Marie est l’icône de l’Église. Celui qui, dans la foi, veut s’approcher du mystère de l’Église, tournera son regard vers Marie. C’est pourquoi le Concile et à sa suite le Catéchisme concluent l’exposé sur l’Église par un chapitre sur « la Vierge Marie Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église» » (963-975).
«Ce que la foi catholique croit au sujet de Marie se fonde sur ce qu’elle croit au sujet du Christ, mais ce qu’elle enseigne sur Marie éclaire à son tour sa foi au Christ » (Catéchisme de l’Église Catholique CEC 487). Ce que Marie est pour l’Église résulte de son union au Christ. Elle est la Mère du Christ Sauveur. En conséquence, elle est unie à tous ceux qui sont « membres du Corps du Christ ».
Marie est la « réalisation exemplaire » de l’Église (CEC 967) d’abord par sa foi. Par son « oui », l’Église, d’une certaine manière, a commencé. Marie est la première de tous les croyants. Notre foi repose sur sa foi inébranlable. « C’est pour cette foi que toutes les générations la proclameront bienheureuse » (CEC 148).
Marie est modèle de l’Église parce que, à la suite du Christ, elle « avançait dans le pèlerinage de la foi» jusqu’à la croix. Elle a souffert avec son Fils et s’est unie à son sacrifice. Elle a consenti de tout son cœur lorsque son Fils a donné sa vie pour nous tous. Au pied de la croix, elle devient la Mère de l’Église, puisque le Christ, au moment de mourir, lui confie le disciple qu’il aimait : « Femme, voici ton fils» (Jn 19, 27).
Marie est encore la réalisation exemplaire de l’Église par son assomption corps et âme dans la gloire céleste de son Fils. Elle est le premier membre de l’Église en qui l’Église est déjà toute parfaite. En Marie, des maintenant l’Église est arrivée au terme de son cheminement.
Aussi Marie apporte-t-elle une collaboration sans pareille à l’œuvre de son Fils ressuscité. « C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère » (CEC 968). « Elle est Mère partout où Il est Sauveur et Tête du Corps mystique » (CEC 973).
Marie est Mère ; l’Église à son tour est appelée Mère ; et de même que Marie est invoquée comme avocate, auxiliatrice, secourable et médiatrice (CEC 969), de même ces titres peuvent être appliqués à l’Église. Ici aussi Marie est réalisation exemplaire de l’Église.
Penser que l’activité de Marie enlèverait quelque chose au Christ serait un malentendu : « Le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque et ne diminue en rien l’unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu » (CEC 970).
Tout ce que Marie fait pour les hommes en tant que Mère vient du Christ et conduit à Lui. Cela vaut aussi pour la maternité de l’Église qui est « sacrement de salut » pour tous les hommes (CEC 776). Il y a cependant une différence entre Marie et l’Église en pèlerinage :
«En la personne de la .… Vierge Marie l’Église atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride. Les fidèles du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour croître en sainteté par la victoire sur le péché : c’est pourquoi ils lèvent leurs yeux vers Marie : en elle, l’Église est déjà la toute sainte» (CEC 829).
Alors que la solitude est une épreuve pour de nombreuses personnes, la liturgie nous rappelle aujourd’hui que Dieu ne nous oublie pas et que nous avons du prix à ses yeux. Puissions-nous acquérir un regard capable de discerner sa présence au cœur de notre vie !
Car rechercher le Royaume de Dieu nous libère de la peur du lendemain et nous ouvre à la confiance et à l’espérance qui ne déçoit point. Je vous invite à être pour ceux qui vous entourent les témoins de l’amour de Dieu, plus tendre que celui d’une mère pour son enfant, et à prier pour que la justice et le dialogue l’emportent sur le profit et la violence.
A la lumière de la Parole de Dieu de ce jour, je vous invite à invoquer la Vierge Marie par le titre de Mère de la Providence divine. Confions-lui notre vie, la marche de l’Église, les événements de l’histoire.
Invoquons en particulier son intercession afin que nous apprenions tous à vivre selon un style plus simple et plus sobre, dans l’activité quotidienne et dans le respect de la création, que Dieu a confiée à notre garde.
Extraits des paroles de Benoît XVI lors de la prière de l’angélus du dimanche 27 février 2011.
1. Le mystère de l’Église, sacrement de l’union avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain
Résumé de la catéchèse du Saint-Père :
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Aujourd’hui, nous abordons la Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l’Église pour nous intéresser à son origine. Parler du « mystère » de l’Église ne revient pas à parler de quelque chose d’obscur ou d’incompréhensible mais d’une réalité qui, auparavant cachée, est désormais révélée. Cette réalité est le dessein de Dieu, son projet d’unir toutes les créatures dans le Christ.
Attirés par la Croix, comme manifestation suprême de l’amour de Dieu, les hommes sont convoqués en assemblée, ekklesia, par Dieu. En effet, lorsque Dieu agit dans l’histoire, il implique dans son activité les personnes. Par l’Église, Dieu unit les hommes à lui et les réunit entre eux car le désir d’unité habite le cœur humain.
L’Église, nous dit encore le Concile, est dans le Christ comme un sacrement de salut, c’est-à-dire signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain. Par elle, le Christ œuvre continuellement dans le monde pour faire participer les hommes à sa vie glorieuse, par la nourriture de son corps et de son sang.
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LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 18 février 2026
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Catéchèse. Les documents du Concile Vatican II II. La Constitution dogmatique Lumen Gentium
1. Le mystère de l’Église, sacrement de l’union avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain
Chers frères et sœurs, bonjour, et bienvenue !
Le Concile Vatican II, dont nous étudions actuellement les documents dans nos catéchèses, a tout d’abord cherché à expliquer l’origine de l’Église lorsqu’il a voulu la décrire. Pour ce faire, dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium, approuvée le 21 novembre 1964, il a puisé dans les Lettres de saint Paul le terme « mystère ».
En choisissant ce mot, il ne voulait pas dire que l’Église est quelque chose d’obscur ou d’incompréhensible, comme cela arrive couramment lorsqu’on entend prononcer le mot « mystère ». C’est exactement le contraire : en effet, lorsque saint Paul utilise ce mot, surtout dans la Lettre aux Éphésiens, il veut désigner une réalité qui était auparavant cachée et qui a maintenant été révélée.
Il s’agit du dessein de Dieu qui a un but : unifier toutes les créatures grâce à l’action réconciliatrice de Jésus-Christ, action qui s’est accomplie dans sa mort sur la croix. Cela s’expérimente tout d’abord dans l’assemblée réunie pour la célébration liturgique : là, les différences sont relativisées, ce qui compte, c’est d’être ensemble, parce qu’attirés par l’amour du Christ, qui a abattu le mur de séparation entre les personnes et les groupes sociaux (cf. Ep 2, 14).
Pour saint Paul, le mystère est la manifestation de ce que Dieu a voulu réaliser pour l’humanité tout entière et se fait connaître dans des expériences locales, qui s’étendent progressivement jusqu’à inclure tous les êtres humains et même le cosmos.
La condition humaine est une fragmentation que les êtres humains ne sont pas en mesure de réparer, bien que le désir d’unité habite leur cœur. C’est dans cette condition que s’inscrit l’action de Jésus-Christ qui, par l’Esprit Saint, vainc les forces de la division et le Diviseur lui-même.
Se retrouver ensemble pour célébrer, après avoir cru à l’annonce de l’Évangile, est vécu comme une attraction exercée par la croix du Christ, qui est la manifestation suprême de l’amour de Dieu ; c’est se sentir convoqués ensemble par Dieu : c’est pourquoi on utilise le terme ekklesía, c’est-à-dire l’assemblée des personnes qui reconnaissent être convoquées. Il y a donc une certaine coïncidence entre ce mystère et l’Église : l’Église est le mystère rendu perceptible.
Cette convocation, précisément parce qu’elle est mise en œuvre par Dieu, ne peut toutefois se limiter à un groupe de personnes, mais est destinée à devenir l’expérience de tous les êtres humains. C’est pourquoi le Concile Vatican II, au début de la Constitution Lumen Gentium, affirme ainsi : « L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (n° 1).
L’utilisation du terme “sacrement” et l’explication qui en découle visent à indiquer que l’Église est, dans l’histoire de l’humanité, l’expression de ce que Dieu veut réaliser ; ainsi, en la regardant, on saisit dans une certaine mesure le dessein de Dieu, le mystère : en ce sens, l’Église est un signe.
En outre, au terme “sacrement” s’ajoute celui d’“instrument”, précisément pour indiquer que l’Église est un signe actif. En effet, lorsque Dieu agit dans l’histoire, il implique dans son activité les personnes qui sont les destinataires de son action. C’est par l’Église que Dieu atteint son objectif d’unir les personnes à lui et de les réunir entre elles.
L’union avec Dieu trouve son reflet dans l’union des personnes humaines. Telle est l’expérience du salut. Ce n’est pas un hasard si, dans la Constitution Lumen Gentium, au chapitre VII consacré à la nature eschatologique de l’Église en pèlerinage, au n° 48, on utilise à nouveau la description de l’Église comme sacrement, avec la précision “de salut”:
« En effet, dit le Concile, le Christ, élevé de terre a tiré à lui tous les hommes (cf. Jn 12, 32 grec) ; ressuscité des morts (cf. Rm 6, 9), il a envoyé sur ses Apôtres son Esprit de vie et par lui a constitué son Corps, qui est l’Église, comme le sacrement universel du salut ; assis à la droite du Père, il exerce continuellement son action dans le monde pour conduire les hommes vers l’Église, se les unir par elle plus étroitement et leur faire part de sa vie glorieuse en leur donnant pour nourriture son propre Corps et son Sang».
Ce texte permet de comprendre le rapport entre l’action unificatrice de la Pâque de Jésus, qui est mystère de passion, mort et résurrection, et l’identité de l’Église. En même temps, il nous rend reconnaissants d’appartenir à l’Église, corps du Christ ressuscité et unique peuple de Dieu en pèlerinage dans l’histoire, qui vit comme une présence sanctifiante au milieu d’une humanité encore divisée, signe efficace d’unité et de réconciliation entre les peuples.
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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les élèves des diverses écoles de Paris et de toute la France, les groupes de jeunes et les pèlerins de Côte d’Ivoire.
Chers amis, appartenir à l’Église est une grâce qu’il vous appartient de faire fructifier car elle est une présence sanctifiante au milieu d’une humanité encore fragmentée, mais qui aspire à l’unité.