le Pape François exprime sa crainte d’une guerre nucléaire

Le Pape a exprimé sa peur de voir un incident grave déclencher une guerre nucléaire en discutant avec des journalistes durant le vol pour le Chili, et il a partagé une photo symbolique. Son 22e voyage apostolique  a donc commencé par un geste inattendu.

À bord de l’avion qui devrait atterrir à Santiago du Chili vers 20h heure locale, le Pape François a fait distribuer aux 70 journalistes à bord une photo prise à Nagasaki après l’explosion de la bombe atomique en 1945, avec au verso sa signature et l’expression «le fruit de la guerre». Dans la légende est soulignée «le désespoir de l’enfant, exprimé dans le geste de se mordre la lèvre qui transpire le sang».

Une photo symbole de la tragédie de la guerre

Le Pape a expliqué qu’il avait trouvé cette image par hasard, et qu’il en était resté très frappé. Il s’agit d’un cliché, pris par le photographe américain Joseph Roger O’Donnell, envoyé après les explosions nucléaires dans deux villes japonaises, Hiroshima et Nagasaki.

Deux enfants apparaissent : l’un semble dormir sur les épaules de l’autre. En réalité, il est mort. Son frère, avec un visage dans lequel transparait une digne souffrance, est en train d’attendre qu’il soit incinéré.

Le «fruit de la guerre» et les inquiétudes du Pape

En répondant par ailleurs à la question d’une journaliste concernant la peur réelle d’une guerre nucléaire, le Pape François a exprimé sa peur effective d’une situation qui pourrait connaître une évolution imprévue. Il a rappelé l’urgence d’un engagement pour le désarmement nucléaire.

Le Pape confie son voyage au Chili et au Pérou à la Vierge Marie

Dans la soirée de ce samedi 13 janvier 2018, comme il le fait avant chaque voyage apostolique, le Pape François s’est rendu, en visite privée,  en la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, pour «confier son voyage au Chili et au Pérou à la Vierge Marie». Il s’est recueilli quelques instants devant son icône «Salus Populi Romani».

Le Pape s’est envolé ce lundi matin vers 8h55 de l’aéroport romain de Fiumicino pour le Chili, où il séjournera du 15 au 18 janvier, avant de se rendre au Pérou du 18 au 22 janvier, pour son 22ème voyage apostolique.

Le thème du voyage du Pape au Chili est : «Je vous donne ma paix». Le thème de sa visite au Pérou est: «Unis par l’espérance».

Son arrivée à l’aéroport international de Santiago, la capitale chilienne, est prévue vers 20h10, heure locale. Après la cérémonie de bienvenue sur le tarmac, le Pape se rendra directement à la nonciature apostolique, où il est attendu vers 21h. Son programme officiel commence réellement demain.

«Je vous demande d’accompagner avec la prière mon voyage au Chili et au Pérou», a tweeté le Pape peu avant son départ.

Ce nouveau déplacement en Amérique latine, avec deux destinations, a une forte dimension pastorale. C’est l’occasion pour le Pape François de partir une nouvelle fois à la rencontre des périphéries.

migrants et réfugiés : accueillir l’autre en surmontant les peurs

l’offertoire lors de la messe pour les migrants

Dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, ce 14 janvier 2018, le Pape a présidé une messe pour la 104ème Journée mondiale du migrant et réfugié. Des migrants et réfugiés originaires de 49 pays y étaient présents.

Dans son homélie, le Pape a réfléchi sur l’accueil et sur la charité réciproque qui doivent émaner tant des nouveaux arrivés que des communautés accueillantes. Il l’a fait aussi sur les peurs et les craintes, invitant chacun à les dépasser à travers la rencontre de l’autre.

L’accueil de l’étranger, du migrant, du réfugié, est «à chaque fois l’occasion d’une rencontre avec Jésus». Il a invité les communautés locales et les nouveaux arrivants «à surmonter leurs peurs pour aller à la rencontre de l’autre, l’accueillir, le connaître et le reconnaître».

Respecter les traditions pour les uns, s’ouvrir à la diversité pour les autres

 «Pour les nouveaux arrivés, accueillir, connaître et reconnaître signifie connaître et respecter les lois, la culture et les traditions des pays où ils sont accueillis.»

«Pour les communautés locales, cela signifie s’ouvrir à la richesse de la diversité sans préjugés, comprendre les potentialités et les espérances des nouveaux arrivés, de même que leur vulnérabilité.»

Avoir peur n’est pas un péché

«Il n’est pas facile d’entrer dans la culture des autres.» Les communautés locales «élèvent souvent des barrières pour se défendre.»

Les nouveaux arrivés, eux aussi ont des peurs : «ils craignent la confrontation, le jugement, la discrimination ou l’échec.»

Mais «ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes». En effet, «le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, c’est de renoncer à la rencontre avec l’autre.»

«Nous confions à l’intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie les espérances de tous les migrants et de tous les réfugiés du monde, ainsi que les aspirations des communautés qui les accueillent pour que, conformément au commandement divin le plus élevé de la charité et de l’amour du prochain, nous apprenions tous à aimer l’autre, l’étranger, comme nous nous aimons nous-mêmes.»

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Dans le contexte de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, les évêques de France ont publié un dossier et une tribune présentant des pistes d’action pour l’État et les fidèles sur la question des réfugiés. Un appel en plein débat sur la loi « asile et immigration« .

«La situation des migrants est très préoccupante en France aujourd’hui», a dit Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France.

La protection des réfugiés est «impératif légal et civilisationnel». «Les personnes contraintes de fuir leur pays ont le droit de requérir une protection sans qu’il leur faille pour cela ajouter aux risques initiaux, ceux d’un parcours incertain».

Les évêques ont plaidé pour un élargissement des voies d’accès légales des demandes d’asile en France via un octroi plus conséquent de visas humanitaires et de programmes de réinstallation.

Ils demandent également aux responsables politiques la construction d’un dispositif global pour permettre aux réfugiés «un accès immédiat à l’apprentissage du français».

L’intégralité de l’homélie du Saint-Père (page 2)

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