Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Saint François Caracciolo, fondateur de la congrégation des Clercs réguliers

Saint François Caracciolo, fondateur de la congrégation des Clercs réguliers

«Très précieux sang de Jésus, tu es mien, et pour toi et avec toi seulement j’espère me sauver. O prêtres, efforcez-vous de célébrer la Messe chaque jour et de vous enivrer avec ce sang»

Ce n’est pas par hasard si François Caracciolo est appelé «le Saint de l’Eucharistie»: un amour, le sien pour Jésus pain de vie, qui naît très tôt chez lui, comme la vocation, quand il vit encore avec sa famille à Villa Santa Maria, près de Chieti. Il nourrit un grand amour pour la Vierge Marie, qu’il honore en portant, depuis l’enfance, le scapulaire du Carmel et en récitant le chapelet, et en jeûnant chaque samedi.

Une maladie «de lumière»

A vingt-deux ans il est frappé par une vilaine forme d’éléphantiasis qui le défigure. Il fait alors le vœu de renoncer définitivement aux richesses d’ici-bas en échange de sa guérison. Il est exaucé. Deux ans plus tard, il est ordonné prêtre et se fait remarquer pour certaines guérisons supposées de malades des hôpitaux où il exerce son ministère, tout comme dans les prisons.

Toujours parmi les derniers. Il demande pour cela, de faire partie de la Compagnie des Blancs qui à Naples travaillent parmi les condamnés à mort et les bagnards auprès de l’hospice des Incurables. Nous sommes en 1588.

Fondateur… par erreur

Un jour il reçoit une lettre d’un noble génois, don Augustin Adorno, et de l’Abbé de Sainte Marie Majeure de Naples, Fabrice Caracciolo. En réalité elle est adressé à un religieux homonyme qui fait partie de la même congrégation, mais elle est remise à lui; et il l’accueille comme un signe de la Providence. C’est à cause de cette méprise qu’ensemble avec les deux personnages en question Ascagne se retire chez les Camaldules et écrit la constitution d’un nouvel Institut dont il est cofondateur.

C’est justement lui qui propose d’ajouter aux trois vœux traditionnels de pauvreté, chasteté et obéissance, un quatrième vœu qui oblige à refuser toute charge ecclésiastique. Quand le nouvel institut est reconnu, Ascagne change son nom en celui de François.

Difficile rapport avec l’Espagne

En 1589 François se rend en Espagne avec Adorno, qui veut y diffuser le nouvel institut. Le voyage, cependant, est une faillite: au bout d’un an ils reviennent à la maison, François tombe malade, Adorno meurt.

En 1591 François est élu préposé général perpétuel, charge qu’il doit accepter pour respecter le vœu d’obéissance, mais il ne change pas sa manière de vivre la pénitence, le jeûne, pas même l’habitude de préférer les travaux les plus humbles.

Au bout de trois ans il retourne en Espagne, mais à Madrid le roi Philippe II menace de faire fermer l’hôpital des Italiens où il prodigue des soins et s’occupe de l’assistance aux malades. C’est seulement en 1601, qu’en tant que maître des novices il réussira à fonder une maison à Valladolid; ensuite il fait preuve de sa grande capacité de discernement chez les jeunes, en leur prêchant la vocation à la vie religieuse. Finalement, en 1607, il est dispensé de toute charge pour se consacrer entièrement à la prière.

«Chasseur d’âmes», «père des pauvres», mais aussi «l’homme de bonze»

Ces trois surnoms sont ceux par lesquels François était connu, et qui reflétaient parfaitement les trois visages de son ministère. Il ne s’arrêtait jamais de visiter les malades et d’assister les mourants; à l’hôpital il se consacrait avec bonne humeur aux travaux les plus humbles comme arranger les lits, balayer les chambres, raccommoder les vêtements des malades.

Il était également toujours prêt à récolter les aumônes afin de fournir l’éducation aux fillettes, à donner tout ce qu’il a aux pauvres, en s’arrachant littéralement le pain de la bouche; il pratique souvent le jeûne, et distribue les habits que tous les confrères mettent de côté. Par ailleurs il était infatigable dans l’écoute des confessions, l’enseignement du catéchisme aux enfants, l’ organisation des œuvres de charité et la prédication des vérités éternelles aux fidèles.

L’amour pour Jésus Eucharistie

S’il désire le meilleur pour les autres, pour lui-même il ne veut rien. François choisit toujours les chambres les plus petites, dort et mange très peu, il porte même le cilice les jours de fêtes et durant les longs voyages à pied. Mais il promeut surtout le culte de l’Eucharistie, en établissant que les élèves de l’Ordre s’alternent dans l’Adoration du Très Saint Sacrement.

Il ne se fatigue jamais d’exhorter aussi les autres prêtres à cette pratique, expose le Très Saint Sacrement chaque premier dimanche du mois. Parti en pèlerinage à la Sainte Maison de Lorette, c’est la qu’il naît au ciel le 4 juin 1608, en invoquant les Saints Michel, Joseph et François d’Assise. Il est canonisé par Pie VII en 1807.

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Texte propos » par l’Association de la Médaille Miraculeuse

MOIS DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS QUATRIÈME JOUR

Objet sensible de la Dévotion au Sacré-Cœur

 

Voilà le Cœur qui a tant aimé les hommes !
Voilà le Cœur qui a tant aimé les hommes !

L’objet sensible et immédiat de cette touchante dévotion est le Cœur même de Jésus. Ouvrant un jour sa poitrine sacrée, il dit à la Bienheureuse : « Voilà le Cœur qui a tant aimé les hommes ! » Le voilà ! Ainsi l’objet matériel de notre culte est indiqué par le geste du Sauveur, les paroles qui l’accompagnent et la vision de Marguerite-Marie.

C’est le Cœur du plus saint, du plus aimable, du plus parfait des enfants des hommes, formé par l’Esprit-Saint lui-même du plus pur sang d’une Vierge ! chef-d’œuvre du Ciel et de la terre, de la nature et de la grâce. C’est le Cœur d’un Dieu ! puisqu’il a été uni à la divinité ; par conséquent, sanctuaire de toutes les perfections et de tous les mérites, abîme sans fond de grâces et de bénédictions.

— C’est quelque chose de plus : c’est le cœur d’un homme-Dieu ! c’est-à-dire un admirable mélange de tout ce qu’on peut supposer de plus pur, de plus délicat dans les affections humaines, et de tout ce qu’il y a de bonté, de dévouement dans les affections divines. C’est la compassion unie à la miséricorde ; c’est l’amitié d’un frère unie à l’amour d’un père.

O merveille ! Peut-on concevoir un objet plus digne de notre respect, de notre amour ! Si l’Église rend un culte spécial aux instruments de la Passion du Sauveur, aux épines dont il fut couronné, à la Croix où il expira, à la lance dont il fut percé, combien plus devons-nous honorer le Cœur adorable de Jésus !

N’est-il pas le principe de sa vie, de ses souffrances et de son amour ? N’est-il pas la source du sang précieux qui nous a rachetés au Calvaire, qui nous purifie dans les Sacrements et nous désaltère à l’autel ? Saint Bernardin l’appelle une fournaise d’amour ; saint Pierre Damien, le trésor universel de la sagesse et de la science ; saint François de Sales, la source de toutes les grâces.

Eh quoi ! ici- bas, on s’estime heureux, après une séparation douloureuse, de recueillir et de garder le cœur d’un père et d’une mère, et nous ne rendrions aucun hommage au Cœur de Jésus, le plus saint, le plus tendre, le plus généreux de tous les cœurs ! Jésus nous donne son Cœur. Et que demande-t-il en retour ? Il demande l’offrande du nôtre. « Mon fils, dit-il, donne-moi ton cœur. »

Il est impossible que notre cœur ne se donne pas à quelqu’un, puisqu’il ne peut vivre sans aimer. D’un côté, le monde nous le demande, mais pour le changer en un enfer ; de l’autre, Jésus désire ardemment le posséder, pour en faire un paradis de délices dès cette vie. A qui donnerons-nous la préférence ?

A toi seul, ô Jésus ! Dieu d’amour ! Oui, à toi seul mon cœur tout entier, sans retour, sans partage, à
la vie et à la mort, dans le temps et dans l’éternité.

Sacré-Cœur de Jésus, donne-moi pour partage de t’aimer toujours et toujours davantage.

PRIÈRE

O Jésus ! voilà mon cœur, garde- le-moi bien comme un précieux dépôt que je te confie ; garde-le moi comme tu as gardé celui de ta bien-aimée servante Marguerite-Marie. Si jamais je voulais le reprendre, ne me le rend pas, mais force-moi, par quelque acte de ta miséricorde, à t’en laisser le possesseur et le maître à jamais. Ainsi soit-il.

+P. Martin BERLIOUX

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Audience générale: Léon XIV invite à redécouvrir la force spirituelle des rites liturgiques

Audience générale: Léon XIV invite à redécouvrir la force spirituelle des rites liturgiques

Lors de l’audience générale de ce mercredi 3 juin, le Pape a poursuivi sa série de catéchèse sur la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium. Il a consacré sa réflexion à certains éléments de la liturgie sacrée: «le rite, le signe et le symbole», rappelant que les rites sacrés ne sont pas de simples cérémonies extérieures, mais une véritable médiation intérieure du mystère de l’expérience de Dieu dans la vie des croyants.

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LÉON XIV

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 3 juin 2026

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Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II
III. La Constitution dogmatique Sacrosanctum Concilium
3. Le rite, le signe, le symbole

Chers frères et sœurs,

en poursuivant notre catéchèse sur la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC), nous souhaitons nous arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la liturgie sacrée, tels que le rite, le signe et le symbole.

Le Concile Vatican II, s’inspirant du précieux travail du Mouvement liturgique, nous a aidés à redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin.

C’est précisément pour cette raison que le Concile invite à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la liturgie à travers les rites et les prières (cf. SC, 48).

Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs étrangers ou muets (cf. ibid.) face à la liturgie, mais si nous y participons de tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur.

À travers le rite sacré, nous sommes ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale. Nous découvrons que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi.

Le rite nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité. Sa logique, cependant, n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas. Au contraire, par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel.

Nous découvrons ainsi une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement, et une autre expérience du temps et de l’espace. Dans le rite, nous faisons l’expérience d’une logique de gratuité, nous trouvons une pause qui régénère le cœur, nous reconnaissons que nous sommes précédés de la grâce divine, nous apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint.

La grammaire du rite est tissée des signes et des symboles propres à la liturgie. En elle, comme l’affirme le Concile, « la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux » (SC, 7).

Le Catéchisme de l’Église Catholique approfondit la valeur de ces signes, en rappelant que « leur signification s’enracine dans l’œuvre de la création et dans la culture humaine, se précise dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèle pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ » (n° 1145).

Emblématique est le signe de l’eau : depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.

“Signe” et “symbole” sont des termes souvent utilisés comme synonymes. En réalité, un signe est symbolique lorsqu’il est capable de renvoyer non seulement à une idée, mais à tout un système de significations et de valeurs. Ainsi, par exemple, lorsque nous sommes aspergés avec l’eau bénite, cela ravive en nous la conscience du don reçu lors du baptême et notre adhésion à la vie nouvelle en Christ.

Deuxièmement, les symboles ont essentiellement un caractère pratique, étant avant tout des actions : les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement.

Surtout, les symboles ont une dimension singulière, performative et transformatrice, tant envers les éléments matériels qui les composent qu’envers ceux qui entrent en contact avec eux, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales.

Dans la Lettre apostolique Desiderio desideravi, le pape François, faisant sienne une affirmation de Romano Guardini, identifiait « la première tâche du travail de formation liturgique : l’homme doit retrouver sa capacité symbolique » (n° 44).

Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie.

L’expérience d’une liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir lieu qu’en impliquant tout l’homme : esprit, âme et corps (cf. 1Th 5, 23).

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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les jeunes venus de l’île Maurice et de France.

Frères et sœurs, puissent vos liturgies, par leur beauté et leur solennité, être toujours centrées sur le mystère et porter vos âmes à la contemplation de Dieu Trinité. Qu’elles construisent et manifestent l’unité de l’Église dans une authentique et accueillante charité.

Que Dieu vous bénisse et qu’Il bénisse vos familles.

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Résumé de la catéchèse du Saint-Père : 

Frères et sœurs, nous souhaitons nous arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la liturgie sacrée. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un simple revêtement extérieur du mystère sacramentel, ni un ensemble de cérémonies arbitraires, mais la médiation ecclésiale par laquelle le don divin nous parvient.

Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, ce qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. La sobriété solennelle de ses rythmes interrompt l’activité frénétique, nous ramenant à l’essentiel. Dans la liturgie, la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’entre eux.

Les symboles ont une dimension singulière, performative et transformatrice, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales. Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie.

L’expérience d’une liturgie vivante et pieuse est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui ne peut avoir lieu qu’en impliquant l’homme tout entier : esprit, âme et corps.

Texte proposé à l’Association de la Médaille Miraculeuse