Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

L’Église est la maison de la joie

15-12-2013 source : Radio Vatican

Chaque dimanche et pour les fêtes liturgiques, le Saint Père récite la prière mariale de l’angélus et salue les pèlerins sur la place Saint Pierre à Rome. Et c’est bien évidemment au troisième dimanche de l’Avent que le Pape François a consacré sa catéchèse avant l’angélus de ce dimanche. Appelé aussi dimanche du Gaudete, le dimanche de la joie. Il s’agit pour nous de nous réjouir dans le Seigneur.

« Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance. » C’est cet appel à la joie que nous retrouvons dans chacune des lectures de ce dimanche. Parce que le Seigneur est proche. « Comme une mère, l’Église nous encourage à poursuivre avec confiance l’itinéraire spirituel qui nous mènera à Noël. Le Message chrétien s’appelle évangile, c’est-à-dire bonne nouvelle, une annonce de joie pour le peuple tout entier ; l’Église n’est pas un refuge pour personnes tristes, l’Église est la maison de la joie ! »

« Mais cette joie de l’Évangile n’est pas une joie comme les autres. Elle trouve son fondement dans le fait de se savoir écoutés et aimés de Dieu. Comme nous le rappelle aujourd’hui le prophète Isaïe, Dieu est celui qui vient nous sauver, et apporte son secours tout spécialement aux personnes perdues. Sa venue parmi nous nous fortifie, nous donne courage, fait exulter et fleurir le désert et la steppe, c’est-à-dire notre vie quand elle devient aride, sans l’eau de la Parole de Dieu et de son Esprit d’amour. Même si nos limites et nos égarements sont grands, il ne nous est pas permis d’être mous et vacillants face aux difficultés et nos faiblesses. Au contraire, nous sommes invités à renforcer nos mains, à solidifier nos genoux, à avoir du courage et à ne pas craindre, parce que notre Dieu montre toujours la grandeur de sa miséricorde. Avec son aide nous pouvons toujours recommencer tout dès le début, rouvrir les yeux, vaincre la tristesse et les larmes en entonnant un chant nouveau. Et cette joie véritable reste alors aussi dans les épreuves, dans les souffrances, parce qu’elle n’est pas superficielle, mais descend en profondeur dans la personnes qui se confie à Dieu et à confiance en Lui. »

« La joie chrétienne, comme l’espérance, a encore ajouté le Pape, trouve son fondement dans la fidélité de Dieu, dans la certitude qu’Il maintient toujours ses promesses. Le prophète Isaïe exhorte ceux qui se sont égarés et ont des difficultés à croire à la fidélité du Seigneur, parce que son salut ne tardera pas à faire irruption dans leur vie. Ceux qui ont rencontré Jésus le long du chemin, font l’expérience dans leur cœur d’une sérénité et d’une joie dont rien ni personne ne pourra les priver. Notre joie c’est le Christ, son amour fidèle est inépuisable ! C’est pourquoi, lorsqu’un chrétien devient triste, cela signifie qu’il s’est éloigné de Jésus. Mais alors il ne faut pas le laisser seul ! Nous devons prier pour lui, et lui faire sentir la chaleur de la communauté.»

Le Pape a conclu sa catéchèse en invoquant Marie : « Que la Vierge Marie nous aide à presser le pas vers Bethléem, pour rencontrer l’Enfant qui est né pour nous, pour le salut et la joie de tous les hommes. L’Ange lui a dit : « Réjouis-toi, pleine de grâce : le Seigneur est avec toi » (Luc 1,28). Qu’elle obtienne pour nous de vivre la joie de l’Évangile en famille, au travail, en paroisse, et partout. Une joie intime, merveilleuse et tendre. Celle qu’éprouve une mère lorsqu’elle regarde son enfant à peine né, et comprend que c’est un don de Dieu, un miracle que nous ne pouvons que remercier ! »

Au terme de l’Angélus, le Pape a surtout salué les enfants du diocèse de Rome venus pour la traditionnelle bénédiction des «bambinelli» (les petits enfants Jésus de la crèche) leur demandant de prier pour lui devant leur crèche. Il a ensuite salué toute la foule qui se protégeait sous des parapluies, la félicitant d’être venue malgré la pluie. «Je suis désolé que vous soyez sous la pluie, mais je suis avec vous, vous êtes vraiment courageux ».

Le Pape fustige les chrétiens tristes

13-12-2013 source : Radio Vatican

Dans son homélie prononcée vendredi dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Pape a pointé une nouvelle fois l’esprit pharisien de certains, dans le peuple de Dieu, qui trouvent toujours un moyen de critiquer, et qui au final, montrent qu’ils sont fermés à l’Esprit Saint.

Dans l’Évangile du jour, Jésus compare la génération de son époque à des enfants toujours insatisfaits : « Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. Jean-Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : ‘C’est un possédé’ ! »

Une invitation à délaisser nos sécurités

A la suite de ces paroles, le Pape a ainsi critiqué ceux qui aujourd’hui encore, comme au temps du Christ, disent accepter la vérité de la Révélation, mais rejettent le prédicateur. Ces gens-là « préfèrent une vie enfermée dans leurs préceptes, avec leurs compromis, leurs plans révolutionnaires ou leur spiritualité désincarnée. Ce sont des chrétiens qui sont toujours mécontents de ce que disent leurs prêcheurs ».

Cette attitude que Jésus dénonçait déjà en son temps, révèle une peur de s’ouvrir à la liberté de l’Esprit Saint a poursuivi le Pape, qui est diffusé par la prédication. « Ceci est le scandale de la prédication, le scandale d’un Dieu qui nous parle à travers les hommes et leurs limites, qui nous parle à travers des pécheurs. » Ce scandale, comme l’a dit Saint Paul, a fini dans le scandale de la Croix.

« Ces chrétiens tristes ne croient pas en l’Esprit Saint, en la liberté qui vient de la prédication, une liberté qui t’enseigne, t’avertit, parfois même, est une gifle, mais qui est justement la liberté qui fait grandir l’Église. »

silence pour écouter la tendresse de Dieu

12-12-2013 source : Radio Vatican

Dans notre préparation à la fête de Noël nous tirerions bénéfice de faire un peu silence dans nos vies pour écouter Dieu qui nous parle avec la tendresse d’un père et d’une mère : voilà en résumé le thème développé par le Pape François dans son homélie de la messe célébrée lors de ce deuxième jeudi de l’Avent. Partant de la lecture du jour tirée du prophète Isaïe, il souligne non pas tant « ce que dit le Seigneur », mais « comment il le dit ». Dieu nous parle comme font des parents avec leur enfant :

« Quand l’enfant fait un mauvais rêve, il se réveille, il pleure…le père va le trouver et lui dit : n’aie pas peur, n’aie pas peur, je suis là. Ainsi nous parle le Seigneur. ‘Ne crains pas Jacob, faible vermisseau, Israël misérable mortel’. Le Seigneur a cette manière de nous parler : il s’approche… Quand nous regardons un père et une mère qui parlent à leur enfant, nous voyons qu’ils deviennent eux-mêmes petits et parlent avec la voix d’un enfant, et ont des gestes d’enfants. Quelqu’un qui regarde cela de l’extérieur peut penser : mais ces gens-là sont complètement ridicules ! Ils retournent en enfance ? Oui, parce que l’amour d’un père et d’une mère doit s’approcher, je dirais même s’abaisser au monde de l’enfant. Si les parents lui parlent normalement, l’enfant évidemment comprendra tout aussi bien, mais ils veulent adopter la manière de parler de l’enfant. Ils se font proches, se font enfants eux-mêmes. Et le Seigneur fait pareil ».

Dieu descend vers nous et se fait l’un de nous

Les théologiens grecs  expliquaient cette attitude de Dieu avec « une parole bien difficile: synkatabasi », autrement dit « la condescendance de Dieu qui descend et se fait l’un de nous » :

« Et ensuite, les parents disent aussi des choses un peu ridicules à l’enfant : « Petit chéri, petit jouet chéri… » et plein d’autres choses. Le Seigneur aussi dit cela : « Jacob, faible vermisseau », « tu es comme un vermisseau pour moi, une chose si petite, mais je t’aime tellement ». Tel est le langage du Seigneur, le langage d’amour d’un père, d’une mère. Les paroles du Seigneur, oui, nous entendons ce qu’il nous dit. Mais aussi nous voyons comment il nous le dit. Et nous devons faire ce que fait le Seigneur, faire ce qu’il dit et le faire comme il le dit : avec amour, avec tendresse, avec cette condescendance envers les frères ».

Dieu, explique le Pape François en citant la rencontre d’Élie avec le Seigneur, est comme « la brise suave » ou, comme le dit le texte original, « un fil sonore de silence » : ainsi « s’approche le Seigneur, avec cette sonorité du silence propre à l’amour. Sans se donner en spectacle ». Et « il se fait petit pour me rendre grand ; Il va à la rencontre de la mort, avec cette condescendance, pour que moi je puisse vivre » :

Notre Dame de Guadalupe« Telle est la musique du langage du Seigneur, et en nous préparant pour Noël, nous devons l’entendre : l’entendre nous fera du bien, beaucoup de bien. Normalement, Noël apparait comme une fête bruyante : nous tirerons bénéfice de faire un peu silence et d’entendre ces paroles d’amour, ces paroles de proximité, ces paroles de tendresse… » « Tu es un vermisseau, mais moi je t’aime ! » Pour cela, faire silence, en ce temps où nous sommes vigilants et dans l’attente ».

Message du pape François pour la fête de Notre Dame de Guadalupe,
la patronne de l’Amérique

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