Cum vidisset Jesus matrem, et discipulum stantem quem diligebat, dicit matri suae : mulier, ecce filius tuus. Deindè dicit discípulo : ecce mater tua.
Jésus ayant vu sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, il dit à sa mère : femme, voilà votre fils. Il dit ensuite au disciple : voilà votre mère. Jean. 19.
D’après LE MOIS DE JÉSUS – Malines 1839
I*r Point.
IHS extrait des armes du Pape François
Parmi le grand nombre de personnes qui entouraient la croix, il se trouvait de pieuses femmes qui étaient venues de Galilée avec Jésus, et qui l’avaient assisté de leurs biens. On y voyait aussi quelques-uns de ses disciples cachés qui se tenaient à l’écart, et qui regardaient de loin ce qui se passait.
Pour Marie, sa mère, elle ne quittait point le pied de la croix, ayant auprès d’elle saint Jean, le disciple bien-aimé. Mais qui pourrait raconter toutes les douleurs qui pénétrèrent alors le cœur de cette tendre mère, de cette mère qui aimait son Fils au-delà de tout ce qu’on peut imaginer ?
Sainte Angèle Mérici chapelle des soeurs ursulines Lubiana
« Non plus dans les cloîtres, mais dans le monde : tel est l’axe cartésien de la spiritualité de sainte Angèle Merici qui, avec le témoignage de sa vie, parvient à donner une nouvelle forme à la dignité de la femme.
Née à Desenzano sul Garda, dans la province de Brescia, le 21 mars 1474, Angèle avait dès son plus jeune âge un fort sens religieux : le soir, en effet, la famille se réunissait autour de son père, Giovanni, pour l’écouter lire la vie des saints.
Et c’est précisément grâce à ces lectures que la petite Angèle commence à nourrir une dévotion particulière envers sainte Ursule, la noble jeune femme britannique martyrisée au IVe siècle avec ses compagnes, qui joueront un grand rôle dans la maturation de sa spiritualité.
Tertiaire franciscaine
À 15 ans, Angèle a perdu prématurément sa sœur et ses parents ; elle s’installe ensuite à Salò, accueillie dans la maison par son oncle maternel. Au cours de ces années, le désir de mener une vie plus austère et pénitentielle surgit en elle, à tel point qu’elle choisit de devenir tertiaire franciscaine.
Cinq ans plus tard, à la mort de son oncle, la jeune femme retourne à Desenzano où elle se consacre aux œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles, accompagnant toujours le travail manuel par la prière et la méditation.
La vision de « l’échelle céleste »
Et c’est précisément pendant qu’elle est en prière que la future Sainte a la vision d’un cortège d’anges et de vierges jouant et chantant des chants. Parmi eux, Angèle voit aussi sa sœur décédée qui annonce : « Tu fonderas une compagnie de vierges ». Au cours des siècles suivants, l’iconographie hagiographique représentera cette vision comme une « échelle céleste » qui unit le ciel et la terre.
Cécité soudaine
Entre-temps, en 1516, les supérieurs franciscains envoyèrent Angèle à Brescia pour assister une veuve, Catherine Patendola. A la ville, la jeune femme renforce son idée d’un laïcat de plus en plus impliqué dans le domaine caritatif, mais enrichi par l’apport de la sensibilité féminine.
Après avoir reçu une seconde vision, Angèle décide de partir en pèlerinage vers divers lieux sacrés : Mantoue et le Mont Sacré de Varallo sont parmi les premières destinations, suivis, en 1524, par la Terre Sainte.
Mais c’est justement lors du voyage vers les origines du christianisme qu’un singulier miracle se produit : soudain, Angèle perd la vue ; elle ne la retrouvera qu’à son retour de Terre Sainte, en priant devant le Crucifix. Loin de se décourager, Angèle Merici accueillit la maladie passagère comme un signe de la Providence, afin de pouvoir regarder les Lieux Saints non avec les yeux du corps, mais avec ceux de l’esprit.
« Ne comprends-tu pas – dira-t-elle plus tard – que cet aveuglement m’a été envoyé pour le bien de mon âme ? »
La naissance de la « Compagnie de Sainte Ursule »
De retour en Italie en 1525, à l’occasion du Jubilé, Angèle part en pèlerinage à Rome, où elle consolide son charisme au point que le pape Clément VII lui propose de rester dans la « Ville éternelle ». Mais la jeune femme décide de retourner à Brescia, car elle veut enfin donner vie à la « vision céleste ».
Le 25 novembre 1535, elle fonde donc, avec douze collaboratrices, la « Compagnie des renvoyées de Sainte Ursule », (« renvoyées » parce qu’elles n’ont pas l’habit monastique traditionnel), avec une règle de vie originale : être en dehors du cloître, se consacrer à l’éducation, et à l’éducation des jeunes filles, en obéissance à l’évêque et à l’Église.
Une révolution de grâce
Il s’agit d’une véritable révolution de grâce : dans la « Compagnie », en effet, chaque femme consacrée pourra sanctifier son existence non pas à l’intérieur d’un couvent, mais en travaillant dans le monde, comme dans l’Église originelle.
À une époque où les femmes qui ne peuvent ni être épouses ni religieuses sont vouées à la marginalisation, Angèle leur propose une nouvelle condition sociale, celle de « vierges consacrées dans le monde », capables de se sanctifier pour sanctifier la famille et la société.
Canonisé en 1807
En 1539, l’état de santé d’Angèle s’aggrava et le 27 janvier 1540, elle mourut à l’âge de 66 ans. Ses restes ont été déposés dans l’église de Sant’Afra de Brescia, où ils sont encore vénérés aujourd’hui, dans ce qui a été rebaptisé Sanctuaire de Sainte Angèle.
Entre-temps, sa réputation de sainteté grandit et, en 1544, le pape Paul III éleva la Compagnie au rang d’Institut de droit pontifical, lui permettant ainsi d’opérer même en dehors des frontières diocésaines.
Béatifiée en 1768 par le pape Clément XIII, Angèle Mérici fut canonisée le 24 mai 1807 par le pape Pie VII. Une statue à sa mémoire, sculptée en 1866 par le sculpteur Pietro Galli, est conservée dans la basilique vaticane.
Le testament spirituel
« Je vous prie – lit-on dans son testament spirituel, destiné aux Ursulines – de vous souvenir et de garder gravées dans votre esprit et dans votre cœur toutes vos filles, une à une. Et pas seulement leurs noms, mais aussi leur condition, leur disposition et leur état, et tout ce qui les concerne. Ce qui ne vous sera pas difficile, si vous les acceptez avec une profonde charité. Engagez-vous avec amour et d’une main douce et non impérieusement et avec dureté, mais en tout que vous soyez agréables. »
« Surtout – a-t-elle conclu – méfiez-vous de vouloir obtenir quoi que ce soit par la force, car Dieu a donné à chacun le libre arbitre et il ne veut forcer personne, mais seulement propose et conseille ».
Saints Tite et Timothée, disciples et compagnons de saint Paul
Saints Tite et Timothée, cathédrale de Monreale Sicile
Ils ont été les collaborateurs les plus étroits de saint Paul. Saint Timothée, évêque, de père païen et de mère juive, est proposé par l’Apôtre des Gentils à la communauté ecclésiale d’Éphèse ; alors que Saint Tite, évêque, est placé à la tête de l’Église de Crète.
La vie de Timothée
Timothée naît à Lystres, à environ 200km au nord-ouest de Tarse, de mère juive et de père païen. Lorsque Paul passe dans ces zones au début de son deuxième voyage missionnaire, il choisit Timothée comme compagnon parce « qu’il était assez estimé par les frères de Lystres et d’Iconium » (AC 16,2), mais il le fait circoncire « à cause des juifs qui se trouvaient dans les parages » (AC16, 3).
Avec l’Apôtre des Gentils, Timothée traverse l’Asie Mineure et rejoint la Macédoine. Ensuite il accompagne Paul à Athènes et de là il est invité à Thessalonique. Puis, il poursuit pour Corinthe et collabore à l’évangélisation de la ville sur l’Isthme.
La figure de Timothée tranche comme celle d’un pasteur de grand relief. Selon l’Histoire ecclésiastique postérieure d’Eusèbe de Césarée. Timothée fut le premier évêque d’Éphèse. Certaines de ses reliques se trouvent depuis 1239 en Italie dans la cathédrale de Termoli dans le Molise, en provenance de Constantinople.
La vie de Tite
Tite est de famille grecque, encore païenne, et il est converti par Paul au cours d’un de ses voyages apostoliques, pour ensuite devenir son collaborateur, son compagnon et frère dans l’apostolat. L’Apôtre des Gentils l’emmène avec lui à Jérusalem, pour ce qui est appelé Concile apostolique, justement au moment crucial de la controverse à propos du baptême des Païens.
L’Apôtre s’oppose fermement à la circoncision du chrétien d’Antioche, et Tite devient ainsi le symbole vivant de la valeur universelle du Christianisme, sans distinction ni de nationalité, race, et culture. Après le départ de Timothée de Corinthe, Paul envoie Tite avec la charge de ramener cette communauté indocile à l’obéissance et il réussit à restaurer la paix entre l’Église de Corinthe et l’Apôtre.
A Corinthe Tite est encore recommandé par Paul, qui le qualifie de « mon compagnon et collaborateur »2 Cor 8,23, pour y organiser la conclusion des collectes en faveur des chrétiens de Jérusalem. D’ultérieures informations en provenance des Lettres Pastorales le qualifient comme Évêque de Crète.
Deux fidèles serviteurs de l’Évangile
Paul circoncit le disciple Timothée et ne circoncit pas Tite, qu’il emmène tout de même avec lui à Jérusalem devant le Concile des Apôtres. Ainsi en ses deux collaborateurs Paul réunit les hommes de la circoncision et les hommes de la non-circoncision ; les hommes de la loi et les hommes de la foi. Selon la tradition, Paul écrit deux lettres à Timothée et à Tite.
Ce sont les seules lettres du Nouveau Testament adressées non pas à des communautés mais à des individus. L’Apôtre, désormais âgé, se laisse aller à des annotations riches d’affection envers ces deux disciples, satisfait d’avoir mis en leurs mains l’annonce de l’Évangile. Selon Benoît XVI, Timothée et Tite «nous enseignent a servir l’Évangile avec générosité, en sachant que cela est aussi un service à l’Église».