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sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

retrouver le sens de la contemplation pour soigner la création

Catéchèse “Guérir le monde”:
7. Soin de la maison commune et attitude contemplative

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Cour Saint-Damase
Mercredi 16 septembre 2020


Résumé de la catéchèse du Saint-Père :

Frères et sœurs, pour sortir d’une pandémie, il faut guérir et se soigner mutuellement. Ainsi tous ceux qui prennent soin des personnes vulnérables doivent être soutenus dans leur service. Notre maison commune a également besoin de soins. Abuser de toute forme de vie est un péché grave. Le meilleur antidote contre l’usage abusif de notre maison commune est la contemplation.

Nous avons besoin de faire silence, d’écouter et de contempler pour découvrir la valeur et le rayon de la lumière divine qui émanent de la création. L’absence de contemplation conduit à une vision déséquilibrée de l’homme et le positionne comme dominateur absolu sur toutes les autres créatures.

Le travail n’est pas synonyme d’exploitation et doit toujours être accompagné de soin. Il est donc important de redécouvrir la dimension contemplative de la création car la contemplation nous conduit à une attitude de vigilance, à partir de l’intérieur et nous rend protagonistes de la création et non simples spectateurs. En effet, le contemplatif en action devient protecteur de l’environnement.

Contempler et prendre soin sont deux attitudes pour corriger et rééquilibrer notre rapport d’êtres humains avec la création. C’est le devoir de tout être humain car chacun de nous peut et doit devenir un gardien de la maison commune, capable de louer Dieu pour ses créatures, de les contempler et de les protéger.

***

Chers frères et sœurs, bonjour!

Pour sortir d’une pandémie, il est nécessaire de se soigner et de nous soigner mutuellement. Et il faut soutenir ceux qui prennent soin des plus pauvres, des malades et des personnes âgées. On a l’habitude de laisser de côté les personnes âgées, de les abandonner: cela n’est pas bien.

Ces personnes – bien définies par le terme espagnol “cuidadores”, ceux qui prennent soin des malades – exercent un rôle essentiel dans la société d’aujourd’hui, même si souvent elles ne reçoivent pas la reconnaissance et la rémunération qu’elles méritent.

Prendre soin est une règle d’or de notre condition d’êtres humains, et cela apporte en soi la santé et l’espérance  (cf.  Enc. Laudato si’ [LS], n. 70). Prendre soin de celui qui est malade, de celui qui a besoin, de celui qui est laissé de côté: c’est une richesse humaine et également chrétienne.

Ce soin, nous devons également l’apporter à notre maison commune: à la terre et à chaque créature. Toutes les formes de vie sont liées (cf. ibid., nn. 137-138), et notre santé dépend des écosystèmes que Dieu a créés et dont il nous a chargé de prendre soin (cf. Gn 2, 15). En abuser, en revanche, est un grave péché qui crée des dommages, qui fait mal et qui rend malade (cf. LS, n. 8; n. 66).

Le meilleur antidote contre cet usage impropre de notre maison commune est la contemplation (cf. ibid., n. 85; 214). Mais comment cela se fait-il? N’y a-t-il pas un vaccin pour cela, pour le soin de la maison commune, pour ne pas la laisser de côté? Quel est l’antidote contre la maladie de ne pas prendre soin de la maison commune? C’est la contemplation.

«Quand quelqu’un n’apprend pas à s’arrêter pour observer et pour évaluer ce qui est beau, il n’est pas étonnant que tout devienne pour lui objet d’usage et d’abus sans scrupule» (ibid., n. 215). Toutefois, notre maison commune, la création, n’est pas une simple “ressource”.

Les créatures ont une valeur en elles-mêmes et «reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et bonté infinies de Dieu» (Catéchisme de l’Église catholique, n. 339). Cette valeur et ce rayon de lumière divine doit être découvert et, pour le découvrir, nous avons besoin de rester en silence, nous avons besoin d’écouter, et nous avons besoin de contempler. Même la contemplation guérit l’âme.

Sans contemplation, il est facile de tomber dans un anthropocentrisme déséquilibré et orgueilleux, le “moi” au centre de tout, qui surdimensionne notre rôle d’êtres humains, en nous plaçant comme les dominateurs absolus de toutes les autres créatures. Une interprétation déformée des textes bibliques sur la création a contribué à cette vision erronée, qui conduit à exploiter la terre jusqu’à l’étouffer.

Exploiter la création: voilà quel est le péché. Nous croyons être au centre, en prétendant occuper la place de Dieu et, ainsi, nous détruisons l’harmonie de la création, l’harmonie du  dessein de Dieu. Nous devenons des prédateurs, nous oublions notre vocation de gardiens de la vie. Certes, nous pouvons et nous devons travailler la terre pour vivre et nous développer.

Mais le travail n’est pas synonyme d’exploitation, et il est toujours accompagné par le soin: labourer et protéger, travailler et prendre soin… Telle est notre mission (cf. Gn 2, 15). Nous ne pouvons pas prétendre continuer à grandir au niveau matériel, sans prendre soin de la maison commune qui nous accueille.

Nos frères les plus pauvres et notre mère la terre gémissent à cause des dommages et de l’injustice que nous avons provoqués et ils réclament une autre route. Ils réclament de nous une conversion, un changement de route: prendre soin également de la terre, de la création.

Il est donc important de retrouver cette dimension contemplative, c’est-à-dire de regarder la terre, la création comme un don, pas comme quelque chose à exploiter pour le profit. Quand nous contemplons, nous découvrons chez les autres et dans la nature quelque chose de beaucoup plus grand que leur utilité. Le cœur du problème est là: contempler c’est aller au-delà de l’utilité d’une chose.

Contempler la beauté ne veut pas dire l’exploiter: contempler est gratuité. Nous découvrons la valeur intrinsèque des choses que Dieu leur a conférée. Comme l’ont enseigné de nombreux maîtres spirituels, le ciel, la terre et la mer, chaque créature possède cette capacité iconique, cette capacité mystique de nous reconduire au Créateur et à la communion avec la création.

Par exemple, saint Ignace de Loyola, à la fin de ses exercices spirituels, invite à se mettre en “contemplation pour parvenir à l’amour”, c’est-à-dire à considérer comment Dieu regarde ses créatures et à se réjouir avec elles; à découvrir la présence de Dieu dans ses créatures et, avec liberté et grâce, les aimer et en prendre soin.

La contemplation, qui nous conduit à une attitude de soin, n’est pas le fait de regarder la nature de l’extérieur, comme si nous n’y étions pas plongés. Mais nous sommes à l’intérieur de la nature, nous faisons partie de la nature. Elle se fait plutôt à partir de l’intérieur, en nous reconnaissant comme une partie de la création, en devenant des protagonistes et non de simples observateurs d’une réalité amorphe qui s’agirait seulement d’exploiter.

Celui qui contemple de cette manière éprouve de l’émerveillement non seulement pour ce qu’il voit, mais également parce qu’il se sent faire partie intégrante de cette beauté; et il se sent également appelé à la préserver, à la protéger. Et il y a une chose que nous ne devons pas oublier: celui qui ne sait pas contempler la nature, la création, ne sait pas contempler les personnes dans leur richesse.

Et celui qui vit pour exploiter la nature, finit par exploiter les personnes et les traiter comme des esclaves. C’est une loi universelle: si tu ne sais pas contempler la nature, il sera très difficile que tu saches contempler les gens, la beauté des personnes, ton frère, ta sœur.

Celui qui sait contempler se mettra plus facilement à l’œuvre pour changer ce qui cause la dégradation et des dommages à la santé. Il s’engagera à éduquer et à promouvoir de nouvelles habitudes de production et de consommation, à contribuer à un nouveau modèle de croissance économique qui garantisse le respect de la maison commune et le respect pour les personnes.

Le contemplatif en action tend à devenir un gardien de l’environnement: cela est beau! Chacun de nous doit être un gardien de l’environnement, de la pureté de l’environnement, en cherchant à conjuguer les savoirs ancestraux de cultures millénaires avec les nouvelles connaissances techniques, afin que notre style de vie soit toujours durable.

Enfin, Contempler et prendre soin: voilà deux attitudes qui montrent la voie pour corriger et rééquilibrer notre relation d’êtres humains avec la création. Très souvent, notre relation avec la création semble être une relation entre ennemis: détruire la création à mon avantage; exploiter la création à mon avantage.

N’oublions pas que cela se paye cher; n’oublions pas ce dicton espagnol: “Dieu pardonne toujours; nous pardonnons parfois; la nature ne pardonne jamais”. Aujourd’hui, je lisais dans le journal une nouvelle sur ces deux grands glaciers de l’Antarctique, près de la Mer d’Amundsen: il vont tomber.

Ce sera terrible, parce que le niveau de la mer montera et cela provoquera de nombreuses, nombreuses difficultés et beaucoup de mal. Et pourquoi? A cause du réchauffement, du manque de soin de l’environnement, du manque de soin de la maison commune.

En revanche, si nous avons cette relation – je me permets le mot – “fraternelle” au sens figuré avec la création, nous deviendrons les gardiens de la maison commune, les gardiens de la vie et les gardiens de l’espérance, nous sauvegarderons le patrimoine que Dieu nous a confié afin que les générations futures puissent en jouir.

Et certains peuvent dire: “Mais moi, je m’en tire bien comme ça”. Mais le problème n’est pas comment tu t’en tires aujourd’hui – c’était ce que disait un théologien allemand, protestant, compétent: Bonhoeffer – le problème n’est pas comment tu t’en tires toi, aujourd’hui; le problème est: quel sera l’héritage, la vie de la génération future.

Pensons aux enfants, aux petits-enfants: que leur laisserons-nous si nous exploitons la création. Sauvegardons ce chemin, ainsi nous deviendrons des “gardiens” de la maison commune, des gardiens de la vie et de l’espérance. Sauvegardons le patrimoine que Dieu nous a confié, afin que les générations futures puissent en profiter.

Je pense de manière particulière aux peuples autochtones, envers lesquels nous avons tous une dette de reconnaissance – et même de pénitence, pour réparer tout le mal que nous leur avons fait. Mais je pense également à ces mouvements, associations, groupes populaires, qui s’engagent pour protéger leur territoire avec ses valeurs naturelles et culturelles.

Ces réalités sociales ne sont pas toujours appréciées, on leur fait même parfois obstacle, parce qu’elles ne produisent pas d’argent; mais en réalité, elles contribuent à une révolution pacifique, nous pourrions l’appeler la “révolution du soin”.

Contempler pour prendre soin, contempler pour sauvegarder, nous sauvegarder, ainsi que la création, nos enfants, nos petits enfants et sauvegarder l’avenir. Contempler pour prendre soin et pour sauvegarder et pour laisser un héritage à la génération future.

Il ne faut cependant pas déléguer à certaines personnes ce qui est la tâche de chaque être humain. Chacun de nous peut et doit devenir un “gardien de la maison commune”, capable de louer Dieu pour ses créatures, de contempler les créatures et de les protéger.


Salut aux pèlerins :

Je suis heureux de saluer les personnes de langue française. Demandons la grâce de savoir contempler les merveilles de Dieu, afin que se développe une responsabilité individuelle et communautaire vis-à-vis de la protection et de la sauvegarde de la création. Que Dieu vous bénisse !

Je salue cordialement les fidèles anglophones. En ces jours, mes pensées vont particulièrement aux personnes âgées et aux infirmes, et à ceux qui prennent soin d’eux avec générosité. Sur vous et vos familles, j’invoque la joie et la paix du Christ. Dieu vous bénisse!

Je salue cordialement les fidèles germanophones. Face aux nombreuses situations qui peuvent nous bouleverser et nous effrayer, rappelons-nous ceci: le Seigneur de la vie, qui nous aime tant, est toujours présent dans ce monde. Il ne nous laisse pas seuls, car il nous a définitivement rejoints, et son amour nous fait trouver de nouveaux chemins. Qu’il soit loué à jamais!

Je salue cordialement les fidèles hispanophones. Demandons au Seigneur Jésus de nous accorder d’être contemplatifs, de le louer pour son travail créatif, de nous apprendre à être respectueux de notre maison commune et à en prendre soin avec amour, pour le bien de toutes les cultures et des générations futures. Que Dieu vous bénisse.

J’adresse un salut cordial aux fidèles de langue portugaise. J’invite chacun à découvrir la présence de Dieu dans ses créatures, en apprenant de plus en plus à les aimer, les garder et les protéger. Que Dieu vous bénisse ainsi que ceux qui vous sont chers!

Je salue les fidèles arabophones. Face à cette pandémie qui secoue le monde entier, nous exprimons notre gratitude aux médecins, infirmiers, personnels de santé et associations bénévoles engagés pour faire face à cette urgence. Que le Saint-Esprit, source de tout bien, nous aide à réfléchir sur la précarité de la vie humaine. Le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal!

Je salue cordialement les Polonais. Aujourd’hui, alors que nous parlons de la contemplation de la création, les paroles de Saint Jean-Paul II me viennent à l’esprit: «Je contemple la beauté de cette terre […]. Le bleu du ciel, le vert des bois et des champs, l’argent des lacs et des rivières semblent parler avec une puissance exceptionnelle. […] Et tout cela témoigne de l’amour du Créateur, de la puissance vivifiante de son Esprit et de la rédemption opérée par le Fils pour l’homme et pour le monde.» Que cette manière de vivre le rapport à la création soit pour nous tous une source d’engagement en faveur de sa protection! Je vous bénis de tout mon cœur.

* * *

Je voudrais rappeler en ce moment Don Roberto Malgesini, le prêtre du diocèse de Côme qui a été tué hier matin par une personne dans le besoin qu’il a lui-même aidée, une personne souffrant de maux de tête. Je me joins à la douleur et à la prière des membres de sa famille et de la communauté de Côme et, comme l’a dit son évêque, je loue Dieu pour le témoignage, c’est-à-dire pour le martyre, de ce témoignage de charité envers les plus pauvres. Prions en silence pour Don Roberto Malgesini et pour tous les prêtres, moniales, laïcs qui travaillent avec des personnes dans le besoin et rejetées par la société.

J’adresse un salut cordial aux fidèles italophones. Je souhaite bonne chance à tous dans le Seigneur, en les exhortant à répandre partout le message d’amour de l’Évangile.

Enfin, mes pensées vont, comme d’habitude, aux personnes âgées, aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. Nous avons récemment célébré l’Exaltation de la Sainte Croix dans la liturgie. Que la croix, signe de foi au Christ, soit un réconfort et une image d’une espérance inébranlable pour tous.



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Nous sommes appelés à toujours pardonner

«Nous sommes appelés à toujours pardonner!»

Le Pape François a commenté l’Évangile de ce dimanche (Mt 18, 21-35) avant la prière de l’Angélus. Cette parabole du roi miséricordieux racontée par Jésus, enjoint Simon Pierre à pardonner à son prochain jusqu’à «soixante-dix fois sept fois», il est «nécessaire d’appliquer l’amour miséricordieux dans toutes les relations humaines».

PAPE FRANÇOIS

ANGELUS

Place Saint Pierre
Dimanche, 13 septembre 2020

Chers frères et sœurs, bonjour!

Soyez bons
Soyez bons

Dans la parabole que nous lisons dans l’Évangile d’aujourd’hui, celle du roi miséricordieux (cf. Mt 18, 21-35), nous trouvons cette demande à deux reprises: « Ayez patience avec moi et je vous rendrai » (v. 26.29).

La première fois est prononcée par le serviteur qui doit à son maître dix mille talents, une somme énorme, aujourd’hui ce serait des millions et des millions d’euros. La deuxième fois est répétée par un autre serviteur du même maître. Il est également endetté, non pas envers son maître, mais envers le même serviteur qui doit cette énorme dette. Et sa dette est très faible, peut-être comme une semaine de salaire.

Le cœur de la parabole est l’indulgence que le maître montre au serviteur le plus endetté. L’évangéliste souligne que « le maître a eu compassion – n’oubliez jamais cette parole qui appartient à Jésus: « Il a eu compassion », Jésus a toujours eu compassion pour ce serviteur, il l’a laissé partir et lui a pardonné la dette » ( v.27). Une dette énorme, donc une énorme amnistie!

Mais ce serviteur, aussitôt après, se montre impitoyable envers son compagnon, qui lui doit une somme modique. Il ne l’écoute pas, il insulte contre lui et le fait jeter en prison, jusqu’à ce qu’il ait payé la dette (cf. v. 30), cette petite dette. Le maître apprend et, indigné, rappelle le méchant serviteur et le fait condamner (cf. vv. 32-34): « Je vous ai tant pardonné et vous ne pouvez pas pardonner ce petit? ».

Dans la parabole, on retrouve deux attitudes différentes: celle de Dieu – représentée par le roi – qui pardonne beaucoup, parce que Dieu pardonne toujours, et celle de l’homme. Dans l’attitude divine, la justice est imprégnée de miséricorde, tandis que l’attitude humaine se limite à la justice.

Jésus nous exhorte à nous ouvrir courageusement à la puissance du pardon, car nous savons que tout dans la vie n’est pas résolu avec justice. Il y a un besoin de cet amour miséricordieux, qui est aussi la base de la réponse du Seigneur à la question de Pierre qui précède la parabole.

La question de Pierre ressemble à ceci: « Seigneur, si mon frère commet des péchés contre moi, combien de fois devrai-je lui pardonner? » (v.21). Et Jésus lui répondit: « Je ne vous le dis pas jusqu’à sept, mais jusqu’à soixante-dix fois sept » (v. 22). Dans le langage symbolique de la Bible, cela signifie que nous sommes appelés à pardonner toujours!

Combien de souffrances, combien de lacérations, combien de guerres pourraient être évitées, si le pardon et la miséricorde étaient le style de notre vie! Même dans la famille, même dans la famille: combien de familles brisées qui ne savent pas se pardonner, combien de frères et sœurs qui ont ce ressentiment à l’intérieur.

Il est nécessaire d’appliquer l’amour miséricordieux dans toutes les relations humaines: entre époux, entre parents et enfants, au sein de nos communautés, dans l’Église et aussi dans la société et la politique.

Aujourd’hui, le matin, alors que je célébrais la messe, je me suis arrêté, j’ai été frappé par une phrase de la première lecture, dans le livre de Sirach. La phrase va comme ceci: «Souviens-toi de la fin et arrête de haïr.» Belle phrase! Pensez à la fin! Pensez-vous que vous serez dans un cercueil … et y apporterez-vous la haine? Pensez à la fin, arrêtez de haïr! Arrêtez la rancune. Pensons à cette phrase très touchante: «Souviens-toi de la fin et arrête de haïr.»

Ce n’est pas facile de pardonner, car dans les moments calmes on dit: «Oui, cela m’a fait toutes les couleurs mais j’en ai fait beaucoup aussi. Mieux vaut pardonner pour être pardonné.» Mais alors le ressentiment revient, comme une mouche d’été ennuyeuse qui va et vient et qui revient… Le pardon n’est pas qu’une question d’un instant, c’est une chose continue contre cette rancune, cette haine qui revient. Pensons à la fin, arrêtons de haïr.

La parabole d’aujourd’hui nous aide à saisir pleinement le sens de cette phrase que nous récitons dans la prière du Notre Père: « Pardonne-nous nos dettes comme nous pardonnons à nos débiteurs » (Mt 6, 12). Ces mots contiennent une vérité décisive. Nous ne pouvons pas attendre le pardon de Dieu pour nous-mêmes si nous n’accordons pas le pardon à notre prochain.

C’est une condition: pensez à la fin, au pardon de Dieu et arrêtez de haïr; chasser la rancune, cette mouche ennuyeuse qui va et vient. Si nous ne nous efforçons pas de pardonner et d’aimer, nous ne serons pas non plus pardonnés et aimés.

Confions-nous à l’intercession maternelle de la Mère de Dieu: aidez-nous à réaliser combien nous sommes redevables à Dieu, et à toujours nous souvenir de lui, pour avoir le cœur ouvert à la miséricorde et à la bonté.

Après l’angélus

Chers frères et sœurs!

Ces derniers jours, une série d’incendies a dévasté le camp de réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos, laissant des milliers de personnes sans refuge, bien que précaire.

Le souvenir de ma visite là-bas et de l’appel lancé avec le patriarche œcuménique Bartholomée et l’archevêque Ieronymos d’Athènes, pour assurer «un accueil humain et digne aux femmes et aux hommes migrants, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile, est toujours vivant en moi. en Europe »(16 avril 2016). J’exprime ma solidarité et ma proximité avec toutes les victimes de ces événements dramatiques.

En outre, ces dernières semaines, nous assistons partout dans le monde – dans de nombreuses régions – à de nombreuses manifestations populaires de protestations, qui expriment le malaise croissant de la société civile face à des situations politiques et sociales particulièrement critiques.

Tout en exhortant les manifestants à présenter leurs préoccupations de manière pacifique, sans céder à la tentation de l’agression et de la violence, j’appelle tous ceux qui ont des responsabilités publiques et gouvernementales à écouter la voix de leurs concitoyens et à répondre aux leurs des aspirations justes, garantissant le plein respect des droits de l’homme et des libertés civiles.

Enfin, j’invite les communautés ecclésiales qui vivent dans ces contextes, sous la direction de leurs pasteurs, à œuvrer en faveur du dialogue, toujours en faveur du dialogue, et en faveur de la réconciliation – nous avons parlé de pardon, de réconciliation.

En raison de la situation pandémique, cette année, la Collecte traditionnelle pour la Terre Sainte a été transférée du Vendredi Saint à aujourd’hui, veille de la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Dans le contexte actuel, cette Collecte est encore plus un signe d’espérance et de solidarité avec les chrétiens qui vivent dans la Terre où Dieu s’est fait chair, est mort et est ressuscité pour nous.

Aujourd’hui, nous faisons un pèlerinage spirituel, en esprit, avec imagination, avec le cœur, à Jérusalem, où, comme le dit le Psaume, sont nos sources (cf. Ps 87, 7), et nous faisons un geste de générosité pour ces communautés.

Je vous salue tous, fidèles romains et pèlerins de divers pays. Je souhaite à tous un bon dimanche. N’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir!


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Pour guérir le monde, amour et bien commun

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Cour Saint-Damase
Mercredi 9 septembre 2020

Catéchèse – “Guérir le monde”: 6. Amour et bien commun


Frères et Sœurs, la réponse chrétienne à la pandémie que nous connaissons se trouve dans l’amour, et avant tout l’amour de Dieu qui nous précède. L’amour ne se limite pas au petit cercle de la famille ou des amis. Il nous rend fécond et libres s’il est expansif et inclusif, et c’est ainsi qu’il soigne, guérit et fait du bien.

L’amour doit s’étendre aux relations civiques et politiques qui en sont même l’expression la plus élevée. L’amour féconde les relations sociales, culturelles, économiques et politiques permettant d’édifier une « civilisation de l’amour » où la culture de l’égoïsme, de l’indifférence et du rejet ne prévaut pas.

Il pousse à œuvrer concrètement pour le bien commun qui inclut les personnes les plus vulnérables. La promotion du bien commun est un devoir de justice qui incombe à chacun, et, pour le chrétien, il est une mission.

Une bonne politique qui mette au centre la personne humaine et le bien commun est possible dans la mesure ou les responsables enracinent leur agir dans les principes éthiques et l’amour des autres. Les chrétiens, surtout les fidèles laïcs, par la vertu de charité sont appelés à rendre un bon témoignage d’engagement pour le bien commun.

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Je salue cordialement les personnes de langue française. La recherche du bien commun, dont nos sociétés ont tant besoin, demande la participation de chacun. Faisons grandir en nos cœurs l’amour pour la société dans laquelle nous vivons. Agissons dans le souci du bien de nos frères dans nos gestes quotidiens, et rendons ainsi témoignage de l’amour de Dieu qui nous habite. Que Dieu vous bénisse.

Je salue cordialement les fidèles anglophones.Que la grâce du Seigneur vous soutienne en apportant l’amour du Père à vos frères et sœurs, spécialement à ceux qui en ont le plus besoin. Sur vous et vos familles, j’invoque la joie et la paix du Christ. Que Dieu vous bénisse!

Je salue les fidèles germanophones avec affection. La Bienheureuse Vierge Marie, dont nous avons célébré hier la Nativité, nous montre que le Seigneur fait de grandes choses à ceux qui suivent humblement sa volonté. Qu’elle nous aide à vivre dans cette conscience pour répandre l’amour de Dieu dans le monde.

Je salue cordialement les pèlerins hispanophones. Demandons à Dieu, Trinité de l’amour, de nous aider à cultiver la vertu de charité, par des gestes de tendresse, des gestes de proximité avec nos frères. Ainsi, avec votre aide, nous pouvons guérir le monde, en travaillant ensemble pour le bien commun. Que le Seigneur vous bénisse tous.

J’adresse un salut cordial aux pèlerins lusophones, invitant chacun à rester fidèle au Christ Jésus. Il nous invite à sortir de notre petit monde confiné pour rechercher ensemble le bien commun. Que le Saint-Esprit vous illumine afin que vous puissiez apporter la bénédiction de Dieu à tous les hommes. Que la Vierge Mère veille sur votre chemin et vous protège.

Je salue les fidèles arabophones. Dans une société de plus en plus bouleversée par les grands défis qui interpellent l’homme contemporain, vous, étudiants et professeurs, qui êtes retournés à l’école ces jours-ci, soyez les véritables architectes de l’avenir. Que le Seigneur vous aide à devenir les protagonistes d’un monde plus juste et fraternel, plus accueillant et solidaire, où la paix peut triompher dans le rejet de toutes les formes de violence. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal!

Je salue cordialement tous les Polonais. Hier, nous avons célébré la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, également appelée en Pologne « la fête de Notre-Dame des Semences ». En faisant bénir le blé à semer cette année, vous avez prié pour que tous les hommes à l’imitation de Marie en portent au centuple. Elle a donné au monde un fruit inestimable: Jésus, notre Sauveur. Nous aussi, nous sommes appelés par Dieu à porter du fruit par de bonnes œuvres. Loué soit Jésus-Christ.

Appel

Aujourd’hui est la première Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, dans le contexte des conflits armés.

Je vous invite à prier pour les étudiants qui sont si gravement privés du droit à l’éducation à cause des guerres et du terrorisme. Je demande instamment à la communauté internationale de faire tout son possible pour que les bâtiments censés protéger les jeunes étudiants soient respectés. L’effort pour leur garantir des environnements sûrs pour la formation, en particulier dans les situations d’urgence humanitaire, ne doit pas échouer.

* * *

J’adresse un salut cordial aux fidèles de langue italienne, et j’espère que cette rencontre et la visite des tombeaux des apôtres renforceront votre foi pour un témoignage chrétien toujours plus généreux.

Enfin, mes pensées vont, comme toujours, aux personnes âgées, aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. Hier, nous avons célébré le mémorial liturgique de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. Que son exemple et son intercession maternelle inspirent et accompagnent votre vie. Merci.


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