Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

J’ai pleuré pour les chrétiens crucifiés

02-05-2014 source : Radio Vatican

« J’ai pleuré pour les chrétiens crucifiés, aujourd’hui encore il y a des personnes qui tuent au nom de Dieu ». Des paroles fortes du Pape François ce vendredi matin. Lors de la messe qu’il a célébrée en la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, le Pape, sans citer expressément la Syrie, a confié avoir pleuré lorsqu’il a appris en lisant la presse que des chrétiens étaient crucifiés en un certain pays. Une religieuse syrienne témoignait sur nos ondes il y a quelques semaines du calvaire vécu par les chrétiens de Syrie.

« Aujourd’hui il y a des gens qui persécutent et qui tuent au nom de Dieu » rappelle le pape. « Dans certains pays, porter une Croix ou un Évangile suffit pour aller en prison, et des gens sont comme les apôtres, jugés dignes de subir des outrages au nom de Jésus.» Le pape François reliait cette actualité dramatique au récit de la flagellation des apôtres devant le Sanhédrin à Jérusalem, une scène évoquée dans le passage des Actes des Apôtres lu dans la liturgie de ce vendredi 2 mai.

Au centre de son homélie sur l’Évangile de la multiplication des pains et des poissons et la lecture tirée des Actes des Apôtres dans laquelle les disciples de Jésus sont flagellés par le sanhédrin, le Pape François propose trois icônes : la première est l’amour de Jésus pour les gens, son attention portée aux problèmes des personnes. « Le Seigneur ne se préoccupe pas de combien sont ceux qui le suivent, par exemple », « ça ne lui passe pas par la tête de faire un recensement pour voir si l’Église a grandi…non ! Il parle, il prêche, il aime, il accompagne, il parcourt le chemin avec les gens, bienveillant et humble. Et il parle avec autorité, c’est-à-dire avec la force de l’amour ».

Certains ne toléraient pas la douceur de Jésus

La seconde icône est celle de « la jalousie » des autorités religieuses de l’époque : « Ils ne toléraient pas que les gens suivent Jésus ! Ils ne le toléraient pas ! C’est un mauvais comportement. Et de la jalousie, nous passons à l’envie, et nous savons que le père de l’envie est ‘le démon’ et c’est de par cette envie que le mal est entré dans le monde ». « Ces gens savaient bien qui étaient Jésus : il le savait ! Ces personnes étaient les mêmes qui avaient payé les gardes pour dire que les apôtres avaient volé le corps de Jésus ! »

« Ils avaient payé pour garder la vérité sous silence ». « Mais les gens sont vraiment méchants ! Car lorsque nous payons pour cacher la vérité, nous sommes dans une très grande méchanceté. C’est pour cela que les gens savaient qui ils étaient. Ils ne les suivaient pas, ils les toléraient car ils avaient l’autorité : l’autorité du culte, l’autorité de la discipline ecclésiastique à cette époque, l’autorité du peuple…et les gens suivaient. Jésus disait d’eux qu’ils faisaient peser des poids opprimants sur les fidèles et les chargeaient sur les épaules des gens. Ces gens ne tolèrent pas la douceur de Jésus, ils ne tolèrent pas la douceur de l’Évangile, ils ne tolèrent pas l’amour. Et ils paient par envie, par haine ».

Devant le Sanhédrin, il y a « un homme sage », Gamaliel, qui invite les leaders religieux à libérer les apôtres. Ainsi il y a ces deux premières icônes : Jésus qui s’émeut en voyant les gens « sans pasteurs » et les autorités religieuses…

Aujourd’hui encore des gens s’érigent en ‘patrons des consciences’

«Celles-ci, avec leurs manœuvres politiques, avec leurs manœuvres ecclésiales pour continuer à dominer le peuple…Et ainsi, ils font venir les apôtres, après avoir parlé avec ce sage homme. Ils rappelèrent les apôtres, les firent flageller et leur ordonnèrent de ne pas parler au nom de Jésus. Ensuite, ils les remirent en liberté. » « Mais nous devons faire quelque chose : nous leur donnerons de beaux coups de bâton et après, à la maison ! » « C’est injuste mais ils l’ont fait. Ils étaient les patrons des consciences et se sentaient avec le pouvoir de le faire. Patrons des consciences…Aujourd’hui aussi, dans le monde, il y en a beaucoup ».

« Moi, j’ai pleuré lorsque j’ai appris par les médias » la nouvelle « des chrétiens crucifiés dans un certain pays non chrétien. Aujourd’hui encore-il y a encore des gens qui, au nom de Dieu, tuent et persécutent. Et aujourd’hui encore, nous voyons tant de gens qui « comme les apôtres » sont « contents d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus ». « Ceci ‘est la troisième icône d’aujourd’hui’. La joie du témoignage » :

« La première icône : Jésus avec les gens, l’amour, le chemin qu’il nous a enseigné et que nous devons suivre. La seconde icône : l’hypocrisie de ces dirigeants religieux du peuple, qui ont emprisonné le peuple par tant de commandements, avec cette légalité froide et dure et qui ont payé pour cacher la vérité. La troisième icône : la joie des martyrs chrétiens, la joie de tant de nos frères et de nos sœurs qui ont ressenti cette joie, cette félicité d’avoir été jugés dignes de subir des outrages au nom de Jésus. Et aujourd’hui, il y en a tellement ! Pensez que dans certains pays, vous pouvez vous retrouver en prison par le simple fait que vous portez une Évangile. Tu ne peux pas porter de croix : ils te feront payer l’amende. Mais le cœur est content. Les trois icônes : regardons-les aujourd’hui ! Cela fait partie de notre histoire du salut ».

l’intelligence, don de l’Esprit Saint

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 30 avril 2014
Condensé

Frères et sœurs, l’intelligence est l’un des sept dons du Saint Esprit. Il ne s’agit pas de la capacité intellectuelle dont chacun est plus ou moins pourvu. Il s’agit d’une grâce qui rend le chrétien capable de scruter les profondeurs de la pensée de Dieu et de son dessein de salut. Ce don nous fait comprendre le vrai sens de l’histoire. Le don d’intelligence est intimement lié à la foi. Le Saint Esprit vient illuminer notre cœur et notre esprit, nous permettant de comprendre de mieux en mieux ce que le Seigneur a dit et a fait, comme don de son amour pour notre salut. A l’image des disciples d’Emmaüs, lorsque le poids de la vie et de nos limites nous oppresse, nos esprits s’ouvrent et nos cœurs se réchauffent à l’espérance, en présence du Seigneur. Toute chose reçoit alors une lumière nouvelle, et nous parle de Dieu et de son amour.

Je salue cordialement les pèlerins francophones, en particulier les jeunes venus de France, et les pèlerins du Bénin.

Comme les disciples d’Emmaüs, laissons-nous enseigner par l’esprit d’intelligence pour que nous puissions reconnaître, dans les évènements de nos vies, le dessein de Dieu et de son amour.

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La communauté chrétienne doit être en paix, témoigner et assister les pauvres

29-04-2014 source : Radio Vatican

Chaque communauté chrétienne devrait confronter sa propre vie avec celle qui animait la première Église et vérifier sa propre capacité de vivre « en harmonie », de donner un témoignage de la Résurrection du Christ et d’assister les pauvres. C’est ce qu’a affirmé le Pape François lors de l’homélie célébrée ce matin à la chapelle de la maison Sainte-Marthe.

« Une icône » en trois « traits » : c’est ainsi qu’on pourrait caractériser la première communauté chrétienne, telle que décrite dans les actes des Apôtres. Le Pape François s’arrête sur les « trois traits » de ce groupe, capable d’un plein accord en son sein, de donner un témoignage du Christ au monde et d’empêcher qu’aucun de ses membres ne souffre de la misère : « les trois caractéristiques du peuple qui renaît ».

L’homélie du Pape s’articule autour de tout ce que l’Église a mis en lumière pendant cette semaine de Pâques : « renaître d’en haut », de l’Esprit qui donne la vie- affirme François- au premier noyau des « nouveaux chrétiens », lorsqu’ils « ne s’appelaient pas encore ainsi » :

« Il y avait un seul cœur et une seule âme. La paix. Une communauté de paix. Cela signifie que dans cette communauté, il n’y avait pas de place pour les bavardages, les jalousies, les calomnies, les diffamations. Paix. Le pardon : « L’amour couvrait tout ». Pour qualifier une communauté chrétienne sur ce point, nous devons nous demander quel est le comportement des chrétiens. Sont-ils bienveillants, humbles ? Dans cette communauté, y a-t-il des querelles pour le pouvoir ? Des querelles de jalousie ? Y a-t-il des bavardages ? Si oui, ils ne sont pas sur le chemin de Jésus Christ. Cette caractéristique est très importante parce que le démon cherche toujours à nous diviser. C’est le père de la division. »

Non que les problèmes n’étaient pas présents au sein de cette première communauté. « Les luttes internes, les luttes doctrinales, les luttes pour le pouvoir »  ont surgi par la suite. Par exemple, lorsque les veuves se plaignaient de ne pas être bien assistées et les Apôtres ont du faire les diacres. Cependant, ce « moment fort » du commencement fixe pour toujours l’essence de la communauté née de l’Esprit. Une communauté harmonieuse, une communauté de témoins de la foi, sur laquelle le Pape François invite à confronter chaque communauté d’aujourd’hui :

« Est-ce une communauté qui donne le témoignage de la résurrection de Jésus Christ ? Cette paroisse, cette communauté, ce diocèse croit-elle vraiment que Jésus est ressuscité ? Ou bien dit-elle : « Oui, il est ressuscité mais ici, pour ceux qui le croit. Donner le témoignage du Christ ressuscité, et vivant parmi nous. C’est ainsi qu’une communauté devrait être. »

Le troisième trait sur lequel nous pouvons mesurer la vie d’une communauté chrétienne est son rapport aux pauvres. Et ici, le Pape François distingue deux points :

« Premièrement : quel est ton comportement ou le comportement de cette communauté vis-à-vis des pauvres ? Deuxièmement : Cette communauté est-elle pauvre ? Pauvre de cœur, pauvre d’esprit ? Ou bien met-elle sa confiance dans les richesses ? Dans le pouvoir ? Harmonie, témoignage, pauvreté et prendre soin des pauvres. C’est ce que Jésus expliquait à Nicodème : naître d’en haut. Parce que le seul qui puisse le faire est l’Esprit. C’est l’œuvre de l’Esprit. L’Église est l’Esprit. L’Esprit fait l’unité. L’Esprit te pousse vers le témoignage. L’Esprit te fait pauvre parce qu’il est la richesse et fait en sorte que tu prennes soin des pauvres. »

« Que l’Esprit Saint – conclut le Pape François – nous aide à marcher sur ce chemin de renaissance par la force du Baptême.»