Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

poussière, tu retourneras en poussière

Le mercredi des cendres signe le début du Carême pour la communauté chrétienne. 40 jours avant Pâques, les fidèles entament leur pénitence. Ils se préparent à la fête de Pâques. Prières et jeûne attendent les fidèles, avant la célébration de la résurrection du Christ. La période fait écho à la pénitence menée par Jésus-Christ pendant 40 jours dans le désert. Le Carême constitue une manière pour les catholiques, de s’unir au Christ, tout en se focalisant sur le chemin qui les mène vers Dieu.  Les fidèles reçoivent la bénédiction – une croix tracée avec de la cendre sur le front – qui marque la présence de Jésus pendant leur période de privation. La période de Carême est par ailleurs rythmée par le vendredi Saint et se termine avec la veillée pascale puis la fête de Pâques, moment de partage dans les foyers et dans les familles chrétiennes du monde entier.

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C’est le « mercredi des cendres », premier jour de Carême. Très austère est la leçon que la Liturgie nous donne aujourd’hui. Une leçon dramatisée par un geste rituel de grande efficacité. L’imposition des cendres a une signification si claire, si franche, que tout commentaire se révèle superflu: elle nous conduit à une réflexion réaliste sur le caractère précaire de notre condition humaine, vouée à l’échec de la mort qui, précisément, réduit en poussière ce corps, alors que sur sa vitalité, sa santé, sa vigueur, son audace nous avons édifié tant de projets! Le rite liturgique nous rappelle, avec une énergique franchise, cette donnée objective: il n’y a rien de stable, rien de définitif, ici-bas; le temps s’enfuit Inexorablement et, comme un fleuve rapide, il nous entraine sans halte vers l’embouchure mystérieuse de la mort.

La tentation de se soustraire à l’évidence de cette constatation est antique. Ne pouvant l’éviter, l’homme a tenté d’oublier ou de minimiser la mort, la dépouillant de cette dimension, de cette résonance qui en font un événement définitif de son existence. La maxime d’Épicure: « Quand nous y sommes, la mort n’y est pas, et quand la mort y est, nous n’y sommes pas » est la formulation classique de cette tendance, reprise et diversifiée de mille manières, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Mais en réalité, ce n’est là qu’un « artifice qui nous fait plutôt sourire que penser » (M. Blondel). La mort fait, en effet, partie de notre existence, elle conditionne son développement de l’intérieur. Saint Augustin en avait parfaitement l’intuition quand il déclarait: « Si quelqu’un commence à mourir, c’est-à-dire à être dans la mort, du moment que la mort commence à agir en lui, le soustrayant à la vie… alors certainement l’homme commence à être dans la mort dès le moment où celle-ci commence à être dans son corps » (la Cité de Dieu, 13, 10).

En parfaite concordance, donc, avec la réalité, le langage liturgique nous avertit: « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière »; ce sont des paroles qui mettent en lumière le problème inéluctable de notre lent enfoncement dans le sable mouvant des temps et posent, de manière dramatiquement pressante, la « question du sens » de notre provisoire affleurement à la vie pour être ensuite, fatalement, happés dans l’ombre profonde de la mort. Vraiment « c’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet » (Gaudium et Spes, 18).

Paul VI Cendres 1968

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capable du bien comme de la destruction

17-02-2015 source : Radio Vatican

Le Pape a offert sa messe, mardi matin dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe au Vatican, pour les 21 « frères coptes, égorgés pour le seul motif d’être chrétien. » En tant qu’associés de la Médaille Miraculeuse, nous nous unissons à sa prière.

« Tous sommes capables de faire le bien, mais aussi de détruire ce que Dieu a créé ». Ce sont les parole du Pape lors de cette messe. S’arrêtant sur la première lecture du jour qui raconte le déluge universel, il observe que l’Homme est même capable de détruire la fraternité, de faire naître guerres et divisions. Il condamne donc fermement les « entrepreneurs de morts » qui vendent des armes aux pays en conflit pour que la guerre puisse continuer.

« L’Homme semble être plus puissant que Dieu et capable de détruire les bonnes choses qu’Il a faites ». Et il y a « nombreux exemples dans les premiers chapitres de la Bible, de Sodome et Gomorrhe à la Tour de Babel, dans lesquels l’Homme démontre toute sa méchanceté ».

Un point de vue certes négatif, mais « réaliste », causé par les jalousies, les envies, beaucoup de cupidité, la volonté d’avoir plus de pouvoir. « Mais que se passe-t-il dans le cœur de l’Homme ? », questionne le Pape, et répond : « notre cœur faible est blessé ». Et il faut condamner cette « envie d’autonomie : “je fais ce que je veux. Si je veux faire une guerre, je la fais” ».

De la guerre aux commérages

Les jalousies et les envies mènent aussi aux commérages. Cela aussi « est de la méchanceté, cette capacité de détruire que nous avons tous », qui se tourne alors vers l’Évangile d’aujourd’hui, lorsque Jésus réprimande les disciples qui se disputent car ils ont oublié de prendre le pain. Le Seigneur leur demande de faire « attention », de prendre « garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ».

« Mais ils ne comprenaient, car leur cœur était endurcit par cette passion, par cette méchanceté de discuter entre eux et de chercher le coupable, celui qui avait oublié le pain ». Nous devons prendre « au sérieux » le message du Seigneur, « ce n’est pas une chose étrangère, ce n’est pas le discours d’un Martien, l’Homme est capable de faire de bonnes choses ». Citons l’exemple de mère Teresa, « une femme de notre temps ».

« Nous tous sommes capables de faire beaucoup de bien, mais aussi de détruire. Dans la famille même, détruire les enfants, ne les laissant pas grandir avec liberté, ne les aidant pas à bien grandir ». Pour cela, « sont nécessaires une médiation continue, la prière, la confrontation entre nous, pour ne pas tomber dans la méchanceté qui détruit ».

si le mal est contagieux, le bien l’est aussi

2015-02-15 Radio Vatican

A l’Angélus, ce dimanche 15 février, devant des milliers de personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre, le Pape François a commenté la guérison du lépreux racontée dans le premier chapitre de l’Évangile selon saint Marc. L’occasion pour lui d’expliquer comment Jésus lutte contre le mal et le péché et d’appeler les chrétiens, et bien sûr nous associés de la Médaille Miraculeuse, à combattre toute forme de marginalisation.

Dans les Évangiles proposés ces derniers dimanches, Marc raconte l’action de Jésus contre toutes sortes de maux, au bénéfice de ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit : possédés, malades, pécheurs… Jésus se présente comme celui qui combat et vainc le mal qu’Il rencontre. Dans l’Évangile de ce dimanche, cette lutte est confrontée à un cas emblématique, car le malade est un lépreux. La lèpre est une maladie contagieuse et impitoyable, qui défigure ceux qui en sont atteints, et qui a été un symbole d’impureté : le lépreux devait rester en dehors des villes et signaler sa présence aux passants. Il vivait en marge des communautés civile et religieuse. Il était comme un mort ambulant.

Jésus s’expose directement au mal

Le récit de la guérison du lépreux se déroule en trois brefs passages : l’invocation du malade, la réponse de Jésus, les conséquences de la guérison prodigieuse. A la prière humble et confiante, Jésus réagit par une attitude profonde de son âme : la compassion, qui veut dire « pâtir avec l’autre ». Le cœur du Christ manifeste la compassion paternelle de Dieu pour cet homme. « Il y a un détail très important dans ce récit, Jésus s’approche et touche le malade. La miséricorde de Dieu surmonte toutes les barrières. Jésus ne fixe pas une distance de sécurité, Il ne délègue pas, Il s’expose directement à la contagion de notre mal et notre mal devient le lieu de contact : Jésus prend notre humanité malade et nous prenons son humanité saine et qui assainit. Cela se produit chaque fois que nous recevons avec foi un Sacrement, en particulier le Sacrement de la Réconciliation qui nous guérit de la lèpre de notre péché ».

Encore une fois, l’Évangile nous montre l’attitude de Dieu face à notre mal : Il ne vient pas « donner une leçon » sur la douleur ; Il ne vient pas non plus éliminer du monde la souffrance et la mort ; Il vient prendre sur Lui le poids de notre condition humaine pour nous libérer de manière radicale et définitive. C’est ainsi que le Christ combat les maux et les souffrances du monde : en s’en chargeant et en les vainquant par la force de la miséricorde de Dieu.

Se laisser contaminer par le bien

L’Évangile de la guérison du lépreux nous dit que « si nous voulons être d’authentiques disciples de Jésus, nous sommes appelés à devenir, en union avec Lui, des artisans de son amour miséricordieux, en surmontant toute forme de marginalisation. Pour imiter le Christ, devant un pauvre ou un malade, nous ne devons pas avoir peur de le regarder dans les yeux et de nous approcher de lui avec tendresse et compassion. Si le mal est contagieux, le bien l’est aussi ». Et le Pape François a exhorté les fidèles à se laisser contaminer par le bien.