Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Dieu est notre Père

Ce mercredi 23 mai 2012, lors de l’audience générale, place Saint-Pierre à Rome, Benoît XVI nous a  invité à méditer sur la « paternité de Dieu, pour que nous puissions nous laisser réchauffer le cœur par cette réalité profonde : Dieu est notre Père, pour lui nous ne sommes pas des êtres anonymes, impersonnels, mais nous avons un nom ». En voici la synthèse en français  pour nous préparer à la PENTECÔTE.

Chers frères et soeurs,

L’Esprit-Saint nous enseigne à nous adresser à Dieu en l’appelant « Abbà, Père ». Il est le don du Ressuscité qui nous met dans une relation de confiance filiale avec Dieu. Que cette profonde réalité de la paternité de Dieu réchauffe notre coeur et nourrisse notre prière ! Dieu est d’abord notre Père parce qu’il est notre Créateur.

Plus encore, par son Incarnation, sa Mort et sa Résurrection, Jésus qui est le « Fils » au sens plein, nous accueille dans son humanité et dans son être de Fils. Et nous devons le devenir toujours plus en grandissant dans la communion avec Lui pour entrer plus intimement dans la relation d’amour avec le Père.

La prière chrétienne n’est jamais à sens unique, de nous vers Dieu, elle est l’expression d’une relation réciproque où Dieu agit toujours le premier : c’est l’Esprit-Saint qui crie en nous « Abba, Père ! », quand nous lui ouvrons notre coeur pour qu’il demeure en nous. Cette présence ouvre notre prière et notre vie aux horizons de la Trinité et de l’Église. La prière de Jésus devient notre prière.

 Une dernière remarque : nous apprenons aussi à nous écrier : « Abba ! Père ! », avec Marie, la Mère du Fils de Dieu. L’accomplissement de la plénitude des temps, dont parle saint Paul dans la Lettre aux Galates (cf. 4, 4), se réalise au moment du « oui » de Marie, de sa pleine adhésion à la volonté de Dieu : « Je suis la servante du Seigneur » (Lc 1, 38).

Chers amis, dans notre prière, apprenons à goûter la beauté d’être des enfants de Dieu. Laissons l’Esprit agir en nous pour rendre notre pensée et notre action toujours plus conformes à celles de Jésus !

La prière de Marie dans les Actes

Chers frères et sœurs,

Après les grandes fêtes, nous revenons maintenant aux catéchèses sur la prière. Lors de l’audience avant la Semaine sainte, nous nous sommes arrêtés à la figure de la bienheureuse Vierge Marie, présente au milieu des apôtres en prière au moment où ils attendaient la venue de l’Esprit Saint. Une atmosphère priante accompagne les premiers pas de l’Église.

La Pentecôte n’est pas un épisode isolé, puisque la présence et l’action de l’Esprit Saint guident et animent constamment le chemin de la communauté chrétienne. Dans les Actes des Apôtres, en effet, saint Luc non seulement raconte la grande effusion survenue au Cénacle cinquante jours après Pâques (Ac 2, 1-13), mais il fait aussi allusion aux autres irruptions extraordinaires de l’Esprit Saint, qui reviennent dans l’histoire de l’Église.

Depuis la Pentecôte, l’Esprit Saint guide les pas de l’Église, une communauté priante. Mais la Pentecôte n’est pas un évènement isolé. Dans les Actes des Apôtres, saint Luc rapporte d’autres interventions du Saint-Esprit à des moments difficiles de la vie de l’Église naissante.

Après la guérison du paralytique du Temple, Pierre et Jean furent arrêtés parce qu’ils annonçaient la résurrection de Jésus. Face au péril de la persécution, la communauté ne cherche pas à savoir comment réagir, mais elle se met à prier. C’est une prière commune, de toute l’Église. Cette prière consolide l’unité. Elle aide la communauté à lire ce qui arrive à la lumière de la foi et de la Parole de Dieu.

L’opposition contre Jésus, sa mort, font partie du projet de Dieu pour le salut du monde. Le Mystère du Christ est la clé nécessaire pour comprendre la persécution. Dans la prière, les premiers chrétiens ne demandent à Dieu ni d’être défendus, ni de ne pas être éprouvés, ni le succès, mais de pouvoir proclamer avec assurance et liberté la Parole de Dieu.

Comme eux, puissions-nous être guidés par l’Esprit de Jésus Christ pour vivre avec courage et joie chaque situation de la vie, et porter la bonne nouvelle à tous ! Que la prière vous aide à voir la présence de Dieu et son projet d’amour dans votre vie. Avec ma bénédiction !

Benoit XVI, audience du mercredi 18 avril 2012

© Libreria Editrice Vaticana – 2012

Audience du mercredi 9 mai sur la prière et la libération de Saint Pierre enchaîné :
benoit-xvi_aud_20120509_fr

LA CHARITÉ DE MARIE

Les noces de Cana - Giotto 1266-1337 fresque chapelle Scrovegni Padoue
Les noces de Cana – Giotto 1266-1337 fresque chapelle Scrovegni Padoue

Marie est une femme qui aime. Dans l’exquise délicatesse de sa charité, elle sent profondément les nécessités d’autrui. Dès qu’elle les connaît, elle agit avec spontanéité et décision pour porter secours.

Nous le percevons d’abord à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Évangiles de l’enfance.

Le premier acte de la Vierge, devenue Mère de Dieu en prononçant son « fiat », a été précisément un acte de charité envers le prochain.

L’Ange Gabriel lui révèle que sa cousine est sur le point d’être mère, et sans hésiter, elle se met en route pour s’engager dans un service de charité auprès d’Élisabeth où elle demeure environ trois mois, jusqu’à la fin de sa grossesse.

À la naissance de Jésus, même état de choses : Marie contemple son Fils, mais cela ne l’empêche pas de l’offrir à l’adoration des bergers et des mages.

Quand, après trois jours d’anxieuses recherches, elle retrouve Jésus au temple, la Vierge, qui a tant souffert de sa disparition imprévue, cache sa douleur sous celle de Joseph : « Voici que ton père et moi, tout affligés, nous te cherchions » (Luc 2, 48).

Aux noces de Cana, elle seule s’aperçoit de l’embarras des époux du fait que le vin vient à manquer (Jean 2, 1-11).

« Nous voyons, dit Benoît XVI, l’humilité aimante avec laquelle elle accepte d’être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son Fils doit fonder une nouvelle famille et que l’heure de sa Mère arrivera seulement au moment de la croix, qui sera l’heure véritable de Jésus. Alors, quand les disciples auront fui, elle demeurera sous la croix (Jean 19, 25-27); plus tard, à l’heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d’elle dans l’attente de l’Esprit Saint (Actes 1, 14). » (« Deus caritas est », 41).

Marie nous enseigne que, lorsque l’amour pour Dieu est vraiment total, il s’épanouit tout naturellement en un amour généreux pour le prochain. Elle est ainsi, « par-dessus tout, témoin actif de l’amour qui édifie le Christ dans les coeurs» (Paul VI, Marialis cultus, 37). ■

Jean-Daniel Planchot