Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

LES LEÇONS QUE NOUS DONNE SAINTE CATHERINE : la vie de silence

20 MAI

LES LEÇONS QUE NOUS DONNE SAINTE CATHERINE suite

La vie de silence

Sœur Catherine Labouré, sauf à son confesseur et dans deux rapports écrits par obéissance, en 1856 et 1876, n’a jamais laissé entendre qu’elle fût la privilégiée d’un secret. Autour d’elle on parlait de la Médaille. Ni alors, ni après, Sœur Catherine ne révéla que ce fut elle, la novice de 1830.

Dans la vie, fais confiance à Dieu qui voit ces trois choses : ta peine, ton amour et la raison de ton silence
Dans la vie, fais confiance à Dieu qui voit ces trois choses : ta peine, ton amour et la raison de ton silence

Mêlée à ses compagnes, du ton le plus naturel, à l’occasion elle disait son mot. Mais cette Sœur mystérieuse dont tous, au-dehors comme au-dedans, eussent voulu savoir le nom, on ne le révéla jamais de son vivant. Ses lèvres restèrent hermétiquement closes sur l’instrument de la Vierge. Qu’importe un nom, devait-elle penser comme Jean-Baptiste qui ne se proclamait qu’une « voix » !

Ce sont là les grandes profondeurs de l’humilité et du silence de l’âme. Or, Catherine Labouré, sans jamais en sortir, les vécut quarante-six ans. Et c’est là ce qui fait sa grandeur et sa sainteté. Quarante-six ans d’effacement dans un hospice de vieillards alors que partout l’on cherche votre nom, ô humble Sœur !

Quarante-six ans de silence sur soi, sur des grâces ineffables ! Quarante-six ans pendant lesquels, repliée sur le don divin, elle laissa aller le vain bruit des recherches curieuses ! Cela sans jamais se trahir, pour être mieux à Dieu, à la charité, à son perfectionnement, voilà l’extraordinaire mérite de Catherine Labouré, l’héroïsme qui l’a conduite à être reconnue sainte.

Leçon profonde pour nos orgueils et nos glorioles, même dans notre piété, notre apostolat, notre dévouement qui cherchent si souvent les louanges humaines ! Leçon des grands et vivifiants silences : des silences extérieurs autant qu’ils sont possibles, des intérieurs qui attirent Dieu en nous.

PRIÈRE

O Sainte Catherine Labouré, votre amour du silence est une grande leçon pour nos vies superficielles et enfiévrées. Apprenez-nous à rentrer souvent en nous-mêmes pour y trouver Dieu, pour le consulter, pour vivre en sa présence et par là même éviter le péché et accomplir sa divine volonté.

Les âmes trop dispersées ne peuvent être des âmes intérieures. Que nous sachions à votre exemple, et à celui de la Sainte Vierge, vivre davantage au-dedans de nous-mêmes et aimer ce silence qui fait rencontrer Dieu. Ainsi soit-il !

Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS A VOUS !

+P. BAETEMAN

Marie au cénacle de la Pentecôte

La prière de Marie au Cénacle. Maitre de l’Échevinage de Rouen, miniature de la Pentecôte, Heures à l'usage du Mans de Jehan de Chahanay, manuscrit sur vélin, feuillet 24, 1460-1465, collection particulière.
La prière de Marie au Cénacle. Maitre de l’Échevinage de Rouen, miniature de la Pentecôte, Heures à l’usage du Mans de Jehan de Chahanay, manuscrit sur vélin, feuillet 24, 1460-1465, collection particulière.

Les actes des Apôtres soulignent que Marie se trouvait au Cénacle « avec les frères de Jésus » (Ac 1, 14), c’est-à-dire avec ses proches parents, comme la tradition ecclésiale l’a toujours interprété.

Il ne s’agit pas tellement d’un rassemblement familial mais plutôt du fait, que sous la conduite de Marie, la famille naturelle de Jésus fait désormais partie de la famille spirituelle du Christ : « Celui qui fait la volonté de mon Père – avait dit Jésus – celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère » (Mc 3, 34).

En cette même circonstance, Luc appelle explicitement Marie « la Mère de Jésus » (Ac 1, 14), comme s’il voulait suggérer que quelque chose de la présence du Fils monté aux Cieux demeure dans la présence de sa Mère.

Elle rappelle aux disciples le visage de Jésus et elle est, pas sa présence au milieu de la communauté, le signe de la fidélité de l’Église au Christ Seigneur.

Le titre de « Mère », dans ce contexte, annonce la proximité, l’attention vigilante, avec lesquelles Marie suivra la vie de l’Église. Marie lui ouvrira son cœur pour manifester les merveilles que le Dieu tout-puissant et miséricordieux a opérées en elle.

Dès le commencement, Marie exerce son rôle de « Mère de l’Église » : son action favorise l’entente entre les apôtres que Luc présente « unanimes » et très loin des disputes qui avaient parfois surgi entre eux.

Enfin, Marie exerce sa maternité envers la communauté des croyants, non seulement en priant pour obtenir à l’Église les dons de l’Esprit Saint, nécessaires à la sa formation et à son avenir, mais aussi en éduquant les disciples du Seigneur à la communion constante avec Dieu.

Elle se fait ainsi l’éducatrice du peuple chrétien, lui apprenant la prière, la rencontre avec Dieu, élément central et indispensable pour que l’œuvre des pasteurs et des fidèles ait toujours dans le Seigneur son commencement et sa motivation profonde.

Jean Paul II, Audience du 6 septembre 1995, § 5

LES LEÇONS QUE NOUS DONNE SAINTE CATHERINE : la vie cachée

19 MAI

LES LEÇONS QUE NOUS DONNE SAINTE CATHERINE suite

La vie cachée

Sœur Catherine a toujours mené la vie cachée, elle a exercé les emplois les plus communs. En effet, elle doit disparaître. Comme une de ses compagnes disait un jour : « Il est probable que la Sœur qui a vu la Sainte Vierge est aujourd’hui supérieure », la servante de Dieu répondit : « Non, non, il faut qu’elle mène la vie cachée. »

La vie cachée de Catherine Labouré
La vie cachée de Catherine Labouré

Pendant quarante-six ans, elle eut la passion de se cacher, comme d’autres ont la passion de parler. Elle trouve naturel d’être ignorée et mise de côté. Or, la vertu qui s’ignore est le comble de la véritable vertu.

N’imaginons pas la Voyante de la rue du Bac comme une Catherine de Sienne, en communication habituelle avec Notre-Seigneur. Son Thabor fut d’un moment, sa fidélité au devoir d’état de tous les jours.

Tous les matins, elle recevait sa tâche. Le champ d’action d’une Fille de la Charité est très circonscrit ; elle est clôturée dans son devoir d’état. Lumière des plus modestes, à la flamme pure, chaude, sans éclat, sans sursaut, Sœur Catherine se consumera jour et nuit, pendant quarante années, dans sa maison de Reuilly, comme en une chapelle close et recueillie.

PRIÈRE

Ô mon Dieu, tu as voulu que ton Fils unique vécût trente ans de vie cachée sur les trente-trois années que dura sa vie terrestre ; tu as voulu aussi que la Très Sainte Vierge Marie menât une vie obscure, uniforme, sans aucune action d’éclat. C’est assez nous montrer quel prix tu attaches aux actions humbles, connues de toi seul et accomplies pour ton seul amour.

Fais qu’à l’exemple de ta Servante, Catherine Labouré, nous sachions trouver notre joie à remplir parfaitement notre devoir d’état, expression certaine de ta volonté divine, à nous contenter souvent de tâches humbles et monotones avec lesquelles nous pouvons si facilement nous remplir de ton bonheur éternel. Ainsi soit-il !

Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS QUI AVONS RECOURS À VOUS !

+P. BAETEMAN