Méditation sur la liturgie de la Semaine Sainte

Semaine Sainte
Semaine Sainte

Méditation sur la liturgie de la Semaine Sainte

Chers Fils et Chères Filles,

Nous vous saluons tous, en vous considérant comme participants avec nous aux cérémonies de la Semaine Sainte dont la célébration est si importante. Non seulement cette semaine évoque le souvenir de la mort et de la résurrection du Seigneur, mais elle renouvelle l’efficacité de l’œuvre rédemptrice du Christ.

Elle actualise le mystère pascal de la façon la plus authentique; elle le reflète dans sa liturgie, elle le reproduit dans son efficacité divine; elle le rend accessible aux fidèles qui veulent vivre des exemples et de la grâce du Christ; elle constitue, dans le cours du temps, le moment le plus rempli de la présence du Christ parmi nous, et dans le cours de l’année l’heure centrale vers laquelle tend et de laquelle part toute l’activité liturgique de l’Église.

Elle concerne le Christ mort et ressuscité; mais elle concerne aussi chacun de nous, parce que chacun de nous doit mourir et ressusciter avec le Christ. C’est pour nous que le Christ a vécu le drame de la Rédemption; c’est avec nous qu’il veut la revivre. Ne laissons pas passer la fête de Pâques sans nous pénétrer de sa réalité et de ses exigences.

Nous voulons croire qu’aucun de vous ne manquera de réserver quelque pensée à la Semaine Sainte…. Nous voudrions, d’une façon sommaire, vous indiquer certains aspects de ces cérémonies auxquelles nous vous exhortons à participer, afin que vous les compreniez mieux et que vous y assistiez avec plus de fruit.

Aspect historique

Le premier aspect est celui que nous pourrions appeler l’aspect historique, c’est-à-dire le caractère d’évocation que revêtent ces cérémonies. Elles se réfèrent aux derniers jours de la vie temporelle du Christ, comme chacun le sait.

Mais en les replaçant, à nouveau devant nos yeux, l’Église veut réveiller, préciser ces souvenirs, retenir notre attention. Ce n’est pas sans raison que le récit de la passion est répété quatre fois pendant la Semaine Sainte.

Et les trois derniers jours sont caractérisés par un fait dominant, particulier à chacun: le Jeudi-Saint par la Cène pascale, qui devient la Cène Eucharistique; le Vendredi-Saint par le procès, la crucifixion et la mort du Seigneur; le Samedi-Saint par le souvenir de sa sépulture, avant d’arriver à la nuit de la résurrection Pascale.

La seule évocation de ces événements est déjà attirante par elle-même, et il n’est pas difficile d’en faire la première méditation, même si elle est uniquement descriptive.

Les personnages du drame

La seconde méditation porte sur les personnages du drame. Chacun d’eux est typique et représentatif. L’action dans laquelle ils se trouvent engagés, les uns et les autres, soit dans la passion, soit dans l’événement pascal, prend un relief impressionnant.

L’humanité s’y révèle sous son jour le plus intéressant; la psychologie éternelle des hommes nous y apparait, non pas certes avec la majesté et la subtilité, souvent trop recherchées, des scènes célèbres du théâtre classique et du cinéma moderne, mais avec une sincérité et un naturel sans pareils, au point que l’on est tenté de répéter: voici l’homme. Cette exclamation fut prononcée par Pilate, à propos de Jésus.

Et si nous arrêtons notre attention sur sa personne, quelle stupeur, quel attrait, quel trouble, quel amour envahissent les âmes attentives et fidèles! La passion du Christ est la révélation la plus profonde et la plus exacte qui nous soit donné de lui. Pensons, par exemple, aux paroles de Pierre qui se refuse au geste d’humilité de Jésus, penché devant lui pour lui laver les pieds: « Toi, Seigneur, me laver les pieds! » (Jn 13, 6).

Que n’y a-t-il pas dans ce «toi »! Et, au terme de la tragédie la parole du Centurion: « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu! » (Mt 27, 54). Mais pensons surtout au double témoignage de Jésus qui affirme être le Christ, Fils de Dieu (Mt 26, 64), au cours du procès religieux; et être le roi de l’histoire messianique, pendant le procès civil (Jn 18, 37), témoignages à cause desquels il sera crucifié.

Les fidèles, les saints, s’efforcent d’explorer dans toute sa profondeur la psychologie de Jésus, et ils ne peuvent qu’en être enivrés d’émerveillement et d’amour.

Les raisons du drame

Puis la méditation devient plus large, plus profonde, plus théologique, plus cosmique, lorsqu’elle s’interroge sur les raisons de ce drame divin.

Les lectures, spécialement celles de la vigile pascale, nous introduisent dans ce mystère où le péché de l’homme se rencontre avec la justice et la miséricorde de Dieu, où « la mort et la vie s’affrontent en un duel prodigieux » (Séquence pascale), et où la victoire du Christ ressuscité se présente comme une source de notre salut et prototype de la vie chrétienne.

Notre contemplation doit faire encore un pas de plus: celui de l’expérience émotive, dramatique et aimante de cette histoire, de cette célébration. Dans les magnifiques répons de l’office de matines des trois grandes journées qui précèdent Pâques, nous trouvons, par exemple, les cris les plus nobles et les plus profonds, les plus forts et les plus tendres, les plus violents et les plus doux qu’ait su exprimer l’âme de l’Église devant le mystère pascal.

C’est dire que ces célébrations non seulement permettent une symphonie de sentiments, mais invitent à ajouter à la contemplation du drame pascal ses notes les plus hautes et les plus émouvantes, où la liturgie de la Semaine Sainte atteint à la beauté suprême.

Il y aurait trop à dire sur ce sujet. Mais sachez seulement que le grand cœur de l’Église, et avec lui l’humble cœur du Pape, vibre d’une émotion intense pendant la célébration du mystère pascal, et qu’il invite vos cœurs à vibrer avec lui. C’est à cela que vous encourage et vous exhorte Notre Bénédiction Apostolique.

PAUL VI – AUDIENCE GÉNÉRALE, mercredi Saint, 10 avril 1968

Je crois à la vie éternelle

Je crois à la vie éternelle

logo du Jubilé
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« Je crois à la vie éternelle » :  ainsi professe notre foi. L’espérance chrétienne trouve dans ces mots un pilier fondamental. Elle est en effet «la vertu théologale par laquelle nous désirons comme bonheur […] la Vie éternelle». [Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1817]

Le Concile œcuménique Vatican II affirme : « Lorsque manquent le support divin et l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution. Ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir ». [Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 21.]

Nous, en revanche, en vertu de l’espérance dans laquelle nous avons été sauvés, en regardant le temps qui passe, nous avons la certitude que l’histoire de l’humanité, et celle de chacun, ne se dirige pas vers une impasse ou un abîme obscur, mais qu’elle s’oriente vers la rencontre avec le Seigneur de gloire.

Vivons donc dans l’attente de son retour et dans l’espérance de vivre pour toujours en Lui. C’est dans cet esprit que nous faisons nôtre l’émouvante invocation des premiers chrétiens, par laquelle se termine l’Écriture Sainte : « Viens, Seigneur Jésus ! » ( Ap 22, 20).

Bulle d’indiction du Jubilé 2025 – Pape François

Entrez dans l’Espérance : N’AYEZ PAS PEUR ! Jean-Paul II

« Quand, le 22 octobre 1978, sur la place Saint-Pierre j’ai lancé : « N’ayez pas peur! », je ne pouvais évidemment pas savoir jusqu’où ces paroles nous entraîneraient, moi et l’Église. Le message qu’elles transmettaient venait bien plus de l’Esprit Saint, ce « consolateur » promis par le Seigneur Jésus à ses Apôtres, que de l’homme qui les prononçait. Au fil des années, j’ai eu maintes occasions de renouveler cet appel.

Pourquoi ne devons-nous pas avoir peur ? Parce que l’homme a été racheté par Dieu ! Quand j’ai prononcé ces mots sur la place Saint-Pierre, il m’apparaissait déjà clairement que ma première encyclique et tout mon pontificat devaient donner la priorité à la vérité sur la Rédemption. (…) La puissance de la Croix du Christ et de sa Résurrection est toujours plus grande que tout le mal dont l’homme pourrait et devrait avoir peur.

C’est ici qu’il faut revenir à la devise Totus Tuus. (…) Jasna Gora a fait irruption dans l’histoire de ma patrie au XVIIe siècle comme une sorte de «N’ayez pas peur ! » venu du Christ par la bouche de sa Mère. Quand, le 22 octobre 1978, j’ai reçu l’héritage romain du ministère de Pierre, cette expérience mariale vécue, sur ma terre polonaise, était déjà profondément inscrite dans ma mémoire.

« N’ayez pas peur ! » a dit le Christ aux Apôtres [Lc 24, 36] et aux femmes [Mt 28, 10] après sa Résurrection. Les textes évangéliques ne nous disent pas que Marie aurait, elle aussi, reçu cet encouragement. Forte de sa foi, « elle n’avait pas peur ». C’est l’expérience traversée par mon pays qui m’a, la première, fait comprendre comment Marie participe à la victoire du Christ.

J’ai aussi appris directement du cardinal Stefan Wyszynski,[1] que son prédécesseur, le cardinal August Hlond, avait prononcé avant de mourir cette parole prophétique : « La victoire, si elle vient, viendra par Marie »…

[1] Primat de Pologne, démis de ses fonctions et emprisonné par le pouvoir communiste au lendemain de la seconde guerre mondiale. Après la mort de Staline, il est libéré et reprend ses fonctions. II meurt peu après l’élévation de son fils spirituel, Karol Wojtyla, sur le siège de Pierre.

Au cours de mon ministère pastoral en Pologne, j’ai été témoin de l’accomplissement de cette parole.

Une fois élu Pape, confronté aux problèmes de l’Église entière, cette intuition, cette conviction m’a toujours habité : dans cette dimension universelle aussi, la victoire, si elle venait, serait remportée par Marie. Le Christ vaincra par Marie. Il veut qu’elle soit associée aux victoires de l’Église, dans le monde d’aujourd’hui et dans celui de demain.

J’en étais donc intimement persuadé, même si à l’époque j’ignorais presque tout de Fatima. Je pressentais seulement qu’il y avait là une certaine continuité, de La Salette à Fatima en passant par Lourdes, sans oublier, dans un passé plus lointain, notre Jasna Gora de Pologne.

Et puis le 13 mai 1981 est arrivé. Quand j’ai été atteint par la balle de mon agresseur sur la place Saint-Pierre, je ne me suis pas rendu compte immédiatement que nous fêtions justement l’anniversaire du jour où Marie était apparue aux trois enfants de Fatima, au Portugal, pour leur transmettre les messages qui, alors que la fin de ce siècle approche, se révèlent sur le point d’être pleinement confirmés.

Lors d’un tel événement, le Christ n’a-t-il pas encore une fois prononcé son « N’ayez pas peur ! » ? N’a-t-il pas répété à cette occasion son message pascal à l’intention du Pape, de l’Église et, au-delà, à l’attention de toute la famille humaine ? »

Exemples d’espérance dans les Évangiles

I. Rien ne montre plus sensiblement combien l’espérance est par elle-même agréable à Dieu, et qu’elle peut tout obtenir de sa bonté, que les exemples que nous présente l’Évangile .

Quel mérite remarquons-nous dans ce nombre prodigieux de toutes sortes de personnes, qui se sont adressées à Jésus-Christ, pour obtenir de sa bonté différentes grâces ? Jésus-Christ, pour nous exciter à recourir à lui avec une entière confiance dans tous nos différents besoins, ne relève en eux que le mérite de leur foi et de leur confiance .

Votre foi vous a sauvé. C’est ce qu’il avait coutume de leur dire ; c’est-à-dire, votre confiance vous a sauvés : car c’est ce que ce terme de foi signifie ordinairement dans l’Évangile ; et il y a même des endroits où l’on ne peut lui donner d’autre sens.

Ce n’est pas que plusieurs n’eussent d’autres dispositions ; mais Jésus-Christ, par des raisons dignes de sa tendresse pour nous, n’a point jugé à propos de les relever ; il attribue toujours à leur confiance les grâces qu’il leur accordait avec tant de bonté, parce qu’il pensait à exciter et à animer notre confiance en récompensant la leur.

Il voulait nous faire comprendre combien la confiance en sa bonté est agréable à ses yeux ; qu’il n’y a pas de grâces qu’elle n’obtienne de lui ; que c’est un trésor inépuisable de toute sorte de biens, puisqu’aucun ne lui est refusé, et que tout est possible à celui qui croit et qui espère.

II . C’est encore cette seule disposition que Jésus -Christ demanda expressément à cet heureux paralytique, dont il guérit l’âme avant de guérir son corps, en lui accordant la rémission de ses péchés : Mon fils, ayez confiance, lui dit-il (Matt. 9,  2 ), vos péchés vous sont remis.

Il est vrai que Jésus-Christ a jugé à propos de relever en termes exprès la grandeur de l’amour de cette heureuse pécheresse, qui est devenue aussi fameuse dans l’univers par sa pénitence, qu’elle l’avait été dans sa ville par sa vie déréglée.

Mais Jésus-Christ après avoir dit à Simon le pharisien et à tous les assistants que ( Luc 7, 47) plusieurs péchés étaient remis à cette femme, parce qu’elle avait beaucoup aimé, n’oublie pas de relever bientôt après le mérite de sa foi et de sa confiance, en disant à cette sainte pénitente ( Luc 7, 50 ) : Votre foi, ou votre confiance vous a sauvée : allez en paix.

III. Quel mérite trouvons-nous encore dans ce pécheur crucifié avec Jésus-Christ ? il reconnaît ses crimes ; il confesse qu’il avait été condamné très-justement au supplice de la Croix. Celui qui pour les mêmes crimes avait été aussi condamné au même supplice, et qui était crucifié à l’autre côté de Jésus-Christ, en pouvait dire autant.

Mais le premier invoque et prie Jésus-Christ, il demande miséricorde : l’horreur de ses crimes, qui sont présents à son esprit, la vue de la mort qu’il voit proche, l’impuissance entière où il se trouve de se préparer au jugement de Dieu par de bonnes œuvres, rien de tout cela ne l’empêche d’espérer miséricorde ; et lorsque tout le reste lui manque, son espérance en la miséricorde de Jésus-Christ, lui tient lieu de tout ce qui lui manquait.

Que de raisons spécieuses en apparence auraient pu le persuader qu’il n’était plus temps de rien faire, que son salut était désespéré! mais au lieu de raisonner il espéra, et trouva dans son espérance le salut et la vie.

Jésus-Christ va au-delà de ses espérances ; il n’avait rien demandé à Jésus-Christ, sinon de se souvenir de lui quand il serait entré dans son royaume ; et Jésus-Christ lui déclare que dès ce jour-là même il serait avec lui dans son royaume, dans le Paradis.

P. Gaud

Prière du Jubilé

Père céleste,
En ton fils Jésus-Christ, notre frère,
Tu nous as donné la foi,
Et tu as répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, la flamme de la charité
Qu’elles réveillent en nous la bienheureuse espérance de l’avènement de ton Royaume.
 
Que ta grâce nous transforme,
Pour que nous puissions faire fructifier les semences de l’Évangile,
Qui feront grandir l’humanité et la création tout entière,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues,
Et ta gloire manifestée pour toujours.
 
Que la grâce du Jubilé,
Qui fait de nous des Pèlerins d’Espérance,
Ravive en nous l’aspiration aux biens célestes
Et répande sur le monde entier la joie et la paix
De notre Rédempteur.
A toi, Dieu béni dans l’éternité,
La louange et la gloire pour les siècles des siècles.
Amen !

Prières de la Veillée Pascale

Dieu qui fais resplendir cette nuit très sainte par la gloire de la résurrection du Seigneur, ravive en ton Église l’esprit filial que tu lui as donné, afin que, renouvelés dans notre corps et notre âme, nous soyons tout entiers à ton service. Par Jésus Christ.

Avec ces offrandes, Seigneur, reçois les prières de ton peuple : fais que le sacrifice inauguré dans le mystère pascal nous procure la guérison éternelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur

Le Christ, notre agneau pascal, a été immolé.
Célébrons donc la fête en partageant le pain de la Pâque,
un pain non fermenté : signe de droiture et de vérité, alléluia. (cf. 1 Co 5, 7-8)

Pénètre-nous, Seigneur, de ton esprit de charité, afin que soient unis par ton amour ceux que tu as nourris du sacrement pascal. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Ancrés dans l’espérance

Ancrés dans l’espérance

logo du Jubilé
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L’espérance forme, avec la foi et la charité, le triptyque des “vertus théologales” qui expriment l’essence de la vie chrétienne (cf. 1 Co 13, 13 ; 1 Th 1, 3). Dans leur dynamisme inséparable, l’espérance est celle qui, pour ainsi dire, oriente, indique la direction et le but de l’existence croyante. C’est pourquoi l’apôtre Paul nous invite : « Ayez la joie de l’espérance, tenez bon dans l’épreuve, soyez assidus à la prière » (Rm 12, 12).

Oui, nous devons “déborder d’espérance” (cf. Rm 15, 13) pour témoigner de manière crédible et attrayante de la foi et de l’amour que nous portons dans notre cœur ; pour que la foi soit joyeuse, la charité enthousiaste ; pour que chacun puisse donner ne serait-ce qu’un sourire, un geste d’amitié, un regard fraternel, une écoute sincère, un service gratuit, en sachant que, dans l’Esprit de Jésus, cela peut devenir une semence féconde d’espérance pour ceux qui la reçoivent.

Mais quel est le fondement de notre espérance ? Pour le comprendre, il est bon de s’arrêter sur les raisons de notre espérance (cf. 1 P 3, 15).

Bulle d’indiction du Jubilé 2025 – Pape François

rôle particulier de Marie

a- Le culte de la Sainte Vierge

971 « Toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1,48) : « La piété de l’Église envers la Sainte Vierge est intrinsèque au culte chrétien » (MCU 56). La sainte Vierge « est légitimement honorée par l’Église d’un culte spécial. Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de ‘Mère de Dieu’ ; les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins …

Ce culte … bien que présentant un caractère absolument unique ; il n’en est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir » (LG 66) ; il trouve son expression dans les fêtes liturgiques dédiées à la Mère de Dieu (cf. SC 103) et dans la prière mariale, telle le Saint Rosaire, « abrégé de tout l’Évangile » (cf. MCU 42).

1172 « En célébrant le cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Église vénère avec un particulier amour la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, qui est unie à son Fils dans l’œuvre du salut par un lien indissoluble. En Marie, l’Eglise admire et exalte le fruit le plus excellent de la rédemption, et, comme dans une image très pure, elle contemple avec joie ce qu’elle-même désire et espère être tout entière » (SC 103).

b- Marie est notre Mère dans l’ordre de la grâce

967 (…) la Vierge Marie est pour l’Église le modèle de la foi et de la charité, sans oublier l’espérance. (…)

968 Mais son rôle par rapport à l’Église et à toute l’humanité va encore plus loin. « Elle a apporté à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareil par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère » (LG 61).

969 « A partir du consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation et qu’elle maintint dans sa fermeté sous la Croix, cette maternité de Marie dans l’économie de la grâce se continue sans interruption jusqu’à la consommation définitive de tous les élus.

En effet, après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas : par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel… C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Eglise sous les titres d’avocate, d’auxiliatrice, de secourable, de médiatrice » (LG 62).

Abraham n’a pas seulement été constitué “exemple et patron, mais aussi cause de bénédiction”, ainsi Marie a été constituée par Dieu cause et médiatrice de bénédictions pour toutes les générations. Pas seulement “exemple” mais aussi “cause de salut pour tout le genre humain”. Au pied de la croix, Marie est devenue pour nous “mère dans l’ordre de la grâce” (LG 61).

C’est pourquoi, comme les israélites, au moment de l’épreuve, se tournaient vers Dieu en disant : “Souviens-toi d’Abraham, notre Père !” (Ex 32, 13 ; Dt 9, 27 ; Tb 4, 12), nous pouvons maintenant nous tourner vers lui, en disant : “Souviens-toi de Marie, notre Mère !” et comme ceux-ci disaient : “Ne retire pas de nous ta miséricorde, pour l’amour d’Abraham, ton ami” (Dn 3, 35), nous pouvons lui dire : “Ne retire pas de nous ta miséricorde, pour l’amour de Marie, ton amie !” »).

970 « Le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque cependant et ne diminue en rien l’unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu. Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge … découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu » (LG 60). « Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur.

Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source » (LG 62).

c- La consécration à Jésus par Marie

C’est pour cela que l’on peut se consacrer à Jésus par Marie. De toute façon, il ne faut pas trop s’inquiéter dans le sens où Marie ne retient rien pour elle. Du fait de son Immaculée Conception, elle est parfaitement transparente et n’arrête rien à elle.

D’après le Catéchisme de l’Église Catholique

Le sentiment de notre indignité relève encore le prix de notre Espérance.

*I. Le sentiment de notre pauvreté et de notre indignité ne diminue point, mais relève au contraire le prix de notre espérance.

Moins Dieu trouve de disposition en nous, plus il lui revient de gloire : c’est la grandeur et la gloire de Dieu de ne trouver dans l’homme d’autre fondement de sa miséricorde que la misère de l’homme.

*II. O que le Prophète était bien instruit de ces vérités ! partout nous voyons qu’il se fait un mérite de l’aveu et du sentiment de sa pauvreté et de ses misères, pour s’adresser à Dieu avec confiance. Délivrez-moi, Seigneur, parce que je suis pauvre et dans l’indigence (Ps. 108, 21) ; pour moi je suis pauvre et dans l’indigence, et le Seigneur prend soin de moi : Mon Dieu, ne tardez point davantage (Ps, 39. 23) .

Et c’est ce qu’il ne se lasse point de répéter dans ses Psaumes : Que les pauvres voient ceci, et qu’ils se réjouissent, parce que le Seigneur a exaucé les pauvres (Ps, 68, 37); il aura compassion de celui qui est pauvre et dans l’indigence, et il sauvera les âmes des pauvres (Ps.71, 18).

Imitons ce Prophète, adressons-nous à Dieu dans l’humble sentiment de nos misères, invoquons-le avec confiance dans le temps de l’affliction ; et nous l’honorerons. Invoquez-moi dans le jour de l’affliction, je vous délivrerai et vous m’honorerez (Ps. 49, 16).

Ne nous lassons point d’admirer la bonté ineffable de Dieu, qui nous invite en mille manières, et nous presse d’espérer en lui, et de l’invoquer dans tous nos besoins, et qui veut bien nous en faire un mérite, et y attacher sa gloire, comme s’il y avait quelque intérêt : le moyen de résister à des invitations si pressantes et si touchantes !

Allez donc à lui ; car le Seigneur vous attend pour vous faire miséricorde, parce qu’il fera sa gloire de vous pardonner ; il vous fera certainement miséricorde. Heureux donc tous ceux qui l’attendent et qui espèrent en lui (Isaïe 30, 18.19).

P. Gaud

Prière du Jubilé 2025

Père céleste,
En ton fils Jésus-Christ, notre frère,
Tu nous as donné la foi,
Et tu as répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, la flamme de la charité
Qu’elles réveillent en nous la bienheureuse espérance de l’avènement de ton Royaume.
 
Que ta grâce nous transforme,
Pour que nous puissions faire fructifier les semences de l’Évangile,
Qui feront grandir l’humanité et la création tout entière,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues,
Et ta gloire manifestée pour toujours.
 
Que la grâce du Jubilé,
Qui fait de nous des Pèlerins d’Espérance,
Ravive en nous l’aspiration aux biens célestes
Et répande sur le monde entier la joie et la paix
De notre Rédempteur.
A toi, Dieu béni dans l’éternité,
La louange et la gloire pour les siècles des siècles.
Amen !

Prières du Vendredi Saint

Seigneur, nous savons que tu aimes sans mesure, toi qui n’as pas refusé ton propre Fils mais qui l’as livré pour sauver tous les hommes; aujourd’hui encore, montre-nous ton amour : nous voulons suivre le Christ qui marche librement vers sa mort; soutiens-nous comme tu l’as soutenu, et sanctifie-nous dans le mystère de sa Pâque. Lui qui règne pour les siècles des siècles.

Seigneur notre Dieu, par la passion du Christ, tu as détruit la mort héritée du premier péché, la mort qui tenait l’humanité sous sa loi; accorde-nous d’être semblables à ton Fils : du fait de notre nature, nous avons dû connaître la condition du premier homme qui vient de la terre; sanctifie-nous par ta grâce pour que nous connaissions désormais la condition de l’homme nouveau qui appartient au ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Le peuple répond : Amen.

Dieu de puissance et de miséricorde, toi qui nous as renouvelés par la mort et la résurrection de ton Christ, entretiens en nous l’œuvre de ton amour; que notre communion à ce mystère consacre notre vie à ton service.  Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Que ta bénédiction, Seigneur, descende en abondance sur ton peuple qui a célébré la mort de ton Fils dans l’espérance de sa propre résurrection : accorde-lui pardon et réconfort, augmente sa foi, assure son éternelle rédemption. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

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