MOIS DU ROSAIRE – Le Rosaire Vivant

MOIS DU ROSAIRE – Le Rosaire Vivant

Pauline Jaricot Le Rosaire Vivant
Pauline Jaricot – Le Rosaire Vivant.

Pauline Jaricot, dans le Rosaire Vivant, nous laisse percevoir son ardeur missionnaire et ses talents d’organisatrice, mais elle se montre avant tout pédagogue de la foi et maîtresse de vie spirituelle. Ses écrits sont le fruit de sa propre contemplation, et ses méditations sur les mystères du Rosaire sont un véritable joyau.

Laissons-nous guider par sœur Marie-Monique de Jésus, qui nous fait découvrir l’œuvre du « Rosaire Vivant », mais laissons-nous conduire par Pauline elle-même, sur le double chemin de la prière et de la mission, à la lumière de l’Évangile et à l’école de la Vierge Marie » – Thierry Brac de la Perrière, Évêque auxiliaire de Lyon. « Nous pouvons le dire avec certitude, partout où se forme cette union de prières, la vertu du rosaire, comme au temps de saint Dominique, encourage la ferveur, réveille la foi et enfante des œuvres de salut » (Pauline Jaricot).

– Elle est née le 22 juillet 1799 à Lyon où elle demeura toute sa vie. D’une famille chrétienne, elle mène d’abord une vie facile et mondaine avant de découvrir le christ et de lui consacrer sa vie, d’abord par un vœu de chasteté, prononcé en privé, puis par la contemplation avant de fonder en 1817 ce qui deviendra la Propagation de la Foi. Elle réunit des groupes de dix personnes dont chacune s’engage à former un nouveau groupe de dix. En 1821, l’association compte environ 2000 membres.

D’autres groupes de prêtres et de laïcs missionnaires imitent ce modèle. Elle dirige l’association pendant trois ans avant de se retirer. En 1826, elle fond le Rosaire Vivant qui aura un succès considérable et fera sa notoriété mondiale. Elle fondera d’autres œuvres moins connues avant de se pencher sur l’évangélisation de la classe ouvrière. Elle meurt à Lyon le 9 janvier 1862 laissant une trace profonde dans l’Église. »

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Les moyens autres que la prière sont l’aumône, les bons livres, les assemblées. On engage les associés à ajouter à la dizaine qu’ils récitent, l’aspiration suivante: « Seigneur, couvre de la protection de ton divin cœur notre saint Père le Pape », afin de s’attacher plus au souverain Pontife, qui est le serviteur de la foi et de l’unité catholique.

Les associés sont invités à faire une aumône en entrant dans l’association et à la renouveler tous les ans. Cette aumône est pour les dépenses de l’association, et le surplus, à répandre de bons livres, des chapelets, des médailles (médailles miraculeuses) et d’autres objets capables de favoriser la piété ou de procurer des ornements aux églises pauvres et aux autels de la sainte Vierge.

Elle est entièrement libre; et quand on voit l’impiété employer des sommes énormes pour répandre le mal, les fidèles craindraient-ils pour propager le bien ? Non, sans doute; et, ce qui est admirable, c’est qu’en général les pauvres ne sont pas les moins exacts à présenter leur offrande.

Qu’il est beau de voir des personnes qui gagnent péniblement leur vie, prendre encore sur la modicité de leur gain ce denier béni qui va multiplier partout des objets propres à ranimer la foi et à toucher les cœurs ! Cependant, si l’on craignait que quelqu’un pût être éloigné du Rosaire Vivant à cause de cette aumône annuelle, il vaudrait mieux se garder de la demander, et même d’en parler.

L’œuvre des bons livres doit être fort à cœur aux associés du rosaire vivant. Il est urgent d’opposer une digue à ce torrent d’ouvrages pernicieux répandus dans toutes les classes de la société. Les bons livres leur servent de contre-poison. Il est donc important de les multiplier autant que possible.

C’est aussi ce qu’on se propose dans l’association du Rosaire Vivant qui a pour but de conserver, de propager la foi et les bonnes mœurs; et les bons livres y contribuent pour beaucoup. Quant aux assemblées, on conçoit aisément les avantages de ces réunions qui fournissent d’heureuses occasions de s’entretenir dans la ferveur et dans un esprit de charité, et de tendre tous ensemble au même but.

Tels sont les différents moyens qui tendent tous plus ou moins directement, mais toujours d’une manière très utile, au but principal du Rosaire Vivant. Le devoir de ce Rosaire, c’est d’être associé  et de dire dévotement, tous les jours, en union avec les autres associés, une dizaine de Chapelet, avec l’intention d’honorer le mystère qui est échu pour le mois. Voilà le devoir essentiel et celui qui suffit.

Mais il est bien entendu que, pour mieux profiter du Mystère qui est échu, il faut le méditer, tâcher de s’en pénétrer et de pratiquer la vertu qui en est le fruit. La récitation d’une dizaine du Rosaire jointe à la méditation du Mystère est donc le seul devoir nécessaire; le reste, chacun en prend ce qui lui convient et en ce qui le concerne.

Voici un aperçu de l’ indulgence accordée par Sa Sainteté Grégoire XVI aux associés du Rosaire Vivant:

1° Une indulgence plénière pour chaque associé, le premier jour de fête après son admission.

2° Une  indulgence accordée par les souverains Pontifes aux fidèles qui récitent le Rosaire les jours de dimanches et de fêtes et pendant les octaves de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, de la Fête Dieu; de l’Assomption, de la Nativité et de la Conception de la sainte Vierge.

3° Une indulgence plénière aux associés qui auront récite leur dizaine avec exactitude et dévotion, tous les jours, au moins pendant un mois savoir aux fêtes solennelles de Noël, de l’Épiphanie, de la Circoncision, de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte, de la Fête-Dieu, de la Très Sainte Trinité, des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul et de la Toussaint.  à toutes les fêtes de la sainte Vierge, solennelles ou non solennelles.

Nous allons donner la liste de ces fêtes pour augmenter la confiance en Marie, en montrant combien l’Église aime à honorer cette tendre et puissante Mère. Il nous semble que les vrais enfants de l’Église doivent être animés des sentiments de dévotion et d’amour les plus vifs envers cette Vierge mère de Dieu , en voyant sous combien de titres différents l’Esprit-Saint a inspiré de la vénérer et de l’implorer.

La Sainte Mère de Dieu, le 1er janvier. La Purification de la sainte Vierge, le 2 Février.  Notre-Dame de Lourdes, le 11 février. L’Annonciation de la sainte Vierge, le 25 Mars. Notre-Dame de bon secours, le 26 Avril. Notre-Dame des martyrs et Notre Dame de Fatima, le 13 Mai. Marie Auxiliatrice, le 24 Mai. La Visitation de la Sainte Vierge, le 31 mai. Marie Mère de l’Église, lundi après la Pentecôte. Le saint cœur de Marie, le samedi de la troisième semaine après la Pentecôte, le lendemain de la solennité du Sacré Cœur de Jésus. Notre-Dame de la paix, le 9 Juillet.  Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 Juillet. Notre-Dame des Anges, le 2 Août. Dédicace de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, le 5 août. L’Assomption, le 15 Août. La Vierge Marie Reine, le 22 août. La Nativité, le 8 Septembre. Le saint Nom de Marie, le 12 Septembre. Notre-Dame des sept douleurs, le 15 Septembre. Notre-Dame de la merci, le 24 Septembre. Notre-Dame du rosaire, le 7 octobre. La présentation de la sainte Vierge au temple, le 21 Novembre. Le patronage de la sainte Vierge, le 24 Novembre. Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, le 27 novembre. L’immaculée conception, le 8 Décembre. Notre-Dame de Lorette, le 10 Décembre. Notre-Dame de Guadalupe, 12 Décembre. Notre-Dame de délivrance, le 16 Décembre. L’expectation de la sainte Vierge, le 18 Décembre. L’indulgence plénière est applicable aux défunts; elle exige la confession et la communion, et les prières d’usage dans une église.

À ces fêtes du calendrier général peuvent s’ajouter localement d’autres fêtes, par exemple :
16 janvier : Notre Dame Refuge des Pécheurs
17 janvier : Notre Dame de Pontmain
18 mars : Notre-Dame de la Miséricorde (Corse)
26 avril : Notre-Dame du Bon Conseil (Canada)
2 mai : la Vierge Marie, Consolatrice des affligés (Luxembourg)
24 mai : Mémoire de Marie Auxiliatrice ou Marie Secours des Chrétiens
27 juin : Notre Dame du Perpétuel Secours
23 juillet : Mémoire de la Vierge Marie Mère de la grâce divine (ordre du Carmel)
Dernier week-end d’août : Fête à Notre-Dame de Monton
31 août : Marie, Médiatrice de toute grâce (Belgique)
19 septembre : Notre-Dame de la Salette (mémoire facultative en France)
24 septembre : Notre-Dame de la Merci
12 octobre : Notre Dame d’Aparecida au Brésil

Résolution

Efforçons-nous d’être animés de l’esprit de la belle dévotion du rosaire, c’est-à-dire de l’esprit de piété et de charité, de ferveur et d’union d’esprit et de cœur avec tous les fidèles. Dieu est Charité, a dit Saint Jean; c’est aussi le trait caractéristique de l’esprit du christianisme: que ce soit donc aussi ce qui nous distingue, et nous serons de vrais enfants de Marie; nous consolerons l’Église qui voit partout tant d’indifférence, tant d’éloignement pour l’esprit de son divin époux. Pratiquons de cœur la dévotion du Rosaire; elle nous rendra des hommes et des femmes de bonnes œuvres, et nos jours seront des jours pleins et agréables au Seigneur.

Prière

O Dieu de bonté, nous te demandons instamment d’exaucer le Pape Grégoire XVI, qui s’exprimait ainsi : «Nous en avons la ferme confiance, avec le secours du Seigneur, un des heureux effets de cet exercice, le Rosaire Vivant, ne sera pas seulement de contribuer par sa facilité même à rendre plus fréquente la récitation d’une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout lieu et en tout temps, mais l’union et le concert de tant d’âmes qui la récitent, lui communiquant, pour ainsi dire, une nouvelle force, elle s’élèvera plus agréable vers ce Dieu Père,  qui, pressé par les vœux unanimes de ses serviteurs, se laisse fléchir et incliner vers la clémence.» Qu’il en soit ainsi par l’intercession de Marie. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

MOIS DU ROSAIRE – jour 25 – Le Rosaire, prière vocale

MOIS DU ROSAIRE – jour 25 – Le Rosaire, prière vocale

Notre-Dame du Rosaire entourée des quatre groupes de mystères
Notre-Dame du Rosaire entourée des quatre groupes de mystères

Le Rosaire étant tout à la fois un livre de méditation, de prières et d’actions de grâces, il est important pour les fidèles qui veulent pratiquer cette dévotion, de connaître l’excellence de la méditation et la manière du la faire en ce qui concerne particulièrement les Mystères du Rosaire. Toute l’étude du chrétien doit être de méditer les Mystères de Jésus-Christ et de régler sa conduite sur les vertus dont il nous offre le modèle.

Il n’y a de bonheur, de perfection et de salut ici-bas que dans la connaissance, l’amour et l’imitation de notre Divin Sauveur; c’est aussi la fin que Saint Dominique s’est proposée dans l’institution du Rosaire. Ce fut aussi l’intention formelle des souverains Pontifes qui l’ont approuvé et enrichi de l’indulgence; ils ont voulu donner lieu aux fidèles d’étudier et d’accompagner Jésus-Christ dans ses principaux mystères.

« Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, l’Esprit de grâce et de prière », dit Dieu au prophète Zacharie. Dieu envoya de nouveau cet Esprit en instituant dans l’Église le Rosaire qui unit d’une manière si salutaire la prière et la méditation. La prière est comme le flambeau dont la méditation reçoit la lumière et l’ardeur. De là le Rosaire est appelé la reine de toutes les prières.

Prier, c’est élever son âme à Dieu pour l’adorer, le remercier et lui demander tout ce qui nous est nécessaire. II y a deux sortes de prières: la prière vocale et la prière mentale; elles sont unies dans la pratique du Rosaire, puisqu’en même temps qu’on prononce des paroles, l’esprit doit être occupé de la méditation d’un Mystère.

Nous traiterons aujourd’hui de la prière vocale, et les jours suivants de la prière mentale ou méditation. Il n’est pas d’acte de religion plus commun ni plus ordinaire que la prière. Tout retentit des louanges du Seigneur et des vœux qu’on lui adresse, soit en récitant le rosaire, soit autrement, mais de cœur et d’esprit, une prière qui puisse être agréable au Seigneur.

En effet, la prière doit être un entretien avec Dieu, où l’âme admise, pour ainsi dire, et introduite dans le sanctuaire, expose au Seigneur ses besoins, lui représente ses misères, lui découvre ses tentations et ses faiblesses, et, pénétrée des plus vifs sentiments de respect, d’amour et de reconnaissance, elle tâche de l’honorer autant par sa profonde soumission à ses ordres, que par sa confiance et ses vœux.

Un acte de religion si parfait, pas une pratique purement extérieure, faite avec attention et dévotion intérieure. Le vrai culte dépend pour ainsi dire, de notre disposition; Dieu peut être adoré et prié partout pourvu que ce soit partout en esprit et en vérité qu’on l’adore et qu’on le prie. Toujours prêt à pourvoir à tous nos besoins, il demande seulement qu’on les lui expose par la prière.

Dieu étant si disposé à écouter et à exaucer nos vœux, par la récitation du rosaire, pensons bien que c’est à Dieu que nous parlons avec respect et attention. La prière n’est pas seulement la preuve de notre confiance, elle est encore la preuve de notre foi. Quel acte de religion doit donc nous intéresser davantage?

La prière est, parmi tant d’orages qui nous assaillent, l’abri le plus sûr et le plus proche; l’ennemi ne saurait nous forcer dans ce retranchement. Quel bonheur pour ceux à qui ce puissant secours devient utile!  La prière réellement faite peut être d’un grand secours. Dieu écoute et entend les prières du cœur.

Un Rosaire récité avec attention, avec affection, sera agréable aux yeux de Dieu. Lisons l’Évangile, nous y verrons que notre divin Sauveur fait attention à la foi et à la dévotion intérieures de cette pauvre femme infirme qui touche le bord de sa robe. « Tu vois la foule qui te presse, lui disent ses disciples, et tu demandes qui t’a touché! » Il faut que le cœur parle et que la Foi agisse, si l’on veut que Dieu exauce. Les seules clameurs de l’aveugle de Jéricho deviennent  efficaces quand il dit lui-même à Jésus-Christ ce qu’il souhaite.

L’attention de l’esprit et l’affection du cœur sont comme l’âme de la prière. Pensons que c’est à Dieu que nous parlons quand nous faisons quelque prière ! Deux choses doivent toujours concourir pour bien prier: la dévotion intérieure et le respect extérieur. Toute prière doit être animée d’une foi vive, d’une confiance entière, d’une attention véritable et d’une affectueuse dévotion.

Or, une prière ne peut être telle qu’en élevant son cœur à Dieu, en dressant son intention, en unissant sa prière à celles que Jésus-Christ adressait à Son Père sur la terre, et surtout sans précipitation.

Résolution

Ayons aujourd’hui une véritable joie de faire nos prières vocales et en particulier de réciter le rosaire en prenant la résolution de pratiquer cet acte de religion avec un véritable respect et une tendre dévotion. N’oublions jamais que la prière, par conséquent la récitation du Rosaire ou du Chapelet est un acte de religion; que c’est un culte que nous rendons à Dieu, une supplique que nous lui présentons; qu’elle doit donc être toujours humble, respectueuse, religieuse et remplie de dévotion.

Prière

Apprends-nous toi-même, Seigneur, à prier. Nous reconnaissons et avouons que  nous n’avons pas mérité certaines fois d’être exaucés dans nos prières, parce que nous les avons pas faites avec assez de dévotion, d’attention et de respect. Nous espérons, Seigneur, que, par l’intercession de Notre Dame du Rosaire, tu exauceras du moins celle que nous t’adressons en ce moment, à savoir: de nous pardonner nos irrévérences et de nous apprendre à bien prier. Ainsi soit-il.

D’après le manuel de Liège 1847

DANS LE ROSAIRE, NOUS REVIVONS LES ESPÉRANCES DU CHRÉTIEN

Dans les mystères glorieux du saint Rosaire, nous revivons les espérances du chrétien: les espérances de la vie éternelle, qui engagent la toute-puissance de Dieu, et les attentes du temps présent, qui engagent les hommes à collaborer avec Dieu.

Dans le Christ qui ressuscite, le monde entier ressuscite, et sont inaugurés les cieux nouveaux et la terre nouvelle, qui auront leur accomplissement à son retour glorieux, lorsque, « il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car l’ancien monde s’en est allé» (Ap 21,4).

En lui qui monte au ciel, la nature humaine est exaltée, placée à la droite de Dieu, et, à ses disciples, est donnée la consigne d’évangéliser la terre: il s’est caché sous le visage de chaque homme, spécialement des plus malheureux: les pauvres, les malades, les marginaux, les persécutés…
Saint Jean-Paul II, Osservatore Romano 45, 08-11-1983

La prière doit être courageuse et substantielle

La prière doit être courageuse et substantielle

Depuis la fenêtre des appartements pontificaux, le Pape François, revenant sur l’Évangile du jour, a invité les fidèles à une prière courageuse et substantielle, suivant l’exemple de Bartimée, le mendiant aveugle qui interpelle Jésus.

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 24 octobre 2021

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Chers frères et sœurs, bonjour!

L’évangile de la liturgie d’aujourd’hui parle de Jésus qui, quittant Jéricho, rend la vue à Bartimée, un aveugle qui mendie le long du chemin (cf. Mc 10, 46-52). C’est une rencontre importante, la dernière avant l’entrée du Seigneur à Jérusalem pour Pâques. Bartimée avait perdu la vue, mais pas la voix ! En effet, lorsqu’il entend que Jésus est sur le point de passer, il se met à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! (v. 47).

Et il le crie, il le crie. Les disciples et la foule s’agacent de ses cris et lui reprochent de se taire. Mais il crie encore plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! (v. 48). Jésus entend et s’arrête immédiatement.

Dieu écoute toujours le cri des pauvres et n’est pas du tout troublé par la voix de Bartimée, au contraire, il se rend compte qu’elle est pleine de foi, une foi qui n’a pas peur d’insister, de frapper au cœur de Dieu, malgré l’incompréhension et des reproches… Et c’est là que réside la racine du miracle. En effet, Jésus lui dit: « Ta foi t’a sauvé » (v. 52).

La foi de Bartimée transparaît dans sa prière. Ce n’est pas une prière timide et conventionnelle. Il appelle tout d’abord le Seigneur « Fils de David » : c’est-à-dire qu’il le reconnaît comme le Messie, le Roi qui vient dans le monde. Puis il l’appelle par son nom, avec assurance : « Jésus ». Elle n’a pas peur de lui, elle ne prend pas ses distances. Et alors, de tout son cœur, il crie à Dieu l’ami tout son drame : « Aie pitié de moi ! ».

Seulement cette prière : « Aie pitié de moi ! ». Il ne lui demande pas de monnaie comme il le fait avec les passants. Non. Celui qui peut tout demande tout. Il demande aux gens une petite monnaie, à Jésus qui peut tout, il demande tout : « Aie pitié de moi, aie pitié de tout ce que je suis ».

Il ne demande pas une grâce, mais se présente : il demande miséricorde pour sa personne, pour sa vie. Ce n’est pas une petite demande, mais c’est beau, car il invoque la miséricorde, c’est-à-dire la compassion, la miséricorde de Dieu, sa tendresse.

Bartimée n’utilise pas beaucoup de mots. Il dit l’essentiel et se confie à l’amour de Dieu, qui peut faire refleurir sa vie en faisant ce qui est impossible aux hommes. Pour cette raison, il ne demande pas l’aumône au Seigneur, mais manifeste tout, son aveuglement et sa souffrance, qui dépassaient,  de ne pas pouvoir voir.

La cécité n’était que la pointe de l’iceberg, mais dans son cœur il devait y avoir des blessures, des humiliations, des rêves brisés, des erreurs, des remords. Il a prié avec son cœur. Et nous? Quand nous demandons une grâce à Dieu, mettons-nous aussi dans la prière notre propre histoire, nos blessures, nos humiliations, nos rêves brisés, nos erreurs, nos remords ?

« Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! ». Faisons cette prière aujourd’hui. Et demandons-nous : « Comment va ma prière ? ». Que chacun de nous se demande : « Comment va ma prière ? ». Est-elle courageuse, a-t-elle la bonne insistance de Bartimée, sait-elle « saisir » le Seigneur qui passe, ou se contente-t-elle de le saluer formellement de temps en temps, quand je m’en souviens ? Ces prières tièdes qui n’aident pas du tout.

Et puis : ma prière est-elle « substantielle », met-elle à nu mon cœur devant le Seigneur ? Est-ce que je lui apporte l’histoire et les visages de ma vie ? Ou est-elle anémique, superficielle, faite de rituels sans affection et sans cœur ? Quand la foi est vivante, la prière est sincère : elle ne demande pas de petits changements, elle ne se réduit pas aux besoins du moment.

A Jésus, qui peut tout, tout doit être demandé. N’oubliez pas cela. Tout doit être demandé à Jésus qui sait tout faire, avec mon insistance devant lui. Il a hâte de déverser sa grâce et sa joie dans nos cœurs, mais malheureusement nous gardons nos distances, peut-être par timidité ou par paresse. .

Beaucoup d’entre nous, lorsque nous prions, ne croient pas que le Seigneur puisse opérer le miracle. Je me souviens de cette histoire – que j’ai vue – de ce père à qui les médecins avaient dit que sa fille de neuf ans n’allait pas passer la nuit ; il était à l’hôpital. Et il a pris un bus et a parcouru soixante-dix kilomètres jusqu’au sanctuaire de la Madone.

Elle était fermée et lui, accroché au portail, a passé toute la nuit à prier : « Seigneur, sauve-la ! Seigneur, donne-lui la vie ! » Il a prié Notre-Dame toute la nuit, criant à Dieu, criant du fond du cœur. Puis le matin, alors qu’il retournait à l’hôpital, il trouva sa femme en train de pleurer.

Et il pensa : « Elle est morte. Et sa femme a dit : « tu ne comprends pas, tu ne comprends pas, les médecins disent que c’est une chose étrange, elle semble guérie. » Le cri de cet homme qui demandait tout fut entendu par le Seigneur qui lui a tout donné. Ce n’est pas une histoire : j’ai vu ça dans un autre diocèse.

Avons-nous ce courage dans la prière ? A Celui qui peut tout nous donner, nous demandons tout, comme Bartimée, qui estun grand maître, un grand maître de prière. Que lui, Bartimée, soit pour nous un exemple par sa foi concrète, insistante et courageuse. Et que Notre-Dame, la Vierge priante, nous apprenne à nous tourner vers Dieu de tout notre cœur, confiant qu’Il écoute attentivement chaque prière.

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Après l’Angélus

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, Journée missionnaire mondiale, nous regardons les deux nouveaux bienheureux comme des témoins qui ont proclamé l’Évangile par leur vie. Et avec gratitude, j’adresse mes salutations aux nombreux missionnaires – prêtres, religieux et religieuses et fidèles laïcs – qui, en première ligne, consacrent leur énergie au service de l’Église, payant personnellement – parfois au prix fort – leur témoignage.

Et ils ne le font pas pour faire du prosélytisme, mais pour témoigner de l’Évangile dans leur vie sur des terres qui ne connaissent pas Jésus. Merci beaucoup aux missionnaires ! Un grand bravo à eux aussi, tout le monde ! Je salue également les séminaristes du Collège Urbain.

Et je vous salue tous, chers Romains et pèlerins de divers pays. En particulier, je salue la communauté péruvienne – autant de drapeaux du Pérou ! – qui célèbre la fête du Señor de los Milagros. La crèche de cette année appartiendra également à la communauté péruvienne.

Je salue également une communauté philippine à Rome ; Je salue le Centro Academico Romano Fundación (Espagne) ; les Filles du Sacré-Cœur de Jésus réunies en Chapitre et un groupe de la Communauté de l’Emmanuel.

Je salue également les participants au « marathon » de Trévise à Rome et ceux qui font le « Chemin » de la Sacra di San Michele à Monte Sant’Angelo; le pèlerinage à vélo à la mémoire de San Luigi Guanella ; Je salue les fidèles de Palmi, Asola et San Cataldo.

Et j’adresse un salut particulier aux participants à la Semaine sociale des catholiques italiens, réunis à Tarente sur le thème « La planète que nous espérons ».


Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Texte traduit et présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

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