LE MOIS DES FIDÈLES DÉFUNTS – 30 novembre

LE MOIS DES FIDÈLES DÉFUNTS – 30 novembre

Selon LE MOIS DE NOVEMBRE CONSACRÉ AU SOUVENIR DES ÂMES DU PURGATOIRE par des considérations sur les peines qu’elles y souffrent, les motifs et les moyens de les soulager et sur l’utilité de la pensée du purgatoire. –  L. Grandmont Liège 1841

CONCLUSION.

Un mois avec les âmes du purgatoire
Un mois avec les âmes du purgatoire

« Vous avez sauvé mon âme, dit saint Augustin, vous avez prédestiné la vôtre. » Et le Saint-Esprit nous fait cette promesse dans Isaïe : Si vous assistez les pauvres avec effusion de cœur, et si vous remplissez de consolation l’âme affligée, le Seigneur vous tiendra toujours en repos, il remplira votre âme de ses splendeurs.

Aussi saint Paul plaçait tout l’espoir de son salut éternel en ce qu’il pro­curait le salut des autres ; ce qui lui faisait écrire à ses disciples de Thessalonique : Quelle est notre espérance et la couronne de notre gloire ? N’est-ce pas vous qui l’êtes devant le Seigneur J.-C.

Or, ne pouvons-nous pas appliquer ces divers textes au zèle pour la délivrance des âmes du purgatoire ? Quand par nos efforts, par nos prières, par nos aumônes, nous aurons hâté l’entrée dans le ciel de quelqu’une de ces âmes chéries de Dieu, ne sera-ce pas pour nous un motif puissant d’espérance ?

N’est-ce pas à nous que s’adressent ces paroles du Sauveur : Heureux ceux qui sont misé­ricordieux, parce qu’ils obtiendront miséri­corde ? Cette dévotion est le fruit de cette sublime charité dont parle saint Paul : Sur toutes choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection.

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Quand j’aurais une foi capable de transporter les montagnes, quand je parlerais le langage des Anges, si je n’ai pas la charité, je n’ai rien. — Pesez bien ces dernières paroles : Si je n’ai pas la cha­rité, je n’ai rien. Or, si nous négligeons, si nous délaissons les âmes du purgatoire, avons-nous la charité ?

Si, après avoir lu cet ouvrage, qui nous donne une idée des souf­frances de ces âmes, des motifs et des moyens de les soulager; si, après avoir acquis ces lumières, dont la privation nous rendait peut- être excusables, nous continuons à ne rien faire pour nos frères souffrants, pouvons-nous nous rendre le témoignage que nous avons la charité?

Pouvons-nous, la main sur la con­science, nous flatter que nous aimons Dieu de toutes nos forces, que nous aimons notre prochain comme nous-mêmes? Où donc serait la preuve de cet amour, si l’œuvre la plus agréable à Dieu et la plus utile à notre pro­chain nous trouve insensibles ; si, pouvant si aisément procurer la gloire de Dieu et le plus grand soulagement à nos frères, nous n’en faisons rien?

Mais ne nous appesantissons pas sur cette pensée, c’est sans doute inutile, puisque tous les lecteurs de cet ouvrage n’ignorent plus les immenses avantages atta­chés à la dévotion pour les âmes du purgatoire : l’intérêt de la gloire de Dieu, l’intérêt de ces saintes âmes, et notre propre intérêt ; la cha­rité, la justice, la reconnaissance; tout se réunit pour faire aimer et pratiquer cette dévotion.

Le peu de développement donné à ce sujet, si intéressant et si vaste, suffit pour inspirer à tout fidèle la résolution de s’occuper fréquemment de la pensée du pur­gatoire, dans le double but d’y porter du soulagement et de s’instruire à la vue de ces tourments infligés par un Dieu juste et saint, pour la satisfaction des moindres péchés.

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La prière pour les morts et la méditation des peines du purgatoire doivent nous faire prendre la ferme résolution de profiter de ce temps de miséricorde, de ces jours de propitiation que nous accorde la bonté divine, pour expier les peines temporelles dues à nos péchés : expiation si facile en cette vie, tandis qu’en l’autre la justice seule règne, et exige une satisfaction entière avec la dernière rigueur ; le coupable ne pouvant plus ni mériter, ni rien offrir qui puisse adoucir son malheureux sort.

Nous seuls, nous pouvons venir à son secours ; et n’oublions pas qu’en satisfaisant pour ces âmes souffrantes, nous n’y perdons rien pour nous-mêmes, puisque, par là, nous nous préparons des protecteurs, des amis près de Dieu, dont ils nous obtiendront les secours nécessaires dans cette terre d’exil et de combats.

Offrons donc tous les jours, pour ces frères de l’église souffrante, le sang du divin Rédempteur, qui est répandu encore tous les jours sur nos autels pour eux. Recourons sans cesse au moyen si efficace des indulgences que l’Église permet d’appliquer à ces saintes âmes.

Prions et faisons des bonnes œuvres avec l’intention de satisfaire pour ces membres souffrants de Jésus-Christ : oh! de quelle reconnaissance ne seront-ils pas pénétrés après leur délivrance? Notre charité pour eux ne sera-t-elle pas récom­pensée au centuple ?

Tous les motifs présentés dans cet ouvrage ne suffisent-ils pas pour faire embrasser à tout chrétien cette dévotion ? hé bien ! en voici un dernier à la portée de tout le monde, et qui doit lever tout doute et ne laisser aucun prétexte à l’esprit le plus opiniâtre, au cœur le plus insensible.

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La prière la plus digne de notre vénération, la plus agréable à Dieu, est sans doute l’Oraison Dominicale, puisque c’est Jésus-Christ lui-même qui l’a composée et l’a apprise à ses disciples. Or, voici les trois premières demandes de cette prière du Sauveur : Que votre nom soit sanctifié, — que votre règne arrive, — que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

N’entrons-nous pas dans l’esprit de ces trois demandes en priant pour les âmes du purgatoire? En travaillant à leur obtenir quelque soulagement, à hâter le moment où elles pourront glorifier Dieu dans le ciel, ne travaillons-nous pas à faire sanctifier son nom, à avancer l’époque de l’établissement de son règne dans ces âmes comblées de ses grâces, et à procurer l’accomplissement de la volonté divine?

Et,  si ces demandes ne sont pas une simple formule, mais nous imposent l’obligation de faire tout ce que nous pouvons pour produire ce qu’elles expriment, ne de­vons-nous pas en conclure que l’Oraison Do­minicale contient un précepte, pour ainsi dire formel, de prier pour les âmes du purgatoire ?

Du moins cette dévotion est un moyen sûr et infaillible de prouver à Dieu que nous désirons que son nom soit sanctifié dans ces saintes âmes, en leur procurant la gloire céleste ; que son règne arrive pour elles, et que sa volonté divine s’accomplisse, en les faisant jouir du bonheur pour lequel elles ont été créées, et en unissant par cette prière l’église de la terre, l’église militante avec les deux autres églises, souffrante et triomphante.

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Qu’il est bon, qu’il est doux à des frères d’être unis, s’écrie le Psalmiste : union en Dieu, établis­sement de son règne, gloire de l’adorable Trinité : telle est la fin de la prière pour les morts; tel est le but que nous nous pro­posons en la faisant.

Et tel est, par consé­quent, un des moyens efficaces de prouver à Dieu que nous ne nous bornons pas à exprimer machinalement les désirs que con­tiennent les trois premières demandes du Pater, mais que nous voulons travailler réel­lement à procurer sa gloire en hâtant, par tout ce que nous faisons pour les morts, le moment où ils jouiront du bonheur éternel.

Tâchons donc, chacun comme nous le pour­rons, d’entrer dans l’esprit des trois premières demandes de l’Oraison Dominicale, en secourant les âmes du purgatoire par le saint sacrifice de la messe, par la prière, par les indulgences, par les bonnes œuvres.

Souvenons-nous qu’en travaillant pour elles, c’est pour Jésus-Christ que nous travaillons, puisqu’il nous dit : Je vous le dis en vérité, autant de fois que vous avez rendu ces devoirs à l’un des moindres de mes frères, soit sur la terre, soit dans le lieu d’ex­piation, c’est à nous-même que vous les avez rendus.

— Et quelle sera la récompense de cette charité ? Tressaillez, âmes touchées de compassion pour vos frères souffrants, tres­saillez de joie; car voici la sentence que votre juge suprême prononcera : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde!

Exemple.

Nous sommes heureux de pouvoir offrir à la jeunesse un modèle qu’elle s’empressera sans doute de suivre : c’est l’intéressant et pieux Hyacinthe Lecudon, mort en 1819, à l’âge de 16 ans : sa vie a été publiée dans les Souvenirs des petits séminaires.

« Le soulagement des âmes détenues dans le purgatoire avait toujours été pour Hyacinthe une de ses plus chères dévotions ; il s’en occupa dans sa dernière maladie, jusqu’à s’oublier entièrement lui-même en faveur de ces pauvres âmes. Un de ses amis étant venu le voir lui demanda s’il voulait qu’on fit pour lui des prières particulières. « Non, répondit-il, je  ne crains pas la mort; mais qu’on prie pour les âmes du purgatoire. »

Un autre jour, quelques congréganistes lui apprirent qu’on avait récité pour lui l’office de la sainte Vierge : «Qu’on a grand tort ! s’écria-t-il. On ferait bien mieux de prier pour les âmes du purgatoire. Je n’y souffre pas encore ; et peut-être avant que je meure pourriez-vous en délivrer quelqu’une. Il sera temps de penser à moi quand je serai à leur place. »

Quelques heures avant sa mort, il s’entre­tenait encore avec ses amis de l’état douloureux où sont les âmes du purgatoire. En parlant des flammes qui les tourmentent et les purifient, « je mériterais bien d’y être précipité, disait-il, mais en montrant avec un air de satisfaction l’image de la sainte Vierge qui était sous ses yeux, la bonne mère… ah! elle est si bonne qu’elle me fera sauter par-dessus. »

« Regardez et faites selon ce modèle. »

Indulgence applicable aux morts. — Indulgence accordées à tous les Fidèles qui, dans l’intention d’honorer d’une manière particulière Jésus, Marie, Joseph, donneront à manger à trois pauvres , avec un cœur contrit et repentant.

1° Indulgence pour chaque fois.

2° Indulgence plénière, si le même jour, s’étant confessé et ayant communié, on prie selon les in­tentions de l’Église.

(Rescrit du 15 Juin 1815 )

IL REVIENDRA…

IL REVIENDRA …

Il viendra juger les vivants et mes morts
Il viendra juger les vivants et mes morts

Le Christ reviendra. Il l’a promis lui-même, c’est l’espérance des chrétiens depuis le début: «Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, viendra comme cela, de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel» (Ac 1, 11), proclament les anges à l’ Ascension. « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges… », c’est ainsi que le Seigneur commence son grand discours du Jugement dernier (Mt 25, 31-46).

«Viens, Seigneur Jésus »: tel est le cri de désir qui clôt l’ Apocalypse de saint Jean. Il-répond à la promesse de Jésus: «Oui, mon retour est proche » (Ap 22, 20). «Marana tha!» (Notre Seigneur, viens !), disent les chrétiens en priant dans la langue de Jésus (1 Co 16, 22), notamment dans la célébration de l’Eucharistie (Catéchisme de l’Église Catholique CEC 1403), lorsqu’ils proclament la mort du Seigneur et annoncent sa Résurrection jusqu’à ce qu’Il revienne.

Dans le Notre Père aussi, nous prions qu’Il vienne, quand nous demandons : «Que ton Règne vienne » (CEC 2818), car la venue du Christ est la venue de son Règne.  Mais quand reviendra le Seigneur? Il est vrai que les premiers chrétiens attendaient ce «dernier» Jour comme imminent (cf. 1 Th 4, 15).

Mais ils n’ont jamais indiqué de dates et de jours. Jésus lui-même a repoussé cette curiosité: «II ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité» (CEC I,07).

Quant à la dater de ces jour tous à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais seulement le Père» (Mc 13, 32). Il faut donc écarter de la foi toutes les spéculations ou soi-disant prophéties sur la fin du monde. Le Christ peut revenir en tout temps (CEC 673), et à nous, Il a recommandé d’être vigilants (ME25/45).

N’y a-t-1l cependant pas des signes qui montrent que nous vivons déjà aux derniers jours ? Le Catéchisme (672) dit: «Le temps présent est, selon le Seigneur, le temps de l’Esprit et du témoignage, mais c’est aussi un temps encore marqué par la “détresse” (1 Co 7, 26) et l’épreuve du mal qui n’épargne pas l’Église et inaugure les combats des derniers jours.

C’est un temps d’attente et de veille. «Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le “mystère d’iniquité” » (CEC 675). L’Écriture Sainte parle de «l’Antéchrist» et de sa séduction qui aveuglera un grand nombre.

La puissance du mal semble par conséquent souvent envahissante et écrasante. Notre siècle donne cette impression. Et pourtant, en regardant la victoire pascale du Christ, nous confessons : « Déjà les derniers temps sont arrivés pour nous. Le renouvellement du monde est irrévocablement acquis » (CEC 670), car le Christ est ressuscité de la mort, Lui, «le Seigneur du cosmos et de l’histoire» (CEC 668).

Son Royaume a déjà commencé sur la terre, car son Église est «germe et commencement de ce Royaume sur la terre» (CEC 669). Dès maintenant, le Seigneur vient. Il est au milieu de nous.

Christoph Schönbron, Au cœur de notre foi : le credo – éditions Saint Paul pp.96-98

Anniversaire de la Compagnie des Filles de la Charité

Anniversaire de la Compagnie des Filles de la Charité

Comme la Chapelle de la rue du Bac est celle de la Maison Mère des Filles de la Charité., c’est avec elles, c’est à leur histoire, que nous sommes reliés. La Compagnie des Filles de la Charité, fondée en 1633, fut le commun chef d’œuvre de saint Vincent et de sainte Louise.

Saint Vincent de-Paul entretien avec les Filles de la Charité aquarelle de J. Bernat
Saint Vincent de-Paul entretien avec les Filles de la Charité aquarelle de J. Bernat – sainte Louise en face

La Compagnie s’est développée dans le monde entier, fidèle à sa vocation. Quand, un jour de 1830, est arrivée au noviciat de la rue du Bac une jeune bourguignonne de 24 ans…

Les apparitions de la Vierge Marie à Catherine Labouré et la diffusion de la médaille miraculeuse furent suivies d’un extraordinaire renouveau des vocations, tant chez les Filles de la Charité que chez les Prêtres de la Mission. La ferveur y redevint des plus ardentes. Au long des années, la Compagnie a continué son service dans l’esprit des fondateurs : humilité, simplicité, charité.

A ce jour, les Filles de la Charité sont présentes sur les cinq continents.

Profondément touché par la souffrance et la pauvreté, Vincent de Paul sollicite l’aide de femmes riches et se rend vite compte que la charité doit être organisée. Une fille de la campagne, Marguerite Naseau, vient trouver Vincent pour être employée aux tâches les plus basses que ne pouvaient assurer les dames des confréries.

Elle se fit, dans son amour tout évangélique, la servante des plus délaissés. Son exemple fut communicatif, c’est ainsi que naquit, imperceptiblement la Compagnie des Filles de la Charité. Dès 1630, Monsieur Vincent confia à Louise de Marillac la formation des premières sœurs qui se dévouaient dans les diverses confréries.

sceau des Filles de la Charité
sceau des Filles de la Charité

Le 29 novembre 1633, elles se regroupèrent autour de Louise de Marillac pour vivre, sous sa conduite, leur idéal en communauté fraternelle. Elles eurent d’abord le soin des pauvres malades chez eux, dans les villes et les campagnes, puis, au fur et à mesure des besoins, celui des malades dans les hôpitaux, des petites filles à instruire, des enfants trouvés, des galériens, des soldats blessés, des réfugiés, des personnes âgées, des malades mentaux, et autres…

Aujourd’hui, la Compagnie internationale est présente sur tous les continents. Les Filles de la Charité, toute données à Dieu, en communauté de vie fraternelle, consacrent leur vie à soigner, à accompagner, à remettre debout les personnes délaissées, à se faire proche de chacune.

Par leur service, dynamisé par leur devise « La Charité de Jésus crucifié nous presse », elles couvrent un vaste champ d’activités dans le domaine humanitaire et social, tout en travaillant également pour la justice, la paix et la solidarité.

De même que les sociétés se transforment et croissent, ainsi en est-il des besoins de leurs populations.  C’est pourquoi les services dans lesquels les Filles de la Charité s’engagent sont en perpétuelle transformation et adaptation.

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