Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Catéchèse – 30. La prière vocale

Catéchèse – 30La prière vocale,
moyen le plus sûr de s’adresser à Dieu

Continuant son cycle de catéchèses sur la prière, le Pape François a pris ce mercredi matin le thème de la prière vocale. Une «donnée indispensable de la vie chrétienne», enseignée par les Écritures Saintes et par les personnes qui demeurent fidèles à leur mission de priant.

Résumé de la catéchèse

Frères et sœurs, la prière est dialogue avec Dieu. En un certain sens, chaque créature dialogue avec Dieu mais chez l’être humain, la prière devient parole, invocation, chant, poésie. Les paroles naissent de nos expériences et façonnent notre existence.

C’est pourquoi les Saintes Écritures nous enseignent à prier aussi avec des paroles parfois audacieuses. Personne ne naît saint et lorsque des sentiments mauvais frappent à la porte de notre cœur, nous devons être capables de les désamorcer avec la prière et la parole de Dieu.

La première prière humaine est toujours une récitation vocale. Même si prier ne signifie pas répéter des paroles, la prière vocale est cependant la plus sûre et il est toujours possible de la pratiquer. La prière des lèvres, murmurée ou récitée en chœur, est toujours possible.

Nous devrions tous avoir l’humilité de certaines personnes âgées qui, dans l’Église, récitent à mi-voix les prières apprises durant l’enfance. Ces pratiquants de la prière humble sont souvent les grands intercesseurs des paroisses.

On peut toujours demeurer fidèle à la prière vocale. Nous ne devons pas la mépriser car elle présente à Dieu les demandes qu’il veut écouter. Jésus ne nous a pas laissés dans le brouillard. Il nous a enseigné la prière du Notre Père.

***

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 21 avril 2021


Chers frères et sœurs, bonjour!

La prière est un dialogue avec Dieu; et chaque créature, dans un certain sens, «dialogue» avec Dieu. Dans l’être humain, la prière devient parole, invocation, chant, poésie… La Parole divine s’est faite chair, et dans la chair de chaque homme la parole revient à Dieu dans la prière.

Les paroles sont nos créatures, mais elles sont aussi nos mères et, dans une certaine mesure, elles nous façonnent. Les paroles d’une prière nous font traverser sans danger une vallée obscure, elles nous dirigent vers des prés verts et riches en eaux, nous faisant banqueter sous les yeux de l’ennemi, comme nous enseigne à réciter le psaume (cf. Ps 23).

Les paroles naissent des sentiments, mais il existe aussi le chemin inverse: celui selon lequel les paroles modèlent les sentiments. La Bible éduque l’homme à faire en sorte que tout ait lieu à la lumière de la parole, que rien d’humain ne soit exclu, censuré.

La douleur, en particulier, est dangereuse si elle reste cachée, enfermée en nous… Une douleur enfermée en nous, qui ne peut pas s’exprimer ou se manifester, peut empoisonner l’âme; elle est mortelle.

C’est pour cette raison que l’Ecriture Sainte nous enseigne à prier également avec des paroles parfois audacieuses. Les auteurs sacrés ne veulent pas nous tromper sur l’homme: ils savent que son cœur abrite également des sentiments peu édifiants, et même de la haine.

Aucun de nous ne naît saint, et quand ces mauvais sentiments frappent à la porte de notre cœur, il faut être capables de les désamorcer par la prière et par les paroles de Dieu.

Dans les psaumes, nous trouvons également des expressions très dures contre les ennemis – des expressions que les maîtres spirituels nous enseignent à rapporter au diable et à nos péchés –; pourtant ce sont des paroles qui appartiennent à la réalité humaine et qui ont fini dans le  cadre des Saintes Écritures.

Elles sont là pour témoigner que si les paroles n’existaient pas face à la violence, pour rendre les mauvais sentiments inoffensifs, pour les canaliser de manière à ce qu’ils ne nuisent pas, le monde en serait entièrement submergé.

La première prière humaine est toujours une récitation vocale. Ce sont toujours les lèvres qui bougent les premières. Même si nous savons tous que prier ne signifie pas répéter des mots, toutefois la prière vocale est la plus sûre et il est toujours possible de l’exercer.

Les sentiments, en revanche, pour autant qu’ils soient nobles, sont toujours incertains: ils vont et viennent, ils nous abandonnent et reviennent. Pas seulement, les grâces de la prière sont elles aussi imprévisibles: dans certains moments les consolations abondent, mais dans les jours les plus sombres, elles semblent entièrement s’évaporer.

La prière du cœur est mystérieuse et quelquefois elle disparaît. La prière des lèvres, celles que l’on murmure ou que l’on récite en chœur, est en revanche toujours disponible, et nécessaire comme le travail manuel. Le Catéchisme affirme:«La prière vocale est une donnée indispensable de la vie chrétienne.

Aux disciples, attirés par la prière silencieuse de leur Maître, Celui-ci enseigne une prière vocale: le “Notre Père”» (n. 2701).  « Enseigne-nous à prier », demandent les disciples à Jésus, et Jésus enseigne une prière vocale: le Notre Père. Et dans cette prière, il y a tout.

Nous devrions tous avoir l’humilité de certaines personnes âgées qui, à l’église, peut-être parce que leur ouïe n’est désormais plus très fine, récitent à mi-voix les prières qu’elles ont apprises étant enfants, remplissant la nef de murmures.

Cette prière ne dérange pas le silence, mais témoigne de la fidélité au devoir de l’oraison, pratiquée pendant toute une vie, sans jamais y manquer. Ces orants à la prière humble sont souvent les grands intercesseurs des paroisses: ils sont les chênes qui, d’année en année, élargissent leurs frondaisons, pour offrir de l’ombre au plus grand nombre possible de personnes.

Seul Dieu sait quand et combien leur cœur était uni à ces prières récitées: ces personnes ont sûrement dû elles aussi affronter des nuits et des moments de vide. Mais on peut toujours rester fidèles à la prière vocale. Elle est comme une ancre: il faut s’agripper à la corde pour rester là, fidèles, quoi qu’il arrive.

Nous avons tous quelque chose à apprendre de la constance de ce pèlerin russe, dont parle une œuvre de spiritualité célèbre, qui a appris l’art de la prière en répétant la même invocation un nombre de fois infini: «Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de moi, pécheur!»   (cf. CEC, n. 2616; n. 2667).

Il répétait seulement cela. Si des grâces arrivent dans sa vie, si la prière devient un jour ardente au point de percevoir la présence du Royaume ici-bas parmi nous, si son regard se transforme jusqu’à être comme celui d’un enfant, c’est parce qu’il a insisté dans la récitation d’une simple jaculatoire chrétienne.

A la fin, celle-ci devient une partie de son souffle. L’histoire du pèlerin russe est belle: il s’agit d’un livre à la portée de tous. Je vous conseille de le lire: il vous aidera à comprendre ce qu’est la prière vocale.

Nous ne devons donc pas mépriser la prière vocale. Certains disent: «Mais c’est quelque chose pour les enfants, pour les gens ignorants; moi, je recherche la prière mentale, la méditation, le vide intérieur pour que Dieu vienne». Je vous en prie, il ne faut pas tomber dans l’arrogance de mépriser la prière vocale.

C’est la prière des simples, celle que Jésus nous a enseignée: Notre Père, qui es aux cieux…     Les paroles que nous prononçons nous prennent par la main; à certains moments elles redonnent le goût, elles éveillent même le plus endormi des cœurs, elles réveillent des sentiments dont nous avions égaré la mémoire, et nous conduisent par la main vers l’expérience de Dieu.

Et ce sont surtout les seules qui, de manière certaine, adressent à Dieu les questions qu’Il veut écouter. Jésus ne nous a pas laissés dans le brouillard. Il nous a dit: «Vous donc, priez ainsi!». Et il a enseigné la prière du Notre Père (cf. Mt 6, 9).


Salutations

Je suis heureux de saluer les personnes de langue française ! Que nos paroles, nos chants et nos invocations deviennent pour notre Dieu louange, action de grâce et adoration en vue d’une plus grande fécondité de nos vies. A tous, ma bénédiction !

Je salue cordialement les fidèles anglophones. Dans la joie du Christ ressuscité, j’invoque sur vous et vos familles l’amour miséricordieux de Dieu notre Père. Que le Seigneur vous bénisse!

Je salue cordialement les frères et sœurs germanophones. La prière vocale nous aide à être fidèles et constants dans la prière, surtout lorsque nous vivons des moments de vide. Que le Saint-Esprit nous guide dans la prière et la vie selon la parole de Dieu.

Je salue cordialement les fidèles de langue espagnole. Demandons au Seigneur Jésus, Parole faite chair, de nous apprendre à prier comme il l’a enseigné à ses disciples, afin qu’avec l’aide du Saint-Esprit, restons fidèles à la prière toute notre vie, et sachons comment mettre nos paroles en accord avec les intentions de notre cœur. Que Dieu te bénisse. Merci beaucoup.

Je salue cordialement les fidèles lusophones. Je vous invite à ne pas abandonner les simples prières que nous avons apprises dans notre famille en tant qu’enfants et que nous gardons dans notre mémoire et dans nos cœurs. Ce sont des moyens sûrs d’accéder au cœur du Père. Que Dieu te bénisse!

Je salue les fidèles arabophones. Je salue les fidèles arabophones. Nous n’avons pas peur si les grâces de la prière semblent avoir disparu dans un moment d’obscurité, mais nous tenons plutôt à réciter ne serait-ce qu’une simple prière jaculatoire chrétienne, de sorte que cela devienne une partie de notre souffle qui nous fait ressentir la présence du Royaume de Dieu, ici, parmi nous. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal!

Je salue cordialement les Polonais. Après-demain, vous fêterez la solennité de saint Adalbert, évêque et martyr, saint patron de la Pologne. Homme de foi profonde, de prière et de force, son martyre est devenu le fondement de l’identité de l’Église en Pologne. Qu’il obtienne pour vous, de Dieu, le courage de la foi et la croissance humaine, sociale et spirituelle de votre patrie. Je vous bénis de tout mon cœur.

J’adresse un salut cordial aux fidèles italophones. Que le temps de Pâques, nous vivons en vous la renaissance dans le Saint-Esprit, pour vivre une vie nouvelle, pleine d’amour et d’enthousiasme.

Enfin, comme d’habitude, mes pensées vont aux personnes âgées, aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. En cette période pascale, qui nous invite à méditer sur le mystère de la résurrection du Christ, que la gloire du Seigneur soit une source d’énergie nouvelle pour tous sur le chemin du salut.

Ma bénédiction à tous!


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CONTRE LE RELATIVISME PHILOSOPHIQUE ET MORAL

CONTRE LE RELATIVISME PHILOSOPHIQUE ET MORAL

Jésus tenté par Satan Vitrai ND-du-Port Clermont-Ferrand
Jésus tenté par Satan Vitrai ND-du-Port Clermont-Ferrand

Depuis que, par la jalousie du démon, le genre humain s’est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable de son appel à l’existence et des dons surnaturels, il s’est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l’un pour la vérité et la vertu, l’autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité.

Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Église de Jésus Christ, dont les membres, s’ils veulent lui appartenir du fond du cœur et de manière à opérer le salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils unique, de toute leur âme, de toute leur volonté.

Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d’obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici, pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu.

Ces deux royaumes, saint Augustin les a vus et décrits avec une grande perspicacité, sous la forme de deux cités opposées l’une à l’autre, soit par les lois qui les régissent, soit par l’idéal qu’elles poursuivent; et, avec un ingénieux laconisme, il a mis en relief dans les paroles suivantes le principe constitutif de chacune d’elles:

« Deux amours ont donné naissance à deux cités : la cité terrestre procède de l’amour de soi porté jusqu’au mépris de Dieu; la cité céleste procède de l’amour de Dieu porté jusqu’au mépris de soi. »

Dans toute la suite des siècles qui nous ont précédés, ces deux cités n’ont pas cessé de lutter l’une contre l’autre, en employant toutes sortes de tactiques et les armes les plus diverses, quoique non toujours avec la même ardeur, ni avec la même impétuosité.

A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s’être coalisés dans un immense effort … Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d’audace entre eux contre l’auguste majesté de Dieu.

C’est publiquement, à ciel ouvert, qu’ils entreprennent de ruiner la sainte Église, afin d’arriver, si c’était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ.

Gémissant à la vue des maux et sous l’impulsion de la charité, Nous Nous sentons souvent porté à crier vers Dieu,  » Seigneur, voici que vos ennemis font un grand fracas, ceux qui vous haïssent ont levé la tête. Ils ont ourdi contre votre peuple des complots pleins de malice et ils ont résolu de perdre vos saints. Oui, ont-ils dit, venez et chassons-les du sein des nations. »

Cependant, en un si pressant danger, en présence d’une attaque si cruelle et si opiniâtre du christianisme, c’est de Notre devoir de signaler le péril, de dénoncer les adversaires, d’opposer toute la résistance possible à leurs projets et à leur industrie.

D’abord pour empêcher la perte éternelle des âmes dont le salut Nous a été confié; puis afin que le royaume de Jésus Christ, que Nous sommes chargé de défendre, non seulement demeure debout et dans toute son intégrité, mais fasse par toute la terre de nouveau progrès, de nouvelles conquêtes.

Demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu, de se faire notre auxiliaire et notre interprète. Victorieuse de Satan dès le premier instant de sa conception, qu’Elle déploie sa puissance contre les sectes réprouvées qui font si évidemment revivre parmi nous l’esprit de révolte, l’incorrigible perfidie et la ruse du démon.

Appelons à notre aide le prince des milices célestes, saint Michel, qui a précipité dans les enfers les anges révoltés ; puis saint Joseph, l’époux de la Très Sainte Vierge, le céleste et tutélaire patron de l’Église catholique et les grands apôtres saint Pierre et saint Paul, ces infatigables semeurs et ces champions invincibles de la foi catholique.

Grâce à leur protection et à la persévérance de tous les fidèles dans la prière, Nous avons la confiance que Dieu daignera envoyer un secours opportun et miséricordieux au genre humain en proie à un si grand danger.

En attendant, comme gage des dons célestes et comme témoignage de Notre bienveillance, Nous vous envoyons du fond du cœur la bénédiction apostolique, à vous, Vénérables Frères, ainsi qu’au clergé et aux peuples confiés à votre sollicitude.

Donné à Rome, près Saint Pierre, le 20 avril 1884, de Notre Pontificat la septième année.

LÉON XIII

HUMANUM GENUS, LETTRE ENCYCLIQUE
CONDAMNANT LE RELATIVISME PHILOSOPHIQUE ET MORAL …


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Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

La foi chrétienne se vit en contact direct

La foi chrétienne se vit en contact direct

À la fenêtre du Palais apostolique, ce dimanche midi, le Pape François a médité sur l’Évangile lors du Regina Caeli en insistant sur l’importance pour les chrétiens de vivre une foi incarnée, concrète, sans distance.

Jésus ressuscité avec ses disciples
Jésus ressuscité avec ses disciples

En ce troisième dimanche de Pâques, nous retournons à Jérusalem, au Cénacle, comme guidés par les deux disciples d’Emmaüs, qui avaient écouté avec beaucoup d’émotion les paroles de Jésus sur la route et l’avaient ensuite reconnu ‘à la fraction du pain’ (Lc 24, 35).

Maintenant, au Cénacle, le Christ ressuscité apparaît au milieu du groupe de disciples et les salue: « La paix soit avec vous! » (v. 36). Mais ils ont peur et pensent qu’ils « voient un fantôme », comme le dit l’Évangile (v. 37). Puis Jésus leur montre les blessures de son corps et dit: «Regardez mes mains et mes pieds – les blessures -: c’est bien moi! Touchez-moi »(v. 39). Et pour les convaincre, il demande de la nourriture et la mange sous leur regard étonné (cf. vv. 41-42).

Il y a un détail ici, dans cette description. L’Évangile dit que les apôtres « pour une grande joie n’ont toujours pas cru ». Telle était la joie qu’ils avaient qu’ils ne pouvaient pas croire que c’était vrai. Et un deuxième détail: ils étaient stupéfaits, étonnés; soyez émerveillés car la rencontre avec Dieu vous conduit toujours à la stupéfaction: elle va au-delà de l’enthousiasme, au-delà de la joie, c’est une autre expérience. Et ceux-ci étaient joyeux, mais une joie qui les faisait réfléchir: non, cela ne peut pas être vrai! … C’est la stupéfaction de la présence de Dieu, n’oubliez pas cet état d’esprit qui est si beau.

Cette page d’Évangile est caractérisée par trois verbes très concrets, qui reflètent en quelque sorte notre vie personnelle et communautaire : regarder, toucher et manger. Trois actions qui peuvent donner la joie d’une vraie rencontre avec Jésus vivant.

Regarder est le premier temps de l’amour

Regarder. « Regarde mes mains et mes pieds » – dit Jésus. Regarder n’est pas seulement voir, c’est plus, cela implique aussi une intention, une volonté. C’est pourquoi il est l’un des verbes de l’amour. La maman et le papa regardent leurs enfants ; les amoureux se regardent l’un l’autre ; un bon médecin regarde son patient avec attention… Regarder est un premier pas contre l’indifférence, contre la tentation de détourner le visage des difficultés et des souffrances des autres. Regarder. Est-ce que je vois ou regarde Jésus?

Le deuxième verbe est toucher. En invitant les disciples à le toucher, à voir qu’il n’est pas un fantôme, Jésus leur indique, ainsi qu’à nous, que la relation avec lui et avec nos frères et sœurs ne peut rester « à distance », au niveau du regard. Il n’existe pas de christianisme à distance, sur le plan du seul regard.

L’amour demande la proximité, le contact, le partage de la vie », à l’exemple du Bon Samaritain, qui «ne s’est pas contenté de regarder l’homme qu’il a trouvé à moitié mort le long de la route : il s’est penché, il l’a touché, il a pansé ses blessures, l’a chargé sur son cheval et l’a emmené à l’auberge. Il en va de même pour Jésus lui-même : l’aimer signifie entrer dans une communion vitale et concrète avec lui.

Le banquet eucharistique est signe de l’incarnation de Jésus

Et puis nous arrivons au troisième verbe, manger, qui exprime bien notre humanité dans sa pauvreté la plus naturelle, c’est-à-dire le besoin de se nourrir pour vivre. Mais manger, quand on le fait ensemble, en famille ou entre amis, devient aussi une expression d’amour, une expression de communion, de fête … Combien de fois les Évangiles nous montrent Jésus qui vit cette dimension conviviale! Même ressuscité, avec ses disciples. Au point que le banquet eucharistique est devenu le signe emblématique de la communauté chrétienne. Manger ensemble le corps du Christ: c’est le centre de la vie chrétienne.

 Frères et sœurs, cette page d’Évangile nous dit que Jésus n’est pas un « fantôme », mais une Personne vivante. Et quand Jésus se rapproche de nous, il nous remplit de joie, , au point de ne pas croire, et nous laisse stupéfaits, de cet étonnement que seule la présence de Dieu donne, parce que Jésus est une Personne vivante.

Être chrétien n’est pas d’abord une doctrine ou un idéal moral, c’est une relation vivante avec Lui, avec le Seigneur ressuscité : nous le regardons, nous le touchons, nous nous nourrissons de Lui et, transformés par son Amour, nous regardons, touchons et nourrissons les autres en tant que frères et sœurs. Que la Vierge Marie nous aide à vivre cette expérience de la grâce.

Après le Regina Caeli

Chers frères et sœurs!

Hier, dans l’abbaye de Casamari, Simeone Cardon et cinq compagnons martyrs, moines cisterciens de cette abbaye, ont été proclamés bienheureux. En 1799, lorsque les soldats français en retraite de Naples ont mis à sac les églises et les monastères, ces doux disciples du Christ ont résisté avec un courage héroïque, jusqu’à la mort, pour défendre l’Eucharistie de la profanation.

Puisse leur exemple nous inciter à un plus grand engagement de fidélité à Dieu, capable de transformer la société et de la rendre plus juste et fraternelle. Une salve d’applaudissements aux nouveaux bienheureux!

Et c’est une chose triste. Je suis avec une grande inquiétude les événements survenus dans certaines régions de l’est de l’Ukraine, où les violations du cessez-le-feu se sont multipliées ces derniers mois, et j’observe avec une grande inquiétude l’augmentation des activités militaires.

Je vous en prie, j’espère vivement qu’une augmentation des tensions sera évitée et, au contraire, des gestes capables de promouvoir la confiance mutuelle et de favoriser la réconciliation et la paix, si nécessaires et si désirées, seront faits. Nous avons également à cœur la grave situation humanitaire dans laquelle se trouve cette population, à laquelle j’exprime ma proximité et pour laquelle je vous invite à prier. Ave Maria…

Aujourd’hui en Italie est célébrée la Journée de l’Université catholique du Sacré-Cœur, qui depuis cent ans a rendu un service précieux pour la formation des nouvelles générations. Puisse-t-elle continuer à mener à bien sa mission éducative pour aider les jeunes à être les protagonistes d’un avenir plein d’espoir. Je bénis cordialement le personnel, les professeurs et les étudiants de l’Université catholique.

Et maintenant, un salut cordial à vous tous, Romains et pèlerins …, Brésiliens, Polonais, Espagnols …, et je vois un autre drapeau là-bas …

Dieu merci, nous pouvons nous retrouver sur cette Place pour le rendez-vous du dimanche et des vacances.. Je vais vous dire une chose: la place me manque quand je dois prier l’Angélus dans la bibliothèque. Je suis heureux, Dieu merci! Et merci à vous pour votre présence …

Je souhaite aux enfants de l’Immaculée qui sont bons,  et à tous un bon dimanche. N’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir!


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Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse