Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Comparaison et commérages

Jésus parlait beaucoup avec Pierre et avec tous les autres, tout comme les apôtres parlaient entre eux et avec les autres, mais il s’agissait « d’un dialogue d’amour ». Jésus avait demandé à plusieurs reprises à Pierre « s’il l’aimait, s’il l’aimait plus que les autres. Pierre avait dit oui et le Seigneur lui a donné comme mission : pais mes brebis ». Cela a été précisément « un dialogue d’amour », mais à un certain point, Pierre a eu la tentation de s’immiscer dans la vie d’un autre, Judas, et après avoir su qu’il aurait trahi, il demanda à Jésus la raison pour laquelle il lui permettait de le suivre encore. « Jésus une autre fois lui fit un reproche : “que t’importe ?” (cf Jn 21, 20-25, l’Évangile d’aujourd’hui). Ne t’immisce pas dans la vie de l’autre. Que t’importe si c’est ce que je veux ? ». Pierre est un homme et donc il subit lui aussi la tentation d’interférer dans la vie des autres, c’est-à-dire « comme l’on dit de manière courante, de mettre son nez partout ». À nous aussi, dans notre vie chrétienne, cela arrive ; « combien de fois sommes-nous tentés de faire cela ? Le dialogue, ce dialogue avec Jésus, est dévié sur une autre voie. Et le fait de s’immiscer dans la vie des autres a de nombreuses modalités ». Il en a souligné deux : se comparer toujours aux autres et les commérages.

La comparaison est de toujours se demander « pourquoi cela à moi et non à celui-ci ? Dieu n’est pas juste ! » Pour clarifier le concept, voici en exemple la petite Thérèse qui « quand elle était enfant, a eu la curiosité de comprendre pourquoi Jésus ne semblait pas juste : à un il donnait beaucoup, et à l’autre bien peu. Elle était une enfant et elle a posé la question à sa sœur aînée et cette dernière — sage cette sœur ! — a pris un dé à coudre et un verre. Elle les a rempli d’eau tous les deux et puis a demandé : dis-moi Thérèse, quel est le plus plein des deux ? Mais tous les deux sont pleins ! Et Jésus est comme cela avec nous : cela ne l’intéresse pas si tu es grand, petit. Ce qui l’intéresse c’est si tu es plein d’amour de Jésus et de la grâce de Jésus ! C’est ainsi que Jésus fait avec nous ». Lorsque l’on fait des comparaisons « on termine dans l’amertume et l’envie. Ce que le diable veut. On commence en louant Jésus et puis sur ce chemin de comparaison, on termine dans l’amertume et l’envie ».

La deuxième modalité est constituée par les commérages. On commence par beaucoup d’éducation : « Mais moi, je ne veux parler mal de personne mais il me semble que… » et puis on termine par « écorcher son prochain. C’est précisément comme cela ! » « Combien de commérages dans l’Église ! Combien nous commérons nous chrétiens » et le commérage « est justement écorcher, se faire du mal l’un l’autre » comme si l’on voulait rabaisser l’autre pour s’élever soi-même. « Les commérages sont destructeurs dans l’Église. C’est un peu l’esprit de Caïn : tuer son frère, avec la langue. Mais sur cette voie, nous devenons des chrétiens aux bonnes manières et aux mauvaises habitudes ! » En résultent trois comportements négatifs : la désinformation, à savoir « seulement la moitié qui nous convient et pas l’autre moitié » ; vient ensuite la diffamation : « quand une personne a vraiment un défaut, a fait une grosse bêtise » il faut la raconter, « faire le journaliste, non ? Et la réputation de cette personne est ruinée » ! La troisième est la calomnie : « Dire des choses qui ne sont pas vraies. Cela est vraiment tuer son frère ! »

PAPE FRANÇOIS – Extrait de la MÉDITATION MATINALE en la CHAPELLE de la MAISON SAINTE-MARTHE
Samedi 18 mai 2013
(L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 21 du 23 mai 2013)

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Notre mois de Marie de la Médaille Miraculeuse avec Sœur Catherine Labouré : 23 MAI

M’aimes-tu ?

Le passage évangélique de ce jour est extrait de la fin du quatrième évangile (Jn 21, 15-19). Il s’agit du merveilleux dialogue entre Jésus ressuscité et Pierre sur les bords du lac de Tibériade. Par trois fois Jésus demande à Pierre : « M’aimes-tu ? » Cette insistance marque la gravité de l’appel divin et rappelle à Pierre sa triple trahison. Mais aimer n’est pas toujours le même, le sens de cet échange entre Pierre et le Ressuscité atteint une profondeur insoupçonnée.

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Quel est le regard de Jésus sur moi ? Le Pape François a consacré l’essentiel de son homélie sur le dialogue entre Jésus ressuscité et Pierre, sur les bords du lac de Tibériade, un passage qui est rapporté dans l’Évangile du jour. Sur la base ce passage, il a développé une réflexion sur les trois regards du Seigneur Jésus sur l’apôtre : le regard de l’élection, celui du repentir, et enfin celui de la mission.

Le premier regard, l’enthousiasme

Au début de l’Évangile de Jean, quand André va trouver son frère Pierre et lui dit : « nous avons trouvé le Messie ! », il y a un regard d’enthousiasme. Jésus fixe son regard sur Pierre et lui dit : « Tu es Simon, fils de Jean. Désormais on t’appellera Pierre ». « C’est le premier regard, le regard de la mission ». « Et comment se trouve l’âme de Pierre en cet instant ?  Elle est enthousiaste ; c’est le moment de suivre le Christ. »

Le deuxième regard, le repentir

Le Pape a évoqué ensuite la nuit du Jeudi Saint, lorsque Pierre renie le Christ par trois fois : « il a tout perdu. Il a perdu son amour », et quand le Seigneur tourne son regard vers lui, il se met à pleurer :

« L’Évangile de Luc nous dit : ‘Et Pierre se mit à pleurer amèrement’. Cet enthousiasme de suivre Jésus s’est transformé en tristesse, parce qu’il a péché : il a renié le Christ. Ce regard change le cœur de Pierre, plus encore qu’auparavant. Le premier changement est celui du nom, puis de la vocation. Ce deuxième regard est un regard qui change le cœur, une conversion à l’amour ». Ensuite, a continué le Pape,  il y a le regard de la rencontre après la Résurrection. « Nous savons que Jésus a rencontré Pierre, c’est l’Évangile qui nous le dit, mais nous ne savons pas ce qu’ils ont dit ».

Le troisième regard, la mission

Le regard de l’Évangile de ce jour « est le troisième regard : le regard qui confirme la mission, mais aussi le regard avec lequel Jésus confirme son amour à Pierre. Et par trois fois, le Seigneur demande à Pierre « la manifestation de son amour », et l’exhorte à paitre ses brebis. A la troisième demande, Pierre « est attristé, pleure presque » :

« Il est triste parce que c’est la troisième fois que Jésus lui demande : ‘m’aimes-tu ?’ Et il lui répond : ‘Oui Seigneur, toi tu sais tout, tu sais que je t’aime’, et Jésus répond : ‘Sois le berger de mes brebis’. C’est le troisième regard, celui de la mission. Le premier, le regard de l’élection, avec l’enthousiasme de suivre Jésus ; le second, le regard du repentir au moment du reniement ; le troisième, le regard de la mission : ‘Pais mes agneaux’, ‘pais mes brebis’, ‘sois le berger de mon troupeau’ ».

Laissons-nous regarder par Jésus

« Mais ça ne s’arrête pas là. » « Jésus va plus avant » et dit à Pierre : « Tu fais tout cela par amour, et après ? Tu seras couronné roi ? Non .» Jésus annonce à Pierre qu’il devra le suivre sur la voie de la Croix :

« Nous aussi nous pouvons penser : aujourd’hui quel est le regard de Jésus sur moi ? Comment me regarde-t-il ? Avec un appel ? Un pardon ? Une mission ? Nous sommes tous sous le regard de Jésus. Il nous regarde toujours avec amour. Il nous demande quelque chose, nous pardonne quelque chose, et nous donne une mission. Jésus vient à présent sur l’autel. Et nous pouvons lui dire ceci : ‘Seigneur, tu es là, parmi nous. Fixe ton regard sur moi et dis-moi ce que je dois faire ; comment je dois pleurer mes erreurs, mes péchés ; quel doit être le courage avec lequel je dois emprunter le chemin que tu as suivi le premier’  ».

Le Pape a conclus en exhortant les fidèles à relire ce dialogue intense entre Jésus et Pierre, et de penser « au regard de Jésus sur moi. »

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Notre mois de Marie de la Médaille Miraculeuse avec Sœur Catherine Labouré : 22 MAI

A titre de rappel, voici quelques extraits de l’homélie de l’an dernier du Pape François –>Lire la suite →

Une maison qui n’est pas à louer

Les plaies de Jésus : voilà le prix qu’Il a payé pour que l’Église soit toujours unie à Lui. Les chrétiens d’aujourd’hui sont appelés à demander la grâce de l’unité et à lutter afin que l’esprit de division, de guerre et de jalousie ne puisse s’immiscer entre eux. C’est la réflexion développée par le Pape ce jeudi matin lors de la messe, célébrée dans la chapelle de la maison Sainte Marthe.

« La grande prière de Jésus » : que l’Église soit unie, que les chrétiens « soient tous un » comme Jésus ne fait qu’Un avec son père. Mais attention à la grande tentation, prévient le Pape : celle de céder à « l’autre père », celui du « mensonge » et de la « division ». Le Pape François s’est immergé dans l’atmosphère du Cénacle, et dans la densité des paroles que le Christ confia à ses apôtres avant d’entrer dans sa passion, et que la liturgie propose en ces jours qui précèdent la fête de la Pentecôte.

Le prix de l’unité

Combien il est réconfortant  d’entendre Jésus dire à son Père de vouloir prier non seulement pour ses disciples, observe François, mais aussi pour tous ceux qui croiront en Lui, « grâce à leur parole ». C’est une phrase, certes, entendue de nombreuses fois, mais que le pape demande d’écouter aujourd’hui avec plus d’attention.

« Peut-être ne sommes-nous pas assez attentifs à ces paroles : Jésus a prié pour moi ! Cela même est une source de confiance : Il prie pour moi, il a prié pour moi devant le Père. Et que voit le Père ? Les plaies de Jésus. Le prix qu’Il a payé pour nous. Jésus prie pour moi avec ses plaies, avec son cœur transpercé et il continuera de le faire ».

Les visages de la division

Jésus prie pour l’unité  de son peuple, pour l’Église. Mais Jésus sait, affirme François,  que l’esprit du monde est un esprit de division, de guerre, d’envie, de jalousie, présent même dans les familles, les familles religieuses, les familles diocésaines, dans l’Église tout entière : c’est cela la grande tentation ». Celle qui porte à bavarder, à coller des étiquettes aux personnes, toutes ces attitudes que la prière de Jésus demande de bannir :

« Nous devons être un, comme Jésus et le Père ne sont qu’Un . C’est cela le défi pour nous chrétiens : ne pas laisser de place à la division entre nous, ne pas laisser l’esprit de division, le père du mensonge entrer en nous. Chercher l’unité sans relâche. Chacun est comme il est,  mais doit chercher à vivre dans l’unité, Jésus t’a pardonné ? Alors pardonne à ton tour. Jésus prie pour que nous ne soyons qu’Un. Et l’Église a tant besoin de cette prière d’unité ».

L’unité est une grâce

Il n’existe pas, a encore affirmé le Pape avec humour, une Église qui tienne grâce à de la colle. L’unité que demande Jésus est « une grâce de Dieu », une « lutte sur la terre ». « Nous devons faire de la place à l’Esprit, conclut François, afin qu’Il nous transforme en un seule chose, comme le Père et le fils ne forment qu’Un ».

« Un autre conseil que Jésus a donné, est de demeurer en Lui. C’est la grâce qu’Il demande pour nous. Et Il nous indique pourquoi, Il nous le dit clairement : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi ». Demeurer en Jésus dans ce monde, conduit à demeurer en Lui, « afin de contempler sa gloire ».

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Notre mois de Marie de la Médaille Miraculeuse avec Sœur Catherine Labouré : 21 MAI

voir des extraits de l’homélie du Pape François de l’an dernier –> Lire la suite →