Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

NOTRE MÈRE

NOTRE MÈRE

Quand Jésus quitta les siens pour son ascension, il leur dit : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » : il aurait pu ajouter : je vous laisse ma Mère et votre Mère. C’est bien vraiment une communauté de filiation qui nous lie à Jésus en face de Marie, comme à Jésus en face du Père. Jésus nous aime en Dieu par Marie; en Dieu et en Marie nous devons l’aimer nous-mêmes.

Ce n’est point par métaphore que Marie est notre Mère ; c’est au sens propre, bien que transposé au spirituel, au surnaturel. Un théologien dirait : c’est par analogie, au sens technique attribué par lui à ce terme, et c’est-à-dire que Marie est notre Mère aussi véritablement que Dieu est saint, que Dieu est juste, et que Jésus est notre Frère.

Il s’ensuit que resserrer nos liens avec Marie, c’est nous rapprocher intimement de Jésus. C’est toute la valeur du geste; mais elle-même, certes, l’entend ainsi. Le poète de la Divine Comédie, s’adressant à elle, s’écrie : « Celui qui veut la grâce et à toi n’a pas recours veut que son désir vole sans ailes. » Marie offre deux ailes à nos désirs spirituels et à tous ceux qui s’y accordent : son intercession et son exemple.

A celui-ci, en attendant que nous parlions de sa puissance suppliante, il devrait être facile de s’adapter :sa vie est si simple et si simplement nôtre! Nous l’avons contemplée à Nazareth, et nous avons bien vu qu’elle n’est qu’un reflet; tout vient de Jésus ; mais la leçon de Jésus se comprend mieux quand on regarde sa Mère.

La tendresse, au surplus, n’est-elle pas ici un entraînement autant qu’une obligation ? On n’est pas un fils de Marie, si l’on n’est prêt à faire ce qu’elle fait, à aller jusqu’où elle va, et elle va jusqu’au Calvaire.

Quand on fréquente ce Calvaire du souvenir plus réel que le réel même, puisqu’il est spirituel : j’entends l’Eucharistie, on devrait, chaque fois, renouveler son amour et son propos d’imitation à l’égard de cette Mère qui là encore, comme autrefois à la porte de Jérusalem, nous consacre et nous donne son Fils.

Toute vie chrétienne est à base de charité et en forme de sacrifice : la maternité de Marie ne produirait-elle pas tous ses effets, si nous savions l’évoquer avec amour et abandon, au contact de Celui qui nous est commun, à nous et à elle?

Nous devons beaucoup plus à Marie, dans le passé, que nous ne devons à nos mères; elle a bien plus souffert et elle nous a bien plus aimés. Comme une jeune épousée qui chérit par avance le fruit de son amour, elle nous a aimés en la Trinité, en Jésus, en nous-mêmes par anticipation, et son cœur, comme pour l’Enfant divin, est pour nous un ciel jaillissant dont le trop-plein nous arrive. Il n’est que de le recevoir, et c’est le salut, avec la paix et la douce joie.

C’est par Marie surtout que la justice évangélique et l’amour qui imprègne la Bonne Nouvelle revêtent cette forme de tendresse humaine et de douce miséricorde que le cœur comprend toujours. L’imploration douloureuse des hommes et le regard humilié du pécheur ne vont pas moins à cette Dame compatissante que le rêve de la jeunesse et ses aspirations vertueuses à la créature blanche et bleue comme un lis entouré de ciel.

Elle est votre Maman,
fillettes au voile qui montez comme elle pour la première fois les marches du temple ;
la vôtre, jeunes filles qui vous gardez jalousement pour l’époux ;
mères qui portez dans vos bras le fragile enfant, chair de votre chair, et qui avez donc besoin d’une protection double;
femmes douloureuses qui pleurez vous aussi un Jésus parti ;
vous-mêmes, femmes d’âge, vivant avec quelque saint Jean qui ne peut remplir jamais le cœur délaissé,
et vous enfin, vous surtout, pécheurs, qui ne désespérez pas de la miséricorde, mais avez besoin de la tendresse pour vous en aplanir le chemin.

Pour le criminel accablé du poids de la justice, un avocat pitoyable est un recours à qui le désespoir s’accroche ardemment. Si l’avocat est une femme dévouée et compatissante, sa confiance et son élan n’en sont-ils pas accrus ? Combien plus disposant d’une mère, et d’une mère toute-puissante auprès de la justice, le coupable aura-t-il lieu de renaître à l’espérance !

Saint Thomas d’Aquin appellerait volontiers Marie une tendresse animée, comme il appelle son Fils une justice animée, comme à sa suite nous avons appelé la Vierge une Sagesse.

Marie nous aime en Dieu d’un amour spirituel; mais c’est toujours avec son cœur de femme, avec son cœur de mère, et quelle mère avertie que celle-là ! Mère autrefois douloureuse, aujourd’hui secourable, elle a ce qu’il faut pour être la plus compréhensive et la plus accueillante amie de l’homme.

Une femme dont la main fraîche touche nos fronts enfiévrés, une sœur de charité au tendre sourire, une sublime infirmière du cœur, elle peut tout évoquer à la pensée, elle peut tout procurer à qui l’appelle.

Ce qu’il faut lui demander pourtant avant toutes choses, parce que l’effet en est universel et que sans cela rien ne compte, c’est ce que suggère le Stabat en ses strophes si dolentes et si expressives :

Sainte Mère, faites ceci :
Enfoncez les plaies du Crucifié
Solidement dans mon cœur ;
De votre Enfant blessé
Qui pour moi voulut tant souffrir
Partagez avec moi les peines ;
Que je pleure tendrement avec vous ;
Que je compatisse au Crucifié
Autant que je dois vivre.

Nul ne se sanctifie, quoi qu’il fasse, que par l’union à son Rédempteur et dans le profond sentiment de la Rédemption même. Il n’y a de salut que dans la croix, par la croix, et en la croix est la seule science de vivre.

Vous, ma Mère de la croix, qui avez reçu le Sang rédempteur et me l’avez versé, qui avez tenu sur vos genoux votre Fils mort et me l’avez donné ; vous que la douleur n’a pas rebutée, mais attendrie, et que la perte du doux Rejeton a rapprochée de ses frères, enseignez-moi ce que la croix vous apprit; exercez en ma faveur cette maternité qui de la croix vous fut intimée, et dont les devoirs trouvèrent votre âme ardemment consentante.

De ma part, je veux vous être un vrai fils; je veux obéir à vos muettes instructions, toutes sises en vos exemples et commentées par votre sourire. J’habiterai en esprit en vous comme Jésus, pour que vous me fassiez naître avec Jésus, en Jésus, pour une vie pareille à celle de Jésus, une vie sainte, féconde pour autrui, heureuse du bonheur vrai, semence de vie éternelle.

P. Sertillanges

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

 

REGARDONS LES ÉTOILES DE NOTRE MÉDAILLE

27 MAI

REGARDONS LES ÉTOILES DE NOTRE MÉDAILLE

envers grossi de la première frappe de la médaille miraculeuse en 1832 de chez Vachette
envers grossi de la première frappe de la médaille miraculeuse en 1832 de chez Vachette

Les douze étoiles qui figurent sur la Médaille n’en constituent pas seulement un ornement des plus gracieux ; elles ont un symbole très précis. Ces étoiles nous rappellent les douze apôtres, les saints qui, à leur exemple, ont obtenu par Marie la couronne de gloire. La Sainte Vierge est, en effet, la Reine des Apôtres.

Sans doute, elle n’a pas été ordonnée comme eux, mais elle a été éminemment associée à l’acte de la Rédemption, qui est l’essentiel de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ. Après la mort de son Fils, elle est en quelque sorte chargée de l’Église qui s’organise. Elle prie au cénacle avec les apôtres et les disciples, elle reçoit avec eux l’Esprit-Saint qui va les embraser du feu de l’apostolat.

Impossible de vivre dans l’intimité de Marie sans devenir apôtre, sans désirer que le Règne de Dieu s’accomplisse, sans chercher à le réaliser. Mais n’oublions pas que c’est elle par excellence qui forme aux rudes tâches de l’apostolat. L’apôtre doit lutter continuellement contre l’esprit du mal ; or, c’est l’Immaculée qui lui écrase la tête.

Cette victoire-là n’est que la première de toutes celles que doivent remporter les apôtres de tous les temps. Appelons donc toujours Marie à notre secours lorsque nous voulons gagner, ramener, conquérir les âmes à Dieu. Prions-la souvent de bénir tous les ouvriers apostoliques, tous les artisans des mouvements d’Église, afin que soit hâté le Règne du Christ !

PRIÈRE

O Marie, Reine des Apôtres, les étoiles de votre Médaille chantent à leur manière la nécessité d’être apôtres nous aussi et d’aller chercher les âmes déchristianisées ou même païennes, si nombreuses dans notre entourage, pour leur faire connaître votre divin Fils et les mettre ainsi sur la route du ciel.

Aidez-nous, ô bonne Mère, à travailler de tout notre pouvoir à cette conquête des âmes ; faites-nous comprendre qu’un chrétien ne peut pas se sauver seul et qu’il doit avoir la hantise du salut de ses frères. Ainsi soit-il !

Ô MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS, QUI AVONS RECOURS A VOUS !

+P. BAETEMAN

Ouverture de la Neuvaine pour la Pentecôte

Ouverture de la Neuvaine pour la Pentecôte

miniature Pentecôte Stefano da Verona
miniature Pentecôte Stefano da Verona

Entre le temps de l’Ascension et de la Pentecôte, l’Église, en prière avec la Vierge Marie et les Apôtres, invite chaque fidèle à invoquer plus spécialement l’Esprit-Saint. La Sainte Écriture atteste que, durant les neuf jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, les Apôtres « d’un seul cœur participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus » (Actes 1, 14), en attendant d’être « revêtus d’une force venue d’en haut » (Luc 24, 49).

Crainte de Dieu, piété, science, force, conseil, intelligence, et sagesse sont les 7 dons de l’Esprit Saint que nous demandons. Chaque jour, cette neuvaine nous offre une méditation sur l’un de ces dons. N’ayons pas peur de saisir les grandes grâces qui nous sont offertes en faisant cette neuvaine…

Cette neuvaine à l’Esprit-Saint permet particulièrement :

  • De mieux connaitre la Volonté de Dieu, mieux discerner nos vocations
  • D’ouvrir nos cœurs aux sept dons sacrés de l’Esprit Saint 
  • D’avoir une vie vraiment animée de l’intérieur par les trois personnes trinitaires

la neuvaine

  • Jour 1 : Pour demander le don de Crainte de Dieu
  • Jour 2 : Pour demander le don de Piété
  • Jour 3 : Pour demander le don de Science
  • Jour 4 :  Pour demander le don de Force
  • Jour 5 :Pour demander le don de Conseil
  • Jour 6 : Pour demander le don d’Intelligence
  • Jour 7 : Pour demander le don de Sagesse
  • Jour 8 : Supplication
  • Jour 9 : Offrandes

Prière de la neuvaine :  Veni Sancte Spiritus

Viens, Esprit-Saint, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière !
Viens en nous, Père des pauvres, viens dispensateur des dons, viens, lumière des cœurs.
Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos, dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèle
Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé
A tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu, donne le salut final donne la joie éternelle.

Nous vous adorons, ô Jésus dans l’Eucharistie.
Vous avez promis de nous envoyer le Saint-Esprit,
vous avez déclaré à vos Apôtres :
“Il est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas,
je ne pourrai pas vous envoyer le Saint-Esprit”.
Toutes les paroles qui sont sorties de vos lèvres seraient mortes pour nous
si le Saint-Esprit ne nous donnais pas l’intelligence.
C’est pourquoi vous ajoutiez à vos apôtres ;
“c’est Lui qui mettre en mémoire,
qui vous fera comprendre tout ce que Je vous ai dit.”
Esprit Saint, crées en nous un cœur nouveau;
c’est vous qui pouvez faire cette transformation d’un cœur tout brûlant d’amour.

Prière à l’Esprit sanctificateur

Ô Esprit sanctificateur, je me prosterne devant Vous et je Vous adore dans le plus profond anéantissement de mon âme. Je Vous remercie de toutes les grâces que Vous m’avez faites jusqu’à ce jour, et je Vous demande pardon d’y avoir si mal correspondu.

Ô Esprit-Saint, n’ayez pas égard à mes péchés, mais seulement à Votre infinie miséricorde et à Votre désir si ardent de me sanctifier. Je veux désormais Vous contenter pleinement. Par le passé, j’ai été un pécheur ingrat, mais il n’en sera plus ainsi à l’avenir. Je renonce dès maintenant au péché et à toutes les affections terrestres, je veux me consacrer entièrement à Votre amour.

Mais je ne puis rien par moi-même. C’est à Vous, ô Esprit sanctificateur, d’opérer cette grande merveille de faire de moi un saint. Cela ne Vous est pas difficile. Vous avez fait dans le passé de si admirables chefs-d’œuvre de sainteté.

N’est-ce pas Vous qui avez formé le corps et l’âme adorables de Jésus-Christ, chef et modèle de tous les prédestinés ? N’est-ce pas Vous encore qui avez mis à l’abri de toute souillure l’âme de la très Sainte Vierge Marie, et L’avez élevée à la plus haute sainteté ?

Et, dans le cours des siècles, combien d’âmes Vous avez préservées du péché, ou purifiées après leurs fautes, pour les conduire ensuite, par Vos dons divins, jusqu’au sommet de la perfection ! Ô Saint-Esprit, ce que Vous avez fait pour d’autres, Vous pouvez le faire aussi pour moi. Non seulement Vous le pouvez, mais Vous le voulez : c’est là Votre mission spéciale, faire de nous des saints.

Ayez donc pitié de moi, pauvre pécheur; ne me rejetez pas, quelque indigne que je sois de Vos bontés. Je ne veux plus mettre obstacle aux opérations de Votre grâce ; je me livre à elle sans réserve. Lavez-moi dans les larmes de la pénitence et dans le sang de Jésus-Christ. Éclairez-moi de Vos divines lumières. Embrasez-moi des saintes ardeurs de la charité.

Donnez-moi l’amour de l’oraison et de toutes les vertus que Vous voulez voir en moi. Ô Père des pauvres, ô Dispensateur des dons célestes, exaucez mon humble prière ; je Vous en conjure, par les mérites du Rédempteur et par l’intercession de Votre chère Épouse, la Sainte Vierge Marie.

Faites que je sois tout à Vous comme Vous voulez être tout à moi. Conduisez-moi Vous-même au séjour des bienheureux, afin qu’après Vous avoir beaucoup aimé sur la terre, je continue à Vous aimer dans le ciel, conjointement avec le Père et le Fils, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Un Pater, un Ave, et 3 Gloria Patri.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse