Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

la Galilée des nations, lieu symbolique

Lors de la prière de l’angélus, le pape François a appelé les fidèles à avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile, à ne pas céder à la tentation de construire des clôtures autour de nous. En commentant l’Évangile de ce dimanche, qui relate le début de la vie publique de Jésus dans les villes et villages de Galilée, le Pape établit un parallèle entre la Galilée et le monde d’aujourd’hui. Après l’angélus, il a évoqué la Journée mondiale des malades de la lèpre, le nouvel an lunaire chinois et appelé à prier pour l’Ukraine.

Méditation du pape François avant l’angélus

Chers frères et sœurs, bonjour !

L’Évangile de ce dimanche raconte les débuts de la vie publique de Jésus dans les villes et dans les villages de Galilée. Sa mission ne part pas de Jérusalem, c’est-à-dire du centre religieux, centre également social et politique, mais elle part d’une zone périphérique, une zone méprisée par les juifs les plus observants, en raison de la présence dans cette région de différentes populations étrangères : c’est pourquoi le prophète Isaïe la désigne comme « Galilée des nations » (Is 8, 23).

C’est une terre de frontière, une zone de transit où l’on rencontre des personnes de races, de cultures et de religions différentes. La Galilée devient ainsi le lieu symbolique de l’ouverture de l’Evangile à tous les peuples.

De ce point de vue, la Galilée ressemble au monde d’aujourd’hui : présence de différentes cultures, nécessité de confrontation et nécessité de rencontre. Nous aussi nous sommes immergés chaque jour dans une « Galilée des nations », et dans ce type de contexte, nous pouvons nous effrayer et céder à la tentation de construire des enclos pour être plus en sécurité, plus protégés. Mais Jésus nous enseigne que la Bonne nouvelle qu’Il apporte n’est pas réservée à une partie de l’humanité, est à communiquer à tous. C’est une annonce joyeuse destinée à ceux qui l’attendent mais aussi à ceux qui, peut-être, n’attendent plus rien et n’ont pas même la force de chercher et de demander.

En partant de la Galilée, Jésus nous enseigne que personne n’est exclu du salut de Dieu, au contraire, que Dieu préfère partir de la périphérie, des laissés-pour-compte, pour rejoindre chacun. Il nous enseigne une méthode, sa méthode, qui exprime le contenu, à savoir la miséricorde du Père. « Tout chrétien et toute communauté chrétienne discernera quel est le chemin que le Seigneur lui demande, mais nous sommes tous appelés à accepter cet appel : sortir de son confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile » (Evangelii gaudium, 20).

Non seulement Jésus commence sa mission depuis un lieu excentré, mais aussi par des hommes que l’on dirait de « profil bas », en quelque sorte. Pour choisir ses premiers disciples, et futurs apôtres, il ne s’adresse pas aux écoles des scribes et des docteurs de la Loi, mais aux personnes humbles, aux personnes simples, qui se préparent avec zèle à la venue du Royaume de Dieu. Jésus va les appeler là où ils travaillent, sur la rive du lac : ce sont des pêcheurs. Il les appelle et eux le suivent immédiatement. Ils laissent les filets et ils partent avec lui : leur vie deviendra une aventure extraordinaire et fascinante.

Chers amis et amies, le Seigneur appelle aujourd’hui aussi ! Le Seigneur passe sur les routes de notre vie quotidienne. Aujourd’hui aussi, en ce moment, le Seigneur passe sur la place. Il nous appelle à aller avec Lui, à travailler avec Lui pour le Royaume de Dieu, dans les « Galilées » de notre époque. Que chacun de vous y pense : le Seigneur passe aujourd’hui, le Seigneur me regarde, il est en train de me regarder ! Qu’est-ce que me dit le Seigneur ? Et si l’un d’entre vous entend le Seigneur lui dire : « Suis-moi ! », qu’il soit courageux, qu’il aille avec le Seigneur! Le Seigneur ne déçoit jamais. Écoutez dans votre cœur si le Seigneur vous appelle à le suivre. Laissons-nous rejoindre par son regard, par sa voix, et suivons-le ! « Afin que la joie de l’Évangile parvienne jusqu’aux extrémités de la terre et qu’aucune périphérie ne soir privée de de sa lumière » (ibid., 288).

Après l’angélus  –>Lire la suite →

Le Christ est-il divisé ?

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 22 janvier 2014
Condensé

Frères et sœurs, nous sommes dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui a pour thème cette année : « Le Christ, est-il divisé ? ». Certainement, le Christ n’est pas divisé. Mais nous devons reconnaître avec douleur les divisions entre des communautés qui professent le nom du Christ. Or le nom du Christ crée la communion et l’unité, et non la division. Le Baptême et la Croix sont les éléments centraux du chrétien que nous avons en commun. L’apôtre Paul désapprouvait les querelles, mais il rendait grâce pour les dons faits par Dieu à la communauté. Il nous encourage à reconnaître les grâces accordées aux autres chrétiens, et à nous en réjouir. Nous sommes fils de Dieu par le Baptême, nous sommes disciples de Jésus qui portons la Croix et le suivons. Mais au-delà de nos communautés, d’autres fils de Dieu, d’autres disciples sont, comme nous, appelés à la sainteté.

Chers amis, je vous invite à prier pour l’unité entre baptisés et à accueillir ce que nous pourrons recevoir comme un don de la part d’autres chrétiens.

Bon pèlerinage !

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Audience générale du pape François 22 01 2014 (intégrale)

Préservons notre petitesse pour dialoguer avec le Seigneur

21-01-2014 source : Radio Vatican

Préservons notre petitesse pour dialoguer avec la grandeur du Seigneur. C’est ce qu’a affirmé le Pape lors de la Messe célébrée ce mardi matin en la chapelle de la maison Sainte-Marthe. Pour le Souverain, le Seigneur entretient un rapport personnel avec nous, ce n’est jamais un dialogue de masse. Le Seigneur choisit toujours les petits, ceux qui ont moins de pouvoir car il voit notre humilité.

Le Seigneur et les petits. Le Pape François s’est concentré, lors de son homélie, sur ces deux concepts : « le rapport du Seigneur avec son peuple est un rapport personnel », c’est « toujours, de personne à personne » ; « Il est le Seigneur et le peuple porte un nom », « ce n’est pas un dialogue entre le puissant et la masse ». C’est un dialogue personnel :

« Et dans un peuple, chacun a sa place. Le Seigneur parle de cette façon aux gens mais jamais comme une masse. Il parle toujours personnellement, avec des noms. Et il choisit personnellement. Le récit de la création est une figure qui le démontre : c’est ce même Seigneur qui, avec ses mains, crée de façon artisanale l’homme et lui donne un nom. ‘Toi, tu t’appelles Adam’. Et ainsi commence ce rapport entre Dieu et la personne. Et il y a autre chose, il y a un rapport entre Dieu et nous, les petits : Dieu, le grand et nous, les petits. Dieu, lorsqu’il doit choisir les personnes et son peuple, il choisit toujours les petits ».

Le Seigneur choisit les petits, les plus petits

Dieu choisit son peuple pour qu’il soit « le plus petit », qu’il ait « moins de pouvoir » que les autres peuples. Il y a vraiment « un dialogue entre Dieu et la petitesse humaine ». Même la Sainte-Vierge dira : « Le Seigneur a vu mon humilité ». Le Seigneur « a choisi les petits ». Dans de la première lecture « on voit clairement le comportement du Seigneur ». Le prophète Samuel se tient devant le fils ainé de Jesse et pense qu’il est «une personne estimée parce que c’était un grand homme, haut de taille ». Mais le Seigneur lui dit « de ne pas regarder son aspect ni sa stature » et ajoute : « Moi, je l’ai écarté car ce que l’homme voit n’a pas d’importance ». En effet, « l’homme voit l’apparence mais le Seigneur voit le cœur ». Le Seigneur choisit selon ses critères. Et il choisit « les faibles et les débonnaires, pour confondre les puissants de la Terre ». À la fin, « le Seigneur choisit donc David, le plus petit », « qui n’avait pas d’importance pour le père ». « Il n’était pas à la maison, il était en train de garder les moutons. Et pourtant, c’est justement David ‘qui a été élu ‘ » :

« Nous tous, nous avons été élus par le Seigneur à travers le baptême. Nous sommes tous élus. Il nous a choisis un par un. Il nous a donné un nom et nous regarde. Il y a un dialogue car c’est ainsi qu’aime le Seigneur. David est également devenu roi et s’est trompé. Il a peut-être fait beaucoup de fautes mais la Bible nous raconte deux grosses erreurs, deux lourdes erreurs. Qu’a fait David ? Il s’est humilié. Il est retourné à sa petitesse et a dit : ‘Je suis un pécheur’. Il a demandé pardon et il a fait pénitence

Humilité, douceur, docilité font partie de la vie du chrétien

Après le deuxième péché, David dit au Seigneur : « Punis-moi, non pas le peuple. Le peuple n’est pas à blâmer, moi je suis coupable. David, qui a constitué la réflexion du Pape, a conservé sa petitesse, par la repentance, par la prière, par les pleurs ». « Pensant à cela, à ce dialogue entre le Seigneur et notre petitesse,  je me demande où se trouve la fidélité chrétienne » :

« La fidélité chrétienne, notre fidélité, consiste simplement à préserver notre petitesse afin de pouvoir dialoguer avec le Seigneur. Préserver notre petitesse. Pour cela, l’humilité, la douceur, la docilité sont tellement importants dans la vie du chrétien car ils permettent de protéger la petitesse, que le Seigneur aime regarder. Et ce sera toujours le dialogue entre notre petitesse et la grandeur du Seigneur. Que le Seigneur nous donne- par intercession de Saint-David et aussi par intercession de la Sainte-Vierge qui chantait joyeusement pour Dieu car elle avait vu son humilité- que le Seigneur nous donne la grâce de préserver notre petitesse devant lui. »