Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Souvenez-vous de la date de votre baptême

08-01-2014 source : Radio Vatican

A la première audience générale de cette année 2014, le Pape, ce mercredi, a ouvert un nouveau cycle de catéchèses par une réflexion sur le baptême, un thème qui lui est cher. Le baptême, premier des sept sacrements qu’il entend présenter et expliquer aux fidèles durant les prochaines audiences générales. « Qu’un enfant soit baptisé ou qu’il ne soit pas baptisé, ce n’est pas la même chose. Qu’une personne soit baptisée, ou qu’elle ne le soit pas, ce n’est pas la même chose. Avec le baptême, nous sommes immergés dans cette source d’eau nouvelle qu’est l’amour de Jésus, un courant de salut ». Le Pape François a mis en garde les fidèles face au risque de considérer « notre propre baptême comme un évènement du passé et non voulu par notre volonté mais celle des parents ».

La date de notre baptême est une date joyeuse

« Certes  nous ne nous souvenons pas de notre baptême, si nous avons été baptisés peu après notre naissance. Mais il est important de se souvenir de la date de notre baptême, car c’est une date joyeuse. Qui se souvient de la date de son baptême ? » « Je me permets de vous donner un conseil, ou plutôt un devoir : demandez chez vous qu’elle est la date de votre baptême. Vous le ferez, n’est-ce-pas ? » Et après l’immanquable « oui » répondu par la foule, le Pape a estimé qu’ignorer cette date c’est perdre la mémoire de ce don que nous avons reçu, en le considérant comme un évènement du passé.

« Nous devons absolument réveiller la mémoire de notre baptême, nous sommes appelés à le vivre chaque jour comme une réalité actuelle dans notre existence. Si nous arrivons à suivre Jésus et à rester dans l’Église malgré nos limites et nos péchés, a encore souligné le Pape François, c’est justement grâce à ce sacrement par lequel nous sommes devenus de nouvelle créatures, libérées du péché originel et greffées dans la relation avec Jésus ». « Grâce au baptême, nous sommes capables d’aimer, de pardonner celui qui nous a fait du mal, de reconnaitre dans les pauvres le visage de Dieu qui nous visite dans le baptême, de reconnaitre le visage de Jésus ».

Le Pape a ensuite posé une série de questions à son auditoire concernant la possibilité ou non de se baptiser soi-même. Et devant la foule interdite, un peu perplexe face à la question, le Pape a tenu à rappeler que « cela est impossible, que nous avons toujours besoin de quelqu’un qui nous confère ce sacrement au nom du Seigneur, dans un acte de filiation à l’Église ».

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En résumé, voici l’essentiel de son Audience : –> Lire la suite →

Écouter Jésus pour éviter les faux prophètes

07-01-2014 source : Radio Vatican

Le chrétien sait surveiller son cœur pour distinguer ce qui vient de Dieu et ce qui provient des faux prophètes. C’est ce qu’a affirmé le Pape François lors de la messe célébrée ce mardi matin en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, la première messe après les fêtes de Noël. Il a rappelé que la voie de Jésus est celle du service et de l’humilité. Une voie que tous les chrétiens sont appelés à suivre.

« Restez proches du Seigneur ». Le Pape François a prononcé son homélie en partant de l’exhortation de l’apôtre Jean, figurant dans la première lecture. Un « conseil de vie » que Jean répète de manière « presque obsessionnelle ». L’apôtre désigne « un des comportements du chrétien qui veut rester proche du Seigneur : savoir ce qui se passe dans son propre cœur ». C’est pour cela qu’il avertit qu’il ne faut pas donner foi à tout esprit , mais mettre « les esprits à l’épreuve ». Il est nécessaire de savoir « discerner les esprits », savoir discerner si « quelque chose nous fait rester proche du Seigneur ou nous éloigne de lui ». Notre cœur a toujours des désirs, des envies, des pensées. Mais « proviennent-ils du Seigneur ou certains de ceux-ci nous éloignent-ils du Seigneur ? »

Le chrétien doit surveiller son cœur

L’apôtre Jean nous exhorte à mettre à l’épreuve ce que nous pensons et ce que nous désirons : « Si cela figure dans la ligne du Seigneur, c’est bien, mais sinon… Mettez à l’épreuve les esprits pour savoir s’ils proviennent véritablement de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Prophètes, prophéties ou propositions : « J’ai envie de faire ceci ! » « Mais ça ne te mène pas au Seigneur, ça t’éloigne de lui. C’est pour cela que la vigilance est nécessaire. Le chrétien est un homme ou une femme qui sait surveiller son cœur. Et à plusieurs reprises, notre cœur, avec tant de choses qui vont et viennent, semble être un marché de rue : de tout, tu trouves de tout là-bas…Et non ! Nous devons sonder si ceci provient du Seigneur et si cela ne l’est pas, pour rester proche du Seigneur ».

Faire la différence entre le Christ et l’antéchrist

Quel est donc le critère pour comprendre si quelque chose provient du Christ ou de l’antéchrist ? Saint Jean a une idée claire, « simple » : Chaque esprit, devenu chair, qui reconnait Jésus Christ provient de Jésus. Chaque esprit qui ne reconnait pas Jésus Christ, ne provient pas de Dieu : c’est l’esprit de l’antéchrist. Mais que signifie donc « reconnaître que le Verbe est devenu chair ? » Cela veut dire « reconnaître la voie de Jésus Christ », reconnaitre que lui, « étant Dieu », s’est abaissé, s’est humilié « jusque à sa mort sur la croix » :

« Ceci est la voie de Jésus Christ : l’abaissement, l’humilité, la pure humiliation. Si une pensée, un désir te mène sur la voie de l’humilité, de l’abaissement, du service aux autres, elle provient de Jésus. Mais si elle te porte sur la voie de la suffisance, de la vanité, de l’orgueil, sur le chemin d’une pensée abstraite, elle n’est pas de Jésus. Pensons aux tentations de Jésus dans le désert : toutes les trois propositions que fait le démon à Jésus sont des propositions qui veulent l’éloigner de cette voie, la voie du service, de l’humilité, de l’humiliation, de la charité. Mais la charité fait partie de sa vie, non ? Jésus dit non aux trois tentations :  » Non, ceci n’est pas ma voie ! « »

Le Pape a donc invité tout le monde a penser à ce qui se passe dans notre propre cœur. À ce que nous pensons et à ce que nous ressentons, à ce que nous voulons et à passer au crible les esprits. « Moi, est-ce que je mets à l’épreuve ce que je pense, ce que je veux, ce que je désire- a-t -il demandé- ou je prends tout ? »

Dieu fait homme, qui s’est abaissé pour nous

« Tant de fois, notre cœur est un chemin, ils passent tous par là…Mettre à l’épreuve. Et est-ce que je choisis toujours les choses qui proviennent de Dieu ? Est-ce que je connais le vrai critère pour discerner mes pensées, mes désirs ? Pensons à ceci et nous n’oublions pas que le critère est l’Incarnation du Verbe. Le Verbe est devenu chair : ceci est Jésus-Christ ! Jésus-Christ qui s’est fait homme, Dieu fait homme, il s’est abaissé, il s’est humilié par amour, pour tous nous servir. Et l’apôtre Jean nous concède cette grâce de connaître ce qui se passe dans notre cœur et d’avoir la sagesse de discerner ce qui provient de Dieu et ce qui ne provient pas de Dieu ».

Manifestation de Jésus à l’humanité * Épiphanie

banners_6-gennaio-epifania-FR_1MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Basilique vaticane
Lundi 6 janvier 2014

Lumen requirunt lumine : A sa lumière ils recherchent la lumière. » Cette expression suggestive d’un hymne liturgique de l’Épiphanie (Crudelis Herodes) se réfère à l’expérience des Mages : en suivant une lumière ils recherchent la lumière. L’étoile apparue dans le ciel allume dans leur esprit et dans leur cœur une lumière qui les pousse à la recherche de la grande Lumière du Christ. Les Mages suivent fidèlement cette lumière qui les envahit intérieurement, et ils rencontrent le Seigneur.

Dans ce parcours des Mages d‘Orient se trouve symbolisé le destin de tout homme : notre vie est un cheminement, nous qui sommes illuminés par les lumières qui éclairent la route, pour trouver la plénitude de la vérité et de l’amour, que nous chrétiens nous reconnaissons en Jésus, Lumière du monde. Et tout homme, comme les Mages, a à sa disposition deux grands « livres » d’où tirer les signes pour s’orienter dans le pèlerinage : le livre de la création et le livre des saintes Écritures. L’important est d’être attentifs, de veiller, d’écouter Dieu qui nous parle, qui nous parle toujours. Comme dit le psaume, se référant à la Loi du Seigneur : « Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route » (Ps 119, 105). Écouter l’Évangile, le lire, le méditer et en faire notre nourriture spirituelle nous permet spécialement de rencontrer Jésus vivant, d’apprendre de lui et de son amour.

La première lecture fait résonner, par la bouche du prophète Isaïe, l’appel de Dieu à Jérusalem : « Debout, resplendis ! » (60, 1). Jérusalem est appelée à être la ville de la lumière, qui reflète sur le monde la lumière de Dieu et aide les hommes à marcher sur ses voies. C’est la vocation et la mission du Peuple de Dieu dans le monde. Mais Jérusalem peut manquer à cet appel du Seigneur. L’Évangile nous dit que les Mages, quand ils parvinrent à Jérusalem, perdirent un peu de vue l’étoile. Ils ne la voyaient plus. En particulier, sa lumière est absente dans le palais du roi Hérode : cette demeure est ténébreuse, l’obscurité, la méfiance, la peur, la jalousie y règnent. En effet, Hérode se montre soupçonneux et préoccupé par la naissance d’un Enfant fragile qu’il ressent comme un rival. En réalité Jésus n’est pas venu pour le renverser lui, pauvre fantoche, mais le Prince de ce monde ! Toutefois, le roi et ses conseillers sentent craquer les structures de leur pouvoir, ils craignent que soient retournées les règles du jeu, démasquées les apparences. Tout un monde édifié sur la domination, sur le succès et sur l’avoir, sur la corruption, est mis en crise par un Enfant ! Et Hérode en arrive à tuer les enfants : « Tu assassines ces faibles corps parce que la peur assassine ton cœur » – écrit saint Quodvultdeus (Disc. 2 sur le Symbole : PL 40, 655). C’est ainsi : il avait peur, et par cette peur il devient fou.

Les Mages surent dépasser ce moment dangereux d’obscurité auprès d’Hérode, parce qu’ils crurent aux Écritures, à la parole des prophètes qui indiquait à Bethléem le lieu de la naissance du Messie. Ainsi ils échappèrent à la torpeur de la nuit du monde, ils reprirent la route vers Bethléem et là ils virent de nouveau l’étoile, et l’Évangile dit qu’ils éprouvèrent « une très grande joie » (Mt 2, 10). Cette étoile qui ne se voyait pas dans l’obscurité de la mondanité de ce palais.

Un aspect de la lumière qui nous guide sur le chemin de la foi est aussi la sainte « ruse ». C’est aussi une vertu, la sainte « ruse ». Il s’agit de cette rouerie spirituelle qui nous permet de reconnaître les dangers et de les éviter. Les Mages surent utiliser cette lumière de « ruse » quand, sur la route du retour, il décidèrent de ne pas passer par le palais ténébreux d’Hérode, mais de prendre un autre chemin. Ces sages venus d’Orient nous enseignent comment ne pas tomber dans les pièges des ténèbres et comment nous défendre de l’obscurité qui cherche à envelopper notre vie. Eux, avec cette sainte « ruse » ont gardé la foi. Et nous aussi nous devons garder la foi. La garder de cette obscurité. Mais aussi, souvent, une obscurité revêtue de lumière ! Parce que le démon, dit saint Paul, s’habille en ange de lumière, certaines fois. Et ici, la sainte « ruse » est nécessaire pour garder la foi, la garder des chants des Sirènes, qui te disent : « Regarde, aujourd’hui nous devons faire ceci, cela… » Mais la foi est une grâce, elle est un don. Il nous revient de la garder avec cette sainte « ruse », avec la prière, avec l’amour, avec la charité. Il faut accueillir dans notre cœur la lumière de Dieu et, en même temps, cultiver cette ruse spirituelle qui sait unir simplicité et astuce, comme demande Jésus à ses disciples : « Soyez prudents comme les serpents, et candides comme les colombes » (Mt 10, 16).

En la fête de l’Épiphanie, où nous rappelons la manifestation de Jésus à l’humanité dans le visage d’un Enfant, nous sentons près de nous les Mages, comme de sages compagnons de route. Leur exemple nous aide à lever les yeux vers l’étoile et à suivre les grands désirs de notre cœur. Ils nous enseignent à ne pas nous contenter d’une vie médiocre, « sans envergure », mais à nous laisser toujours fasciner par ce qui est bon, vrai, beau… par Dieu, que tout cela il est de façon toujours plus grande ! Et ils nous enseignent à ne pas nous laisser tromper par les apparences, par ce qui pour le monde est grand, sage, puissant. Il ne faut pas s’arrêter là. Il est nécessaire de garder la foi. À notre époque cela est très important : garder la foi. Il faut aller au-delà, au-delà de l’obscurité, au-delà de l’attrait des Sirènes, au-delà de la mondanité, au-delà de tant de modernités qui existent aujourd’hui, aller vers Bethléem, là où, dans la simplicité d’une maison de périphérie, entre une maman et un papa pleins d’amour et de foi, resplendit le Soleil venu d’en-haut, le Roi de l’univers. À l’exemple des Mages, avec nos petites lumières, cherchons la Lumière et gardons la foi. Qu’il en soit ainsi !

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l’Épiphanie, «première manifestation du Christ aux peuples»
Angelus du 06-01-2014 (Radio Vatican) –>Lire la suite →