Pentecôte

SOLENNITÉ DE PENTECÔTE

PAPE FRANÇOIS

REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre
Dimanche 15 mai 2016

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous célébrons aujourd’hui la grande fête de la Pentecôte, qui conduit à son accomplissement le Temps pascal, cinquante jours après la résurrection du Christ. La liturgie nous invite à ouvrir notre esprit et notre cœur au don de l’Esprit Saint, que Jésus promit à plusieurs reprises à ses disciples, le premier et principal don qu’il a obtenu pour nous avec sa résurrection. Ce don, Jésus lui-même l’a imploré du Père, comme l’atteste l’Évangile d’aujourd’hui, qui se déroule pendant la dernière Cène. Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais » (Jn 14, 15-16).

Ces paroles nous rappellent tout d’abord que l’amour pour une personne, et également pour le Seigneur, se démontre non à travers les paroles, mais à travers les faits ; et également « qu’observer les commandements » doit être entendu au sens existentiel, de manière à ce que toute la vie soit concernée. En effet, être chrétien ne signifie pas principalement appartenir à une certaine culture ou adhérer à une certaine doctrine, mais plutôt lier sa propre vie, dans chacun de ses aspects, à la personne de Jésus et, à travers Lui, au Père. C’est dans ce but que Jésus promet l’effusion de l’Esprit Saint à ses disciples. Précisément grâce à l’Esprit Saint, l’Amour qui unit le Père et le Fils et qui procède d’eux, nous pouvons tous vivre la même vie que Jésus. En effet, l’Esprit nous enseigne chaque chose, c’est-à-dire l’unique chose indispensable : aimer comme Dieu aime.

En promettant l’Esprit Saint, Jésus le définit « un autre Paraclet » (v. 16), ce qui signifie Consolateur, Avocat, Intercesseur, c’est-à-dire Celui qui nous assiste, nous défend, est à nos côtés sur le chemin de la vie et dans la lutte pour le bien et contre le mal. Jésus dit « un autre Paraclet » car le premier c’est Lui, Lui-même, qui s’est fait chair précisément pour assumer en lui notre condition humaine et la libérer de l’esclavage du péché.

En outre, l’Esprit Saint exerce une fonction d’enseignement et de mémoire. Enseignement et mémoire. Jésus nous l’a dit : « Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (v. 26). L’Esprit Saint n’apporte pas un enseignement différent, mais il rend vivant et il rend agissant l’enseignement de Jésus, afin que le temps qui passe ne l’efface pas ou ne l’affaiblisse pas. L’Esprit Saint greffe cet enseignement dans notre cœur, il nous aide à l’intérioriser, en le faisant devenir une partie de nous, la chair de notre chair. Dans le même temps, il prépare notre cœur pour qu’il soit vraiment capable de recevoir les paroles et les exemples du Seigneur. Toutes les fois que la parole de Jésus est accueillie avec joie dans notre cœur, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint.

Prions à présent ensemble le Regina cæli — pour la dernière fois cette année —, en invoquant l’intercession maternelle de la Vierge Marie. Qu’Elle obtienne pour nous la grâce d’être fortement animés par l’Esprit Saint, pour témoigner du Christ avec franchise évangélique et nous ouvrir toujours plus à la plénitude de son amour.

REGINA COELI

© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

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SOLENNITÉ DE PENTECÔTE

PAPE FRANÇOIS

REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre
Dimanche 24 mai 2015

Chers frères et sœurs, bonjour.La fête de la Pentecôte nous fait revivre les débuts de l’Église. Le livre des Actes des Apôtres raconte que, cinquante jours après Pâques, dans la maison où se trouvaient les disciples de Jésus, « un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent… et tous furent remplis d’Esprit Saint » (2, 1-2). Cette effusion transforme complètement les disciples : la peur est remplacée par le courage, la fermeture cède le pas à l’annonce, et une foi pleine d’amour chasse tous leurs doutes. C’est le « baptême » de l’Église, qui commençait ainsi son chemin dans l’histoire, guidée par la force de l’Esprit Saint.

Cet événement change le cœur et la vie des apôtres, et des autres disciples, se répercutant aussitôt à l’extérieur du cénacle. En effet, cette porte gardée fermée pendant cinquante jours, est finalement ouverte en grand et la première communauté chrétienne, qui n’est plus repliée sur elle-même, commence à raconter aux foules de différentes provenances les merveilles de Dieu (cf. v. 11), c’est-à-dire de la résurrection de Jésus, qui avait été crucifié. Et chaque personne présente entend les disciples lui parler dans sa langue. Le don de l’Esprit rétablit l’unité de langage, perdue après Babel, et préfigure la dimension universelle de la mission des apôtres. L’Église ne naît pas isolée, elle naît universelle, une, catholique, avec une identité précise mais ouverte à tous, non fermée, une identité qui embrasse le monde entier, sans exclure personne. La mère l’Église ne ferme sa porte à personne, à personne ! Pas même au plus grand des pécheurs, à personne ! Et ceci par la force, par la grâce de l’Esprit Saint. La mère Église ouvre, elle ouvre grand ses portes à tous parce qu’elle est mère.

L’Esprit Saint, descendu dans le cœur des disciples le jour de la Pentecôte, marque le début d’une nouvelle saison : la saison du témoignage et de la fraternité. Une saison qui vient d’en haut, qui vient de Dieu, comme les langues de feu qui se posèrent sur la tête de chaque disciple. C’était la flamme de l’amour qui brûlait toute âpreté ; c’était la langue de l’Évangile qui franchit les frontières tracées par les hommes et qui touche les cœurs des multitudes, sans distinction de langue, de race ou de nationalité. Comme ce jour-là, jour de Pentecôte, l’Esprit Saint descend aujourd’hui sur l’Église et sur chacun de nous pour que nous sortions de notre médiocrité et de nos fermetures, et que nous communiquions au monde entier l’amour miséricordieux du Seigneur. Communiquer l’amour miséricordieux du Seigneur, voilà notre mission ! La « langue » de l’Évangile et le « feu » de l’Esprit Saint nous ont été donnés à nous aussi pour que, au moment où nous annonçons le Christ ressuscité, vivant et présent au milieu de nous, nous réchauffions nos cœurs et celui des peuples en les rapprochant de Lui, chemin, vérité et vie.

Nous nous confions à l’intercession maternelle de Marie qui était présente comme Mère au milieu des disciples dans le Cénacle: c’est la mère de l’Église, la mère de Jésus devenue mère de l’Église. Nous nous confions à Elle afin que l’Esprit Saint descende en abondance sur l’Église de notre temps, remplisse les cœurs de tous les fidèles et allume en eux le feu de son amour.

REGINA COELI

© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

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SOLENNITÉ DE PENTECÔTE

PAPE FRANÇOIS

REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre
Dimanche 8 juin 2014

Chers frères et sœurs, bonjour !

La fête de Pentecôte commémore l’effusion de l’Esprit Saint sur les apôtres réunis au Cénacle. Comme la Pâque, il s’agit d’un événement ayant eu lieu lors de la fête juive préexistante, et qui conduit à un accomplissement surprenant. Le livre des Actes des apôtres décrit les signes et les fruits de cette extraordinaire effusion : le violent coup de vent et les langues de feu ; la peur disparaît et laisse place au courage ; les langues se délient et tous comprennent l’annonce. La où arrive l’Esprit de Dieu, tout renaît et se transfigure. L’événement de la Pentecôte marque la naissance de l’Église et sa manifestation publique ; et nous sommes frappés par deux caractéristiques : c’est une Église qui surprend et qui déconcerte.

Un élément fondamental de Pentecôte est la surprise. Notre Dieu est le Dieu des surprises, nous le savons. Personne n’attendait plus rien des disciples : après la mort de Jésus, ils formaient un petit groupe insignifiant, des vaincus orphelins de leur Maître. En revanche, un événement inattendu a lieu qui suscite l’émerveillement : les gens sont troublés parce que chacun entendait les disciples parler dans leur langue respective, racontant les grandes œuvres de Dieu (cf. Ac 2, 6-7.11). L’Église qui naît à la Pentecôte est une communauté qui suscite l’étonnement parce que, avec la force qui lui vient de Dieu, elle annonce un message nouveau — la Résurrection du Christ — avec un langage nouveau — le langage universel de l’amour. Une annonce nouvelle : le Christ est vivant, il est ressuscité ; un langage nouveau : le langage de l’amour. Les disciples sont revêtus de la puissance qui vient d’en haut et parlent avec courage — quelques minutes auparavant, ils étaient tous peureux, mais à présent ils parlent avec courage et franchise, avec la liberté de l’Esprit Saint.

C’est ainsi que l’Église est appelée à être toujours : capable de surprendre en annonçant à tous que Jésus le Christ a vaincu la mort, que les bras de Dieu sont toujours ouverts, que sa patience est toujours là qui nous attend pour nous guérir et nous pardonner. C’est précisément pour cette mission que Jésus ressuscité a donné son Esprit à l’Église.

Attention : si l’Église est vivante, elle doit toujours surprendre. C’est le propre de l’Église vivante de surprendre. Une Église qui n’a pas la capacité de surprendre est une Église faible, malade, mourante qui doit être hospitalisée au plus vite au service de réanimation !

Certains, à Jérusalem, auraient préféré que les disciples de Jésus, paralysés par la peur, demeurent enfermés chez eux pour ne pas susciter le désordre. Aujourd’hui aussi, beaucoup de personnes voudraient la même chose des chrétiens. Mais le Seigneur ressuscité les pousse dans le monde : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). L’Église de Pentecôte est une Église qui ne se résigne pas à être inoffensive, trop « édulcorée ». Non, elle ne se résigne pas à cela ! Elle ne veut pas être un élément décoratif. C’est une Église qui n’hésite pas à sortir, à aller à la rencontre des personnes, pour annoncer le message qui lui a été confié, même si ce message dérange ou inquiète les consciences, même si ce message apporte, peut-être, des problèmes et même, parfois, nous conduit au martyre. Elle naît une et universelle, avec une identité précise, mais ouverte, une Église qui embrasse le monde, mais ne l’emprisonne pas ; elle le laisse libre, mais elle l’embrasse comme la colonnade de cette Place : deux bras qui s’ouvrent pour accueillir, mais qui ne se referment pas pour retenir. Nous chrétiens, sommes libres et l’Église nous veut libres !

Nous nous adressons à la Vierge Marie, qui en ce matin de Pentecôte était au Cénacle, et la Mère était avec ses fils. En elle, la force de l’Esprit Saint a accompli véritablement de « grandes choses » (Lc 1, 49) Elle-même l’avait dit. Qu’Elle, Mère du Rédempteur et Mère de l’Église, obtienne par son intercession une effusion renouvelée de l’Esprit Saint sur l’Église et sur le monde.

REGINA COELI

© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

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PAPE FRANÇOIS

REGINA CΠLI

Place Saint-Pierre  Solennité de Pentecôte, 19 mai 2013

Chers frères et sœurs,

Cette fête de la foi, qui a commencé hier avec la Veillée et qui a atteint son sommet ce matin dans l’Eucharistie, est sur le point de se conclure. Une Pentecôte renouvelée qui a transformé la place Saint-Pierre en un Cénacle à ciel ouvert. Nous avons revécu l’expérience de l’Église naissante, unie en prière avec Marie, la Mère de Jésus (cf. Ac 1, 14). Nous aussi, dans la variété des charismes, nous avons fait l’expérience de la beauté de l’unité, d’être une seule chose. Et cela est l’œuvre du Saint-Esprit, qui crée toujours à nouveau l’unité dans l’Église.

Je voudrais remercier tous les mouvements, les associations, les communautés, les groupes ecclésiaux. Vous êtes un don et une richesse dans l’Église ! Voilà ce que vous êtes ! Je vous remercie de manière particulière, vous tous qui êtes venus de Rome et de tant de parties du monde. Apportez toujours la force de l’Évangile ! N’ayez pas peur ! Ayez toujours la joie et la passion pour la communion dans l’Église ! Que le Seigneur ressuscité soit toujours avec vous et que la Vierge vous protège !

REGINA COELI

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BENOÎT XVI REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre

Dimanche de la Pentecôte
27 mai 2012

Chers frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui la grande fête de Pentecôte, qui achève le temps pascal, cinquante jours après le dimanche de la résurrection. Cette solennité nous rappelle et nous fait revivre l’effusion de l’Esprit-Saint sur les apôtres et les autres disciples, réunis en prière avec la Vierge Marie au Cénacle (cf. Ac 2,1-11). Jésus, ressuscité et monté au ciel, envoie à l’Église son Esprit, afin que chaque chrétien puisse participer à sa vie divine et devenir son témoin efficace dans le monde. L’Esprit-Saint, faisant irruption dans l’histoire, en vainc l’aridité, ouvre les cœurs à l’espérance, stimule et favorise en nous la maturité intérieure, dans la relation avec Dieu et avec le prochain.

L’Esprit, qui «a parlé par les prophètes», avec les dons de sagesse et de science continue à inspirer les femmes et les hommes qui s’engagent à la recherche de la vérité, proposant des voies originales de connaissance et d’approfondissement du mystère de Dieu, de l’homme et du monde. Laissons-nous guider nous aussi par l’Esprit pour annoncer au monde les merveilles de Dieu !

Prions ensemble le Regina Coeli, invoquons l’intercession de la Vierge Marie afin qu’elle obtienne à l’Église d’être puissamment animée de l’Esprit-Saint, pour témoigner du Christ avec une liberté évangélique et s’ouvrir toujours plus à la plénitude de la vérité.  Que la Vierge Marie nous aide à être des témoins de l’Esprit de vérité et de liberté ! Bonne fête de la Pentecôte à tous !

REGINA COELI

 © Copyright 2012 – Libreria Editrice Vaticana

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BENOÎT XVI REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre Dimanche 12 juin 2011

 Chers frères et sœurs!

La solennité de la Pentecôte, que nous célébrons aujourd’hui, conclut le temps liturgique de Pâques. En effet, le mystère pascal — la passion, la mort et la résurrection du Christ et son ascension au Ciel — trouve son accomplissement dans la puissante effusion de l’Esprit Saint sur les Apôtres réunis avec Marie, la Mère du Seigneur, et les autres disciples. Ce fut le «baptême» de l’Eglise, baptême dans l’Esprit Saint (Cf. Ac 1, 5). Comme le racontent les Actes des Apôtres, au matin de la fête de la Pentecôte, un bruit comme celui du vent envahit le Cénacle, et sur chacun des disciples descendirent comme des langues de feu (Ac 2, 2-3). Saint Grégoire le Grand commente: «Aujourd’hui l’Esprit Saint est descendu avec un son soudain sur les disciples et a changé les esprits d’êtres charnels dans son amour, et tandis qu’apparaissaient extérieurement des langues de feu, intérieurement, les cœurs étaient enflammés, puisqu’en accueillant Dieu dans la vision du feu, ils brûlaient suavement d’amour» (Hom. in Evang. XXx, 1: ccl 141, 256). La voix de Dieu divinise le langage humain des apôtres, qui deviennent capables de proclamer de façon «polyphonique» l’unique Verbe divin. Le souffle de l’Esprit Saint remplit l’univers, engendre la foi, entraîne à la vérité, prédispose l’unité des peuples. «Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue: chacun les entendait parler en son propre idiome» des «merveilles de Dieu» (Ac 2, 6.11).

Le bienheureux Antonio Rosmini explique qu’«au jour de la Pentecôte des chrétiens, Dieu promulgua… sa loi de charité, en l’écrivant par l’Esprit Saint, non sur des tables de pierre, mais dans le cœur des apôtres, et que grâce aux apôtres, il l’a ensuite communiquée à toute l’Église» (Catéchisme organisé selon l’ordre des idées… n. 737, Turin 1863). L’Esprit Saint «qui est Seigneur et qui donne la vie» — comme nous le disons dans le Credo — est uni au Père par le Fils et complète la révélation de la Sainte Trinité. Il vient de Dieu comme souffle de sa bouche et il a le pouvoir de sanctifier, d’abolir les divisions, de dissoudre la confusion due au péché. Incorporé et immatériel, il distribue les biens divins, soutient les êtres vivants, afin qu’ils agissent conformément au bien. Comme lumière intelligible, il donne sens à la prière, il donne vigueur à la mission d’évangélisation, il fait brûler les cœurs de ceux qui écoutent le joyeux message, il inspire l’art et la mélodie liturgique.

Chers amis, l’Esprit Saint, qui créé en nous la foi au moment de notre baptême, nous permet de vivre en fils de Dieu, conscients et consentants, à l’image du Fils unique. Le pouvoir de remettre les péchés est lui aussi un don de l’Esprit Saint; en effet, en apparaissant aux Apôtres au soir de Pâques, Jésus souffla sur eux et leur dit: «Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis» (Jn 20, 23). A la Vierge Marie, Temple de l’Esprit Saint, confions l’Église, afin qu’elle vive toujours de Jésus Christ, de sa Parole, de ses commandements, et que, sous l’action perpétuelle de l’Esprit Consolateur, elle annonce à tous que «Jésus est Seigneur!» (1 Co 12, 3).

Chers pèlerins francophones, la Fête de la Pentecôte nous rappelle chaque année que l’Esprit Saint est à l’œuvre en nous pour faire de nous des fils de Dieu. Puissions-nous écouter sa voix et demandons-Lui d’éclairer nos choix. Comme les Apôtres, en témoins zélés et infatigables de l’amour de Dieu, appelons avec détermination les autres à suivre le Christ! Je vous invite à prier pour les jeunes qui entendent cet appel, particulièrement pour ceux qui vont recevoir le sacrement de la Confirmation et pour les séminaristes qui vont être ordonnés prêtres. Que la Vierge Marie, Temple de l’Esprit Saint, marche avec nous !

REGINA CŒLI

© Copyright 2011 – Libreria Editrice Vaticana

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BENOÎT XVI REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre Dimanche 23 mai 2010

 Chers frères et sœurs,

Cinquante jours après Pâques, nous célébrons la solennité de la Pentecôte, lors de laquelle nous rappelons la manifestation de la puissance de l’Esprit Saint, qui, comme vent et comme feu, est descendu sur les apôtres réunis au Cénacle et les a rendus capables de prêcher avec courage l’Évangile à tous les peuples (cf. Ac 2, 1-13). Le mystère de la Pentecôte, que nous identifions à juste titre avec cet événement, véritable « baptême » de l’Église, ne s’épuise cependant pas en lui. En effet, l’Église vit constamment de l’effusion de l’Esprit Saint, sans lequel elle épuiserait ses forces, comme un bateau à voile si le vent venait à manquer. La Pentecôte se renouvelle de façon particulière lors de certains moments forts, au niveau local comme au niveau universel, et dans de petites assemblées comme dans de grands rassemblements. Les conciles, par exemple, ont eu des sessions gratifiées par des effusions spéciales de l’Esprit Saint, et parmi eux figure certainement le Concile œcuménique Vatican II. Nous pouvons aussi rappeler la célèbre rencontre des mouvements ecclésiaux avec le vénérable Jean-Paul II, ici, place Saint-Pierre, justement à la Pentecôte de 1998. Mais l’Église connaît d’innombrables « pentecôtes » qui vivifient les communautés locales:  nous pensons aux liturgies, en particulier à celles vécues dans des moments spéciaux de la vie de la communauté, où l’on perçoit la force de Dieu de façon évidente, parce qu’elle infuse dans les âmes la joie et l’enthousiasme. Nous pensons aux nombreux congrès de prière, où les jeunes sentent clairement l’appel de Dieu à enraciner leur vie dans son amour, notamment en se consacrant entièrement à lui.

Il n’y a donc pas d’Église sans Pentecôte. Et je voudrais ajouter:  il n’y a pas de Pentecôte sans la Vierge Marie. Il en a été ainsi au commencement, au Cénacle, où les disciples « d’un seul cœur, (…) participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères », comme le rapporte le livre des Actes des Apôtres (1, 14). Et il en est toujours ainsi, en tout lieu et en tout temps. J’en ai été le témoin, il y a quelques jours à Fatima. En effet, qu’a donc vécu la foule immense sur l’esplanade du sanctuaire, où nous étions tous réellement un seul cœur et une seule âme? C’était une nouvelle Pentecôte. Au milieu de nous, il y avait Marie, la Mère de Jésus. Telle est l’expérience typique des grands sanctuaires mariaux – Lourdes, Guadalupe, Pompéi, Lorette – ou même des plus petits:  partout où les chrétiens se rassemblent en prière avec Marie, le Seigneur donne son Esprit.

Chers amis, en cette fête de la Pentecôte, nous voulons nous aussi être unis spirituellement à la Mère du Christ et de l’Église en invoquant avec foi une nouvelle effusion du divin Paraclet.

REGINA COELI

Journée de prière pour l’Église qui est en Chine

La mémoire liturgique de la Bienheureuse Vierge Marie, Auxiliaire des chrétiens, nous offre – demain 24 mai – la possibilité de célébrer la Journée de prière pour l’Église qui est en Chine. Alors que les fidèles qui sont en Chine prient pour que l’unité entre eux et avec l’Église universelle devienne toujours plus profonde, les catholiques du monde entier – spécialement ceux qui sont d’origine chinoise – s’unissent à eux dans la prière et dans la charité, que l’Esprit Saint répand dans nos cœurs particulièrement à l’occasion de la solennité de ce jour.

Je salue cordialement les pèlerins francophones! En ce jour où l’Église célèbre la Solennité de la Pentecôte, nous nous souvenons que la Vierge Marie était présente avec les Apôtres au Cénacle, participant fidèlement à la prière, dans l’attente de l’Esprit Saint. Don du Ressuscité, l’Esprit vient faire toutes choses nouvelles dans la vie du baptisé et dans la vie du monde. Puissiez-vous vous laisser toujours envahir par sa présence bienfaisante! Que la Vierge Marie vous y aide! Bonne fête de la Pentecôte!

Je vous souhaite à tous une bonne fête de Pentecôte. Bon dimanche et bonne semaine!

 © Copyright 2010 – Libreria Editrice Vaticana

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BENOÎT XVI REGINA CŒLI

Place Saint-Pierre Dimanche 31 mai 2009

Chers frères et sœurs,

L’Église présente dans le monde entier revit aujourd’hui, en la solennité de Pentecôte, le mystère de sa propre naissance, de son « baptême » dans l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 5), survenu à Jérusalem, cinquante jours après Pâques, précisément lors de la fête juive de Pentecôte. Jésus ressuscité avait dit à ses disciples:  « Vous donc, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en-haut » (Lc 24, 49). C’est ce qui s’est produit sous une forme sensible, au Cénacle, alors qu’ils étaient tous réunis en prière avec Marie, Vierge Mère. Comme nous le lisons dans les Actes des Apôtres, à l’improviste, ce lieu fut envahi par un vent impétueux, et des langues comme de feu se posèrent sur chacune des personnes présentes. Les apôtres sortirent alors et commencèrent à proclamer en différentes langues que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, mort et ressuscité (cf. Ac 2, 1-4). L’Esprit Saint, qui, avec le Père et le Fils, a créé l’univers, qui a conduit l’histoire du peuple d’Israël, et a parlé à travers les prophètes, qui, dans la plénitude des temps, a coopéré à notre rédemption, à Pentecôte est descendu sur l’Église naissante et l’a rendue missionnaire, en l’envoyant annoncer à tous les peuples la victoire de l’amour divin sur le péché et sur la mort.

L’Esprit Saint est l’âme de l’Église. Sans lui, à quoi serait-elle réduite? Elle serait certainement un grand mouvement historique, une institution sociale complexe et solide, peut-être une sorte d’agence humanitaire. Et en vérité, c’est ainsi que la considèrent ceux qui la regardent en-dehors d’une optique de foi. Mais en réalité, dans sa vraie nature, et aussi dans sa présence historique la plus authentique, l’Église est sans cesse modelée et guidée par l’Esprit de son Seigneur. C’est un corps vivant, dont la vitalité est justement le fruit de l’invisible Esprit divin.

Chers amis, cette année, la solennité de la Pentecôte tombe le dernier jour du mois de mai, où l’on célèbre habituellement la belle fête mariale de la Visitation. Ce fait nous invite à nous laisser inspirer et en quelque sorte instruire par la Vierge Marie qui a été la protagoniste des deux événements. A Nazareth, elle a reçu l’annonce de sa maternité singulière, et, immédiatement après avoir conçu Jésus par l’opération de l’Esprit Saint, elle a été poussée par le même Esprit d’amour à aller aider Élisabeth sa parente âgée, parvenue au sixième mois d’une grossesse elle aussi prodigieuse. La jeune Marie qui porte Jésus en son sein et, s’oubliant elle-même, court aider son prochain, est l’icône merveilleuse de l’Église dans l’éternelle jeunesse de l’Esprit, de l’Église missionnaire du Verbe incarné, appelée à l’apporter au monde et à témoigner de lui, spécialement au service de la charité. Invoquons donc l’intercession de la très Sainte Vierge Marie afin qu’elle obtienne à l’Église de notre temps d’être puissamment fortifiée par l’Esprit Saint. Et en particulier, que les communautés ecclésiales qui subissent la persécution en raison du nom du Christ, ressentent la présence réconfortante du Consolateur afin que, participant à ses souffrances, elles reçoivent en abondance l’Esprit de gloire (cf. 1 P 4, 13-14).

REGINA COELI

Aujourd’hui encore, l’Église demande les dons du Saint-Esprit pour témoigner de l’Évangile. Puissent les jeunes vivre avec conviction le Sacrement de la Confirmation qu’ils reçoivent en ces jours afin de porter la Bonne Nouvelle de la vie en Jésus Christ aux jeunes de leur âge et aussi à tous ceux qui les entourent. Que le souffle de la Pentecôte nous donne, à nous les adultes, de toujours confesser avec force et courage notre foi et nous conduise vers l’unité de tous les chrétiens! Je confie à Marie, Reine des Apôtres, la mission universelle de l’Église tout entière! Avec ma Bénédiction apostolique.

Aujourd’hui, Journée nationale contre la douleur, j’assure mon souvenir particulier dans la prière aux malades les plus graves, aux membres de leur famille et à tous ceux qui leur sont proches avec amour. Je souhaite à tous un bon dimanche, dans la lumière et dans la paix de l’Esprit Saint.

 © Copyright 2009 – Libreria Editrice Vaticana