Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Ne soyons pas des chrétiens chauves-souris

24-04-2014 source : Radio Vatican

Évitons d’être des « chrétiens chauves-souris » qui ont peur de la joie de la Résurrection : leur vie ressemble à un enterrement, mais le Seigneur Ressuscité est toujours avec nous. Une nouvelle formule haute en couleur inventée par le Pape François ce jeudi matin, lors de la messe célébrée en la Chapelle de la Maison Sainte Marthe. L’Évangile du jour raconte l’apparition du Christ ressuscité aux disciples. « Ils restent atterrés et remplis de peur », pensant « voir un fantôme ». Jésus cherche alors à leur faire comprendre que ce qu’ils voient est bien réel. Et il les invite à toucher son corps, et il se fait servir à manger. Il désire les conduire à la « joie de la Résurrection, la joie de sa présence parmi eux. »

Mais les disciples « ne réussissaient pas à y croire, parce qu’ils avaient peur de la joie. » « C’est une maladie des chrétiens, nous avons peur de la joie. Il vaut mieux penser : ‘Oui, oui, Dieu existe, mais il est là. Jésus Ressuscité est là. Un peu de distance quand même. Nous avons peur de la proximité de Jésus, parce que cela nous procure de la joie. Et voilà pourquoi nous avons tant de chrétiens d’enterrement, non ? Leur vie ressemble à un enterrement perpétuel. Ils préfèrent la tristesse et non pas la joie. Ils préfèrent ne pas être dans la lumière de la joie, mais dans l’ombre, comme ces animaux qui ne réussissent à sortir que la nuit, mais pas à la lumière du jour, non, car ils ne voient rien. Comme les chauve-souris. Et avec un certain sens de l’humorisme nous pouvons dire qu’il y a des chrétiens chauve-souris qui préfèrent l’ombre à la lumière de la présence du Seigneur. » « Comme les chauve-souris. »

Jésus nous offre la joie d’être chrétiens

« Mais Jésus, avec la Résurrection,  nous offre la joie: la joie d’être chrétiens, la joie de le suivre de près, la joie d’aller sur le chemin des Béatitudes, la joie d’être avec Lui. » « Et nous, si souvent, ou nous sommes atterrés, quand cette joie se présente à nous, ou pleins de peur, ou nous croyons voir un fantôme. Alors qu’il faudrait parler avec Jésus . » « Parles-tu avec Jésus ? Lui dis-tu ‘Je crois que Tu vis, que Tu es ressuscité, que tu es près de moi, que Tu ne m’abandonnes pas ?’ La vie chrétienne doit être ce dialogue avec Jésus parce que Jésus est toujours avec nous, il est est proche de nos problèmes, de nos difficultés, de nos bonnes actions.»

« Si souvent nous chrétiens ne sommes pas joyeux parce que nous avons peur. » « Des chrétiens qui ont été terrassés dans la croix. » « Dans mon pays, un proverbe dit :’Quand quelqu’un se brûle avec le lait bouillant, après, quand il voit la vache, il pleure. » Et ces chrétiens-là se sont brûlés avec le drame de la croix et ont pensé : ‘Non non, arrêtons-nous ici ; Lui est au Ciel, mais très bien, il est ressuscité, mais surtout qu’il ne vienne pas une autre fois ici, parce que nous n’y réussissons pas’. « Demandons donc au Seigneur qu’Il ouvre nos esprits afin que nous comprenions qu’Il est une réalité vivante, qu’Il est avec nous, qu’Il nous accompagne, qu’Il a vaincu la mort. Demandons au Seigneur la grâce de ne pas avoir peur de la joie. »

Jésus est vivant et agissant

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 23 avril 2014

  « Pourquoi cherches tu parmi les morts celui qui est vivant ?»

Frères et sœurs, la joie de Pâques est fondée sur la certitude que Jésus est vivant et agissant dans l’Église et dans le monde. « Pourquoi cherches tu parmi les morts celui qui est vivant ?» : nous avons besoin d’entendre cette parole, pour nous sauver de situations difficiles ou désespérées ; ou bien lorsque nous oublions Dieu, alors qu’il est tout proche, et que nous mettons nos espoirs dans les vanités mondaines de l’argent et du succès. Jésus n’est plus dans le tombeau, mais il est ressuscité, il est vivant, il renouvelle l’Église et la fait cheminer en l’attirant à lui. Quand nous nous sentons fermés sur nous-mêmes, seuls ou abandonnés, prisonniers de nos péchés, réentendons cette parole de l’ange, afin qu’elle nous libère de la tristesse et nous ouvre à la joie et à l’espérance.

Je vous salue cordialement, chers amis de langue française, en particulier les prêtres de Sens, avec Monseigneur Patenôtre, et les pèlerins de Saint Denis, avec Monseigneur Delannoy.

Je vous invite à vous laisser rencontrer par le Christ ressuscité et vivant, à vous ouvrir à celui qui donne la vie et la véritable espérance. Joyeuses fêtes de Pâques.

 

 


 

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Le Royaume de Dieu dans le Ressuscité

Le Royaume de Dieu est accompli et proclamé dans la Personne du Ressuscité.

En ressuscitant Jésus d’entre les morts, Dieu a vaincu la mort et, dans le Christ, il a inauguré définitivement son Règne. Pendant sa vie terrestre, Jésus est le prophète du Royaume et, après sa Passion, sa Résurrection et son Ascension au ciel, il participe à la puissance de Dieu et à son pouvoir sur le monde (cf. Mt 28, 18; Ac 2, 36; Ep 1, 18-21). La Résurrection confère une portée universelle au message du Christ, à son action et à toute sa mission. Les disciples se rendent compte que le Royaume est déjà présent dans la personne de Jésus et qu’il est instauré peu à peu dans l’homme et dans le monde par un lien mystérieux avec lui.

Après la Résurrection, en effet, ils prêchaient le Royaume, annonçant que Jésus est mort et ressuscité. Philippe, en Samarie «annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom dé Jésus Christ» (Ac 8, 12). A Rome, Paul «proclamait le Royaume de Dieu et enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ» (cf. Ac 28, 31). Les premiers chrétiens annonçaient eux aussi, «le Royaume du Christ et de Dieu» (Ep 5, 5; cf. Ap 11, 15; 12, 10), ou bien «le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ» (2 P 1, 11). C’est sur l’annonce de Jésus Christ, avec qui s’identifie le Royaume, qu’est centrée la prédication de l’Église primitive. Aujourd’hui, il faut de même unir l’annonce du Royaume de Dieu  et la proclamation de l’événement Jésus Christ. Les deux annonces se complètent et s’éclairent réciproquement.

Benoît XVI