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Le père Hamel, symbole de la fidélité et du don de soi jusqu’au bout

Le père Hamel, symbole de la fidélité et du don de soi jusqu’au bout

Il y a quatre ans, la mort brutale de ce prêtre de 85 ans, assassiné pendant qu’il célébrait la messe, bouleversait la France entière et bien au-delà. L’exemple d’une vie sacerdotale consommée dans la fidélité, jusqu’au martyre, interpelle aujourd’hui encore et interroge sur le sens même du don de soi.

 

Dans la matinée du 26 juillet 2016, deux terroristes se revendiquant de l’État islamique pénètrent dans la petite église de Saint-Étienne-du-Rouvray, dans la  banlieue rouennaise alors que le père Hamel y célèbre la messe en présence de quatre fidèles, dont deux religieuses. L’une d’elles réussit à donner l’alerte.

Les forces de police interviennent rapidement sur les lieux. Les terroristes seront abattus ; trois fidèles en ressortent sains et saufs, le dernier est grièvement blessé. Le père Hamel, lui, est décédé. Égorgé au pied de l’autel, revêtu de ses ornements liturgiques.

La nouvelle se répand dans la sidération et l’effroi ; elle gagne rapidement la Pologne où des centaines de milliers de jeunes du monde entier, dont de nombreux Français, sont réunis pour les Journées mondiales de la Jeunesse, à Cracovie.

«Attaquer une église, tuer un prêtre, c’est profaner la République», affirme alors le président de la République française, François Hollande, se disant proche de tous les catholiques «meurtris» et de l’ensemble des Français, «croyants ou non».

Dans un pays frappé coup sur coup par le terrorisme –attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, attaques au Bataclan et au Stade de France en novembre 2015, et attentat de Nice le 14 juillet 2016-, l’émotion est, de fait, générale. L’on découvre le portrait d’un simple prêtre octogénaire, curé de paroisse à la retraite, mais qui restait encore très actif, désireux de rester jusqu’au bout au service des fidèles.

La grâce de la fidélité

Cet exemple de fidélité, de ce don de soi au quotidien est ce qui marque ceux qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à se rendre en pèlerinage sur la tombe du père Hamel, «pour demander la grâce de la fidélité, d’aimer toujours et de ne jamais s’aigrir».

Le don de soi participe de l’essence même de la vocation du prêtre, à la suite du Christ «Serviteur et Époux de l’Église». Le saint Pape Jean-Paul II le rappelait dans son exhortation apostolique, «Pastores Dabo vobis» sur la formation du clergé (1992) : «le contenu essentiel de la charité pastorale est le don total de soi à l’Église, à l’image du Christ et en partage avec Lui.»

Cette charité pastorale se vit d’abord dans les choses simples,  le don de soi passe par une attitude d’accueil. Cette vocation au don imprègne toute la formation dispensée par les formateurs du séminaire, tant dans la vie spirituelle des séminaristes que dans leur formation intellectuelle et humaine et leur apostolat. Cela est pour préparer le cœur de pasteurs.

Uni pour l’éternité à l’offrande du Christ

Lors de la messe du 14 septembre 2016, en la fête de la Croix Glorieuse, qu’il célébrait en présence d’une des sœurs du père Hamel et de plusieurs fidèles rouennais emmenés par leur archevêque, le Pape avait affirmé que le prêtre assassiné faisait partie de «la chaîne des martyrs».

«Il a donné sa vie pour nous, il a donné sa vie pour ne pas renier Jésus. Il a donné sa vie dans le sacrifice même de Jésus sur l’autel», avait déclaré le souverain Pontife dans une puissante homélie. Elles rappellent la centralité de l’Eucharistie dans la vie sacerdotale.  La mort tragique du père Hamel peut se comprendre à cette aune.

Cérémonies d’hommage

Cette année encore, le diocèse de Rouen n’oublie pas le sacrifice du père Hamel. Quatre ans après son assassinat en l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le père Jacques Hamel a fait l’objet ce dimanche d’un hommage religieux puis civil. Après la messe célébrée par Mgr Dominique Lebrun s’est tenue sur la place une cérémonie civile en présence du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, nouveau ministre de l’Intérieur en charge des cultes.

prière du Pape François :

Ô Dieu tout-puissant et miséricordieux, Seigneur de l’Univers et de l’histoire. Tout ce que tu as créé est bon, et Ta compassion pour les erreurs de l’homme est inépuisable.

Aujourd’hui nous venons à Toi pour Te demander de conserver le monde et ses habitants dans la paix, d’éloigner d’eux l’onde dévastatrice du terrorisme, de ramener l’amitié et d’infuser dans les cœurs de Tes créatures le don de la confiance et de la disponibilité à pardonner.

Ô donneur de la vie, nous Te prions aussi pour tous ceux qui sont morts, victimes de brutales attaques terroristes. Donne-leur une récompense éternelle. Qu’ils intercèdent pour le monde, déchiré par les conflits et les inégalités.

Ô Jésus, Prince de la Paix, nous Te prions pour ceux qui ont été blessés dans ces actes de violence inhumaine : enfants et jeunes, femmes et hommes, personnes âgées, personnes innocentes impliquées seulement par la fatalité du mal. Guéris leur corps et leur cœur et console-les avec Ta force, en annulant en même temps la haine et le désir de vengeance.

Esprit Saint consolateur, visite les familles des victimes du terrorisme, des familles qui souffrent sans être fautives. Enveloppe-les avec le manteau de Ta miséricorde divine. Fais qu’elles retrouvent en Toi et en elles-mêmes la force et le courage pour continuer à être frères et sœurs pour les autres, surtout pour les immigrés, en témoignant de Ton amour avec leur vie.

Touche les cœurs des terroristes, afin qu’ils reconnaissent le mal de leurs actions et reviennent sur la voie de la paix et du bien, du respect de la vie et de la dignité de chaque homme, indépendamment de la religion, de la provenance, de la richesse ou de la pauvreté.

Ô Dieu, Père Éternel, exauce dans Ta Miséricorde la prière que nous élevons à Toi entre le fracas et le désespoir du monde. Nous nous adressons à Toi avec grande espérance, pleins de confiance dans Ton infinie Miséricorde, en nous confiant à l’intercession de Ta Très Sainte Mère, rend-nous forts dans l’exemple des bienheureux martyrs … que tu as rendu valeureux témoins de l’Évangile, au point qu’ils ont offert leur sang, et demandons le don de la paix et d’éloigner de nous la plaie du terrorisme.

Par le Christ notre Seigneur.

Amen.

Pour le Pape, le Sacré-Cœur de Jésus : « C’est de la pure miséricorde »

Pour le Pape, le Sacré-Cœur de Jésus : « C’est de la pure miséricorde »

Le Sacré-Cœur de Jésus, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, mosaïque monumentale, par Luc-Olivier Merson et Les Émaux de Briare, 1922
Le Sacré-Cœur de Jésus, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, mosaïque monumentale, par Luc-Olivier Merson et Les Émaux de Briare, 1922

En la solennité d’aujourd’hui, symbole de l’amour du Sauveur pour nous, le Pape François dans un tweet nous invite à ne pas avoir peur de nous rapprocher de Celui qui pardonne toujours et qui a l’amour miséricordieux devant nos blessures et nos erreurs.

« Le Seigneur nous regarde toujours avec miséricorde. N’ayons pas peur de nous approcher de lui ! Il a un cœur miséricordieux ! ». Dans le tweet du Pape François sur la solennité d’aujourd’hui du Sacré-Cœur de Jésus, l’amour sauveur de Dieu pour l’homme est une fois de plus mise en lumière : « Si nous lui montrons nos blessures intérieures, nos péchés, il nous pardonne toujours. C’est de la pure miséricorde ! Allons à Jésus ! »

« Venez à moi, vous tous, qui êtes fatigués et opprimés, et je vous rafraîchirai. Prenez mon joug au-dessus de vous et apprenez de moi, qui suis doux et humble de cœur, et vous trouverez un rafraîchissement pour vos âmes. Mon joug est en fait doux et ma charge légère. » (Mt 11, 28-30)

Couronné d’épines, dominé par la croix et blessé par la lance, en souvenir éternel, voici le plus grand geste que Jésus a fait pour nous : sacrifier sa vie pour le salut de l’humanité. Enfin, voici son cœur entouré des flammes qui symbolisent l’ardeur miséricordieuse que le Christ ressent pour les pécheurs. Ainsi, l’iconographie représente le Sacré-Cœur de Jésus, dont la fête est célébrée aujourd’hui, dans l’Octave de la Fête-Dieu.

L’origine de la fête

Des traces de dévotion au Sacré-Cœur de Jésus se trouvent déjà au Moyen Âge, dans la pensée de quelques mystiques allemands, tels que Matilde de Magdebourg, Matilde de Hackeborn et Gertrude de Helfta et du bienheureux dominicain Enrico Suso.

Ce culte n’a été en grande floraison cependant qu’au XVe siècle grâce à sainte Marguerite Alacoque et saint Jean Eudes, le premier à qui l’évêque de Rennes permet de célébrer une fête en l’honneur du Cœur de Jésus à l’intérieur de sa communauté en 1672.

En 1765, Clément XIII a accordé la solennité du Sacré-Cœur de Jésus à la Pologne et à l’Archiconfraternité romaine du Sacré-Cœur. C’est au cours de ce siècle qu’un débat houleux s’est développé.

La Congrégation des Rites affirme en effet que l’objet de ce culte est le cœur de chair de Jésus, symbole de son amour, mais les jansénistes interprètent cela comme un acte d’idolâtrie. Ce n’est qu’en 1856 avec Pie IX que la solennité a été étendue à l’Église universelle et inscrite au calendrier liturgique.

Sainte Marguerite Alacoque : le messager du Cœur de Jésus

Margherita Alacoque est une religieuse visitandine qui vit au couvent français de Paray-le-Monial, sur la Loire, depuis 1671. Elle a déjà une réputation de grand mystique quand, le 27 décembre 1673, elle reçoit la première visite de Jésus qui l’invite à prendre à l’intérieur de l’assemblée de la Cène la place appartenant à Jean, l’apôtre qui reposait physiquement sa tête sur la poitrine de Jésus.

« Mon cœur divin est si passionné d’amour pour les hommes qu’il ne peut enfermer en lui les flammes de sa charité ardente, il doit les répandre. Je t’ai choisie pour ce grand projet », dit-il.

L’année suivante, Marguerite a deux autres visions : dans la première, il y a le cœur de Jésus sur un trône de flammes, plus brillant que le soleil et plus transparent que le cristal, entouré d’une couronne d’épines ; dans l’autre, il voit le Christ briller de gloire, avec sa poitrine d’où jaillissent des flammes de tous côtés, pour ressembler à une fournaise.

À ce stade, Jésus lui parle et lui demande de faire la communion chaque premier vendredi pendant neuf mois consécutifs et de se prosterner au sol pendant une heure la nuit entre le jeudi et le vendredi.

Ainsi sont nées les pratiques des neuf vendredis et de l’heure sainte de l’adoration. Dans une quatrième vision, le Christ demande donc l’institution d’une fête pour honorer son cœur et réparer, par la prière, les offenses qu’il a reçues.

Sept évêques martyrs, témoins de liberté et de miséricorde, béatifiés

C’est le point d’orgue de ce 30e voyage apostolique du Pape François : au cours de la Divine Liturgie, le Saint-Père a proclamé bienheureux sept évêques gréco-catholiques, martyrs du communisme. À leur exemple, il a encouragé les Roumains à être témoins de liberté et de miséricorde et à s’élever contre les nouvelles idéologies aliénantes et mortifères.

VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE FRANÇOIS EN ROUMANIE
(31 MAI – 2 JUIN 2019)

DIVINE LITURGIE AVEC LA BÉATIFICATION DES 7 ÉVÊQUES GREC-CATHOLIQUES MARTYRS

HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Champ de la liberté (Blaj)
Dimanche 2 juin 2019


« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9, 2). Cette question des disciples à Jésus enclenche une série de mouvements et d’actions qui se dérouleront dans tout le récit évangélique en révélant et en mettant en évidence ce qui aveugle réellement le cœur humain.

L’aveugle de naissance guéri

Jésus, comme ses disciples, voit l’aveugle de naissance ; il est capable de le reconnaître et de le mettre au centre. Au lieu d’expliquer que sa cécité n’était pas le fruit du péché, il mélange la poussière de la terre avec sa salive et la lui applique sur les yeux ; puis, il lui demande d’aller se laver dans la piscine de Siloé.

Après s’être lavé, l’aveugle retrouve la vue. Il est intéressant d’observer comment le miracle est raconté à peine en deux versets, tous les autres orientant l’attention non pas sur l’aveugle guéri mais sur les discussions qu’il suscite. Il semble que sa vie et surtout sa guérison deviennent banales, anecdotiques ou un élément de discussion, mais aussi d’irritation ou de colère.

Dans un premier temps, l’aveugle guéri est interrogé par la foule étonnée, puis par les pharisiens ; et ces derniers interrogent également ses parents. Ils mettent en doute l’identité de l’homme guéri ; puis ils nient l’action de Dieu, en prétextant que Dieu n’agit pas le jour du sabbat. Ils vont même jusqu’à douter que l’homme soit né aveugle.

La logique du Seigneur

Toute la scène et les discussions révèlent combien il est difficile de comprendre les actions et les priorités de Jésus, capable de mettre au centre celui qui était à la périphérie, surtout quand on pense que c’est le ‘‘sabbat’’ qui bénéficie du primat et non l’amour du Père qui cherche à sauver tous les hommes (cf.1Tm 2, 4).

L’aveugle devait coexister non seulement avec sa cécité mais aussi avec celle de ceux qui l’entouraient. Ainsi sont les résistances et les hostilités qui surgissent dans le cœur humain quand, au centre, au lieu des personnes, on met des intérêts particuliers, des étiquettes, des théories, des abstractions et des idéologies, qui ne font rien d’autre qu’aveugler tout et tous.

En revanche, la logique du Seigneur est différente : loin de se cacher dans l’inaction ou dans l’abstraction idéologique, il cherche la personne avec son visage, avec ses blessures et son histoire. Il va à sa rencontre et ne se laisse pas duper par les discours incapables d’accorder la priorité à ce qui est réellement important et de le mettre au centre.

Liberté et miséricorde

Ces terres connaissent bien la souffrance des gens lorsque le poids de l’idéologie ou d’un régime est plus fort que la vie et supplante même la vie et la foi des personnes comme norme ; lorsque la capacité de décision, la liberté et l’espace de créativité se voient réduits, voire éliminés (cf. Lettre Enc. Laudato si’, n. 108).

Chers frères et sœurs, vous avez souffert des discours et des actions fondés sur le mépris qui conduisent même à l’expulsion et à l’anéantissement de celui qui ne peut pas se défendre et font taire les voix discordantes. Pensons en particulier aux sept évêques gréco-catholiques que j’ai eu la joie de proclamer bienheureux ! Face à la féroce oppression du régime, ils ont fait preuve d’une foi et d’un amour exemplaires pour leur peuple.

Avec grand courage et force intérieure, ils ont accepté d’être soumis à la dure incarcération et à tout genre de mauvais traitements, pour ne pas renier leur appartenance à leur Église bien-aimée. Ces pasteurs, martyrs de la foi, ont recueilli et laissé au peuple roumain un précieux héritage que nous pouvons synthétiser en deux mots : liberté et miséricorde.

En pensant à la liberté, je ne peux pas ne pas observer que nous célébrons cette liturgie divine sur le ‘‘Champ de la liberté’’. Ce lieu significatif rappelle l’unité de votre peuple qui s’est réalisée dans la diversité des expressions religieuses : cela constitue un patrimoine spirituel qui enrichit et caractérise la culture et l’identité nationale roumaines.

Les nouveaux Bienheureux ont souffert et sacrifié leur vie, en s’opposant à un système idéologique totalitaire et coercitif en ce qui concerne les droits fondamentaux de la personne humaine.

Dans cette triste période, la vie de la communauté catholique était soumise à une rude épreuve par le régime dictatorial et athée : tous les évêques, et beaucoup de fidèles, de l’Église gréco-catholique et de l’Église catholique de rite latin ont été persécutés et emprisonnés.

L’autre aspect de l’héritage spirituel des nouveaux Bienheureux, est la miséricorde. Leur persévérance dans la profession de fidélité au Christ allait de pair avec la disposition au martyre sans aucune parole de haine envers leurs persécuteurs, pour lesquels ils ont eu une réelle douceur.

Ce qu’a déclaré durant son emprisonnement l’évêque Iuliu Hossu est éloquent : « Dieu nous a envoyés dans ces ténèbres de la souffrance pour accorder le pardon et prier pour la conversion de tous ». Ces paroles sont le symbole et la synthèse de l’attitude par laquelle ces Bienheureux, dans la période de l’épreuve, ont soutenu leur peuple en continuant à professer la foi sans faille et sans réserve.

Cette attitude de miséricorde envers les bourreaux est un message prophétique, car il se présente aujourd’hui comme une invitation pour tous à vaincre la rancœur par la charité et le pardon, en vivant avec cohérence et courage la foi chrétienne.

Mise en garde contre les nouvelles idéologies

Chers frères et sœurs, aujourd’hui également, réapparaissent de nouvelles idéologies qui, de manière subtile, cherchent à s’imposer et à déraciner nos peuples de leurs plus riches traditions culturelles et religieuses.

Des colonisations idéologiques qui déprécient la valeur de la personne, de la vie, du mariage et de la famille (cf. Exhort. ap. postsyn. Amoris laetitia, n. 40) et qui nuisent, par des propositions aliénantes, aussi athées que par le passé, surtout à nos jeunes et à nos enfants en les privant de racines pour grandir (cf. Exhort. Ap. Christus vivit, n. 78).

Et alors tout devient sans importance s’il ne sert pas à des intérêts personnels immédiats et pousse les personnes à profiter des autres et à les traiter comme de simples objets (cf. Lettre Enc. Laudato si’, nn. 123-124). Ce sont des voix qui, répandant la peur et la division, cherchent à éliminer et à enterrer le plus riche héritage que ces terres aient vu naître.

Je pense, en fait d’héritage, par exemple à l’Édit de Torda en 1568 qui sanctionnait toute sorte de radicalisme émettant – un des premiers cas en Europe – un acte de tolérance religieuse.      Je voudrais vous encourager à porter la lumière de l’Évangile à nos contemporains et à continuer de lutter, comme ces Bienheureux contre ces nouvelles idéologies qui surgissent.

Maintenant, c’est à nous qu’il revient de lutter, comme ils ont eu à le faire en leurs temps. Puissiez-vous être des témoins de liberté et de miséricorde, en faisant prévaloir la fraternité et le dialogue sur les divisions, en renforçant la fraternité du sang, qui trouve son origine dans la période de souffrance où les chrétiens, divisés au cours de l’histoire, se sont découverts plus proches et solidaires !

Très chers frères et sœurs, que vous accompagnent dans votre cheminement la protection maternelle de la Vierge Marie, la Sainte Mère de Dieu, et l’intercession des nouveaux Bienheureux !


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Lors du REGINA COELI, le Saint-Père a exprimé de nombreux remerciements au terme de la Divine Liturgie qu’il a présidée à Blaj ce dimanche. Il a également confié la Roumanie à la protection maternelle de la Vierge Marie.

«Je remercie le Seigneur qui m’a donné la possibilité de prier avec vous et d’encourager votre engagement d’évangélisation et de témoignage de la charité. Ici à Blaj, terre de martyre, de liberté et de miséricorde, je vous rends hommage, à vous fils de l’Église Greco-Catholique qui, depuis trois siècles, témoignez avec ardeur apostolique votre foi».

«Que la Vierge Marie étende sa protection maternelle sur tous les citoyens de la Roumanie qui, au cours de l’histoire, se sont toujours confiés à son intercession. Je vous confie tous à elle et je lui demande de vous conduire sur le chemin de la foi pour avancer vers un avenir d’authentique progrès et de paix et pour contribuer à la construction d’une patrie toujours plus juste, harmonieuse et fraternelle»

Qui étaient ces évêques martyrs ?

Ces sept évêques n’ont pas été directement assassinés, mais tous ont fait l’objet de mauvais traitements qui ont dégradé leur santé et, pour cinq d’entre eux, les ont mené à une mort précoce. Voici un résumé du parcours de chacun d’entre eux, dans l’ordre chronologique de leurs décès respectifs.

Vasile Aftenie (1899-1950)

Évêque auxiliaire de Blaj pour le Vicariat de Bucarest. Consacré évêque en juin 1940, il refusa la loi d’unification en 1948 et fut arrêté. A partir de mai 1949, il fut durant dix mois l’objet d’interrogatoires violents, sans rien concéder quant à son adhésion à la fois catholique. En mars 1950, il s’effondra dans sa cellule, atteint d’une paralysie partielle. Il mourut 45 jours plus tard.

Valeriu Traian Frentiu (1875-1952)

Évêque de Lugoj, d’Oradea et administrateur apostolique de Blaj. Doyen du groupe, évêque depuis 1912, il fut arrêté en 1948 à l’âge de 73 ans. Gravement malade, il s’éteindra en prison en 1952.

Ioan Suciu (1907-1953)

Évêque auxiliaire d’Oradea, administrateur apostolique de Blaj. Ordonné évêque en 1940 à seulement 33 ans, il fut un dynamique évangélisateur de la jeunesse, multipliant les parties de football, et montrant aussi une grande proximité avec la communauté Rom.

Fougueusement opposé à la dictature du Parti communiste, il fut arrêté en 1948 et fut soumis à des conditions de détention particulièrement dures. Il mourut de faim en 1953, entouré par les autres évêques dans leur cellule de la prison de Sighet. On sait qu’il fut enterré au cimetière des pauvres mais sa tombe n’a jamais pu être identifiée.

Tit Liviu Chinezu (1904-1955)

Évêque auxiliaire de Blaj. Son cas est particulier puisqu’il n’était que prêtre lors de son arrestation, mais fut ordonné évêque en cachette dans le camp de prisonniers du monastère orthodoxe de Caldarusani. Il ne put jamais exercer son ministère, mais partagea le chemin de Croix de ses frères évêques.

Quelques heures avant sa mort, il reçut le sacrement de la réconciliation des mains de Mgr Boros et Mgr Todea, deux évêques qui réussirent à entrer dans sa cellule en effectuant leur travail de balayeurs.

Ioan Balan (1880-1959)

Évêque de Lugoj. Ce brillant canoniste, membre de la commission vaticane pour la rédaction du droit canonique des Églises orientales, avait été ordonné évêque en 1936. Il fut détenu à partir de 1948, et fut ensuite placé à l’isolement au monastère orthodoxe de Ciorogarla, près de Bucarest, où il s’éteindra en 1959.

Alexandru Rusu (1884-1963)

Évêque de Maramures. Ordonné évêque en 1931, il fut alternativement placé en prison et à l’isolement dans des monastères orthodoxes. Considéré comme le plus “dangereux” des évêques, il fut le seul à être condamné par un tribunal et s’éteindra en 1963 à la prison de Gherla.

Cardinal Iuliu Hossu (1885-1970)

Évêque de Cluj-Gherla. Ordonné évêque en 1917, il fut chargé le 1er décembre 1918 de lire la Déclaration d’union de la Transylvanie à la Roumanie, lors de la Grande Assemblée Nationale d’Alba Iulia. A partir de 1948, il fut mis en détention, alternant des périodes en prison et en monastère.

Vers la fin de sa vie, dans un contexte de relative libéralisation du régime de Ceaucescu, quelques visites lui furent accordées. Il fut créé cardinal in pectore en 1969. Cette décision de Paul VI, qu’il avait en réalité refusé car il craignait d’être contraint à l’exil, ne fut révélée que trois ans après sa mort, en 1973.

Dans l’un de ses derniers écrits, rédigés à la façon d’un testament, le cardinal Hossu avait rédigé ces mots qui prennent un relief particulier aujourd’hui, alors que les sept évêques de l’Église gréco-catholique de Roumanie vivent leur ministère dans une filiation assumée avec ces sept martyrs :

«Reçois, Seigneur, le sacrifice qui t’a été offert par Tes serviteurs que Tu as fortifiés et éclairés, et place-le aux fondations de notre Église qui renait dans les douleurs de la grande épreuve ; fais, Seigneur, qu’une abondante récolte naisse de la semence enfouie par Tes serviteurs dans le sillon profond qu’ils tracèrent, aidés par Toi, afin que Ta gloire soit proclamée dans la renaissance de notre Église.»

L’Église gréco-catholique a retrouvé sa liberté en 1990, 20 ans après la mort du cardinal Hossu, et elle poursuit actuellement sa reconstruction, avec la participation active de nombreux témoins directs de ces années de Chemin de Croix. L’espérance pascale l’a emporté sur le projet de mort souhaité par Staline et ses complices en Roumanie.

Le rôle de Radio Vatican

Que ce soit en Roumanie, en République Tchèque, en Pologne ou en Hongrie, l’idéologie matérialiste athée portée par les régimes communistes condamna de nombreuses églises locales à la persécution ou à la clandestinité. Des milliers de prêtres et évêques furent pourchassés, arrêtés, torturés, déportés ou tués, laissant les fidèles démunis et privés de pasteurs, et donc, de la célébration des sacrements, dont l’Eucharistie.

En Roumanie, depuis la nuit du 28 au 29 novembre 1948, -qui vit l’arrestation de tous les évêques gréco-catholiques-, jusqu’au 25 décembre 1989, -qui marqua la fin du régime communiste-, l’unique Divine Liturgie que pouvaient suivre les fidèles était celle qui était alors retransmise sur les ondes de Radio Vatican.

Les bulletins d’information diffusés par la radio du Saint-Siège furent également presque les seuls à atteindre les pays situés de l’autre côté du rideau de fer. Écoutés à l’abri des oreilles indiscrètes, dans le secret des maisons, ils constituèrent pour beaucoup le seul lien avec le monde extérieur, et firent parvenir aux fidèles la sollicitude du Pape et de toute l’Église universelle.

À noter également, à propos de la liturgie de cette cérémonie: le calice et l’évangéliaire choisis ont été utilisés par Mgr Traian Frentiu, l’un des bienheureux évêques, le plus âgé au moment de l’arrestation des prélats gréco-catholiques roumains. Le siège de présidence a été réalisé avec du bois et des barres de fer venant respectivement des lits et des fenêtres des prisons dans lesquelles sont morts les nouveaux bienheureux.