La première à voir le Ressuscité

Jésus ressuscité et Marie Madeleine Fra Angelico
De Fra Angelico, une des plus célèbres fresques du couvent San Marco de Florence est dans la cellule n° 1, où l’on voit Jésus ressuscité apparaître à Marie-Madeleine. La représentation a une valeur historique, mais elle développe la symbolique de l’évangile de Jean. La scène se passe dans un jardin, riche de ses grands arbres et clos d’une barrière stricte. Les fleurs sont représentées avec minutie et disposées selon un ordre qui a donné lieu à de nombreuses interprétations allégoriques – arbitraires pour une part. On peut  penser au Cantique des cantiques où il est fait mention de la venue du Bien-aimé dans son jardin au moment de la floraison. Le thème du jardin renvoie aussi au début de la Genèse où le sort de l’humanité se joue dans un jardin (le Paradis), le jardin d’Eden dont Adam avait reçu la garde et la charge de le faire fructifier. Adam avait désobéi et perdu l’accès à ce jardin. Cette malédiction est renversée par Jésus qui est confessé par l’Église comme « nouvel Adam », celui qui ouvre l’accès au jardin. C’est ce qui explique pourquoi Marie Madeleine  le prend pour le jardinier ; ce que Fra Angelico a symbolisé par l’outil que Jésus porte sur son épaule. Cette mise en scène permet de comprendre le sens que Jean a donné à la scène qui met en vis-à-vis Marie Madeleine et le Ressuscité.

Aujourd’hui 22 juillet, l’Église célèbre Marie de Magdala, Marie Madeleine.

La passion de sa foi, sa ferveur «ont été largement récompensées» car, selon saint Jean Chrysostome, c’est elle qui a été la première «à voir ce que les frères n’ont pu voir qu’après».

Marie Madeleine, premier témoin de la Résurrection, devient ainsi «l’apôtre» qui est chargé d’annoncer le Mystère pascal aux autres apôtres, signe que le Christ voulait, selon saint Grégoire de Nysse, « que la femme devienne pour les hommes une messagère de joie, elle qui avait été pour Adam une cause d’affliction ». On lui accepte ainsi une signification apostolique au sens littéral du terme.

Elle l’a vu et elle est tombée à ses pieds essayant de les toucher non pour s’assurer de sa réalité comme Thomas, mais pour témoigner de son amour et de sa foi. Elle sera arrêtée : Ne me touche pas ! Un refus non pour son indignité, comme saint Grégoire Palamas l’a interprétée, mais parce que Jésus l’invite à dépasser l’ordre du sensible pour devenir l’annonciatrice de la Vérité.

Par son geste de bénédiction, il comble de lumière Marie-Madeleine agenouillée. Par sa bénédiction, le Christ demeurera en vérité le «jardinier» de nos âmes, celui qui fait pousser dans la glaise de nos cœurs, dans nos âmes, l’arbre éternel et les fruits de la vie et de l’amour.

La figure de la sainte n’a aucune existence en dehors de celle du Christ : elle fait bloc avec celle-ci, elle lui appartient. Elle apparaît alors dans les scènes de la vie du Christ : la Résurrection de Lazare, la Crucifixion, la Lamentation, le Noli me tangere : ne me touche pas. Marie-Madeleine est la femme qui a approché le Christ, l’a touché, puis l’a vu ressusciter. Comme telle, elle devient le premier Apôtre.

Marie-Madeleine représente la vertu d’espérance en la miséricorde du Christ. C’est une figure qui, en raison de son passé, l’exprime plus qu’aucun autre saint. Pour autant elle demeure toujours une figure christique : la femme de mauvaise vie, repentie, met l’accent sur la bonté du Christ plutôt que sur sa propre conduite. Elle traduit clairement la confiance que doivent avoir les pécheurs en la bonté du Christ.

Voir aussi :

Sainte Marie-Madeleine
Marie-Madeleine, apôtre de l’espérance

Cinquième jour de la neuvaine – Sainte Anne, âme confiante

Cinquième jour de la neuvaine – Sainte Anne, âme confiante

Sainte Anne trinitaire - Allemagne du sud - Souabe vers 1520
Sainte Anne trinitaire – Allemagne du sud – Souabe vers 1520

Je vous salue, épouse chérie de saint Joachim, et je me réjouis avec vous de ce que Dieu a daigné députer une multitude d’anges, pour veiller sur la céleste Enfant que vous portiez dans votre sein.

Sainte Anne, nous voulons ouvrir nos cœurs à la présence toujours neuve du Seigneur avec nous. A travers notre vie quotidienne, apprenez-nous à le reconnaître dans l’Enfant de Bethléem, comme dans le Crucifié du Calvaire, dans les cris du malade, comme dans les gestes de l’artisan de paix.

Sur notre route de la foi, nous vous appelons la « Bonne Sainte Anne », car votre nom signifie : « comblée de grâces ». C’est aussi le nom que l’Ange donna à votre fille Marie, au jour de l’Annonciation, pour lui révéler sa mission de Mère du Sauveur.

Aujourd’hui encore, par Marie, vous nous conduisez à Jésus, et vous redites au monde et à chacun de nous : « Soyez sans crainte… Le Seigneur est avec vous !»

Avec Marie « priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort ».

Sainte Anne, par la confiance avec laquelle vous avez espéré voir l’accomplissement de vos désirs, obtenez-nous une ferme confiance, afin que le ciel nous accorde toutes sortes de faveurs. Amen.

Sainte Anne, que d’hommes ont soif de bonheur, que d’hommes rêvent de justice et de paix, de liberté et d’amour ! que d’hommes cherchent Dieu confusément, sans savoir que c’est vers Lui qu’ils marchent.

J’aimerais tant leur indiquer le chemin, la vérité, la vie ! Ils me croiraient sans doute si j’étais un saint, si je vivais ma foi. Ils me croiraient sans doute si j’étais certain de ce Dieu à qui j’ai donné ma foi.

Sainte Anne, montrez-moi la Mère de Dieu, conduisez-moi par Elle à Celui qui libère et qui sauve et fait vivre.  Amen !

Sainte Anne, Mère de la très sainte Vierge Marie Mère de Dieu, priez pour nous, secourez nous !

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Oraison : Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Prières quotidiennes

unir contemplation et action pour vivre avec joie

Unir contemplation et action pour vivre avec joie

Ce dimanche 21 juillet, 16e dimanche du temps ordinaire, le Pape François, lors de l’Angélus, a médité sur l’épisode évangélique du jour, tiré du chapitre 10 de saint Luc : la visite de Jésus à Marthe et Marie. Cette page montre que le Seigneur n’attend pas de nous un zèle volontariste, mais plutôt une sereine disponibilité à Sa Parole.

Être un peu à part avec le Seigneur pour faire les choses avec plus de sérénité

Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, Jan Vermeer.
Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, Jan Vermeer.

«Le Seigneur nous surprend toujours : quand nous l’écoutons vraiment, les nuages disparaissent, les doutes cèdent la place à la vérité, les peurs à la sérénité, les différentes situations de la vie trouvent leur juste place.»

«Dans cette scène de Marie de Béthanie aux pieds de Jésus, Saint Luc montre l’attitude priante du croyant, qui sait être en présence du Maître pour l’écouter et pour entrer en communion avec lui. Il s’agit de faire une pause dans la journée, de se rassembler en silence pour faire place au Seigneur qui « passe » et de trouver le courage de rester un peu « à l’écart » avec Lui, pour ensuite revenir, avec plus de sérénité et d’efficacité, aux choses du quotidien.»

«Ne te laisse pas submerger par les choses à faire, mais écoute d’abord la voix du Seigneur, pour bien accomplir les tâches que la vie te donne.»

À Marthe Jésus dit : «Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses». «Par ces paroles, il n’entend certainement pas condamner l’attitude de service, mais plutôt l’anxiété avec laquelle elle est parfois vécue.»

Le sens de l’hospitalité à vivre dans nos communautés

« Nous partageons nous aussi les préoccupations de Sainte Marthe et, à son exemple, nous proposons de veiller à ce que, dans nos familles et nos communautés, nous vivions le sens de l’acceptation, de la fraternité, afin que tous puissent se sentir « chez eux », en particulier les petits et les pauvres quand ils frappent à la porte. »

Marthe et Marie, à travers ce récit, nous invitent à trouver un équilibre entre la contemplation et l’action. Nous devons «d’une part, « nous tenir aux pieds » de Jésus, l’écouter alors qu’il nous révèle le secret de tout; et d’autre part, être attentif et prêt dans l’hospitalité, quand il passe et frappe à notre porte, avec le visage d’un ami qui a besoin de se restaurer et besoin de fraternité.»

« Que Marie Très Sainte, Mère de l’Église, accorde la grâce d’aimer et de servir Dieu et nos frères avec les mains de Marthe et leu cœur de Marie, de manière à pouvoir toujours être à l’écoute du Christ en tant qu’artisans de paix et d’espérance. Et cela est intéressant : avec ces deux attitudes, nous serons des artisans de paix et d’espoir. »

Après l’angélus

« Il y a cinquante ans, l’homme a posé le pied sur la lune et a réalisé un rêve extraordinaire. Puisse le souvenir de ce grand pas pour l’humanité enflammer le désir de progresser ensemble vers des objectifs encore plus grands  :
plus de dignité pour les faibles,
plus de justice entre les peuples,
plus d’avenir pour notre maison commune. »

diffusons-la!