Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

sainte Brigitte, co-patronne de l’Europe

Sainte Brigitte - muséum Altomünster
Sainte Brigitte – muséum Altomünster

Nous célébrons aujourd’hui la fête de sainte Brigitte, l’une des saintes proclamées Patronnes d’Europe par le Pape Jean-Paul II. Sainte Brigitte vint de Suède en Italie, elle vécut à Rome et se rendit aussi en pèlerinage en Terre Sainte.

À travers son témoignage, elle nous parle de l’ouverture entre les peuples et les civilisations différentes. Demandons-lui d’aider l’humanité d’aujourd’hui à créer de grands espaces de paix. Qu’elle obtienne en particulier du Seigneur la paix dans cette Terre Sainte pour laquelle elle eut une profonde affection et vénération.

BENOÎT XVI – ANGÉLUS – Les Combes (Val d’Aoste) – dimanche 23 juillet 2006

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compassion de Jésus pour une foule en demande

«Nous avons tous besoin de la parole de vérité, qui nous conduit et éclaire le chemin. Sans la vérité, qui est le Christ lui-même, il n’est pas possible de trouver la juste orientation de la vie», a dit le pape François lors de l’angélus du 22 juillet 2018, place Saint Pierre à Rome.

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 15 juillet 2018

L’Évangile d’aujourd’hui (Mc 6, 30-34) nous dit que les apôtres, après leur première mission, retournent vers Jésus et lui expriment «tout ce qu’ils ont fait et qu’ils ont enseigné» (v.30). Après l’expérience de la mission, certes excitante mais aussi fatigante, ils ont besoin de repos.

Et Jésus, plein de compréhension, prend soin de leur assurer un certain soulagement et dit: «Venez à part, vous seuls, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu» (v.31). Mais cette fois l’intention de Jésus ne peut pas être réalisée, parce que la foule, devinant l’endroit solitaire où lui et ses disciples iraient avec le bateau, est accourue là avant leur arrivée.

La même chose peut arriver aujourd’hui. Parfois, nous ne parvenons pas à réaliser nos projets, car une situation d’urgence imprévue perturbe nos programmes et exige de la souplesse et de la disponibilité pour répondre aux besoins des autres.

Dans ces circonstances, nous sommes appelés à imiter ce que Jésus a fait: «Il est descendu du bateau, il a vu une grande foule, il a eu compassion d’eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger et a commencé à leur enseigner beaucoup de choses» (v. 34). Dans cette courte phrase, l’évangéliste nous offre un éclair d’une intensité singulière, photographiant les yeux du divin Maître et son enseignement.

Regardons les trois verbes de ce cadre: voir, avoir de la compassion, enseigner. Nous pouvons les appeler les verbes du Berger. Le regard de Jésus n’est pas un regard neutre ou, pire, froid et détaché, parce que Jésus regarde toujours avec les yeux du cœur. Et son cœur est si tendre et plein de compassion, qu’il sait saisir les besoins encore plus cachés des gens.

De plus, sa compassion n’indique pas simplement une réaction émotionnelle face à une situation de malaise du peuple, mais c’est beaucoup plus: c’est l’attitude et la prédisposition de Dieu envers l’homme et son histoire. Jésus apparaît comme la réalisation de la préoccupation de Dieu et du souci de son peuple.

Puisque Jésus a été ému de voir toutes ces personnes qui ont besoin de conseils et d’aide, nous nous attendrions à ce qu’Il fasse maintenant un miracle. Au lieu de cela, il a commencé à leur enseigner beaucoup de choses. Voici le premier pain que le Messie offre à la foule affamée et perdue: le pain de la Parole. Nous avons tous besoin de la parole de vérité pour nous guider et éclairer le chemin.

Sans la vérité, qui est le Christ lui-même, il n’est pas possible de trouver la bonne orientation de la vie. Quand on s’éloigne de Jésus et de son amour, on se perd et l’existence se transforme en déception et insatisfaction.

Avec Jésus à nos côtés, nous pouvons procéder avec sécurité, nous pouvons surmonter les épreuves, nous progressons dans l’amour envers Dieu et notre prochain. Jésus s’est fait don pour les autres, devenant ainsi un modèle d’amour et de service pour chacun de nous.

Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à assumer les problèmes, les souffrances et les difficultés de notre prochain, à travers une attitude de partage et de service.

Après l’Angélus

Chers frères et sœurs,

Au cours des dernières semaines, il y a eu des cas dramatiques de naufrages de bateaux chargés de migrants dans les eaux de la Méditerranée. J’exprime ma douleur face à ces tragédies ; les disparus et  leurs familles, je les assure  de mon souvenir et de ma prière.

J’adresse un appel sincère à la communauté internationale pour qu’elle agisse de manière décisive et rapide, afin d’éviter que de telles tragédies ne se répètent et afin de garantir la sécurité, le respect des droits et de la dignité de tous.


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La première à voir le Ressuscité

Jésus ressuscité et Marie Madeleine Fra Angelico
De Fra Angelico, une des plus célèbres fresques du couvent San Marco de Florence est dans la cellule n° 1, où l’on voit Jésus ressuscité apparaître à Marie-Madeleine. La représentation a une valeur historique, mais elle développe la symbolique de l’évangile de Jean. La scène se passe dans un jardin, riche de ses grands arbres et clos d’une barrière stricte. Les fleurs sont représentées avec minutie et disposées selon un ordre qui a donné lieu à de nombreuses interprétations allégoriques – arbitraires pour une part. On peut  penser au Cantique des cantiques où il est fait mention de la venue du Bien-aimé dans son jardin au moment de la floraison. Le thème du jardin renvoie aussi au début de la Genèse où le sort de l’humanité se joue dans un jardin (le Paradis), le jardin d’Eden dont Adam avait reçu la garde et la charge de le faire fructifier. Adam avait désobéi et perdu l’accès à ce jardin. Cette malédiction est renversée par Jésus qui est confessé par l’Église comme « nouvel Adam », celui qui ouvre l’accès au jardin. C’est ce qui explique pourquoi Marie Madeleine  le prend pour le jardinier ; ce que Fra Angelico a symbolisé par l’outil que Jésus porte sur son épaule. Cette mise en scène permet de comprendre le sens que Jean a donné à la scène qui met en vis-à-vis Marie Madeleine et le Ressuscité.

Aujourd’hui, l’Église célèbre Marie de Magdala, Marie Madeleine.

La passion de sa foi, sa ferveur «ont été largement récompensées» car, selon saint Jean Chrysostome, c’est elle qui a été la première «à voir ce que les frères n’ont pu voir qu’après».

Marie Madeleine, premier témoin de la Résurrection, devient ainsi «l’apôtre» qui est chargé d’annoncer le Mystère pascal aux autres apôtres, signe que le Christ voulait, selon saint Grégoire de Nysse, « que la femme devienne pour les hommes une messagère de joie, elle qui avait été pour Adam une cause d’affliction ». On lui accepte ainsi une signification apostolique au sens littéral du terme.

Elle l’a vu et elle est tombée à ses pieds essayant de les toucher non pour s’assurer de sa réalité comme Thomas, mais pour témoigner de son amour et de sa foi. Elle sera arrêtée : Ne me touche pas ! Un refus non pour son indignité, comme saint Grégoire Palamas l’a interprétée, mais parce que Jésus l’invite à dépasser l’ordre du sensible pour devenir l’annonciatrice de la Vérité.

Par son geste de bénédiction, il comble de lumière Marie-Madeleine agenouillée. Par sa bénédiction, le Christ demeurera en vérité le «jardinier» de nos âmes, celui qui fait pousser dans la glaise de nos cœurs, dans nos âmes, l’arbre éternel et les fruits de la vie et de l’amour.

La figure de la sainte n’a aucune existence en dehors de celle du Christ : elle fait bloc avec celle-ci, elle lui appartient . Elle apparaît alors dans les scènes de la vie du Christ : la Résurrection de Lazare, la Crucifixion, la Lamentation, le Noli me tangere : ne me touche pas. Marie-Madeleine est la femme qui a approché le Christ, l’a touché, puis l’a vu ressusciter. Comme telle, elle devient le premier Apôtre.

Marie-Madeleine représente la vertu d’espérance en la miséricorde du Christ. C’est une figure qui, en raison de son passé, l’exprime plus qu’aucun autre saint. Pour autant elle demeure toujours une figure christique : la femme de mauvaise vie, repentie, met l’accent sur la bonté du Christ plutôt que sur sa propre conduite. Elle traduit clairement la confiance que doivent avoir les pécheurs en la bonté du Christ.

Voir aussi :

Sainte Marie-Madeleine
Marie-Madeleine, apôtre de l’espérance