Archives de catégorie : Billet

sur la Médaille Miraculeuse, l’Église dans le monde

Billet et prière de Jacques Loew

CROIRE

L'amour fait songer, vivre et croire - Victor Hugo
L’amour fait songer, vivre et croire – Victor Hugo

Pour moi aujourd’hui: devant le mal qui déferle sur le monde, devant l’ébranlement des certitudes proclamées comme inébranlables jusqu’alors, foi dans la réalisation des promesses du Royaume (lion et agneau ensemble, vipère et nourrisson, etc.) toujours repoussées.

Croire, espérer que cela se réalisera (espérer contre toute espérance), qu’il en sera ainsi mais dans un au-delà non imaginable.

De même vivre le tout proche maintenant (l’heure est venue) de la « vie » au-delà des déchéances naturelles accompagnant la mort, qui la rendent présente en quelque sorte.

Pédaler dans le vide humain et dans le vide apparent de Dieu que rien ne saisit : croire c’est continuer à pédaler sans embrayer sur rien d’autre que Dieu qui ne peut être — au-delà de nos impressions et de nos imaginations — en lui-même ou que pur amour ou inexistant.

Croire (s’appuyer sur) que les promesses sont données en germes et non en fruits (et que c’est un immense ‘progrès’ dans notre foi de découvrir cela).

« Symboliser » = mettre ensemble promesses et situation concrète du moment (âge, maladie, etc.) personnel et social. »

Quand on « pédale » (ou que l’on « rame » ou qu’on tire une corde etc.), on a besoin de sentir par quelque résistance que l’on « embraye » sur quelque chose…

Congar aimait à citer le mot fameux de Péguy : « Non pas le vrai, mais le réel…, c’est-à-dire le vrai avec l’historicité, avec son état concret dans le devenir, dans le temps.

Billet de Jacques Loew (25 mars 1997)

***

PRIÈRE À JÉSUS

« Seigneur Jésus,
donne-nous cette Sagesse qui juge de haut, qui prévoit de loin.
Donne-nous ton Esprit qui laisse tomber l’insignifiant en faveur de l’essentiel.
En face des tâches et des obstacles apprends-nous à ne pas nous troubler,
à ne pas nous agiter, mais à chercher dans la foi ta Volonté éternelle.
Donne-nous l’activité calme qui sait envelopper d’un seul regard
tout l’ensemble de nos tâches.
Aide-nous à accepter paisiblement les contradictions,
à y chercher ton Regard et à Le suivre.
Évite-nous l’émiettement dans le désordre, la confusion du péché.
Mais donne-nous de tout aimer en liaison avec Toi.
Ô Jésus, ô Père, ô Esprit Saint, Sources de l’être, unissez-nous à Vous,
et à tout ce qui va dans le sens de l’éternité et de la joie. »

Jacques Loew

Comment vivre concrètement le Carême ?

Photo prise dans la Chapelle ce mardi 5 mars à la fin de la messe de 15h30 pour les associés de la Médaille Miraculeuse, juste la veille du Carême.
Photo prise dans la Chapelle ce mardi 5 mars à la fin de la messe de 15h30 pour les associés de la Médaille Miraculeuse, juste la veille du Carême.

Pour nous préparer à la fête de Pâques durant le temps du Carême, nous sommes invités nous aussi, comme Associés de la Médaille Miraculeuse, à entrer dans le combat spirituel à la suite de Jésus : prier avec lui, jeûner avec lui, partager avec nos frères avec lui.

Comme Jésus au désert a résisté par trois fois à Satan, nous aussi nous pouvons être vainqueurs des trois tentations de la parole, du pouvoir et de nier nos limites humaines, en écoutant et méditant la Parole de Dieu de chaque jour, qui est très riche en ce temps liturgique du Carême.

Jeûner, prier, partager
Jeûner, prier, partager

La prière

Nous devons prendre le temps, dans une vie agitée, de nous recueillir. Prier à l’image de Jésus qui savait prendre du temps, échappant à la foule pour la mieux retrouver après son dialogue avec le Père.

En méditant la Parole dans le silence, en éteignant la télévision ou la radio, en évitant d’être trop dépendant des smartphones, nous acceptons chaque jour de nous mettre quelques minutes devant le Seigneur pour nous laisser saisir par Lui. Essayons donc de faire silence en nos vies, de sortir de la superficialité de certains emplois du temps pour donner priorité à l’Essentiel.

Le jeûne

L’ascèse est une réalité qui nous fait peur. Nous n’avons pas l’habitude de nous priver même si, aujourd’hui chez nous, beaucoup de nos concitoyens vivent dans des conditions précaires et connaissent l’inquiétude du lendemain. Certes, l’Église nous rappelle certains actes pénitentiels significatifs : manger moins chaque vendredi ; jeûner  le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint ; maîtriser nos instincts.

Mais surtout, elle attire notre attention sur l’importance de notre style de vie. S’inspire-t-il du Christ et des encouragements de l’Église ou bien, sous prétexte de modernité, s’inspire-t-il des complicités subtiles avec la mode, les mondanités et le péché ?

Avec tous nos frères chrétiens, mais aussi avec tous ceux qui souffrent de la faim, d’un manque de liberté ou de dignité, avec tous ceux pour qui la vie quotidienne est une ascèse imposée, entrons dans ce jeûne du Carême comme dans le bain d’une nouvelle naissance.

Le partage

Le but du jeûne n’est pas seulement la privation, mais le partage, l’aumône : ce que nous avons économisé, nous sommes invités à le donner à ceux qui jeûnent tous les jours, car ils n’ont pas de quoi s’acheter à manger. Ils sont des millions dans le monde et des milliers en France !

Arrachons de nos vies l’individualisme et l’inertie pour nous engager au service des plus déshérités que soi. Développons la solidarité à l’intérieur de nos communautés ou à travers des associations ou des mouvements qui s’emploient à rejoindre et à servir les personnes diversement fragilisées.

N’oublions pas tous ceux et celles qui, dans le Tiers-monde, vivent dans des situations encore plus tragiques que chez nous, marqués par la malnutrition, le manque de soins médicaux, l’extrême pauvreté, quand ce n’est pas la violence aveugle ou le regroupement dans des camps de réfugiés où règnent misère et promiscuité.

La pénitence et la réconciliation

Ce temps du Carême ne sera véritablement conversion que si nous allons jusqu’à l’accueil du pardon du Seigneur dans le Sacrement de réconciliation. Ce sacrement reçu personnellement témoigne, pour la communauté chrétienne et pour tous les hommes marqués par l’échec et le péché, que le Dieu de Jésus-Christ ouvre largement Son pardon à tout homme de bonne volonté, qu’il n’y a pas d’échec définitif et que Dieu est plus grand que notre cœur.

Engageons-nous sur la longue route du Carême, résolument et avec foi. Après avoir accompagné Jésus dans son entrée à Jérusalem aux Rameaux, participé à la Cène le Jeudi Saint, monté avec Lui au Golgotha le Vendredi Saint, dans la nuit de Pâques, avec tous les nouveaux baptisés, nous renouvellerons les engagements de notre baptême et nous chanterons l’Alleluia Pascal, en tenant nos cierges allumés par lesquels Jésus ressuscité illuminera nos visages.

Source : © Copyright CEF

une certaine image de Rome

Aujourd’hui, je veux vous parler de Rome. Je conserve très vivant le souvenir de ma première rencontre avec la ville éternelle. C’était à la fin de l’automne 1946. J’étais venu ici après mon ordination sacerdotale pour y continuer mes études.

Cité du Vatican
Cité du Vatican

Lorsque je suis arrivé, je me faisais une certaine image de Rome à partir de l’histoire, de la littérature et de toute la tradition chrétienne. Pendant plusieurs jours j’ai parcouru la ville (qui n’était pas aussi grande qu’aujourd’hui et qui comptait autour d’un million d’habitants), et je n’arrivais pas à retrouver tout à fait l’image que depuis longtemps je me faisais de Rome.

Mais petit à petit, je l’ai retrouvée, surtout en visitant les plus anciennes basiliques, mais plus encore en visitant les catacombes. C’était la Rome des premiers temps du christianisme, la Rome des apôtres, la Rome des martyrs. Cette Rome, qui est à l’origine de l’Église, est en même temps à l’origine de la grande culture dont nous avons hérité.

C’est cette Rome que je veux aujourd’hui saluer avec la plus profonde vénération et le plus grand amour.

Le temps du carême, dont nous approchons, nous introduit chaque année dans les secrets de cette Rome et nous appelle à en suivre les traces. Je le ferai cette année pour la première fois comme évêque de Rome. Aurais-je pu penser à cela quand je suis venu ici pour la première fois ? Les desseins de la providence divine sont vraiment insondables.

Cependant, l’histoire spirituelle de Rome, l’héritage des apôtres, la tradition des premières basiliques chrétiennes et des catacombes trouvent un vif écho. Je souhaite de tout cœur que puissent y persévérer la foi, l’espérance et l’amour que Jésus-Christ a mis d’une façon indestructible dans le cœur de l’homme.

Celui qui participe à l’amour du Christ pour l’homme ne peut pas ne pas être rempli de tristesse et de crainte devant les vies qui sont sacrifiées ou menacées, devant les souffrances et les épreuves des combattants et des populations. Je pense en particulier aux enfants, aux vieillards, aux malades.

Aucune distance géographique et aucune divergence idéologique ne peuvent affaiblir le sentiment de fraternité qui nous unit à tout être humain vivant en ce monde, même s’il n’est pas baptisé. Nous devons penser aussi que parmi les militaires et les civils qui sont pris dans la guerre, certains sont nos frères dans la foi.

Que nos prières — la vôtre et la mienne — s’élèvent avec ferveur pour ces populations qui me sont toutes sincèrement chères, de quelque côté qu’elles soient, et à qui va notre affection.

Prions aussi pour que ne vienne pas à se vérifier la crainte, croissante et diffuse, que si l’on ne trouve pas de solutions opportunes, justes et honorables, l’on n’aille vers une aggravation des souffrances et — Dieu nous en préserve ! — vers des répercussions plus vastes et plus terribles. C’est là une hypothèse que je ne veux même pas envisager.

Que la Sainte Vierge, mère du Christ et notre mère, protège ces peuples ; qu’elle intercède pour qu’ils fassent preuve de compréhension et qu’ils soient disposés à s’entendre ; qu’elle éloigne de tous le spectre de la destruction et de la mort.

Saint JEAN-PAUL II ANGÉLUS Dimanche 25 février 1979

© Copyright 1979 – Libreria Editrice Vaticana