Marie, modèle par excellence de l’ouverture du cœur à l’Esprit Saint

La Vierge Marie n’est-elle pas le modèle par excellence de l’ouverture du cœur à l’Esprit Saint?

Selon une heureuse tradition dans l’Église catholique, l’Angélus rappelle chaque jour l’aurore de notre salut: l’annonce faite à Marie, la réponse de Marie – son Fiat -, et l’Incarnation du Fils de Dieu en son sein.

Son “Fiat” joyeux de Nazareth témoigne de sa liberté intérieure, toute de confiance et de sérénité. Elle ne savait pas comment se déroulerait le service du Seigneur, ni quelle serait la vie de son Fils. Mais, loin de la crainte et de l’angoisse, elle apparaît souverainement libre et disponible.

Elle réagit déjà selon la grâce du Christ qui “nous enseigne que le meilleur usage de la liberté est la charité qui se réalise dans le don et le service” (Saint Jean Paul II, Redemptor Hominis, 21). “Voici la servante du Seigneur”. C’est la volonté du Seigneur qui sera la lumière de sa vie, sa paix dans la souffrance, et sa joie. C’est d’un même cœur qu’elle est servante du Seigneur et attentive à ses frères.

Ainsi, en se donnant au service de ses frères, avec une attention toute particulière aux plus pauvres d’entre eux, l’homme ne contribue pas seulement à rendre notre terre plus hospitalière et plus juste, mais il parvient à dépasser les angoisses et les peurs, issues du mauvais usage de la liberté.

Au milieu de tant d’hommes qui se servent eux-mêmes au lieu de servir leur prochain, le chrétien contemple dans le Christ celui qui s’est fait homme pour servir, et dans sa Mère la servante du Seigneur.

La disponibilité de Marie, son ouverture de cœur, est l’œuvre de l’Esprit Saint. “L’Esprit Saint viendra sur toi”. Elle a comme “épousé” l’Esprit Saint. Dès les premiers instants de l’Incarnation, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, elle chante le Seigneur dans le “Magnificat”, qui exprime l’élan d’un cœur nouveau.

En elle se réalise magnifiquement la prophétie d’Ézéchiel : “Je vous donnerai un cœur nouveau. Je mettrai en vous un esprit nouveau” (Ez. 36. 26). Avec elle, chers Frères et Sœurs, nous devons sans cesse demander à l’Esprit Saint un cœur nouveau, dont la transparence laisse pénétrer la Vérité qui rend libre et accueille l’Amour de Dieu pour le répandre dans le monde vers tous les hommes dont Dieu veut le salut.

Cette ouverture du cœur permet à chacun de respecter, de considérer, d’aimer et de servir tous ses frères et sœurs, de toutes les nations; et les aimer au point de tout faire pour qu’ils bénéficient aussi de l’Évangile de Jésus-Christ. Là encore, Marie est notre modèle et notre mère.

“Au matin de la Pentecôte, elle a présidé dans la prière au début de l’évangélisation sous l’action de l’Esprit Saint: qu’elle soit l’étoile de l’évangélisation!” (Pauli VI, Evangelii Nuntiandi, 82).

Une telle dévotion à la Vierge Marie toute orientée vers le Christ doit avoir sa place dans la vie de chacun, par exemple à la prière de chaque soir, et si possible dans chaque foyer. L’heure est venue, au milieu de cette journée de dimanche, de saluer et de supplier ensemble cette Mère très sainte.

Qu’elle intercède pour les prêtres ordonnés ce matin, pour tous les ministres du Christ et ceux qui se préparent à l’être! Pour tous ceux et celles qui consacrent radicalement leur vie au Seigneur et à son Église! Pour toutes les familles, afin que l’amour de Dieu les habite et qu’elles transmettent la foi! Pour les jeunes générations!

Pour ceux qui cherchent l’espérance dans la détresse! Pour tous ceux qui œuvrent pour une vie plus digne de leurs frères! Pour que tous les chrétiens cherchent l’unité dans la vérité du Seigneur! Pour les hommes de bonne volonté qui cherchent le sens de leur propre vie et la paix pour le monde!

SAINT JEAN-PAUL II – ANGÉLUS  – dimanche 17 juin 1984
VISITE PASTORALE EN SUISSE (11-17 JUIN 1984)

© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

MOIS DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS DIX-SEPTIÈME JOUR

Première épine du Cœur de Jésus : L’ÂME EN ÉTAT DE PÉCHÉ MORTEL

 

l'enfer
l’enfer

CONSIDÉREZ que l’âme innocente est la demeure de Dieu, elle devient par la sainte Communion la demeure toute particulière de Jésus-Christ. « Ce n’est pas moi qui vis, s’écrie saint Paul, mais c’est Jésus qui vit en moi ». Oui, Jésus est chez lui. c’est là qu’il trouve ses délices et demande à rester toujours.

Or, commettre un péché un péché mortel, rester volontairement dans cet état, c’est admettre le démon dans notre âme, c’est l’en constituer le maître à la place de Jésus, qui sort aussitôt, chassé honteusement, et en s’écriant : « A qui m’as-tu comparé ? Qu’as-tu mis dans la balance contre moi ? »

Et pendant que le mal enchaîne cette pauvre âme et en fait son esclave, Jésus se tient à la porte, frappe amoureusement et exhale ces plaintes : « Qu’ai-je dû faire pour toi que je n’aie pas fait ? Tu étais une belle vigne que j’avais plantée de mes mains, et tu n’as eu pour moi qu’amertume. J’ai répandu pour toi mon sang jusqu’à la dernière goutte, et quel profit en as-tu retiré ? Je t’ai nourri de ma propre chair, et tu m’a méprisé, persécuté, trahi. O vous tous qui passez dans le chemin de la vie, considérez donc et voyez s’il est
une douleur comparable à celle que ressent mon Cœur d’une semblable ingratitude ! Âme coupable, si tu savais le don de Dieu ! si tu savais qui je suis et ce que je donne à ceux qui m’ouvrent leur cœur ! »

— Non, répond cette âme pécheresse, non, je ne veux pas que tu règnes sur moi.

— O ciel ! quel sujet d’angoisse pour la tendresse de Jésus ! « N’y aura-t-il personne, s’écrie-t-il, qui veuille compatir et prendre part à ma douleur, dans l’état où les pécheurs me mettent, surtout à présent ? »

A ces cris de détresse, répondons, par des cris d’amour et de réparation. Venons en aide à Notre-Seigneur ; par nos prières, par nos aumônes et nos communions, convertissons les pécheurs. Sainte Thérèse ne cessait de prier pour eux ; elle demandait toujours des âmes à Jésus-Christ, et nous lisons dans sa vie qu’un jour, où elle priait avec plus d’ardeur, elle jeta un cri si puissant, un soupir si brûlant du fond de son cœur, que Jésus en fut touché et lui révéla que par sa prière elle venait de sauver six mille âmes, qui lui devraient leur salut et qu’elle verrait un jour dans les cieux !

Demandons aussi des âmes au Cœur-Sacré de Jésus ! Si nous pouvons seulement en gagner une, une seule, la nôtre sera aussi sauvée et nous consolerons le Cœur de Jésus. Quel bonheur ! quelle récompense ! Des âmes, ô mon Dieu ! donne-moi des âmes, et garde tout le reste : Père saint, regarde la face de Jésus, Et des pauvres pécheurs, fais autant d’élus !

PRIÈRE

Pardon, Seigneur Jésus, pour tant de chrétiens qui méconnaissent ton amour, refusent de te servir et méprisent tes commandements et ceux de ton Église. Pardon, pour tant de pécheurs qui restent volontairement dans leur triste état. Oublie leur insensibilité, leur ingratitude ; ouvre ton Cœur adorable et laisse s’en échapper des flots de grâces, do miséricorde et de pardon. Ainsi soit-il.

+P. Martin BERLIOUX

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

MATER ET MAGISTRA

MATER ET MAGISTRA
LETTRE ENCYCLIQUE
DU PAPE JEAN XXIII

(Il y a 60 ans)

INTRODUCTION

MÈRE ET ÉDUCATRICE de tous les peuples, l’Église universelle a été instituée par Jésus-Christ pour que tous les hommes au long des siècles trouvent en son sein et dans son amour la plénitude d’une vie plus élevée et la garantie de leur salut.

A cette Église, « colonne et fondement de vérité » (cf. 1 Tim., III, 15), son saint fondateur a confié une double tâche : engendrer des fils, les éduquer et les diriger, en veillant avec une providence maternelle sur la vie des individus et des peuples, dont elle a toujours respecté et protégé avec soin la dignité.

Le christianisme, en effet, rejoint la terre au ciel, en tant qu’il prend l’homme dans sa réalité concrète, esprit et matière, intelligence et volonté, et l’invite à élever sa pensée des conditions changeantes de la vie terrestre vers les cimes de la vie éternelle, dans un accomplissement sans fin de bonheur et de paix.

Bien que le rôle de la sainte Église soit d’abord de sanctifier les âmes et de les faire participer au bien de l’ordre surnaturel, elle est cependant soucieuse des exigences de la vie quotidienne des hommes, en ce qui regarde leur subsistance et leurs conditions de vie, mais aussi la prospérité et la civilisation dans ses multiples aspects et aux différentes époques.

Réalisant tout cela, la sainte Église met en pratique le commandement de son Fondateur, le Christ, qui fait allusion surtout au salut éternel de l’homme lorsqu’il dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean, XIV, 6), et : « Je suis la Lumière du monde » (Jean, VIII, 12), mais qui ailleurs, regardant la foule affamée, s’écrie gémissant : « J’ai compassion de cette foule » (Marc, VIII, 2) ; donnant ainsi la preuve qu’il se préoccupe également des exigences terrestres des peuples.

Par ses paroles, mais aussi par les exemples de sa vie, le divin Rédempteur manifesta ce souci quand, pour apaiser la faim de la foule, il multiplia plusieurs fois le pain d’une façon miraculeuse. Et par ce pain donné en nourriture du corps, il voulut annoncer cette nourriture céleste des âmes qu’il allait donner aux hommes la veille de sa Passion.

Rien d’étonnant donc à ce que l’Église catholique, à l’imitation et au commandement du Christ, pendant deux mille anss,… ait constamment tenu très haut le flambeau de la charité, par ses commandements, mais aussi par ses innombrables exemples ; cette charité, en harmonisant les préceptes de l’amour mutuel et leur pratique, réalise admirablement le commandement de ce double don, qui résume la doctrine et l’action sociale de l’Église…

Lettre encyclique MATER ET MAGISTRA du 15 mai 1961 – Pape Jean-XXIII aux Vénérables Frères, Patriarches, Primats, Archevêques, Évêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, à tout le Clergé et aux Fidèles du monde entier.

site officiel en France