Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

l’’éloge de la petitesse

l’éloge de la petitesse

C’est sur un cœur humble que peut germer l’Esprit de Dieu: le Pape François l’a dit lors de sa messe matinale à la Maison Sainte-Marthe, ce mardi 3 décembre 2019. La révélation de Dieu commence toujours dans la petitesse, mais cela ne signifie pas la fermeture sur soi, mais plutôt la confiance en Dieu et donc la capacité de risquer.

«La liturgie d’aujourd’hui, parle de petites choses, parle de ce qui est petit, nous pouvons dire qu’aujourd’hui est le jour des petits.» La première lecture est tirée du livre du prophète Isaïe où il est annoncé: « En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. L’esprit du Seigneur reposera sur lui

«La Parole de Dieu loue le petit.» «La rédemption, la révélation, la présence de Dieu dans le monde commence ainsi et c’est toujours le cas. La révélation de Dieu se fait dans la petitesse. La petitesse, l’humilité et… beaucoup de choses, mais dans la petitesse. Les grands sont puissants, pensons à la tentation de Jésus dans le désert, comme Satan est puissant, maître du monde entier : « Je te donne tout, si tu… ». Au lieu de cela, les choses de Dieu commencent par la germination, à partir d’une semence, de petites choses. Et Jésus parle de cette petitesse dans l’Évangile.»

Devenir petit afin que le Royaume de Dieu puisse germer

Jésus s’est réjoui et a remercié le Père parce qu’il s’est révélé non pas aux puissants, mais aux petits et a rappelé qu’à Noël «nous irons tous à la crèche où il y a la petitesse de Dieu». C’est donc un appel pressant :

«Dans une communauté chrétienne où les fidèles, les prêtres, les évêques, ne prennent pas ce chemin de la petitesse, il n’y a pas d’avenir, il va s’écrouler. Nous l’avons vu dans les grands projets de l’histoire: des chrétiens qui ont essayé de s’imposer, avec force, grandeur, conquêtes… Mais le Royaume de Dieu germe dans le petit, toujours dans le petit, la petite semence, la semence de vie. Mais la graine seule ne peut pas. Et il y a une autre chose qui aide et qui donne de la force: « Ce jour-là, une pousse va germer du tronc de Jesse, une pousse va germer de ses racines. L’esprit du Seigneur reposera sur lui.»

L’Esprit ne peut pas entrer dans un cœur hautain

«L’Esprit choisit le petit, toujours, parce qu’il ne peut pas entrer dans le grand, le fier, l’autosuffisant.» La révélation du Seigneur s’adresse d’abord au petit cœur. Chacun doit donc se faire petit, même s’il est prêtre, évêque, cardinal, Pape… S’il ne devient pas petit, il ne sera pas un vrai pasteur, mais, au mieux, un simple chef de bureau. Cette invitation à se faire petit s’applique à tout le monde, «de ceux qui ont une fonction qui semble plus importante dans l’Église, à la pauvre vieille dame qui fait de la charité en secret.»

La petitesse chrétienne n’est pas de la pusillanimité 

Le Pape François libère alors le champ des doutes qui pourraient surgir, à savoir que le chemin de la petitesse mène à la pusillanimité, c’est-à-dire à l’enfermement sur soi-même, à la peur. Et il dit qu’au contraire «la petitesse est grande», c’est la capacité de risquer «parce qu’elle n’a rien à perdre».

C’est précisément la petitesse qui conduit à la magnanimité, parce qu’elle nous permet de nous dépasser en sachant que Dieu lui donne sa grandeur. Saint Thomas d’Aquin, dans sa Somme théologique, explique comment un chrétien qui se sent petit doit se comporter face aux défis du monde, afin de ne pas vivre comme un lâche :

«Saint Thomas le dit, le résumé est le suivant: « N’ayez pas peur des grandes choses – aujourd’hui saint François Xavier nous le montre aussi – n’ayez pas peur, allez de l’avant ; mais en même temps, en tenant compte des petites choses, car c’est divin ». Un chrétien commence toujours par la petitesse. Si dans ma prière je me sens petit, avec mes limites, mes péchés, comme ce publicain qui priait au fond de l’église, honteux : « Ayez pitié de moi qui suis un pécheur », vous allez continuer. Mais si vous vous croyez un bon chrétien, vous prierez comme ce pharisien qui n’est pas sorti justifié : « Je vous rends grâce, Dieu, parce que je suis grand ». Non, remercions Dieu parce que nous sommes petits.»

Le caractère concret des confessions d’enfants

Le Pape François a conclu son homélie en disant qu’il aime beaucoup administrer le sacrement de la confession et surtout confesser les enfants. Leurs confessions sont belles, parce qu’elles racontent des faits concrets: «J’ai dit ce mot», par exemple, et il vous le répète. Le Pape a conclu en notant «le concret de ce qui est petit. ‘Seigneur, je suis un pécheur parce que je fais ceci, cela, cela, cela, cela, cela…. C’est ma misère, ma petitesse. Mais envoie ton Esprit pour que je n’aie pas peur des grandes choses, que je n’aie pas peur que tu fasses de grandes choses dans ma vie.»

partager la joie de la Nativité

À Greccio, le Pape invite à partager la joie de la Nativité

Trois ans après sa première visite pastorale à Greccio, le Pape François est revenu dans cette localité du centre de l’Italie, au nord-ouest de Rome, pour rendre visite à la Grotte de la Crèche, où saint François d’Assise a voulu pour la première fois reproduire l’événement de la Nativité, en 1223.
Détail d'une fresque représentant saint François adorant l'Enfant Jésus à la première crèche de Noël (Greccio)
Détail d’une fresque représentant saint François adorant l’Enfant Jésus à la première crèche de Noël (Greccio)

Le Pape a contemplé dans la grotte du sanctuaire la fresque de l’école de Giotto, représentant la scène qui a changé le visage de l’Histoire, la naissance du Christ. En silence, il a prié quelques minutes, puis signé la Lettre apostolique «Admirabile signum» qui revient sur la signification et la valeur de la crèche. «Le merveilleux signe de la crèche, si chère au peuple chrétien, suscite toujours étonnement et émerveillement.»

La crèche, un acte d’évangélisation à redécouvrir et revitaliser

«Représenter l’événement de la naissance de Jésus, équivaut à annoncer le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu avec simplicité et joie.» «La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture.»

«Nous sommes invités à nous mettre spirituellement en chemin, attirés par l’humilité de Celui qui s’est fait homme pour rencontrer chaque homme. Et, nous découvrons qu’Il nous aime jusqu’au point de s’unir à nous, pour que nous aussi nous puissions nous unir à Lui.»

«Quand papa et maman, ensemble avec les grands-parents, transmettent cette habitude joyeuse qui possède en soi une riche spiritualité populaire,» «c’est vraiment un exercice d’imagination créative, qui utilise les matériaux les plus variés pour créer de petits chefs-d’œuvre de beauté.» «Que cette pratique ne se perde pas ; mais au contraire,  que là où elle est tombée en désuétude, elle puisse être redécouverte et revitalisée.»

Saint François et la crèche vivante de Greccio

Le Pape revient sur les origines de la représentation de la naissance de Jésus. Il souligne l’étymologie latine de «praesepium», c’est-à-dire la mangeoire. Il cite saint Augustin qui observe comment Jésus «allongé dans une mangeoire, est devenu notre nourriture» (Serm. 189, 4).

Il évoque aussi la première crèche vivante voulue par saint François à Greccio pour Noël, en 1223, qui remplit de joie toutes les personnes présentes: «Saint François, par la simplicité de ce signe, a réalisé une grande œuvre d’évangélisation. Son enseignement a pénétré le cœur des chrétiens et reste jusqu’à nos jours une manière authentique de proposer de nouveau la beauté de notre foi avec simplicité.»

L’émotion de voir Dieu qui se fait petit

La crèche suscite autant d’émerveillement et d’émotion parce qu’elle manifeste «la tendresse de Dieu» qui «s’abaisse à notre petitesse », il se fait pauvre, en nous invitant à le suivre sur le chemin de l’humilité pour «le rencontrer et le servir avec miséricorde dans les frères et sœurs les plus nécessiteux.»

Le ciel étoilé dans le silence de la nuit

La lettre apostolique passe en revue sur les différents signes de la crèche à commencer par le ciel étoilé dans le silence de la nuit: il s’agit de la nuit qui parfois obscurcit notre vie. «Eh bien, même dans ces moments-là, Dieu ne nous laisse pas seuls, mais il se rend présent.» «Sa présence apporte la lumière là où il y a les ténèbres et illumine ceux qui traversent l’obscurité profonde de la souffrance.»

Les paysages, les anges, l’étoile, les pauvres

Autre signe : les paysages souvent faits de ruines d’anciennes maisons et de palais, le «signe visible d’une humanité déchue» que Jésus est venu «guérir et reconstruire». Il y a aussi les montagnes, les ruisseaux, les moutons qui montrent que «toute la création participe à la fête» qu’est la venue du Messie.

Les anges et l’étoile de Bethléem sont les signes que «nous aussi, nous sommes appelés à nous mettre en route pour atteindre la grotte et adorer le Seigneur». Les bergers nous disent que «ce sont les plus humbles et les plus pauvres qui savent accueillir l’événement de l’Incarnation», comme d’ailleurs les santons des mendiants.

«Les pauvres, en effet, sont les privilégiés de ce mystère et, souvent, les plus aptes à reconnaître la présence de Dieu parmi nous», alors que «le palais d’Hérode est en quelque sorte fermé et sourd à l’annonce de la joie». En naissant dans la crèche,  «Dieu lui-même commence la seule véritable révolution qui donne espoir et dignité aux non désirés, aux marginalisés : la révolution de l’amour, la révolution de la tendresse.»

Le forgeron et le boulanger: les autres personnages de la crèche

Dans les crèches apparaissent aussi souvent des santons qui semblent n’avoir aucune relation avec les récits évangéliques, cela signifie que «dans ce monde nouveau inauguré par Jésus, il y a de la place pour tout ce qui est humain et pour toute créature».

Le berger y a sa place comme le forgeron, le boulanger, les musiciens, les femmes portant des cruches d’eau ou les enfants qui jouent. Ils représentent «la sainteté au quotidien, la joie d’accomplir les choses de la vie courante d’une manière extraordinaire, lorsque Jésus partage sa vie divine avec nous».

Marie et Joseph: l’abandon à Dieu

Dans la grotte, se trouvent Marie et Joseph. Marie témoigne «de la façon de s’abandonner dans la foi à la volonté de Dieu». Quant à Joseph, «il est le gardien qui ne se lasse jamais de protéger sa famille».

L’enfant Jésus: l’événement qui a changé le cours de l’histoire

Dans la crèche évidemment , se trouve l’enfant Jésus: «Dieu déconcerte, il est imprévisible et continuellement hors de nos plans» ; il se présente ainsi «dans un enfant, pour être accueilli dans nos bras. Dans la faiblesse et la fragilité, se cache son pouvoir qui crée et transforme tout» avec amour. «La crèche nous fait voir, nous fait toucher cet événement unique et extraordinaire qui a changé le cours de l’histoire.»

Les mages

Enfin, quand se rapproche la fête de l’Épiphanie, on installe dans la crèche les santons des Rois mages, le signe qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ.

Pour la joie de l’homme

«La crèche fait partie du processus doux et exigeant de la transmission de la foi». Ce qui compte «c’est que cela soit signifiant pour notre vie», que soit reflété l’amour de Dieu pour nous, «le Dieu qui s’est fait enfant pour nous dire combien il est proche de chaque être humain, quelle que soit sa condition»; «et à éprouver en cela le bonheur».

«La crèche que saint François installa pour la première fois dans ce petit espace, qui reflète l’étroite grotte de Bethléem, parle d’elle-même. Ici, il n’est pas nécessaire de multiplier les mots, car la scène sous nos yeux exprime la sagesse dont nous avons besoin pour saisir l’essentiel.»

Dans le signe de la crèche, le mystère de la foi

«Devant la crèche, nous découvrons combien il est important pour notre vie, si souvent trépidante, de trouver des moments de silence et de prière.» Contemplons la beauté du visage de l’enfant Jésus, le Fils de Dieu né dans la pauvreté d’une étable. Prions pour exprimer le «merci étonné de cet immense don d’amour qui nous est fait».

Le grand mystère de la foi chrétienne, le fait que «Dieu nous aime au point de partager notre humanité et notre vie», se manifeste dans «ce signe simple et merveilleux que la piété populaire a accueillie et transmise de génération en génération». Dieu accompagne chacun, en toute circonstance. Il accompagne les hommes «de sa présence cachée, mais non invisible», dans les moments de joie comme de douleur.

Le sourire de Marie qui dissipe l’indifférence

Comme les bergers de Bethléem, en contemplant la naissance de Dieu au milieu de la pauvreté et de la petitesse, «nous sentirons notre cœur se remplir de joie». «Notre cœur sera plein de joie et nous pourrons l’apporter là où il y a de la tristesse; notre cœur sera plein d’espérance, et nous pourrons la partager avec ceux qui l’ont perdue.»

Le Pape a enfin demandé de s’identifier à la Vierge Marie qui a placé son fils dans la mangeoire car il n’y avait pas de place dans la maison. «Avec elle et avec saint Joseph, son époux, tournons-nous vers l’Enfant Jésus. Que son sourire, épanoui dans la nuit, dissipe l’indifférence et ouvre les cœurs à la joie de ceux qui se sentent aimés par le Père qui est aux cieux.»

L’Avent nous amène à célébrer le Noël de Jésus

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint Pierre
Dimanche, 1 decembre 2019

Chers frères et sœurs, bonjour!

Aujourd’hui, premier dimanche de l’Avent, une nouvelle année liturgique commence. Au cours de ces quatre semaines de l’Avent, la liturgie nous amène à célébrer le Noël de Jésus, car elle nous rappelle qu’il vient tous les jours dans nos vies et qu’il reviendra glorieusement à la fin des temps. Cette certitude nous conduit à envisager l’avenir avec confiance, comme nous le demande le prophète Isaïe, qui, avec sa voix inspirée, accompagne tout le chemin de l’Avent.

Dans la première lecture d’aujourd’hui, Isaïe prophétise qu ‘«à la fin des jours, la montagne du temple du Seigneur sera fixée au sommet des montagnes et s’élèvera au-dessus des collines; tous les peuples y afflueront» (2,2). Le temple du Seigneur à Jérusalem est présenté comme le point de convergence et de rencontre de tous les peuples.

Après l’incarnation du Fils de Dieu, Jésus lui-même s’est révélé être le véritable temple. Par conséquent, la vision merveilleuse d’Isaïe est une promesse divine et nous pousse à adopter une attitude de pèlerinage, de voyage vers le Christ, de sens et de fin de toute histoire.

Combien ont faim et soif de justice, ils ne peuvent la trouver qu’en suivant les voies du Seigneur; tandis que le mal et le péché viennent du fait que les individus et les groupes sociaux préfèrent suivre des chemins dictés par des intérêts égoïstes, qui provoquent des conflits et des guerres. L’Avent est le bon moment pour accueillir la venue de Jésus qui vient comme messager de la paix nous montrer les voies de Dieu.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous exhorte à être prêts pour sa venue: «Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra» (Mt 24.42). Regarder ne signifie pas avoir les yeux grands ouverts, mais avoir le cœur libre et orienté dans la bonne direction, c’est-à-dire vouloir donner et servir. C’est regarder!

Le sommeil dont nous devons nous réveiller est constitué par l’indifférence, la vanité, l’impossibilité d’établir de véritables relations humaines, l’incapacité de prendre en charge un frère solitaire, abandonné ou malade. L’attente de Jésus qui vient doit donc se traduire par un engagement de vigilance.

Il s’agit avant tout de s’émerveiller de l’action de Dieu, de ses surprises et de lui donner la primauté. La vigilance signifie aussi, concrètement, être attentif à notre prochain en difficulté, être mis au défi par ses besoins, sans attendre de lui demander de l’aide, mais apprendre à prévenir, anticiper, comme Dieu le fait toujours avec nous.

Marie, Vierge vigilante et mère d’espoir, nous guide dans ce voyage en nous aidant à tourner notre regard vers la «montagne du Seigneur», image de Jésus-Christ, qui attire à lui tous les hommes et tous les peuples.

Après l’angélus

Chers frères et sœurs!

Je suis  préoccupé par la situation en Irak. J’ai appris avec tristesse que les manifestations de ces derniers jours ont suscité une vive réaction, qui a fait des dizaines de victimes. Je prie pour les morts et les blessés; Je suis proche de leurs familles et de l’ensemble du peuple irakien, invoquant la paix et la concorde de Dieu.

Le Département des laïcs, de la famille et de la vie a mis en place un nouvel organe consultatif international pour la jeunesse, composé de vingt jeunes de différents milieux géographiques et ecclésiaux. C’est une réponse concrète à la sollicitation du Synode consacré aux jeunes l’année dernière (voir doc. Fin., 123). La tâche de cet organe est d’aider à comprendre la vision des jeunes sur les priorités du ministère de la jeunesse et sur d’autres sujets d’intérêt plus général. Nous prions pour cela.

Cet après-midi, je vais aller à Greccio, à l’endroit où saint François a fait la première crèche. Là, je signerai une lettre sur le sens et la valeur de la crèche. La crèche est un signe simple et merveilleux de la foi chrétienne. C’est une courte lettre qui peut faire du bien pour préparer Noël. Accompagnez-moi avec la prière sur ce voyage.

Je vous souhaite à tous un bon dimanche et un bon voyage de l’Avent. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir.


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