Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

MOIS DU ROSAIRE – jour 28 – Les cinq Mystères Joyeux

MOIS DU ROSAIRE – jour 28 – Les cinq Mystères Joyeux

Mystères joyeux - retable de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Bougival
Mystères joyeux – retable de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Bougival

Reprenons ce qu’a écrit Saint Jean-Paul II dans Rosarium Virginis Mariae:

« Pour que l’on puisse dire de manière complète que le Rosaire est un “résumé de l’Évangile”, il convient donc que, après avoir rappelé l’incarnation et la vie cachée du Christ (mystères joyeux), et avant de s’arrêter sur les souffrances de la passion (mystères douloureux), puis sur le triomphe de la résurrection (mystères glorieux), la méditation se tourne aussi vers quelques moments particulièrement significatifs de la vie publique (mystères lumineux). »

« Cet ajout de nouveaux mystères, sans léser aucun aspect essentiel de l’assise traditionnelle de cette prière, a pour but de la placer dans la spiritualité chrétienne, avec une attention renouvelée, comme une authentique introduction aux profondeurs du Cœur du Christ, abîme de joie et de lumière, de douleur et de gloire. »

Nous pouvons célébrer ces mystères joyeux en union de cœur avec les associés de la Médaille Miraculeuse et avec les fidèles de la Chapelle rue du Bac qui le fait à 15 h 30.

1 L’Annonciation : L’Humilité (Lc 1, 26-38)

« Le premier cycle, celui des “mystères joyeux”, est effectivement caractérisé par la joie qui rayonne de l’événement de l’Incarnation Cela est évident dès l’Annonciation où le salut de l’Ange Gabriel à la Vierge de Nazareth rappelle l’invitation à la joie messianique: « Réjouis-toi, Marie ».

« Toute l’histoire du salut, bien plus en un sens, l’histoire même du monde, aboutit à cette annonce. En effet, si le dessein du Père est de récapituler toutes choses dans le Christ (cf. Ep 1,10), c’est l’univers entier qui, d’une certaine manière, est touché par la faveur divine avec laquelle le Père se penche sur Marie pour qu’elle devienne la Mère de son Fils. »

« À son tour, toute l’humanité se trouve comme contenue dans le fiat par lequel elle correspond avec promptitude à la volonté de Dieu. » Rosarium Virginis Mariae

Dans ce premier mystère joyeux, représentez-vous l’envoyé de Dieu, l’archange Gabriel qui annonce à Marie le choix que le Seigneur a fait d’elle pour être la Mère de Dieu, et qui lui révèle comment va s’accomplir ce sublime mystère. Paroles de la sainte Vierge : Voici la servante du Seigneur qu’il me soit fait selon votre parole.

Fruit : La vertu d’humilité.

Élévation au Verbe Incarné : O Verbe si élevé au-dessus des Cieux, et qui t-abaisse jusqu’à descendre dans le sein d’une Vierge, quels sentiments de joie et de reconnaissance ne te dois-je pas, puisque tes abaissements sont la cause de ma grandeur ? Tu as donc voulu te faire homme, pour me faire devenir enfant de Dieu.

Donne-moi de connaître et d’apprécier la dignité sublime à laquelle tu m’as élevé; et fais-moi la grâce de conserver toujours dans mon cœur, une tendre et vive reconnaissance pour le mystère ineffable de ton Incarnation.

Élévation à Marie : O Vierge Sainte, choisie de Dieu pour être le premier Temple de notre Divin Rédempteur, Vous confondez mon orgueil par Votre humilité, comme Votre Divin Fils par Son anéantissement; obtenez-moi, avec un profond sentiment de mon néant, une participation de votre foi vive qui a sauvé le monde.

Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

2 La Visitation : Le zèle pour le salut du prochain (Lc 1, 39-56)

« C’est une note d’exultation qui marque la scène de la rencontre avec Élisabeth, où la voix de Marie et la présence du Christ en son sein font que Jean « tressaille d’allégresse » (cf. Lc1,44). » (Pape Jean-Paul II Rosarium Virginis Mariae

Représentez-vous Marie, qui, dès qu’elle a conçu Jésus-Christ, part et marche avec promptitude vers les montagnes pour aller visiter à Hébron sa cousine Élisabeth. La présence de Jésus en Marie fait tressaillir et sanctifie Jean-Baptiste. Élisabeth prophétise, et Marie prononce le sublime cantique de l’humilité, de la reconnaissance et de l’amour.

Fruit: La charité et le zèle.

Élévation à Jésus : O Jésus vivant en Marie, qui l’avez portée, par un secret instinct, à faire humblement la première visite à Élisabeth, afin de répandre tes grâces dans la maison de Zacharie; fais éprouver à mon âme tes saintes opérations, afin que je ressente l’humble étonnement de ta présence, les saints transports de tes divins attraits et la douce paix de ton ineffable possession.

Élévation à Marie : O Vierge Sainte, bénie entre toutes les femmes, obtenez-moi de Votre Divin Fils la grâce de correspondre promptement à Ses divines inspirations, et d’y être toujours fidèle; afin que mon esprit ravi de sa présence, tressaille de joie, et ne cesse d’exalter les magnificences de Sa toute puissance et de Ses Divines Miséricordes. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

3 La Naissance de Jésus : L’amour de la Pauvreté, seule richesse valable en Dieu (Lc 2, 1-21)

« Une atmosphère de liesse baigne la scène de Bethléem, où la naissance de l’Enfant divin, le Sauveur du monde, est chantée par les anges et annoncée aux bergers justement comme « une grande joie » (Lc 2, 10). » (Pape Jean-Paul II Rosarium Virginis Mariae)

Représentez-vous Jésus, naissant dans l’étable de Bethléem, au milieu de la nuit, couché dans une crèche, exposé aux rigueurs de l’hiver et aux injures de l’air; les Anges qui l’annoncent, les bergers qui l’adorent avec Marie et Joseph.

Fruit : La pauvreté et le détachement.

Élévation à Jésus : O adorable Sauveur! qui viens nous apporter tous les biens du ciel, fais dès ce moment régner dans mon cœur l’aimable innocence, l’admirable simplicité et la foi vive des bergers; je t’adore avec eux, uni à Joseph et à Marie ta mère; et je veux conserver précieusement le souvenir de ce mystère et les prémices de ton amour.

Élévation à Marie : O très pure Mère de Dieu, faites, par Votre intercession auprès de Votre Divin Fils, que ce Mystère, toujours présent à mon esprit, soit les délices et la consolation de ma vie, et que j’offre sans cesse à ce Dieu Sauveur la Charité d’un cœur pur, d’une conscience droite et d’une foi sincère, comme le tribut de ma reconnaissance. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

4 La Présentation au Temple au Temple et la Purification de Marie : La Pureté (cœur, corps et esprit) (Lc 2, 22-40)

« Les deux derniers mystères, qui conservent toutefois cette note de joie, anticipent les signes du drame. En effet, la présentation au temple, tout en exprimant la joie de la consécration et en plongeant le vieillard Syméon dans l’extase, souligne aussi la prophétie du « signe en butte à la contradiction » que sera l’Enfant pour Israël et de l’épée qui transpercera l’âme de sa Mère (cf. Lc2, 34-35). » (Pape Jean-Paul II Rosarium Virginis Mariae)

Représentez-vous Marie qui présente Son Fils au Temple et l’offre à Dieu, par les mains du grand-prêtre, comme un Précieux Holocauste et les prémices du Sacrifice sublime qui doit désarmer la Justice Divine.

Fruit : L’obéissance et le bon exemple.

Élévations à Jésus : O mon Sauveur, Roi du Ciel et de la terre, tu te soumets à une Loi qui n’est faite que pour les pécheurs, afin de me donner une leçon sublime d’humilité, de soumission et d’obéissance.

Combien je serais ingrat, si je ne sacrifiais pas à ta Divine Volonté toutes mes affections personnelles, et si je ne m’attachais pas à suivre tes exemples par une fidélité constante et invariable aux préceptes de ton Église. O Dieu de bonté ! Ne permets pas que je sois infidèle à mes devoirs.

Élévation à Marie : O Mère de Jésus, fidèle et parfaite image du Sacrifice de Votre Fils, offrez-moi avec Lui; et obtenez-moi de consacrer à Dieu mes passions les plus chères, par un sacrifice entier de tout moi-même, afin que Jésus-Christ soit l’unique objet de mes vœux les plus ardents et de mes plus tendres affections. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

5 Le Recouvrement de Jésus au Temple : L’obéissance (rechercher Dieu en tout) (Lc 2, 41-51

« L’épisode de Jésus au temple, lorsqu’il eut douze ans, est lui aussi tout à la fois joyeux et dramatique. Il se dévoile là dans sa divine sagesse tandis qu’il écoute et interroge; et il se présente essentiellement comme celui qui “enseigne”.

« La révélation de son mystère de Fils tout entier consacré aux choses du Père est une annonce de la radicalité évangélique qui remet en cause les liens même les plus chers à l’homme face aux exigences absolues du Royaume. Joseph et Marie eux-mêmes, émus et angoissés, « ne comprirent pas » ses paroles (Lc2,50). » (Pape Jean-Paul II Rosarium Virginis Mariae)

Représentez-vous Marie et Joseph qui ayant été, selon la loi, célébrer la fête de Pâques à Jérusalem, perdirent l’enfant Jésus, et ne le retrouvèrent qu’après trois jours de pénibles recherches , dans le temple , au milieu des Docteurs qu’il écoutait, interrogeait, et étonnait par la sagesse de ses questions et de ses réponses.

Fruit: Le zèle pour le salut.

Élévation à Jésus : O Divin Enfant qui as voulu nous apprendre qu’il faut tout quitter pour nous instruire, et accomplir l’œuvre de Dieu quand Il nous appelle; imprime dans mon cœur la crainte de te perdre, la douleur de te avoir perdu si souvent, et le désir de te retrouver au plus tôt, si j’avais encore le malheur de t’éloigner de moi par mes offenses.

Élévation à Marie : O Mère affligée par l’absence du meilleur des fils, et consolée ensuite par le bonheur de l’avoir retrouvé, obtenez-moi la grâce de ne le perdre jamais par le péché; de sentir vivement Son absence, si mes infidélités l’obligent à s’éloigner; et de n’avoir aucun repos jusqu’à ce que je l’aie retrouvé. Réciter ensuite la dizaine terminée par le Gloire au Père.

***

« Méditer les mystères “joyeux” veut donc dire entrer dans les motivations ultimes et dans la signification profonde de la joie chrétienne. Cela revient à fixer les yeux sur la dimension concrète du mystère de l’Incarnation et sur une annonce encore obscure et voilée du mystère de la souffrance salvifique. »

« Marie nous conduit à la connaissance du secret de la joie chrétienne, en nous rappelant que le christianisme est avant tout euangelion, “bonne nouvelle”, dont le centre, plus encore le contenu lui-même, réside dans la personne du Christ, le Verbe fait chair, l’unique Sauveur du monde. » ( Pape Jean-Paul II Rosarium Virginis Mariae)

D’après le manuel de Liège 1847

BIENHEUREUSE CELLE QUI A CRU

« Bienheureuse celle qui a cru » (Le 1, 45).

Ces mots adressés à Marie par Élisabeth au cours de la visitation, « imprègnent notre prière du Rosaire ».

Particulièrement en ce mois d’octobre, qui est le mois du Rosaire.

En récitant chaque « dizaine », nous méditons l’un après l’autre les mystères: joyeux, douloureux, glo­rieux, et en chacun d’eux nous disons à Marie, comme Élisabeth au cours de la visitation:

« Bienheureuse celle qui a cru! »

– Toi qui as cru avec une foi remplie de joie: à l’annonciation, à la nativité, à la présentation au temple, au recouvrement de Jésus dans le temple.

Jean-Paul II, Osservatore Romano 42, 16-10-1984

MOIS DU ROSAIRE – jour 27 – Méthode qu’il faut observer dans la méditation des Mystères du Rosaire

MOIS DU ROSAIRE – jour 27 – Méthode qu’il faut observer dans la méditation des Mystères du Rosaire et les fruit que nous devons en tirer

Traité de l'amour de Dieu de saint François de Sales
Traité de l’amour de Dieu de saint François de Sales – C’est la Sainte Vierge qui le délivra. Il entra dans l’église Saint-Étienne-des-Grès, à Paris, et récita le “ Souvenez-vous ” aux pieds de Notre-Dame de Bonne Délivrance. Alors, «  la tentation s’évanouit  ; son mal lui tomba sur ses pieds comme des écailles de lèpre  ». En reconnaissance, il voua sa virginité à Dieu et à Marie, et fit vœu de réciter son chapelet tous les jours.

« Mon cœur s’est échauffé au-dedans de moi, dit le Prophète royal, et le feu s’y allumera dans ma méditation. »

La méthode générale que nous devons suivre dans la méditation des mystères du Rosaire, nous est prescrite dans ces paroles, en expliquant ce passage du feu de la charité et de l’Amour de Dieu et du prochain qui s’allumait dans les entrailles du Saint Prophète par la méditation des choses célestes.

De manière que, dit Saint Cyrille, méditer, « c’est comme frapper avec du fer sur un caillou pour .en faire jaillir du feu » :

c’est donc au moyen de la méditation des mystères et réflexions de l’entendement, qu’il faut que vous frappiez sans cesse sur le caillou de votre cœur endurci, jusqu’à ce que vous en tiriez du feu et que vous l’embrasiez enfin lui-même de l’amour de Dieu, de la Charité du prochain, et d’un ardent désir de l’humilité, de la mortification et de toutes les vertus chrétiennes.

La méditation ne doit être qu’un moyen pour exciter dans notre cœur le désir de la vertu: car la perfection de la vie chrétienne ne consiste point dans les bonnes pensées ni dans l’intelligence des choses saintes.

Mais elle consiste dans les solides et véritables vertus, et particulièrement dans les actes que l’on en produit et qui sont l’accomplissement de toute la perfection; par conséquent c’est là-dessus que nous devons le plus insister, et c’est à quoi nous devons principalement nous occuper dans la méditation des mystères du rosaire.

Le premier exercice consiste à se représenter le lieu où le fait qu’on veut méditer s’est passé, comme si on s’y trouvait. Par exemple, si nous avons à méditer le Crucifiement de Notre Seigneur sur le Calvaire, nous nous formerons une idée de toutes les circonstances, telles que les évangélistes nous les ont décrites, par rapport au lieu, aux personnes, aux actions et aux paroles.

Or, l’utilité de cet exercice consiste en ce que nous renfermons notre esprit dans l’étendue du sujet que nous méditons, de peur qu’étant aussi volage qu’il l’est, il ne se répande sur d’autres sujets.

Cet exercice de l’imagination doit être suivi de celui de l’entendement que nous appelons méditation, et qui n’est autre chose que l’application aux considérations capables d’élever notre volonté vers Dieu et de nous affectionner aux Saints Mystères que nous méditons. C’est en cela que la méditation est fort différente de l’étude; car la fin de l’étude est la science, tandis que la fin de la méditation est l’amour de Dieu et la pratique de la vertu.

Après avoir donc circonscrit notre esprit dans l’étendue du sujet que nous voulons méditer, appliquons notre entendement aux considérations qui en sont la substance et l’exposé; et si notre esprit trouve assez de lumières et d’utilité dans une seule de ces considérations, il faut l’y arrêter, imitant les abeilles qui ne quittent point la fleur à laquelle elles se sont attachées, tant qu’elles y trouvent du miel à sucer.

Mais, si notre esprit a de la peine à tirer des réflexions de telle considération et que notre cœur n’y sente pas d’attrait, passons à une autre considération, sans curiosité toutefois et sans précipitation. De là dans certains livres de prières, les mystères sont simplement indiqués avec une considération et une prière; dans d’autres il y a dix considérations (autant que d’Ave Maria) destinées à donner matière à la méditation des fidèles.

Chacun peut choisir la manière de méditer les mystères qui lui convient le mieux d’après ses dispositions, sa facilité à méditer. Il en est de même pour les quelques mots qu’on ajoute à l’Ave Maria pour se rappeler le mystère qu’on médite; ce rappel peut donner lieu chaque fois à de nouvelles considérations et à de nouvelles affections.

C’est, en effet, par cette vive attention de l’esprit que la méditation excite en notre volonté tant de bons et saints mouvements, tels que les suivants: l’amour de Dieu et du prochain, le désir de la gloire céleste, le zèle du salut des âmes, l’ardeur à imiter la vie de Jésus-Christ, la compassion, l’admiration, la joie, la confusion de nos péchés, la confiance en la miséricorde de Dieu et les autres affections auxquelles l’âme doit s’exercer et dans lesquelles elle doit s’épancher le plus qu’elle pourra.

Il ne faut pourtant pas s’arrêter tellement à ces affections générales qu’elles fassent négliger de prendre des résolutions spéciales pour la pratique. De là aussi, la nécessité d’avoir en vue, dans la méditation de chaque mystère, une vertu comme suite et fruit de ce Mystère.

Ainsi la première parole de Notre-Seigneur sur la Croix, produira dans notre âme le désir de l’imiter dans la pratique du pardon et de l’amour des ennemis; mais cela est peu de chose, si nous ne formons notre résolution de cette manière:

« Eh bien ! je ne m’offenserai plus des paroles fâcheuses de la part d’un tel, ni du mépris que celui-ci fait de moi; au contraire, je dirai et ferai ce qu’il faut pour adoucir l’esprit et pour gagner le cœur.»

Voilà véritablement le moyen sûr et infaillible de tirer un grand profit spirituel de la méditation bien faite des Mystères du Rosaire.

De même qu’on a dû se préparer à la récitation et à la méditation du Rosaire, en se mettant en la présence de Dieu et en lui demandant le secours de ses lumières et de ses inspirations, on doit de même terminer cette récitation et cette méditation par trois actes qui demandent beaucoup d’humilité.

Le premier est de rendre grâces à Dieu de la connaissance qu’il nous a donnée de sa Miséricorde, ou d’une autre de ses perfections, et de le remercier de toutes les saintes affections et résolutions que sa grâce a excitées et opérées en nous.

Le second est de lui offrir toute la gloire qui peut lui revenir de Sa Miséricorde, ou d’une autre de ses perfections, lui présentant encore toutes nos affections et nos résolutions, en union des vertus de Jésus-Christ Son Fils et des mérites de sa Mort.

Le troisième doit être une humble prière par laquelle nous demandons à Dieu la grâce de participer aux mérites de Son Fils, l’esprit de Ses Vertus et principalement la fidélité à nos résolutions, en reconnaissant que l’exécution dépend de Sa Sainte Bénédiction.

Enfin, il est à conseiller de prier pour l’Église, nos pasteurs, nos parents, amis et autres personnes, par l’intercession de Notre-Dame du Rosaire, des Anges et des Saints et de finir par un Pater et un Ave.

Les personnes qui ont l’habitude de méditer, nous comprendront aisément, et pourront sans la moindre difficulté mettre en usage cette méthode de réciter et de méditer le Rosaire; les autres ne doivent pas s’imaginer qu’elle soit difficile et qu’elle exige beaucoup de temps; en s’y exerçant, elles apprendront par leur propre expérience, qu’elle est très facile.

Du reste chacun peut suivre celle qui lui plaît, pourvu qu’elle soit propre à lui faire réciter et méditer le Rosaire avec fruit.

Résolution

Conservez ce qui est bon, dit Saint Paul. Si nous avons une bonne manière de réciter le Rosaire, tenons-nous-y en tâchant seulement de le réciter toujours avec plus de ferveur; si nous reconnaissons que nous ne méditons pas les Mystères d’une manière convenable et fructueuse, tâchons de nous pénétrer de l’esprit d’oraison qui est l’esprit de Dieu et de l’Église, afin que nous devenions de fidèles disciples et de parfaits imitateurs de Jésus et de Marie.

Prière

Tout don parfait vient de toi, Seigneur ! nous venons donc te demander instamment la grâce de réciter et de méditer selon l’esprit de l’Église le Saint Rosaire, afin qu’en nous pénétrant des Mystères qui le composent, nous pratiquions à ta plus grande Gloire et pour le Salut de notre âme, les vertus qui en découlent et que ta grâce seule peut nous faire pratiquer.

Nous l’implorons de toi, Seigneur, par l’intercession de Marie, notre bonne et puissante Mère. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

DIEU EST AMOUR

Au ciel les liens saints de la terre ne sont pas brisés. Bien plus, dans la sollicitude de la Vierge Mère, élevée au ciel pour devenir notre Avocate et protectrice, type de l’Église victorieuse, nous découvrons le même modèle qui a inspiré l’amour prévenant de nos chers défunts envers nous, non brisé par la mort, mais rendu plus puissant dans la lumière de Dieu.

Enfin, dans la vision de Marie glorifiée par toutes les créatures, nous célébrons le mystère eschatologique d’une humanité recomposée dans le Christ dans une unité parfaite, où il n’existe plus de divisions, ni de rivalité autre que celle de se devan­cer l’un l’autre dans l’amour.

Car Dieu est Amour. Dans les mystères du Saint Rosaire nous contemplons donc et nous revivons les joies, les douleurs et les gloires du Christ et de sa Sainte Mère, qui deviennent les joies, les douleurs et les espérances de l’homme.
Saint Jean-Paul II, Osservatore Romano 45, 08-11-1983

Saint Ignace, évêque d’Antioche, martyr

Saint Ignace, évêque d’Antioche, martyr

Saint Ignace, évêque d'Antioche
Saint Ignace, évêque d’Antioche

Aujourd’hui, nous parlons de saint Ignace, qui a été le troisième Évêque d’Antioche, de 70 à 107, date de son martyre. A cette époque, Rome, Alexandrie et Antioche étaient les trois grandes métropoles  de  l’empire  romain. Le Concile de Nicée parle de trois « primats »:  celui de Rome, mais Alexandrie et Antioche également participent, d’une certaine manière, à un « primat ».

Saint Ignace était Évêque d’Antioche, qui se trouve aujourd’hui en Turquie. Là, à Antioche, comme nous l’apprenons des Actes des Apôtres, se développa une communauté chrétienne florissante:  le premier Évêque fut l’apôtre Pierre – c’est ce que nous rapporte la tradition – et là, « pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens » (Ac 11, 26).

Eusèbe de Césarée, un historien du IV siècle, consacre un chapitre entier de son Histoire ecclésiastique à la vie et à l’œuvre littéraire d’Ignace (3, 36). « De Syrie », écrit-il, « Ignace fut envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu’il avait rendu du Christ.

En accomplissant son voyage à travers l’Asie, sous la surveillance sévère des gardes » (qu’il appelle les « dix léopards » dans sa Lettre aux Romains, 5, 1), « dans toutes les villes où il s’arrêtait, à travers des prédications et des avertissements, il renforçait les Eglises; et surtout, il exhortait, avec la plus grande vigueur, à se garder des hérésies, qui commençaient alors à se multiplier, et recommandait de ne pas se détacher de la tradition apostolique ».

La première étape du voyage d’Ignace vers le martyre fut la ville de Smyrne, où était Évêque saint Polycarpe, disciple de saint Jean. Ici, Ignace écrivit quatre lettres, respectivement  aux  Églises  d’Éphèse, de Magnésie, de Tralles et de Rome.

« Parti de Smyrne », poursuit Eusèbe « Ignace arriva à Troade, et de là, envoya de nouvelles lettres »:  deux aux Eglises de Philadelphie et de Smyrne, et une à l’Evêque Polycarpe. Eusèbe complète ainsi la liste des lettres, qui nous sont parvenues de l’Église du premier siècle comme un trésor précieux.

En lisant ces textes, on sent la fraîcheur de la foi de la génération qui avait encore connu les Apôtres. On perçoit également dans ces lettres l’amour ardent d’un saint. Enfin, de Troade, le martyr arriva à Rome où, dans l’amphithéâtre Flavien, il fut livré aux bêtes féroces.

Aucun Père de l’Église n’a exprimé avec autant d’intensité qu’Ignace l’ardent désir d’union avec le Christ et de vie en Lui. C’est pourquoi nous avons lu le passage de l’Évangile sur la vigne qui, selon l’Évangile de Jean, est Jésus. En réalité, en Ignace confluent deux « courants » spirituels:  celui de Paul, entièrement tendu vers l’union avec le Christ, et celui de Jean, concentré sur la vie en Lui.

A leur tour, ces deux courants débouchent sur l’imitation du Christ, proclamé plusieurs fois par Ignace comme « mon » ou « notre Dieu ». Ainsi, Ignace supplie les chrétiens de Rome de ne pas empêcher son martyre, car il est impatient d’être « uni au Christ ».

Et il explique:  « Il est beau pour moi de mourir en allant vers (eis) Jésus Christ, plutôt que de régner jusqu’aux confins de la terre. Je le cherche lui, qui est mort pour moi, je le veux lui, qui est ressuscité pour moi… Laissez-moi imiter la Passion de mon Dieu! » (Romains 5, 6).

On peut saisir dans ces expressions ardentes d’amour le « réalisme » christologique prononcé, typique de l’Église d’Antioche, plus que jamais attentive à l’incarnation du Fils de Dieu et à son humanité véritable et concrète:  Jésus Christ, écrit Ignace aux Smyrniotes, « est réellement de la  souche  de  David », « il  est  réellement né d’une vierge », « il fut réellement cloué pour nous » (1, 1).

L’irrésistible aspiration d’Ignace vers l’union au Christ donne naissance à une véritable « mystique de l’unité ». Lui-même se définit comme « un homme auquel est confié le devoir de l’unité » (Philadelphiens, 8, 1). Pour Ignace, l’unité est avant tout une prérogative de Dieu qui, existant dans trois personnes, est Un dans l’unité absolue.

Il répète souvent que Dieu est unité, et que ce n’est qu’en Dieu que celle-ci se trouve à  l’état  pur  et originel. L’unité à réaliser sur cette terre de la part des chrétiens n’est qu’une imitation, la plus conforme possible à l’archétype divin. De cette façon, Ignace arrive à élaborer une vision de l’Église qui rappelle de près certaines des expressions de la Lettre aux Corinthiens de Clément l’Évêque de Rome.

« Il est bon pour vous », écrit-il par exemple aux chrétiens d’Éphèse, « de procéder ensemble en accord avec la pensée de l’Evêque, chose que vous faites déjà. En effet, votre collège des prêtres, à juste titre célèbre, digne de Dieu, est si harmonieusement uni à l’Évêque comme les cordes à la cithare. C’est pourquoi Jésus Christ est chanté dans votre concorde et dans votre amour symphonique.

Et ainsi, un par un, vous devenez un chœur, afin que dans la symphonie de la concorde, après avoir pris le ton de Dieu dans l’unité, vous chantiez d’une seule voix » (4, 1-2). Et après avoir recommandé aux Smyrniotes de ne « rien entreprendre qui concerne l’Église sans l’évêque » (8, 1) », confie à Polycarpe:

« J’offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l’Évêque, aux prêtres et aux diacres. Puissé-je avec eux être uni à Dieu. Travaillez ensemble les uns pour les autres, luttez ensemble, courez ensemble, souffrez ensemble, dormez et veillez ensemble comme administrateurs de Dieu, ses assesseurs et ses serviteurs. Cherchez à plaire à Celui pour lequel vous militez et dont vous recevez la récompense. Qu’aucun de nous ne soit jamais surpris déserteur. Que votre baptême demeure comme un bouclier, la foi comme un casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure » (6, 1-2).

D’une manière générale, on peut percevoir dans les Lettres d’Ignace une sorte de dialectique constante et féconde entre les deux aspects caractéristiques de la vie chrétienne:  d’une part, la structure hiérarchique de la communauté ecclésiale, et de l’autre, l’unité fondamentale qui lie entre eux les fidèles dans le Christ. Par conséquent, les rôles ne peuvent pas s’opposer.

Au contraire, l’insistance sur la communauté des croyants entre eux et avec leurs pasteurs est continuellement reformulée à travers des images et des analogies éloquentes:  la cithare, la corde, l’intonation, le concert, la symphonie. La responsabilité particulière des Evêques, des prêtres et des diacres dans l’édification de la communauté est évidente.

C’est d’abord pour eux que vaut l’invitation à l’amour et à l’unité. « Ne soyez qu’un », écrit Ignace aux Magnésiens, en reprenant la prière de Jésus lors de la Dernière Cène:  « Une seule supplique, un seul esprit, une seule espérance dans l’amour; accourez tous à Jésus Christ comme à l’unique temple de Dieu, comme à l’unique autel; il est un, et procédant du Père unique, il est demeuré uni à Lui, et il est retourné à Lui dans l’unité » (7, 1-2).

Ignace, le premier dans la littérature chrétienne, attribue à l’Église l’adjectif de « catholique », c’est-à-dire « universelle »:  « Là où est Jésus Christ », affirme-t-il, « là est l’église catholique » (Smyrn. 8, 2). E

t c’est précisément dans le service d’unité à l’Église catholique que la communauté chrétienne de Rome exerce une sorte de primat dans l’amour:  « A Rome, celle-ci préside, digne de Dieu, vénérable, digne d’être  appelée  bienheureuse… Elle préside à la charité, qui reçoit du Christ  la loi et porte le nom du Père » (Romains, prologue).

Comme on le voit, Ignace est véritablement le « docteur de l’unité »:  unité de Dieu et unité du Christ (au mépris des diverses hérésies qui commençaient à circuler et divisaient l’homme et Dieu dans le Christ), unité de l’Église, unité des fidèles « dans la foi et dans la charité, par rapport auxquelles il n’y a rien de plus excellent » (Smyrn. 6, 1).

En définitive, le « réalisme » d’Ignace invite les fidèles d’hier et d’aujourd’hui, il nous invite tous à une synthèse progressive entre la configuration au Christ (union avec lui, vie en lui) et le dévouement à son Église (unité avec l’Évêque, service généreux de la communauté et du monde).

Bref, il faut parvenir à une synthèse entre communion de l’Église à l’intérieur d’elle-même et mission proclamation de l’Évangile pour les autres, jusqu’à ce que, à travers une dimension, l’autre parle, et que les croyants soient toujours davantage « dans la possession de l’esprit indivis, qui est Jésus Christ lui-même » (Magn. 15).

En  implorant du Seigneur cette « grâce de l’unité », et dans la conviction de présider à la charité de toute l’Église (cf. Romains, prologue), je vous adresse le même souhait que celui qui conclut la lettre d’Ignace aux chrétiens de Tralles:  « Aimez-vous l’un l’autre avec un cœur non divisé. Mon esprit s’offre en sacrifice pour vous, non seulement à présent, mais également lorsqu’il aura rejoint Dieu… Dans le Christ, puissiez-vous être trouvés sans tache » (13).

Et nous prions afin que le Seigneur nous aide à atteindre cette unité et à être enfin trouvés sans tache, car c’est l’amour qui purifie les âmes.

BENOÎT XVI – AUDIENCE GÉNÉRALE Mercredi 14 mars 2007  sur Saint Ignace d’Antioche

© Copyright 2007 – Libreria Editrice Vaticana

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse