Jean-Paul II, pèlerin en Terre Sainte

Tintoret_SanMarcuola, Venise, 1547_Cène1. Après la commémoration d’Abraham et ma visite brève mais intense en Égypte et au Mont Sinaï, mon pèlerinage jubilaire dans les lieux saints m’a conduit dans la terre qui a vu la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ et les premiers pas de l’Église. La joie et la reconnaissance contenues dans mon âme pour ce don du Seigneur, que j’ai tant désiré, sont inexprimables. Après avoir été en Terre Sainte au cours du Concile Vatican II, j’ai à présent eu la grâce d’y revenir, précisément en l’Année du grand Jubilé, bimillénaire de la naissance du Sauveur. Cela a été comme un retour aux origines, aux racines de la foi et de l’Église.

2. La première étape – au Mont Nébo – était en continuité avec celle du Sinaï: du haut de ce mont, Moïse contempla la Terre promise, après avoir accompli la mission que Dieu lui avait confiée, et avant de Lui rendre son âme. J’ai précisément commencé mon itinéraire, dans un certain sens, par ce regard de Moïse, en ressentant sa profonde inspiration, qui franchit les siècles et les millénaires.

Ce regard se tournait vers la Vallée du Jourdain et le désert de Judée, là où, dans la plénitude des temps, devait retentir la voix de Jean le Baptiste, envoyé par Dieu, comme nouvel Élie, pour préparer la voie au Messie. Jésus voulut être baptisé par lui, révélant être l’Agneau de Dieu qui prenait sur lui le péché du monde. La figure de Jean-Baptiste m’a introduit sur les traces du Christ.

C’est avec joie que j’ai célébré une Messe solennelle dans le stade d’Amman pour la communauté chrétienne qui y réside, que j’ai trouvée riche de ferveur religieuse et bien insérée dans le contexte social du pays.

3. Après Amman, j’ai séjourné à la Délégation apostolique à Jérusalem. De là, ma première étape a été Bethléem, une ville où, il y a trois mille ans, le roi David vit le jour et où, mille ans après, selon les Écritures, naquit le Messie. En cette année deux mille, Bethléem est placée au centre de l’attention du monde chrétien: en effet, c’est de là qu’est venue la Lumière des nations, le Christ Seigneur; de là est partie l’annonce de paix pour tous les hommes que Dieu aime.

J’ai célébré la Messe sur la place centrale de la ville, qui est attenante à la grotte dans laquelle Marie donna le jour à Jésus et le déposa dans une mangeoire. La joie de Noël, la joie du grand Jubilé s’est renouvelée dans le mystère. On avait l’impression d’entendre à nouveau l’oracle du prophète Isaïe: « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5), ainsi que le message angélique: « Je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple: aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur » (Lc 2, 10-11).

Dans l’après-midi, je me suis agenouillé avec émotion dans la grotte de la Nativité, où j’ai senti présents spirituellement toute l’Église, tous les pauvres du monde, parmi lesquels Dieu a voulu dresser sa tente. Un Dieu qui, pour nous reconduire dans sa maison, est devenu exilé et réfugié. Cette pensée m’a accompagné alors que je visitai, à Bethléem, l’un des nombreux camps où depuis trop longtemps vivent plus de trois millions de réfugiés palestiniens. Puisse l’engagement de tous permettre enfin de résoudre ce douloureux problème.

4. Le souvenir de Jérusalem est inoubliable dans mon âme. Grand est le mystère de cette ville, dans laquelle la plénitude du temps s’est faite, pour ainsi dire, « plénitude de l’espace ». En effet, Jérusalem a accueilli l’événement central et culminant de l’histoire du salut: le mystère pascal du Christ. Là s’est révélé et réalisé le but pour lequel le Verbe s’est fait chair: dans sa mort sur la croix et dans sa résurrection, « tout s’est accompli » (cf. Jn 19, 30). Sur le Calvaire, l’Incarnation s’est manifestée comme Rédemption, selon le dessein éternel de Dieu.

Les pierres de Jérusalem sont les témoins muets et éloquents de ce mystère. A commencer par le Cénacle, où j’ai célébré la sainte Eucharistie, dans le lieu même où Jésus l’a instituée. En ce lieu, où est né le sacerdoce chrétien, j’ai fait mémoire de tous les prêtres, et j’ai signé la Lettre qui leur est adressée pour le prochain Jeudi Saint.

Les oliviers et le rocher du Gethsémani sont les témoins du mystère, où le Christ, pris d’une angoisse mortelle, a prié le père avant la Passion. Le Calvaire et la tombe vide, le Saint-Sépulcre, témoignent de ces heures dramatiques de façon toute particulière. Dimanche dernier, jour du Seigneur, j’ai renouvelé précisément là l’annonce de salut qui traverse les siècles et les millénaires: le Christ est ressuscité! Ce fut le moment où mon pèlerinage a atteint son sommet. C’est la raison pour laquelle j’ai ressenti le besoin de m’arrêter à nouveau en prière, dans l’après-midi, sur le Calvaire, où le Christ a versé son sang pour l’humanité.

5. De nombreuses Églises vivent aujourd’hui leur foi en Terre Sainte, héritières des antiques traditions. Cette diversité constitue une grande richesse, tant qu’elle est accompagnée de l’esprit de communion dans la pleine adhésion à la foi des Pères… J’invite chacun à prier, afin que le processus d’entente et de collaboration entre les chrétiens des diverses Églises se consolide et se développe.

6. Une grâce singulière de ce pèlerinage a été de célébrer la Messe sur le Mont des Béatitudes, près du Lac de Galilée, avec de très nombreux jeunes provenant de Terre Sainte et du monde entier. Un moment riche d’espérance! En proclamant et en remettant aux jeunes les Commandements de Dieu et les Béatitudes, j’ai vu en eux l’avenir de l’Église et du monde.

Toujours sur les rives du Lac, j’ai visité avec une grande émotion Tabgha, où le Christ multiplia les pains, le « lieu de la primauté », où il confia à Pierre la direction pastorale de l’Église, et enfin, à Capharnaüm, les restes de la maison de Pierre et de la synagogue dans laquelle Jésus se révéla comme le Pain descendu du Ciel pour donner la vie au monde (Jn 6, 26-58).

Galilée! Patrie de Marie et des premiers disciples; patrie de l’Église missionnaire parmi les nations! Je pense que Pierre l’a toujours conservée dans son cœur; et il en est de même pour son Successeur!

7. En la fête liturgique de l’Annonciation, en remontant presque aux sources du mystère de la foi, nous sommes allés nous agenouiller dans la grotte de l’Annonciation à Nazareth, où, dans le sein de Marie, « le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Là, en écho du « fiat » de la Vierge, il est possible d’entendre, dans le silence de la prière, le « oui » plein d’amour de Dieu à l’homme, l’amen du Fils éternel, qui ouvre à chaque homme la voie du salut. Là, dans le don réciproque du Christ et de Marie, se trouvent les pivots de chaque « porte sainte ». En ce lieu, où Dieu s’est fait homme, l’homme retrouve sa dignité et sa très haute vocation.

SAINT JEAN-PAUL II, AUDIENCE GÉNÉRALE, mercredi 29 mars 2000

aux racines de la crise écologique

Dans le texte de l’encyclique Laudato si’, le Pape examine la question du pouvoir, c’est pour cela qu’il a relu le théologien philosophe Romano Guardini (La fin des temps modernes, Paris 1952, édition française, p. 92-93). Dans ce type d’analyse, le troisième chapitre doit être pris beaucoup plus en considération. Pour discuter des symptômes, il est bon de comprendre ce que le Pape indique réellement, lorsqu’il veut aller au cœur de la question. En voici une clé de lecture explicite :

« Il ne sert à rien de décrire les symptômes de la crise écologique, si nous n’en reconnaissons pas la racine humaine. Il y a une manière de comprendre la vie et l’activité humaine qui a dévié et qui contredit la réalité jusqu’à lui nuire » (n. 101).

« Nous ne pouvons pas ignorer que l’énergie nucléaire, la biotechnologie, l’informatique, la connaissance de notre propre ADN et d’autres capacités que nous avons acquises, nous donnent un terrible pouvoir. Mieux, elles donnent à ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir économique d’en faire usage, une emprise impressionnante sur l’ensemble de l’humanité et sur le monde entier. Jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir sur elle-même et rien ne garantit qu’elle s’en servira toujours bien, surtout si l’on considère la manière dont elle est en train de l’utiliser. Il suffit de se souvenir des bombes atomiques lancées en plein XXème siècle, comme du grand déploiement technologique étalé par le nazisme, par le communisme et par d’autres régimes totalitaires au service de l’extermination de millions de personnes, sans oublier, qu’aujourd’hui, la guerre possède des instruments toujours plus mortifères. En quelles mains se trouve et pourrait se trouver tant de pouvoir ? Il est terriblement risqué qu’il réside en une petite partie de l’humanité » (n. 104). Lire la suite…

Saint Alphonse de Liguori

stalphonseMémoire de saint Alphonse-Marie de Liguori, évêque et docteur de l’Église. Remarquable par son zèle des âmes, ses écrits, sa parole et son exemple, pour favoriser la vie chrétienne dans le peuple, il s’est donné à l’œuvre de la prédication et il a publié des livres, principalement de morale, discipline dont il est reconnu maître et, malgré de nombreuses traverses, il fonda la Congrégation du Très Saint Rédempteur pour l’évangélisation des campagnes. Élu évêque de Sainte-Agathe des Goths, il se dépensa de manière extraordinaire dans ce ministère, qu’il dût laisser, après quinze ans, pour de graves raisons de santé, et il se retira, jusqu’à sa mort en 1787, à Nocera del’ Pagani, supportant des peines et des difficultés nombreuses. (Martyrologe romain)

Le 30 mars 2011, le Pape émérite Benoît XVI a tracé un portrait de saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l’Église, « un insigne théologien moraliste, un maître de spiritualité… Né dans une noble famille napolitaine en 1696, il fut un brillant avocat avant d’abandonner cette profession pour devenir prêtre en 1726″. Puis le Pape a rappelé que saint Alphonse « entreprit une œuvre d’évangélisation par la catéchèse parmi les plus pauvres, auxquels il aimait prêcher en leur présentant les fondements de la foi… En 1732, il fonda la Congrégation du Rédempteur » qui, sous sa direction forma des « missionnaires itinérants touchant jusqu’aux villages les plus isolés où ils encourageaient la conversion et la persévérance chrétienne, principalement par la prière ».

Mort en 1787, Alphonse de Liguori fut canonisé en 1839 et déclaré docteur de l’Église en 1871. Ce titre était justifié par un riche enseignement de théologie morale « proposant parfaitement la doctrine catholique, au point que Pie XII le proclama Patron des confesseurs et des moralistes… Saint Alphonse ne cessait de dire que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et éclaire le pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie. Aujourd’hui aussi, face aux signes d’un affaiblissement de la conscience morale, dont une préoccupante désaffection de la confession, l’enseignement d’Alphonse de Liguori apparaît utile…. Outre ses œuvres théologiques, il composa des traités pour la formation religieuse du peuple… Ses ‘Maximes éternelles ou Les gloires de Marie‘*, les ‘vertus de Marie’ et son chef d’œuvre ‘Aimer Jésus-Christ’, condensent sa pensée. Son insistance sur la nécessité de la prière y est constante…et en particulier sur la visite du Saint Sacrement, qu’elle soit brève ou prolongée, personnelle ou communautaire ».

La spiritualité de saint Alphonse « est éminemment christologique, ayant le Christ et l’Évangile pour cœur. La méditation du mystère de l’Incarnation et de la Passion sont souvent le sujet de sa prédication », où il insiste aussi sur le rôle de Marie dans l’histoire du salut. Benoit XVI a conclu en rappelant qu’Alphonse de Liguori fut également « un exemple de pasteur zélé, qui conquérait les âmes en prêchant l’Évangile et en administrant les sacrements. Il œuvrait avec une bonté qui venait de son intense relation à Dieu, Dieu d’une bonté infinie. Il eut une vision positive des ressources que le Seigneur accorde à tout homme pour faire le bien, soulignant l’importance de l’affection envers Dieu et le prochain, au-delà des ressources offertes par l’esprit ».

* dont voici les titres de chapitre : MARIE, NOTRE REINE, NOTRE MÈRE – MARIE, NOTRE VIE, NOTRE DOUCEUR – MARIE, NOTRE ESPÉRANCE – MARIE, NOTRE SECOURS – MARIE, NOTRE MÉDIATRICE – MARIE, NOTRE AVOCATE – MARIE, NOTRE GARDIENNE – MARIE, NOTRE SALUT – CLÉMENCE ET BONTÉ DE MARIE – DOUCEUR DU NOM DE MARIE.

PRIÈRE A LA BIENHEUREUSE VIERGE pour les derniers instants.

O Marie, doux refuge des malheureux pécheurs, quand mon âme devra sortir de ce monde, je vous en supplie, ma très douce Mère, par la douleur que vous ressentîtes en voyant votre Fils qui se mourrait sur la Croix, assistez-moi alors de votre miséricorde, Éloignez de moi les ennemis infernaux, et venez vous-même recueillir mon âme, pour la présenter au juge éternel. Ma souveraine, ne m’abandonnez pas. Vous devez être, après Jésus, mon appui dans ce moment redoutable. Priez votre Fils de m’accorder dans sa bonté la faveur d’exhaler mon âme dans ses saintes plaies, en disant : Jésus et Marie, je vous donne mon cœur et mon âme !

DE L’AMOUR DE JÉSUS CHRIST PAR SAINT ALPHONSE-MARIE Lire la suite…

Saint Ignace de Loyola

Ignace de LoyolaMémoire de saint Ignace de Loyola, prêtre. né à Guipuzcoa, au pays basque espagnol, il vécut d’abord à la cour de Castille et à l’armée. Après une grave blessure, il se tourna vers Dieu, alla à Paris faire des études de théologie, s’adjoignit ses premiers compagnons, qu’il établit ensuite à Rome pour former la Compagnie de Jésus. Là, il exerça, jusqu’à sa mort en 1556, un ministère fructueux par ses écrits, en particulier ses Exercices spirituels, et par la formation de ses disciples, pour la plus grande gloire de Dieu. (Martyrologe romain)

Né en Espagne d’une noble famille, benjamin de treize enfants, Ignace est d’abord page à la cour puis chevalier rêvant d’exploits. En 1521, les Français assiègent Pampelune. Ignace s’illustre parmi les défenseurs de la ville quand un boulet de canon lui broie la jambe et brise sa carrière. Il rentre au château familial sur un brancard. Ayant épuisé les récits de chevalerie, il entame la vie des saints. En parcourant leur vie, Ignace en vient à se demander: « Pourquoi ne ferais je pas ce qu’ont fait saint François, saint Dominique et tant d’autres ? » Une conversion totale s’opère que viendra confirmer, une nuit, une vision de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus. C’est la conversion, totale, brutale. A peine est-il remis sur pied qu’il décide de quitter Loyola. Il se rend d’abord à Aránzazu pour y visiter un sanctuaire de la Vierge.

De là,  il prend la direction de Barcelone. Chemin faisant, Ignace rencontre un Maure qui lui semble insulter la Vierge Marie en refusant de croire à la naissance virginale de Jésus. Après cet épisode, Ignace poursuit sa route jusqu’au sanctuaire marial de Montserrat. il se rend dans une grotte à Manrèse, non loin de l’abbaye bénédictine de Montserrat. Il y découvrira sa vocation propre: non la contemplation, mais le service de Dieu parmi les hommes. C’est là qu’il rédige ses « Exercices spirituels » où il consigne ses expériences spirituelles. Après un pèlerinage en Terre Sainte, il commence ses études de théologie à Paris. Il partage sa chambre avec un jeune étudiant: saint François Xavier et le contact n’est pas toujours facile. Quelque temps plus tard, le 15 août 1534, l’étudiant attardé de 43 ans et ses jeunes amis étudiants  font à Montmartre, le vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et fonde ainsi la « Compagnie de Jésus ». Douze ans plus tard, ils feront profession solennelle à Rome « pour la plus grande gloire de Dieu. » (Nominis)

Saint Justin de Jacobis

justin de jacobisNé le 9 octobre 1800 à San Fele dans le royaume de Naples, admis dans la Congrégation de la Mission en 1818 et ordonné prêtre à Brindisi en 1824, il évangélise les pauvres quinze ans durant dans le sud de l’Italie.

En 1839, Rome l’envoie en Afrique comme Préfet apostolique d’Éthiopie et des régions voisines.

Arrivé peu après, il s’établit à Gouala. La mission ne compte que quelques centaines de chrétiens constamment persécutés.

Ordonné évêque le 7 janvier 1849, Monseigneur de Jacobis anime pendant vingt et un ans ces minorités dans un climat hostile : il ira plusieurs fois en exil et en prison.

Ses proches ont donné à Justin le nom d’Abba Yacob Mariam, ou Jacob de Marie, à cause de sa grande dévotion à la Vierge Bienheureuse.

Mort le 31 juillet 1860, inhumé à Hebo, il est canonisé le 26 octobre 1975 par Paul VI.