de paroles vraies.

La Constitution Dei Verbum nous le rappelle également : Dieu nous parle. Il est important de saisir la différence entre la parole et le bavardage : ce dernier s’arrête à la surface et ne réalise pas de communion entre les personnes, tandis que dans les relations authentiques, la parole ne sert pas seulement à échanger des informations et des nouvelles, mais à révéler qui nous sommes.

La parole possède une dimension révélatrice qui crée une relation avec l’autre. Ainsi, en nous parlant, Dieu se révèle à nous comme un Allié qui nous invite à l’amitié avec Lui.

Dans cette perspective, la première attitude à cultiver est l’écoute, afin que la Parole divine puisse pénétrer nos esprits et nos cœurs ; en même temps, nous sommes appelés à parler avec Dieu, non pas pour lui communiquer ce qu’il sait déjà, mais pour nous révéler à nous-mêmes.

D’où la nécessité de la prière, dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l’amitié avec le Seigneur. Cela se réalise tout d’abord dans la prière liturgique et communautaire, où ce n’est pas nous qui décidons ce que nous voulons entendre de la Parole de Dieu, mais c’est Lui-même qui nous parle à travers l’Église ; cela se réalise également dans la prière personnelle, qui se déroule dans l’intimité du cœur et de l’esprit.

Le temps consacré à la prière, à la méditation et à la réflexion ne peut manquer dans la journée et la semaine du chrétien. Ce n’est que lorsque nous parlons avec Dieu que nous pouvons aussi parler de Lui.

Notre expérience nous montre que les amitiés peuvent prendre fin à cause d’un geste spectaculaire de rupture, ou d’une série de négligences quotidiennes qui effritent la relation jusqu’à la perdre. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c’est précisément l’amitié avec Dieu qui est notre salut.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française.

Nous venons de commencer le temps liturgique ordinaire, un temps où nous sommes appelés à soigner notre relation d’amitié avec Dieu dans le quotidien de la vie et de nos engagements. Puissions-nous mettre la prière personnelle au cœur de chacune de nos journées, afin d’entendre la Parole de Dieu résonner en nous et vivre une authentique relation filiale avec Lui.

Que Dieu vous bénisse.

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Résumé de la catéchèse du Saint-Père :

Aujourd’hui, nous commençons à approfondir la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine. Celle-ci rappelle que Jésus-Christ transforme la relation de l’homme avec Dieu en relation d’amitié. Dieu est Dieu et nous sommes des créatures. Mais, avec la venue de son Fils dans la chair humaine, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui malgré notre fragile humanité.

Lorsque Dieu, pour venir nous chercher, s’incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu par le péché est définitivement rétabli. La parole possède une dimension révélatrice qui crée une relation avec l’autre. Ainsi, en nous parlant, Dieu se révèle à nous comme un Allié qui nous invite à l’amitié avec Lui.

Dans cette perspective, la première attitude à cultiver est l’écoute, afin que la Parole divine puisse pénétrer nos esprits et nos cœurs. En même temps, nous sommes appelés à parler avec Dieu, d’où la nécessité de la prière dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l’amitié avec le Seigneur.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse