Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

MERCREDI DE PÂQUES Ils le reconnurent à la fraction du pain

MERCREDI DE PÂQUES

Ac 3,1-10 Le 24,13-35

Reste avec nous, car le soir vient et déjà le jour baisse
(Le 24,29)

Ils le reconnurent à la fraction du pain (Le 24,35)

Deux disciples faisaient route ensemble. lis ne croyaient pas, et cependant ils parlaient du Seigneur. Soudain celui-ci apparut, mais sous des traits qu’ils ne purent reconnaître. A leurs yeux de chair le Seigneur manifestait ainsi du dehors ce qui se passait au fond d’eux-mêmes, dans le regard du cœur. Les disciples étaient intérieurement partagés entre l’amour et le doute. Le Seigneur était bien présent à leurs côtés, mais il ne se laissait pas reconnaître.

A ces hommes qui parlaient de lui, il offrit sa présence, .mais comme ils doutaient de lui, il leur dissimula son vrai visage. Il leur adressa la parole et leur reprocha leur dureté d’esprit. Il leur découvrit dans la Sainte « Écriture les mystères qui le concernaient, mais, puisqu’il était encore un étranger pour la foi de leur cœur, il feignit de poursuivre sa route… En agissant ainsi, la Vérité qui est simple ne jouait nullement double jeu : elle se montrait aux yeux des disciples telle qu’elle était dans leur esprit.

Et le Seigneur voulait voir si ces disciples, qui ne l’aimaient pas encore comme Dieu, lui accorderaient du moins leur amitié sous les traits d’un étranger. Mais ceux avec qui marchait la Vérité ne pouvaient être éloignés de la charité ; ils l’invitèrent donc à partager leur gîte, comme on le fait avec un voyageur. Dirons-nous simplement qu’ils l’invitèrent ?

L’Écriture précise qu’ils le pressèrent (Le 24,29).  Elle nous montre par cet exemple que lorsque nous invitons des étrangers sous notre toit, notre invitation doit être pressante.

Ils apprêtent donc la table, ils présentent la nourriture, et Dieu, qu’ils n’avaient pas reconnu dans l’explication de l’Écriture, ils le découvrirent dans la fraction du pain. Ce n’est pas en écoutant les préceptes de Dieu qu’ils furent illuminés, mais en les accomplissant : Ce ne sont pas les auditeurs de la loi qui seront justes devant Dieu, mais les observateurs de la loi qui seront justifiés (Rm 2,13).

Quelqu’un veut-il comprendre ce qu’il a entendu, qu’il se hâte de mettre en pratique ce qu’il en a déjà pu saisir. Le Seigneur n’a pas été reconnu pendant qu’il parlait; il a daigné se manifester lorsqu’on lui offrit à manger. Aimons donc l’hospitalité, frères très chers, aimons pratiquer la charité. C’est d’elle que Paul nous parle : Persévérez, dit-il, dans la charité fraternelle.

N’oubliez pas l’hospitalité, car -c’est grâce à elle que quelques-uns, à leur insu, hébergèrent des anges (He 13,1-2). Pierre dit aussi : Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmurer (1 P 4,9). Et la Vérité elle-même nous en parle : J’étais un étranger, et vous m’avez recueilli (Mt 25,35)… Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, nous dira le Seigneur au jour du jugement, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25, 40)…

Et malgré cela, nous sommes si paresseux devant la grâce de l’hospitalité ! Mesurons, mes frères, la grandeur de cette vertu. Recevons le Christ à notre table, afin de pouvoir être reçus à son éternel festin. Donnons maintenant l’hospitalité au Christ présent dans l’étranger, afin qu’au jugement il ne nous ignore pas comme des étrangers, mais nous reçoive comme des frères dans son Royaume.

Saint Grégoire le Grand
Homélie 23 : PL 76, 1182-1183.

Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent.

Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent.

LUNDI DE PÂQUES

Emmaus cathédrale de Clermont Ferrand
Emmaüs cathédrale de Clermont-Ferrand

Dès le soir de Pâques se produit un événement des plus touchants et suggestifs, la rencontre du Christ et de deux disciples se rendant à Emmaüs. Nous y apprenons :

1° Le besoin que nous avons de Jésus,
2° Comment nous le trouvons.

1° Besoin de Jésus. — Les deux hommes dont il est question marchaient avec un cœur lourd : « Quelles sont ces paroles que vous échangiez en marchant et pourquoi êtes-vous tristes ? » Préoccupés des événements tragiques des derniers jours, ne comprenant rien aux allégations faites, le matin, par les saintes femmes, il leur manquait une lumière. Le Christ la leur apporte, et lui seul pouvait le faire.

Mystérieuse est l’existence, elle pose plusieurs problèmes ne serait-ce que celui de la souffrance, dont la solution est plus que laborieuse. Il en est qui ne la cherchent pas ; ou ils sont indifférents et vivent en automates, ce qui n’est pas vivra ; ou ils s’étourdissent, ce qui est une folie. Les uns et les autres manquent leur voyage et s’exposent au plus grave des dangers.

Ceux qui, intelligents, cherchent parce qu’il faut savoir pour utiliser, ne le font pas toujours comme il faudrait. La science, la philosophie, la sagesse humaine, à quoi ils se bornent à recourir, sont fatalement limitées. Pour voir, il est nécessaire d’aller plus loin, et le Maître est là ne demandant qu’à nous éclairer.

Lui seul est, au vrai, le besoin des intelligences et des cœurs, parce que lui seul est la pleine clarté et l’amour infini. Cherchons-le et rap­pelons-nous qu’il chemine avec nous : « Jésus s’approcha et fil route avec  eux. »

L’invisible n’est pas l’irréel: «Je suis ressuscité et suis encore avec vous ». Personne n’est proche de nous autant que lui. Si notre cœur est lourd, c’est que nous l’oublions ou que, par manque de foi, nous ne le réalisons pas.

O bon Maître, l’auteur de l’Imitation me dit : « Que peut vous donner le monde sans Jésus ! Être sans Jésus c’est un lourd enfer, et être avec Jésus, un doux paradis. » Je l’ai bien expérimenté ; aussi j’ose dire : «Seigneur demeurez avec nous car il se fait tard. » (Luc, 24, 29).

2° Découverte de Jésus. — Les disciples d’Emmaüs ont entendu le Christ leur expliquer les Écritures ; ils conviennent que, « leur cœur était tout brûlant lorsqu’il leur parlait en chemin ». Toutefois, ils ne le reconnurent pas d’abord, ce n’est qu’à la fraction du pain que leurs yeux s’ouvrirent.

Écoutons saint Grégoire : « Celui qu’ils n’ont pas connu par l’explication des Écritures, ils l’ont reconnu à la fraction du pain. Entendant les principes de Dieu, ils ne furent pas éclairés ; les observant, ils le furent.

N’est-il pas écrit : devant Dieu ce ne- sont pas les auditeurs, mais les réalisateurs de la Loi, qui sont justifiés. Que celui, donc, qui veut comprendre ce qu’il entend, le fasse passer en ses actes. Voici que le Seigneur qui n’est pas connu quand on l’écoute, daigne l’être quand on le reçoit. »

Réflexions suggestives nous indiquant les deux moyens à employer pour découvrir Jésus : méditer les Saintes Écritures et mettre en pratique ce qu’elles enseignant ; autrement dit, vivre d’oraison et être généreux.

Il faut d’abord parler au Maître et l’écouter ; c’est ce que fait l’âme fidèle en ses exercices du matin ; elle se plonge ainsi dans un bain de lumière qui,, à la longue, la pénétrera elle-même de clarté. Puis, ayant écouté, il faut obéir, et, cela dilatant-la lumière reçue, en autorise une perception plus nette.

Rien ne précise une pensée autant que l’action qu’elle commande. En fait, on pres­sent Jésus à l’oraison, on le rencontre dans l’action. Voilà ce qui doit nous donner une assurance de force et de fécondité.

Seigneur, je vous ai découvert depuis longtemps. Mal­heureusement, je suis’ exposé à vous perdre de vue. Je ne le veux pas, mais, par mes efforts, par ma vie réfléchie et généreuse, je veux arriver à ne jamais perdre la conscience que « vous demeurez avec moi ».

Mgr Augustin Gonon, évêque de Moulins

présence du Mystère de Pâques

présence du Mystère de Pâques

Reproduction en icône de la fresque « Anastasis » située dans l’église Saint-Sauveur-in-Chora Istanbul

Le mystère pascal, parce qu’il a vu passer le Fils de la mort à la vie, voit ainsi passer les enfants de Dieu. C’est pourquoi il est dit pascal, à cause de ce passage qui s’est réalisé grâce au sacrifice du Fils de Dieu. Voilà pourquoi le sacrifice eucharistique est le centre de gravité de tous les sacrements, de même que Pâques est le centre de gravité de l’année liturgique.

Dans la sainte liturgie, le Christ, dans la puissance de l’Esprit-Saint, signifie et réalise le mystère pascal de sa passion, de sa mort sur la croix et de sa résurrection. Ce mystère ne consiste pas simplement en une série d’événements d’un passé lointain, mais il entre dans la dimension de l’éternité, parce que l’ «acteur» – c’est-à-dire celui qui a agi et souffert dans ces événements – est le Verbe incarné.

C’est pourquoi le mystère pascal du Christ «surplombe ainsi tous les temps et y est rendu présent» par les sacrements qu’il a lui-même confiés à son Église, surtout le Sacrifice eucharistique.

Ce don singulier a d’abord été fait aux apôtres, quand le Ressuscité, dans la force de l’Esprit-Saint, leur a conféré son pouvoir de sanctification. Les apôtres à leur tour ont conféré ce pouvoir à leurs successeurs, les évêques, et c’est ainsi que les biens du salut sont transmis et actualisés dans la vie sacramentelle du peuple de Dieu jusqu’à la parousie, quand le Seigneur vient dans la gloire pour accomplir le Royaume de Dieu.

Ainsi, la succession apostolique assure que, dans la célébration des sacrements, les fidèles sont plongés dans la communion avec le Christ, qui les bénit par le don de son amour salvifique, en particulier dans l’Eucharistie où il s’offre lui-même sous les apparences du pain et du vin…

Le rite – ou la famille des rites qui proviennent des Églises d’origine apostolique –  est une forme condensée de la Tradition vivante permettant ainsi en même temps de faire l’expérience de la communion entre les générations, la communion avec ceux qui priaient avant nous et prieront après nous. Ainsi le rite apparaît comme un don fait à l’Église, une forme vivante de tradition.

BUREAU DES CÉLÉBRATIONS LITURGIQUES DU SOUVERAIN PONTIFE
La liturgie, œuvre de la Trinité/2 : Dieu le Fils (février 2012)

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse