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sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Léon XIV appelle l’Église angolaise à la fidélité, à la paix et à l’espérance

Léon XIV appelle l’Église angolaise à la fidélité, à la paix et à l’espérance

Dans un discours adressé ce lundi 20 avril aux évêques, prêtres, consacrés et catéchistes d’Angola, le Souverain pontife a salué l’engagement de l’Église locale tout en exhortant à la fidélité et à la mission. «Favorisez une mémoire réconciliée, en éduquant chacun à la concorde», «célébrez la paix!», a recommandé le Saint-Père. Leur demandant par ailleurs d’être une «Église généreuse, qui contribue au développement intégral».
Léon XIV en Angola
Léon XIV en Angola

Ce 20 avril est le huitième jour de voyage apostolique en Afrique. Le Saint-Père s’est rendu ce lundi à Saurimo, centre névralgique de l’industrie du diamant angolais, dans le nord-est du pays et a ensuite visité une maison de retraite mais aussi célébré la messe en la cathédrale Notre-Dame de l’assomption en présence de dizaines de milliers de fidèles, avant de rencontrer dans l’après-midi, évêques, prêtres, consacrés et agents pastoraux à la paroisse Notre-Dame de Fatima à Luanda.

Une église construite par les frères capucins franciscains en 1963, en l’honneur de Notre-Dame de Fatima et inaugurée le 8 décembre 1964 par l’archevêque de Luanda de l’époque, Mgr Moises Alves de Pinho. et dont une pierre provenant de la ville portugaise de Fatima a été placée sous ses fondations.

Gratitude et remerciement pour l’œuvre d’évangélisation

Avant le discours du Pape, le président de la Conférence épiscopale, Mgr José Manuel Imbamba, archevêque de Saurimo, a pris la parole suivi d’un prêtre, d’un catéchiste et de deux religieuses qui ont livré leur témoignage.

Léon XIV a tout d’abord exprimé sa gratitude et ses remerciements pour «l’œuvre d’évangélisation accomplie» en Angola, saluant «l’espérance du Christ semée dans le cœur du peuple» et «la charité envers les plus pauvres».

Le Pape a ensuite insisté sur la contribution de l’Église au développement national, soulignant que cette mission repose sur «des fondements solides de la réconciliation et de la paix». «Merci de continuer avec persévérance à contribuer au progrès de cette nation».

«S’il m’appartient, au nom de l’Église universelle, de reconnaître en ce moment la vitalité chrétienne qui anime vos communautés, c’est au Seigneur qu’il revient de vous en récompenser.» «Il vaut donc la peine d’ouvrir tout votre cœur au Christ.» «Il pourrait peut-être surgir de penser qu’Il vient vous ôter quelque chose», mais «Il n’enlève rien et Il donne tout. Celui qui se donne à Lui reçoit le centuple.»

S’adressant ensuite particulièrement aux jeunes en formation religieuse, Léon XIV les a exhortés à ne pas avoir «peur du lendemain». «N’ayez pas peur de dire “oui” au Christ, de modeler entièrement votre vie sur la sienne.» «Vous appartenez totalement au Seigneur. Il vaut la peine de le suivre dans l’obéissance, la pauvreté, la chasteté. Lui, il n’enlève rien! La seule chose qu’il nous enlève et prend sur lui, c’est le péché.» «Oui, de Lui vous recevez tout: cette terre et la famille dans laquelle vous êtes nés; le baptême, qui vous a introduits dans la grande famille de l’Église; et votre vocation».

L’Esprit Saint, le don le plus grand

Devant les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses ainsi que les agents pastoraux, le Successeur de Pierre, a également expliqué, qu’en offrant la joie d’être «ses disciples-missionnaires», le Seigneur donne la «force de vaincre les ruses du malin, l’espérance de la vie éternelle.» «Tout cela vous appartient, tout cela est don.»

«Le don le plus grand est l’Esprit Saint qui, répandu dans vos cœurs lors du baptême, vous a, en vue de la mission, conformés d’une manière particulière au Christ, lequel vous a envoyés afin que, à partir de l’Évangile, vous édifiiez une société angolaise libre, réconciliée, belle et grande.»

Le rôle clé des catéchistes

Dans cette mission, le ministère des catéchistes, est «important.» En Afrique, c’est une «expression fondamentale de la vie de l’Église qui peut être une source d’inspiration pour les communautés catholiques partout dans le monde.» «Tout est à vous ! Mais vous, vous êtes au Christ.»

Léon XIV a fait savoir que, cinquante ans après l’indépendance du pays,  ces paroles de l’Apôtre Paul «nous disent que le présent et l’avenir de l’Angola vous appartiennent, mais que vous appartenez au Christ.» C’est pourquoi tous les Angolais, sans exception, ont le droit de construire ce pays et d’en bénéficier équitablement».

Cependant, les «disciples du Seigneur ont le devoir de le faire selon la loi de la charité.» «Être disciples de Jésus incombe à tous d’être son image». «Vous êtes le sel et la lumière de cette terre parce que vous êtes membres du Corps du Christ et, pour cette raison, vos gestes, vos paroles et vos actions, reflétant sa charité, construisent les communautés de l’intérieur et édifient pour l’éternité.»

«L’Église en Angola grandit à la mesure de la fécondité spirituelle qui commence par l’Eucharistie et se poursuit dans la prise en charge complète de tout le peuple.»

Fidélité, formation et témoignage

«Quelles voies le Seigneur ouvre-t-il à l’Église en Angola?» «Elles seront certainement nombreuses!» «Essayez de les suivre toutes!» La «première voie est celle de la fidélité au Christ». «Continuez à valoriser la formation permanente, veillez à la cohérence de votre vie et, surtout en ces temps qui courent, persévérez dans l’annonce de la Bonne Nouvelle de la paix.»

Sans la dimension contemplative de la formation permanente, «nous cessons d’être en accord avec l’Évangile». C’est pourquoi, connaître le Christ passe par une bonne formation initiale, avec l’accompagnement personnel des formateurs; l’adhésion aux programmes des diocèses, congrégations et instituts; une étude personnelle sérieuse, afin d’éclairer les fidèles «en les sauvant surtout de la dangereuse illusion de la superstition.»

La fidélité du Christ, est le «véritable moteur de notre fidélité». «Une fidélité facilitée par l’unité des prêtres avec leur évêque et avec leurs confrères du presbyterium, des consacrés et des consacrées avec leur supérieur et entre eux.»

Nourrissez la fraternité entre vous avec franchise et transparence, ne cédez pas à l’arrogance et à l’égocentrisme, ne vous détachez pas du peuple, en particulier des pauvres, fuyez la recherche des privilèges.”
«Pour votre fidélité et, par conséquent, pour votre mission, la famille sacerdotale ou religieuse est indispensable», mais la famille dans laquelle «nous sommes nés et avons grandi l’est tout autant». L’Église a une «grande estime pour l’institution familiale». Pour beaucoup le «berceau de la vocation» a été la famille qui a «apprécié et pris soin de la semence de l’appel spécial reçu».
«Vive reconnaissance» aux familles donc, qui sont exhortées à toujours aider à «rester fidèles à l’Évangile», et à ne pas «chercher à tirer profit» du service ecclésial, afin d’être «saints» à «l’image de Jésus».

L’Angola face aux défis

Abordant dans la suite de son discours les enjeux sociaux et politiques en Angola, le Saint-Père a rappelé le courage de l’Église locale pour dénoncer le fléau de la guerre, soutenir les populations tourmentées en restant à leurs côtés, construire et reconstruire, mais aussi indiquer des voies et des solutions afin de mettre fin au conflit armé.

«Favorisez donc une mémoire réconciliée, en éduquant chacun à la concorde», «célébrez la paix!» «Continuez à être une Église généreuse, qui contribue au développement intégral de votre pays».

Face aux difficultés, se souvenir du «témoignage héroïque de foi des Angolais et des Angolaises», des missionnaires nés sur cette terre ou venus de l’étranger, qui ont eu le «courage de donner leur vie pour ce peuple et pour l’Évangile, préférant la mort à la trahison de la justice, de la vérité, de la miséricorde, de la charité et de la paix du Christ.»  À travers chaque Eucharistie, «vous êtes un corps offert et un sang versé pour la vie et le salut de vos frères».

Léon XIV en Angola : votre peuple possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus ni volés.

Léon XIV en Angola : votre peuple possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus ni volés.

 

Léon XIV en Angola
Léon XIV en Angola

 

Dans son premier discours tenu au palais présidentiel de Luanda, devant les autorités politiques et la société civiles, Léon XIV a rendu hommage au peuple angolais et à ses richesses spirituelles et culturelles. Un discours dans lequel le Souverain pontife a dessiné les contours de cette visite en Angola: un voyage au service du peuple dont il faut respecter la richesse culturelle et les aspirations à la justice et à la réconciliation pour bâtir un pays nouveau.
 «Je souhaite vous rencontrer dans la gratuité de la paix et reconnaître que votre peuple possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus, ni volés».
«Vous savez bien que trop souvent, on a regardé et on regarde encore vos régions pour donner ou, le plus souvent, pour prendre quelque chose. Il faut briser cette chaîne d’intérêts qui réduit la réalité et la vie elle-même à une marchandise d’échange».
C’est à l’ensemble de l’Afrique que le Pape a élargi son regard: ce continent, qui est pour le monde entier «une source de joie et d’espérance, que je n’hésiterais pas à qualifier de vertus politique, «car ses jeunes et ses pauvres rêvent encore, espèrent encore, ne se contentent pas de ce qui existe déjà, souhaitent se relever, se préparer à assumer de grandes responsabilités, s’engager personnellement».

Le Souverain pontife a rendu hommage à la «sagesse d’un peuplequi ne se laisse éteindre par aucune idéologie et, en vérité, le désir d’infini qui habite le cœur humain est un principe de transformation sociale plus profond que n’importe quel programme politique ou culturel».

«Je suis ici, parmi vous, au service des meilleures énergies qui animent les personnes et les communautés dont l’Angola est une mosaïque hautement colorée. Je souhaite écouter et encourager ceux qui ont déjà choisi le bien, la justice, la paix, la tolérance, la réconciliation».

Les racines culturelles et spirituelles angolaises pouvent être un antidote: «Vous êtes les témoins grâce aux sagesses très anciennes qui nourrissent votre pensée et votre sentiment, que la création est harmonie dans la richesse de la diversité».

«Votre peuple a souffert chaque fois que cette harmonie a été violée par l’arrogance de certains, il porte les cicatrices tant de l’exploitation matérielle que de la prétention d’imposer une idée aux autres. L’Afrique a un besoin urgent de surmonter les situations et les phénomènes de conflit et d’hostilité qui déchirent le tissu social et politique de tant de pays, alimentant la pauvreté et l’exclusion».

«L’Angola peut grandir considérablement, si avant tout, vous, qui avez autorité dans le pays, croyez en la diversité de sa richesse. N’ayez pas peur de la dissidence, n’étouffez pas les visions des jeunes et les rêves des anciens, sachez gérer les conflits en les transformant en chemins de renouveau. Faites passer le bien commun avant celui de votre camp, sans jamais confondre votre camp avec le tout. L’histoire vous donnera alors raison, même si, dans l’immédiat, certains vous sont hostiles».

La joie et l’espoir caractérisent la jeune société angolaise, «ils sont une force intense et expansive qui s’oppose à toute résignation et à toute tentation de repli sur soi». La tristesse au contraire, nous laisse «à la merci de nos peurs et de nos fantasmes». Léon XIV a rappelé l’importance de se défier de tout esprit de désespoir ou de méfiance visa à vis des autres, invitant à maintenir des liens de fraternité au sein de la société angolaise.

«L’Angola peut grandir considérablement, si avant tout, vous, qui avez autorité dans le pays, croyez en la diversité de sa richesse. N’ayez pas peur de la dissidence, n’étouffez pas les visions des jeunes et les rêves des anciens, sachez gérer les conflits en les transformant en chemins de renouveau.»

Le Saint-Père a enfin insisté sur la joie des Angolais, un don précieux pour aller de l’avant, en citant Saint-Paul: « le fruit de l’Esprit […] est amour, joie, paix » (Ga 5, 22).

«La joie est en effet ce qui intensifie la vie et nous pousse vers le champ ouvert de la vie sociale, chacun se réjouit en mettant à profit ses capacités relationnelles, en prenant conscience de contribuer au bien commun et en se voyant reconnu comme une personne unique et digne», la joie est aussi «tracer des trajectoires même dans les zones les plus sombres de l’immobilisme et de l’angoisse».

Léon XIV a expliqué aux autorités angolaises qu’elles pouvaient faire de l’Angola «un projet d’espérance». Pour cela, l’Église catholique «souhaite être le levain dans la pâte et favoriser l’émergence d’un modèle juste de coexistence, libéré des esclavages imposés par des élites aux fortunes considérables et aux joies factices». «

Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons multiplier les talents de ce merveilleux peuple, jusque dans les périphéries urbaines et les régions rurales les plus reculées où bat sa vie et se prépare son avenir».

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À Kalimba, en périphérie de la capitale, Luanda, Léon XIV a célébré la messe dans la matinée de ce dimanche 19 avril. Devant un foule nombreuse venue l’acclamer et partager l’Eucharistie, le Saint-Père a invité les fidèles angolais à voir dans le Seigneur ressuscité une assurance d’être accompagnés pour construire une société marquée par l’amour et le pardon mutuel, tout comme des espaces de fraternité et de paix.

Le sanctuaire marial de Muxima, cœur battant du catholicisme angolais, construit sur les bords du fleuve Kwanza, à deux heures de route de Luanda la capitale, ce sanctuaire très populaire dans le pays a accueilli le Pape Léon XIV dimanche 19 avril dans l’après-midi pour la prière du Rosaire. Il symbolise la dévotion mariale dans le pays autant que les aspirations à la réconciliation et à plus de justice sociale.

En présence de 30 000 fidèles, le Pape a donc récité le chapelet au sanctuaire de Mamã Muxima, qui se dresse à l’endroit même où les colonisateurs portugais triaient les biens et les personnes réduites en esclavage pour les déporter au Brésil. Léon XIV a appelé à «aimer chaque personne avec un cœur maternel, de manière concrète et généreuse» et à se consacrer «tout particulièrement aux plus pauvres». Il a invité les jeunes à «construire un monde meilleur», où il n’y aurait plus d’«injustices».

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Texte en extrait présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Léon XIV en messager de paix et de réconciliation à Bamenda

Léon XIV en messager de paix et de réconciliation à Bamenda

Depuis la région anglophone du Nord-Ouest, profondément affectée par la crise sécuritaire, Léon XIV a exprimé au deuxième jour de son voyage apostolique au Cameroun sa proximité envers la population locale. Participant à une rencontre pour la paix tenue en la cathédrale Saint-Joseph, le Saint-Père a dénoncé la logique de la violence et enjoint les fidèles à être des artisans de paix. «Soyez l’huile qui se répand sur les blessures humaines.»
Léon XIV au Cameroun
Léon XIV au Cameroun

Paix. Ce mot, qui a accompagné toutes les prises de parole du Pape en Algérie ainsi que son discours aux autorités camerounaises, était le fil conducteur de la rencontre du Pape avec la communauté locale de Bamenda en la cathédrale Saint-Joseph ce jeudi 16 avril.

Les fidèles de ce chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest subissent depuis près d’une décennie les violences liées à la «crise anglophone», l’une des plus négligées au monde selon les Nations unies, qui affecte également la région voisine du Sud-Ouest.

Depuis fin 2016, le conflit armé entre l’armée et les rebelles séparatistes ont fait plus de 6 000 morts et un million de déplacés, selon l’ONG International Crisis Group. Entre exactions, enlèvements de civils ou encore exécutions sommaires et actes de viols, les populations vivent dans la peur constante. De nombreux prêtres, religieux et même évêques de la province ecclésiastique de Bamenda ont été harcelés, battus, enlevés ou même tués dans ce conflit.

Pourtant «l’Église continue de porter le message de l’Évangile comme une lumière d’espérance parmi un peuple traumatisé», a souligné dans son discours de bienvenue Mgr Andrew Fuanya Nkea, archevêque de Bamenda et président de la conférence épiscopale du Cameroun. Dans ce contexte particulier, le Pape est accueilli à Bamenda comme «un messager de paix», un «promoteur de la justice», a précisé Mgr Nkea.

Après avoir écouté les paroles d’introduction de l’archevêque de Bamenda et les cinq témoignages livrés par des représentants religieux et des fidèles, Léon XIV a pris la parole en anglais. «Dieu ne nous a jamais abandonnés! En Lui, dans sa paix, nous pouvons toujours recommencer.», a-t-il assuré au peuple camerounais. Avec des mots justes, le Pape a exprimé sa proximité envers cette population marquée par la souffrance, mais habitée par une foi intacte.

S’appuyant sur la prophétie d’Isaïe — «Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds de celui qui annonce la paix!» (Is 52, 7) — le Souverain pontife a dressé un parallèle avec la communauté de Bamenda. «Combien vos pieds sont beaux eux aussi, couverts de la poussière de cette terre ensanglantée, mais fertile, de cette terre outragée, mais riche en végétation et généreuse en fruits» a affirmé le Pape.

«Ce sont les pieds qui vous ont menés jusqu’ici et qui, malgré les épreuves et les obstacles, vous ont maintenus sur les chemins du bien». Confirmant être venu annoncer la paix, Léon XIV a souligné que c’était au contraire les Camerounais eux-mêmes qui annonçaient cette paix au monde entier, Pape y compris.
Rencontre pour la paix avec la communauté de Bamenda, en présence du Pape.

Différents intervenants se sont succédés pour partager leurs expériences, parmi lesquels le chef traditionnel suprême de Mankon, le modérateur émérite de l’Église presbytérienne, l’imam de la mosquée centrale de Buea, une religieuse et une famille de déplacés internes. Tous se sont fait l’écho des souffrances d’une population meurtrie par les déplacements forcées, la fermeture des écoles et les violences à répétition.

«Nous avons été retenues en otages pendant trois jours et trois nuits […] sans manger ni dormir» relate sœur Carine Tangiri Mangu, témoignant de la violence subie mais aussi de la force de la foi. Une famille de déplacés internes, originaire de Mbiame, dans le diocèse de Kumbo, et résidant actuellement à Bamenda, a décrit un quotidien qui a basculé «dans les ténèbres». «J’ai abandonné tout ce que je possédais», a confié Denis Salo, le père de famille, évoquant pertes humaines et précarité. L’imam de la mosquée centrale de Buea, Mohamad Abubakar, a lui aussi dénoncé les attaques subies par sa communauté en janvier 2026. «Nous rendons grâce à Dieu que cette crise n’ait pas dégénéré en guerre de religion».

Dans sa prise de parole, le Souverain pontife a tenu a rappelé que la crise, qui a bouleversé les régions anglophones du pays, a également «rapproché plus que jamais les communautés chrétiennes et musulmanes». À tel enseigne que les chefs religieux se sont unis et ont fondé un Mouvement pour la paix, à travers lequel ils cherchent à servir de médiateurs entre les belligérants.

«Heureux les artisans de paix!», a lancé le Saint-Père. «Malheur, en revanche, à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins militaires, économiques et politiques, entraînant ce qui est saint dans ce qu’il y a de plus sordide et de plus sombre.», a-t-il averti avec fermeté. «Vous qui avez faim et soif de justice, vous qui êtes pauvres, miséricordieux, doux et purs de cœur, vous qui avez pleuré, vous êtes la lumière du monde!».

“Bamenda, tu es aujourd’hui la ville sur la montagne, resplendissante aux yeux de tous! Frères et Sœurs, Soyez à jamais le sel qui donne du goût à cette terre. Ne perdez pas votre saveur, dans les années à venir non plus! Chérissez ce qui vous a rapproché et ce que vous avez partagé durant ces heures de larmes. Soyez l’huile qui se répand sur les blessures humaines.”

Les artisans invisibles de la reconstruction

Dans son message de paix, Léon XIV a rendu un hommage particulier à celles et ceux qui œuvrent dans l’ombre. «Je tiens à remercier toutes les personnes (…) qui prennent soin des personnes traumatisées par la violence.», a-t-il soutenu, décrivant par ailleurs le travail des femmes, des laïcs et des religieuses comme «immense, invisible, quotidien» et «exposé au danger». «Il suffit d’un instant pour détruire, alors qu’une vie entière ne suffit souvent pas pour reconstruire.».

Pourtant «les seigneurs de la guerre font semblant de l’ignorer» et de «fermer les yeux sur le fait qu’il faut des milliards de dollars pour tuer et dévaster, mais qu’on ne trouve pas les ressources nécessaires pour soigner, éduquer et relever.»

«Ceux qui dépouillent votre terre de ses ressources investissent généralement une grande partie des profits dans les armes, dans une spirale de déstabilisation et de mort sans fin». Et Il s’agit d’un «monde à l’envers, une perversion de la création de Dieu que toute conscience honnête doit dénoncer et rejeter, en choisissant ce revirement à 180 degrés – la conversion – qui conduit dans la direction opposée, sur la voie durable et riche de la fraternité humaine.»

“Le monde est détruit par quelques dominateurs et maintenu sur pied par une myriade de frères et sœurs solidaires! Ils sont de la descendance d’Abraham, innombrables comme les étoiles du ciel et les grains de sable sur la plage de la mer. Regardons-nous dans les yeux: nous sommes déjà ce peuple immense!”

Une mission pour chacun

Partageant sa vision de la fraternité universelle, Léon XIV a souligné que «personne ne choisit ses frères et sœurs». C’est pourquoi «nous devons simplement nous accueillir les uns les autres! Nous formons une seule famille et habitons la même maison, cette merveilleuse planète dont les cultures anciennes ont pris soin pendant des millénaires», a-t-il insisté.

S’inspirant de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium du Pape François, le Successeur de Pierre a également rappelé l’importance de l’engagement pour la paix: «Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde.» «Servons la paix ensemble!»

Reprenant encore les propos de son prédécesseur argentin, Léon XIV a rappelé que chacun est appelé à agir selon sa «propre vocation», qu’il s’agisse d’éclairer, de bénir, de vivifier, de relever, de guérir ou de libérer.

Une «révolution silencieuse» à laquelle l’ensemble du peuple de Dieu est convié. «Allons de l’avant sans nous lasser, avec courage, et surtout ensemble, toujours ensemble!», «rendons grâce à Dieu que cette crise n’ait pas dégénéré en guerre religieuse, et que nous essayions encore de nous aimer les uns les autres», a ajouté le Pape.

Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de ferveur spirituelle, les fidèles ont exprimé leur gratitude pour cette visite papale, vécue comme une bénédiction divine. À la fin de la rencontre, le Pape a rejoint à nouveau l’entrée principale où, accompagné des représentants de la communauté de Bamenda, il a libéré plusieurs colombes en signe de paix.

«Qu’en lâchant ces colombes blanches, symboles de paix, la paix de Dieu descende sur nous tous, sur cette terre, et nous garde tous unis dans Sa paix» .

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

Texte proposé par l’Association de la Médaille Miraculeuse