Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Le diable se sert des hypocrites pour persécuter l’Église

Lors de la messe matinale à la maison Sainte-Marthe, le Pape a exhorté la miséricorde comme Jésus et à ne pas condamner les autres, en mettant le Christ «au centre» de notre vie.

 

Jésus et la femme adultère Tiziano Vecelli 1520  - Musée d'histoire de l'art de Vienne Autriche
Jésus et la femme adultère Tiziano Vecelli 1520 – Musée d’histoire de l’art de Vienne Autriche

Demandons à Jésus de protéger toujours notre Église «avec sa miséricorde et son pardon». L’Église est sainte en tant que mère, mais elle est «pleine de fils pécheurs comme nous», a expliqué le Saint-Père, revenant sur la Première lettre de saint Paul aux Corinthiens et sur l’extrait de l’Évangile de Luc centré sur ces paroles de Jésus : «Ses nombreux péchés sont pardonnés, parce qu’elle a beaucoup aimé.»

Jésus regarde chaque petit geste d’amour

Le Pape a évoqué «trois groupes de personnes» dans les lectures d’aujourd’hui : Jésus et ses disciples ; Paul et la femme, qui risquait d’être lapidée ; et les docteurs de la Loi. Il a mis en évidence l’attitude de la femme, qui, sans cacher le fait d’être pécheresse, manifestait «beaucoup d’amour» envers Jésus.

Paul est dans la même situation lorsqu’il affirme : «À vous en effet j’ai transmis avant tout ce que j’ai aussi reçu de Dieu, c’est-à-dire le fait que le Christ est mort pour nos péchés.» Les deux cherchaient Dieu «avec amour, mais l’amour à moitié». Paul «pensait que l’amour était une loi et il avait le cœur fermé à la révélation de Jésus-Christ : il persécutait les chrétiens, mais pour le zèle de la loi, pour cet amour qui n’était pas mature». Et la femme cherchait l’amour, mais «le petit amour».

Les pharisiens se scandalisent de ces attitudes, mais Jésus leur répond, en parlant de la femme : «À celle-ci, il sera beaucoup pardonné, parce qu’elle a beaucoup aimé.» Elle fait partie de celles et ceux «qui seront devant nous dans le Royaume des Cieux». «Jésus regarde le petit geste d’amour, le petit geste de bonne volonté, il le prend et il le porte en avant. Ceci est la miséricorde de Jésus : il pardonne toujours, il reçoit toujours.»

Le «scandale» des hypocrites

Pour ce qui concerne les «docteurs de la Loi», François a fait noter qu’ils «ont une attitude que seuls les hypocrites utilisent souvent : ils se scandalisent», et ils disent : «“Mais regarde, quel scandale ! On ne peut pas vivre comme ça ! Ils ont perdu les valeurs… Maintenant ils ont tous le droit d’entrer dans l’église, mêmes les divorcés, tout le monde… Mais où sommes-nous ?” Le scandale des hypocrites.»

«Ceci est le dialogue entre le grand amour qui pardonne tout, et l’amour “à moitié” de Paul et de cette dame, et aussi le nôtre, qui est un amour incomplet puisque aucun de nous n’a été canonisé. Disons la vérité. C’est l’hypocrisie. L’hypocrisie des “justes”, des “purs”, de ceux qui se croient sauvés pour leurs propres mérites extérieurs.»

Dans l’histoire, l’Église est persécutée par les hypocrites

Jésus voit que ces personnes portent beau extérieurement, mais sont comme des «sépulcres blanchis». À l’intérieur, elles ont de la «putréfaction», de la «pourriture». «Et l’Église, quand elle chemine dans l’histoire, est persécutée par les hypocrites, les hypocrites du dedans et du dehors. Le diable n’a rien à faire avec les pécheurs repentis, parce qu’ils regardent Dieu et ils disent : ‘Seigneur, je suis pécheur, aide-moi.’»

«Et le diable est impuissant, mais il est fort avec les hypocrites. Il est fort, et il les utilise pour détruire, détruire les gens, détruire la société, détruire l’Église. Le cheval de bataille du diable est l’hypocrisie, parce que lui il est un menteur : il se fait voir comme un prince puissant, très beau, mais par derrière il est un assassin.»

Le Pape a donc exhorté à ne pas oublier que Jésus pardonne, reçoit, use de la miséricorde, une parole «si souvent oublié quand nous médisons sur les autres». Il a donc renouvelé son invitation à «être miséricordieux, comme Jésus, à ne pas condamner les autres. Jésus au centre».

Le Christ, en effet, pardonne aussi bien Paul, «pécheur, persécuteur, mais avec un amour à moitié», que cette femme, «pécheresse, elle aussi avec un amour incomplet». Ce n’est que comme ceci qu’ils peuvent rencontrer «le véritable amour», qui est Jésus, alors que les hypocrites «sont incapables de rencontrer l’amour parce qu’ils ont le cœur fermé».

Honorer ses parents passe par l’accueil miséricordieux de leurs limites

Poursuivant sa série de catéchèses sur les Dix Commandements dans le cadre de l’audience générale du mercredi matin, le Pape François s’est arrêté ce matin 19 septembre sur cette phrase : «Honore ton père et ta mère». Occasion  d’une méditation pour le Pape sur la guérison des blessures de l’enfance.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 19 septembre 2018
(extraits)

Frères et sœurs, nous arrivons aujourd’hui au commandement qui concerne l’honneur dû aux parents. Honorer son père et sa mère implique de reconnaître leur importance par des actes concrets qui expriment le dévouement, l’affection et l’attention. Bien plus encore, honorer les parents mène à une longue vie heureuse !

«Honore ton père et ta mère, comme te l’a ordonné le Seigneur ton Dieu, afin d’avoir longue vie et bonheur sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu », est-il  écrit dans le 5e chapitre du Deutéronome.

« Honore ton père et ta mère » n’est pas un avis distant ou un vœu pieux, mais c’est un commandement de Dieu, une recommandation combinée à la promesse de construire un avenir favorable et d’établir des relations familiales saines.

Cette sagesse plurimillénaire déclare ce que les sciences humaines n’ont su élaborer que depuis à peine plus d’un siècle: le fait que l’empreinte de l’enfance marque toute la vie. Notre enfance est un peu comme une encre indélébile, qui s’exprime dans les goûts, dans les façons d’être, même si certains tentent de cacher les blessures de leurs propres origines.

La juste reconnaissance envers ceux qui nous ont mis au monde est la condition d’une vie pleine et heureuse. De nombreux saints, et de très nombreux chrétiens, après une enfance douloureuse, ont vécu une vie lumineuse, parce que, grâce à Jésus-Christ, ils se sont réconciliés avec la vie.

Par exemple, Nunzio Sulprizio, un ancien enfant battu qui sera canonisé le mois prochain, sainte Joséphine Bakhita, une ancienne esclave au Soudan, et saint Jean-Paul II, qui avait perdu sa maman à l’âge de 9 ans. Les énigmes de notre vie s’illuminent quand on découvre que Dieu nous prépare à être ses enfants.

Mais le quatrième commandement dit encore plus : il parle d’un acte des enfants, indépendant des mérites des parents. C’est une parole libératrice : bien que toutes les enfances ne soient pas sereines, tous les enfants peuvent être heureux, parce que la réalisation d’une vie pleine et heureuse dépend de la juste reconnaissance envers ceux qui les ont mis au monde.

L’harmonie des sentiments entre père et mère – entre la mère et le père – dans votre famille donne aux enfants un sentiment de sécurité, enseigne la beauté de l’amour, de la fidélité et de l’honnêteté et génère du respect, de la gratitude et de l’obéissance envers les parents. Je bénis les parents qui recherchent l’harmonie et la sainteté dans la famille et les enfants qui reçoivent d’eux selon leurs besoins.

A l’exemple de nombreux saints, l’homme, quelle qu’ait pu être son histoire, reçoit de ce commandement l’orientation qui conduit au Christ en qui se manifeste le Père véritable. Tout se renverse, tout devient constructif quand nous découvrons que la véritable énigme de notre vie n’est pas « Pourquoi ? » mais « Pour qui ? » En vue de quelle œuvre Dieu m’a-t-il forgé à travers mon histoire ?

Alors, il est possible de commencer  à honorer nos parents avec une liberté d’enfants adultes et un accueil miséricordieux de leurs limites. Puissions-nous accueillir librement la grâce de renaître en Christ pour honorer nos parents et ainsi rendre gloire à Dieu qui est notre seul Père! Que Dieu vous bénisse !


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Le pasteur doit être humble, à l’image de Jésus

guérison du fils de la veuve de Naïm
guérison du fils de la veuve de Naïm

Le Pape François, dans l’homélie de la messe à la Maison Sainte-Marthe, a rappelé que Jésus, icône du pasteur, tirait son autorité de son humilité et de la compassion qu’il exprimait avec douceur et tendresse.

 

Jésus gardait toujours son humilité, sa proximité avec les gens, sa compassion, qui s’exprimait avec douceur et tendresse. Et quand les choses allaient mal, comme sur le Calvaire, «il restait silencieux et il priait». Jésus est l’icône et le modèle du pasteur, avec une autorité qui est une grâce de l’Esprit Saint et qui dérive du fait d’être proche des gens, «et non pas de petits groupes de puissants, des idéologies».

La résurrection du fils unique d’une mère veuve

L’extrait de l’Évangile de Luc proposé par la liturgie est celui du miracle de la résurrection du fils unique de la mère veuve. Jésus avait une autorité devant le peuple, non pas pour la doctrine qu’il prêchait, qui était presque la même que les autres, mais parce qu’il était «humble et doux de cœur».

«Lui, il ne criait pas, il ne disait pas “moi, je suis le Messie” ou “moi, je suis le Prophète”. Il ne faisait pas sonner la trompette quand il guérissait quelqu’un ou qu’il prêchait  aux gens, ou qu’il faisait un miracle comme la multiplication des pains. Non. Lui, il était humble. Il agissait. Et il était proche des gens.»

Jésus est proche des gens, contrairement aux docteurs de la Loi

Les docteurs de la Loi, au contraire, «enseignaient depuis leur chaire et s’éloignaient des gens». Ils n’étaient pas intéressé par les gens, ou seulement pour donner des commandements, qu’ils «multipliaient jusqu’à plus de 300». Mais ils n’étaient pas proches des gens.

«Dans l’Évangile, quand Jésus n’était pas avec les gens, il était avec le Père, pour prier. Et la plus grande partie du temps, sa vie publique, il la passait sur la route, avec les gens. Cette proximité : l’humilité de Jésus, celle qui donne autorité de Jésus, il lui apporte la proximité avec les gens. Il touchait les gens, il embrassait les gens, il regardait les gens dans les yeux, il écoutait les gens, il était proche. Et ceci lui donnait autorité.»

Il pensait avec le cœur

Saint Luc, dans l’Évangile, souligne la «grande compassion» que Jésus avait ressenti en voyant la mère veuve, seule, et l’enfant décédé. Lui, il avait cette capacité de «souffrir avec». Il n’était «pas théorique». On peut dire qu’il «pensait avec le cœur, il ne détachait pas la tête du cœur».

«Et il y a deux traits de cette compassion que je voudrais souligner : la douceur et la tendresse. Jésus dit : “Apprenez de moi qui suis humble et doux de cœur”. Doux de cœur. Cette douceur. Lui, il était doux, il ne criait pas. Il ne punissait pas les gens. Il était doux. Toujours avec douceur. Est-ce que Jésus s’énervait? Oui ! Pensons à la fois où il a vu la maison de son Père devenir un lieu de shopping et d’échange d’argent… Là, il s’est énervé, il a pris la cravache, il a chassé tout le monde. Mais pourquoi aimait-il le Père ? Parce qu’il était humble devant le Père, il avait cette force.»

Une compassion faite de tendresse et de douceur

La tendresse, ensuite. Jésus n’a pas dit : «Ne pleurez pas, madame», en étant distant. «Non, il s’est rapproché, peut-être qu’il lui a touché les épaules, peut-être qu’il l’a caressée. Jésus est comme ça. Et Jésus fait la même chose avec nous, parce qu’il est proche, il est au milieu des gens, il est pasteur.»

L’autre geste de tendresse, c’est de prendre l’enfant et de le restituer à sa mère. «Humble et doux de cœur, proche des gens, avec une capacité de compatir, avec compassion, et avec ces deux traits de douceur et de tendresse. Voilà comment est Jésus.» Et il  fait avec nous tous, quand on se rapproche, ce qu’il a fait avec l’enfant et la mère veuve.

Jésus est l’icône du pasteur

«Ceci est l’icône du pasteur», dont tous les prêtres et évêques doivent s’inspirer. «Proches des gens, et non pas de petits groupes de puissants, des idéologies… Celles-ci nous enveniment l’âme, elles ne nous font pas de bien !». Le pasteur, donc, «doit avoir la puissance et l’autorité que Jésus avait, celle de l’humilité, celle de la douceur, de la proximité, de la capacité de compassion, de la tendresse.»

Le pasteur accusé souffre, il offre la vie et il prie

«Quand les gens l’insultaient, ce Vendredi Saint, et qu’ils criaient “crucifie-le”, il restait silencieux parce qu’il avait de la compassion pour ces gens piégés par les puissances de l’argent, du pouvoir… Il restait silencieux. Il priait. Le pasteur, dans ces moments difficiles, dans les moments où s’immisce le diable, où le pasteur est accusé, mais accusé par le Grand Accusateur à travers tellement de gens, tellement de puissants, il souffre, il offre la vie et il prie. Et Jésus a prié. La prière l’a emmené aussi à la croix, avec force. Et même là il a eu la capacité de se rapprocher et de guérir l’âme du larron.»

Aujourd’hui, relisons l’extrait de l’Évangile de Luc, chapitre 7, pour voir «où se situe l’autorité de Jésus». Et demandons la grâce «que nous tous, les pasteurs, nous ayons cette autorité : une autorité qui est une grâce de l’Esprit Saint.»