le Pape invite les curés à être des ministres de la consolation

Soyez proches des couples dans toutes les situations : les unions célébrées religieusement comme les unions civiles, les familles heureuses comme les familles malheureuses… a demandé le Pape ce samedi matin aux curés qui participaient cette semaine au cours de formation sur le nouveau processus matrimonial, organisé par le Tribunal de la Rote romaine. Ce cours avait commencé mercredi et s’est terminé ce samedi.

Il a invité à vivre la préparation au mariage non pas comme un fait social mais comme un vrai sacrement. Les curés sont appelés à être «des compagnons de voyage» qui témoignent et soutiennent les personnes, dans toutes les situations dans lesquelles elles se trouvent. «Personne ne connaît mieux que vous la réalité du tissu social dans le territoire, en en expérimentant la variété complexe : des unions célébrées dans le Christ, des unions de fait, des unions civiles, des unions qui ont échoué, des familles et des jeunes heureux ou malheureux.»

Dans la plupart des cas, en effet, les curés sont les premiers interlocuteurs des jeunes qui désirent le sacrement du mariage. Et les époux qui ont de sérieux problèmes et ont besoin de redécouvrir la grâce du Sacrement.

Le cours de formation sur le nouveau processus matrimonial était destiné aux curés, avec l’objectif d’approfondir ce qui avait été proposé lors du Synode sur le thème « Mariage et famille », avec des propositions intégrées ensuite dans l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, et traduites sur le plan canonique dans les Motu proprio Mitis Iudex et Misericors Jesus.

Le Pape a demandé que la grâce du sacrement du mariage entre l’homme et la femme soit mieux exprimée, que ce soit dans la préparation pour les fiancés ou dans l’accompagnement des jeunes couples, en les aidant à vivre «dans les moments de joie et dans les moments de lassitude».

«Mais moi je me demande, combien de fois ou combien de ces jeunes qui viennent aux cours pré-matrimoniaux comprennent ce que signifie le mariage, comme signe de l’union du Christ et de l’Église. Oui, oui, ils disent que oui. Mais comprennent-ils cela ?  ont-ils foi en cela? Je suis convaincu qu’il faut un vrai catéchuménat pour le sacrement du mariage, et non pas faire la préparation avec deux ou trois réunions.»

Le mariage est en effet «l’icône de Dieu». L’amour de Dieu Un et Trine, et l’amour entre le Christ et l’Église doivent être au centre de la catéchèse matrimoniale. Le Pape François a donc rappelé la centralité d’un «vrai catéchuménat» des futurs époux, que ce soit avant ou après la célébration. Une nécessité exprimé dans son discours à la Rote romaine : «Je vous encourage à le mettre en œuvre malgré les difficultés que vous pourrez rencontrer. Je crois que la difficulté la plus grande est de penser ou de vivre le mariage comme un fait social, et non pas comme un vrai sacrement qui nécessite un longue préparation.»

Il faut aussi soutenir ceux qui se sont rendu compte que «leur union n’est pas un vrai mariage sacramentel, et veulent sortir de cette situation.»

Le Pape a donc appelé les curés à assumer cette délicate et nécessaire œuvre «de façon à ce que vos fidèles vous reconnaissent non pas tant comme des experts d’actes bureaucratiques ou de normes juridiques, mais comme des frères qui se mettent dans une attitude d’écoute et de compréhension.»

Il leur a aussi demandé de se faire proches et d’accueillir les jeunes qui préfèrent cohabiter sans s’épouser. «Ils sont parmi les pauvres et les petits», à l’égard desquels l’Église veut être une mère qui n’abandonne personne : «ces personnes aussi sont aimées de tout cœur par Jésus. Ayez envers elles un regard de tendresse et de compassion. Ce soin des derniers, justement parce qu’il émane de l’Évangile, est une partie essentielle de votre œuvre de promotion et de défense du Sacrement du mariage.»

La paroisse est en effet le lieu du salut des âmes, comme l’avait enseigné le bienheureux Paul VI. Il faut donc être des ministres de la consolation, spécialement parmi les personnes les plus fragiles.

Marie, Mère du Verbe de Dieu et Mère de la foi

L’Annonciation, par le maître de Liesborn (vers 1470, huile sur chêne) – Marie, modèle de l’accueil de la Parole de Dieu

Pour renouveler la foi de l’Église dans la Parole de Dieu, il est nécessaire de regarder là où la réciprocité entre la Parole de Dieu et la foi s’est accomplie parfaitement, c’est-à-dire chez la Vierge Marie, « qui par son ‘oui’ à la parole de l’Alliance et à sa mission, accomplit parfaitement la vocation divine de l’humanité ».

La réalité humaine, créée par le Verbe, trouve vraiment son plein accomplissement dans la foi obéissante de Marie. De l’Annonciation à la Pentecôte, elle se présente à nous comme la femme totalement disponible à la volonté de Dieu. Elle est l’Immaculée Conception, celle qui est « pleine de la grâce » de Dieu (cf. Lc 1, 28), docile à la Parole divine de façon inconditionnelle (cf. Lc 1, 38).

Sa foi obéissante place son existence à chaque instant face à l’initiative de Dieu. Vierge à l’écoute, elle vit en pleine syntonie avec la volonté divine ; elle garde dans son cœur les événements de la vie de son Fils, en les ordonnant en une seule mosaïque (cf. Lc 2, 19.51).

À notre époque, il est nécessaire que les fidèles soient initiés à mieux découvrir le lien entre Marie de Nazareth et l’écoute croyante de la Parole divine...

En effet, ce que l’intelligence de la foi a saisi concernant Marie se situe au centre le plus intime de la vérité chrétienne. En réalité, l’incarnation du Verbe ne peut être pensée en faisant abstraction de la liberté de cette jeune fille qui, par son assentiment, coopère de façon décisive à l’entrée de l’Éternel dans le temps.

Elle est la figure de l’Église à l’écoute de la Parole de Dieu qui, en elle, s’est faite chair. Marie est aussi le symbole de l’ouverture à Dieu et aux autres ; de l’écoute active qui intériorise, qui assimile et où la Parole divine devient la matrice de la vie.

À ce point, je désire attirer l’attention sur la familiarité de Marie avec la Parole de Dieu. C’est ce qui resplendit avec une force particulière dans le Magnificat.

Ici, en un certain sens, on voit comment elle s’identifie à la Parole, comment elle entre en elle; dans ce merveilleux cantique de foi, la Vierge exalte le Seigneur avec sa propre Parole.

Le Magnificat, – portrait, pour ainsi dire, de son âme – est entièrement tissé de fils de l’Écriture Sainte, de fils extraits de la Parole de Dieu.

On voit ainsi apparaître que, dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu ; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu.

De plus, se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu. Étant profondément pénétrée par la Parole de Dieu, elle peut devenir la mère de la Parole incarnée.

En outre, la référence à la Mère de Dieu nous montre comment l’agir de Dieu dans le monde implique aussi notre liberté parce que, dans la foi, la Parole divine nous transforme. Aussi, notre action apostolique et pastorale ne pourra jamais être efficace si nous n’apprenons pas de Marie à nous laisser modeler par l’œuvre de Dieu en nous.

L’attention pleine d’amour et de dévotion à la figure de Marie comme modèle et archétype de la foi de l’Église, est d’une importance capitale pour opérer aujourd’hui aussi un changement concret de paradigme dans la relation de l’Église avec la Parole, aussi bien dans l’attitude d’écoute orante qu’à travers la générosité de l’engagement pour la mission et l’annonce.

Contemplant chez la Mère de Dieu une existence totalement modelée par la Parole, nous découvrons aussi que nous sommes appelés à entrer dans le mystère de la foi, par laquelle le Christ vient demeurer dans notre vie.

Chaque chrétien qui croit, nous rappelle saint Ambroise, conçoit et engendre en un certain sens, le Verbe de Dieu en lui-même : s’il n’y a qu’une seule Mère du Christ selon la chair, en revanche, selon la foi, le Christ est le fruit de tous.

Donc ce qui est arrivé à Marie peut arriver en chacun de nous, chaque jour, dans l’écoute de la Parole et dans la célébration des Sacrements.

N° 27-28 DE L’EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE VERBUM DOMINI DU PAPE BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES, AU CLERGÉ, AUX PERSONNES CONSACRÉES ET AUX FIDÈLES LAÏCS SUR LA PAROLE DE DIEU DANS LA VIE ET DANS LA MISSION DE L’ÉGLISE – 30 septembre 2010

que je sois juste, mais juste avec miséricorde

la Samaritaine – Macha Chmakoff

«Seigneur, que je sois juste, mais juste avec miséricorde»: voilà la prière suggérée par le Pape François pour ne pas tomber dans «la tromperie hypocrite» de la «casuistique», dans la «logique du “on peut” et “on ne peut pas”». Conscients que «en Dieu la justice est miséricorde et que la miséricorde est justice».  c’était durant la Messe célébrée dans la matinée du vendredi 24 février, à Sainte-Marthe.

«Il y avait trois groupes de personnes qui suivaient Jésus», selon le passage évangélique de Marc (10, 1-12) proposé par la liturgie. Tout d’abord, «la foule le suivait pour apprendre. Le deuxième groupe était composé de «docteurs de la loi» qui, en revanche, «le suivaient pour le mettre à l’épreuve. Il y avait ensuite «les disciples», le troisième groupe: ils le suivaient parce qu’ils étaient attachés à lui.

Marc raconte que le Seigneur «était approché par ces docteurs de la loi: c’est clair, l’Évangile le dit, pour le mettre à l’épreuve ils demandaient à Jésus s’il est licite à un mari de répudier sa femme.» Mais Jésus ne répond pas si cela est licite ou pas; il n’entre pas dans leur logique casuistique, car eux ne pensaient à la foi qu’en termes de “on peut” ou “on ne peut pas”, jusqu’où “on peut”, jusqu’où “on ne peut pas”.» Jésus leur «adresse une question: “Que vous a ordonné Moïse?”» En pratique, il demande «Qu’y a-t-il dans votre loi?”»

En répondant à cette question de Jésus, les docteurs de la loi «expliquent la permission que Moïse a donnée pour répudier une femme, et ce sont précisément eux qui tombent dans le piège, parce que Jésus les qualifie de “durs de cœurs”.» Et ainsi Jésus «dit la vérité, sans casuistique, sans permission, la vérité: “Depuis le début de la création, Dieu les fit homme et femme”.» C’est pourquoi «ils ne sont plus deux, mais une seule chair.» Et cela «n’est ni casuistique, ni permission: c’est la vérité; Jésus dit toujours la vérité.»

Ensuite, dans son Évangile, Marc raconte également la réaction du «troisième groupe, les disciples, chez eux: ils l’interrogent. Et «Jésus est encore très clair: “Qui répudie sa propre femme et en épouse une autre, commet un adultère envers elle; et si elle, répudiée par son mari, en épouse un autre, elle commet un adultère.»

Jésus dit donc «la vérité». Il «sort de la logique casuiste et explique les choses comme elles ont été créées, il explique la vérité.» Mais «quelqu’un peut certainement penser: “Oui, la vérité est celle-ci, mais toi, Jésus, tu es allé là-bas parler avec une adultère!”» Et même «de nombreuses fois adultère». «Une fois, on t’a amené une adultère — c’est clair pour tous: on l’a surprise commettant un adultère — et toi, à la fin, qu’as-tu dit? “Je ne te condamne pas, ne pèche plus”. Mais comment expliquer tout cela?»

«C’est le chemin chrétien.» Et «le chemin de Jésus, on le voit clairement, est le chemin qui va de la casuistique à la vérité et à la miséricorde: Jésus laisse la casuistique de côté». Et «ceux qui voulaient le mettre à l’épreuve, ceux qui pensaient avec cette logique du “on peut”, il les qualifie d’hypocrites». «La casuistique est hypocrite, c’est une pensée hypocrite: “on peut, on ne peut pas”.»

Mais il n’y a pas «seulement la vérité». Il y a «également la miséricorde, car il [Jésus] est l’incarnation de la miséricorde du Père et il ne peut pas se renier lui-même.» Et «il ne peut pas se renier lui-même parce qu’il est la miséricorde du Père.» Et «cela est la route que Jésus nous enseigne à parcourir: cela n’est pas facile, dans la vie, quand les tentations se présentent.»

24-02-2017 source : L’Osservatore Romano

la Vierge Marie et sa sainte médaille miraculeuse