Ô tendre et puissante Vierge Marie, garde souci de celui qui se confie à Toi

saint Anselme de Cantorbery
saint Anselme de Cantorbery

Aujourd’hui, 21 avril, l’Église fête saint Anselme d’Aoste (1033-1109), moine Bénédictin, abbé du Bec-Hellouin en Normandie, puis archevêque de Cantorbéry où il mena avec énergie la réforme ecclésiastique en Angleterre, docteur de l’Église en 1720 par Clément XI. Voici une de ses prières à la Sainte Mère de Dieu : « Ô tendre et puissante Vierge Marie, garde souci de celui qui se confie à Toi ».

Ô Toi, tendrement puissante, puissamment tendre, ô Marie de qui est sortie la source des miséricordes, n’arrête pas, je T’en prie, cette miséricorde si vraie là où Tu reconnais une vraie misère.

Car si moi je suis confondu en face de Ta sainteté éblouissante, Tu n’as pas à rougir de Tes sentiments miséricordieux qui Te sont si naturels. Si ma misère est plus grande qu’elle n’aurait dû l’être, Ta miséricorde sera-t-elle plus faible qu’il ne Te convient ?

Ô tendre Dame, plus mes fautes paraissent impures à la face de Dieu et devant Toi, plus aussi elles ont besoin d’être guéries grâce à Ton intervention. Guéris donc, ô très clémente, ma faiblesse ; efface cette laideur qui t’offense, exauce-moi par la vertu de Ton fils, de Celui qui siège à la droite du Père.

Ô Toi, belle à voir, aimable à contempler, délectable à aimer ! Vraiment, le Seigneur est avec Toi ! Tu es pleine de grâce, surabondante de grâce, et du trop-plein de cette plénitude, Tu inondes toutes créatures pour leur redonner vigueur.

Ô Vierge bénie, au-dessus de tout, garde souci de celui qui se confie à Toi ; fais que le cri de mes nécessités Te suive partout, et que Tes regards de bonté m’accompagnent. Amen.

Pain de vie et Parole qui sauve

Ce vendredi 20 avril, le Saint-Père effectue une visite pastorale dans le sud-est de l’Italie,  pour rendre hommage à un évêque italien décédé il y a vingt-cinq ans et  très populaire dans le Pouilles, Mgr Tonino Bello qui se distingua en raison de son engagement pour la paix et auprès des plus pauvres.
Don Tonino Bello
Don Tonino Bello

Le Pape François s’est recueilli sur la tombe de don Antonino, louant ses mérites dans son diocèse de naissance, avant de rejoindre en hélicoptère sa terre de mission dans le diocèse de Molfetta-Ruvo-Giovinazzo-Terlizzi, dont il fut le premier évêque. Le Pape a célébré la messe dans le port de Molfetta, réaffirmant l’importance pour les chrétiens du «Pain de vie et de la Parole qui sauve», deux éléments clé de la vie chrétienne.

L’Eucharistie n’est pas un rite

Jésus s’offre à nous comme «Pain de vie» en nous disant «mangez ma chair et buvez mon sang». Cela signifie qu’il est essentiel pour les chrétiens d’entrer dans une relation vitale, personnelle avec Lui. L’Eucharistie n’est pas «un beau rite, mais une communion la plus intime, la plus concrète et le plus surprenante qu’on puisse imaginer avec Dieu : une communion d’amour tellement réelle qu’elle prend la forme de nourriture.»

C’est de là que la vie chrétienne repart chaque jour. «Sans ce Pain de vie, tous les efforts de l’Église sont vains», et le pape cite Mgr Bello : «les œuvres de charité ne suffisent pas, s’il manque la charité aux œuvres.»

Le rêve d’une Église affamée du Christ, intolérante à la mondanité

Qui se nourrit du Pain assimile la mentalité du Seigneur. Il devient comme Lui, du «Pain rompu qui ne se gonfle pas d’orgueil mais qui se donne aux autres», ce que fit don Antonino, un  «évêque-serviteur». Il rêvait d’une église «affamée du Christ et intolérante à toute mondanité» qui «faisait voir le corps du Christ dans les tabernacles incommodes de la misère, de la souffrance et de la solitude.»

Pour don Antonino, l’eucharistie n’était pas sédentaire. Si on ne se levait pas de table, elle restait un sacrement incomplet, jugeait-il. Il fallait donc agir. Et l’évêque des Pouilles se mobilisa pour la paix. Pour lui, la paix ne peut advenir si chacun mange dans son coin. La paix est «convivialité », «un visage à découvrir, contempler et caresser».

Quitter la perplexité

Avec le Pain, la Parole qui sauve. Le Pape met en garde contre les personnes qui sont paralysées par des discussions sans fin sur les paroles de Jésus, au lieu d’être prêts à accueillir le changement de vie qu’Il demande.

Pour don Tonino, la période de Pâques était d’ailleurs propice aux fidèles pour qu’ils passent des paroles aux actes. Il encourageait ainsi les «spécialistes de la perplexité » et autres « comptables pédants des pro et antis». Et en effet on ne répond pas à Jésus selon des calculs et convenances momentanées, mais avec un «si» pour toute la vie. «Il ne cherche pas nos réflexions mais notre conversion.»

Pour reprendre l’expression de Mgr Bello, le Christ nous demande de nous relever, et ne sortir de nos espaces rassurants pour se mettre au service des autres, et devenir malgré nos incertitudes et nos problèmes des «sirènes de la joie», porteurs de l’espérance pascale, sans jamais se résigner, docilement.

C’est ce que fait la Parole de Dieu, conclut le Pape François, «elle libère, redresse, fait aller de l’avant, humbles et courageux à la fois. Elle ne fait pas de nous des protagonistes affirmés et des champions de notre propre bravoure, mais des témoins authentiques de Jésus dans le monde.»

l’évangélisation ne se fait pas dans un fauteuil

C’est l’Esprit Saint qui pousse les chrétiens à l’évangélisation qui se bâtit sur trois verbes-clés : lève-toi, approche-toi et pars de la situation concrète.

 

Tous les chrétiens ont «l’obligation» et la «mission» d’évangéliser, en demandant la grâce d’être des «auditeurs de l’Esprit» pour «être en sortie», démontrant leur « proximité envers les gens» en partant non de la théorie mais de leur situation. C’est le sens de l’homélie du Pape François lors de la messe ce jeudi 19 avril à la Maison Sainte-Marthe au Vatican.

Léon Gérome (1824–1904) Dernière prière de Chrétiens Martyrs (détail)
Léon Gérome (1824–1904) Dernière prière de Chrétiens Martyrs (détail)

Après le martyr d’Étienne, une vague de persécutions s’abattit sur les chrétiens, poussant, au final, les disciples à aller «au-delà».

«Comme il le fait avec les graines des plantes, le vent les a pris et semé, ainsi c’est arrivé jusqu’ici: ils sont allés au delà, avec la semence de la Parole, et ils ont semé la Parole de Dieu… Ainsi, à partir d’une persécution, d’un vent, les disciples ont apporté l’évangélisation. Et ce passage des Actes des Apôtres que nous avons lu aujourd’hui est d’une grande beauté … C’est un vrai traité d’évangélisation. Ainsi le Seigneur évangélise. Ainsi annonce le Seigneur, c’est ainsi que le Seigneur veut que nous évangélisions.»

Évangélisateurs parfois jusqu’au martyre

«L’évangélisation n’est pas un plan de prosélytisme bien fait: « Allons-y et faisons tant de prosélytes, là-bas… » Non … À l’origine, c’est l’Esprit Saint qui conduit chacun des disciples. Au début il dit : lève-toi et va. Ce n’est pas une évangélisation de fauteuil.» Des hommes et des femmes ont quitté leur patrie et leur famille pour aller vers des terres lointaines porter la parole de Dieu. «Ils n’étaient pas préparés physiquement, parce qu’ils n’avaient pas les anticorps pour résister aux maladies de ces terres,» ils mouraient jeunes ou «martyrisés».

Le Pape a enfin expliqué qu’aucun «vademecum de l’évangélisation» ne sert mais qu’il faut être «proche» pour regarder ce qu’il se passe.

«Vous ne pouvez pas évangéliser en théorie. L’évangélisation est un peu un corps à corps, de personne à personne. On part de la situation, pas des théories. Et on annonce Jésus-Christ, et le courage de l’Esprit pousse à baptiser. Allez, allez, allez, jusqu’à ce que vous sentiez que votre travail soit terminé. C’est ainsi que l’évangélisation est faite. Ces trois mots sont la clé pour nous tous les chrétiens, nous devons évangéliser avec notre vie, avec notre exemple, et aussi avec notre parole. « Lève-toi, lève-toi »; « sois proche »: proximité; et « pars de la situation », le concret. Une méthode simple, mais c’est la méthode de Jésus, Jésus évangélisa ainsi. Toujours en chemin, toujours sur la route, toujours proche des gens, toujours parti de situations concrètes, du concret. Il n’est possible d’évangéliser qu’avec ces trois attitudes, mais sous la puissance de l’Esprit. Sans l’Esprit, même ces trois attitudes ne servent pas. C’est l’Esprit qui nous pousse à nous lever, à nous approcher et à partir de situations concrètes.»

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