Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Marie selon Péguy

À celle qui est Marie

Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.
Alors il faut prendre son courage à deux mains.
Et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.
Être hardi. Une fois.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle.
Parce qu’aussi elle est infiniment bonne.
À celle qui intercède.  La seule qui puisse parler de l’autorité d’une mère.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.
Parce qu’aussi elle est infiniment douce.

Vierge Marie angle rue de Sèvres rue St Placide à Paris
Vierge Marie angle rue de Sèvres rue St Placide à Paris

À celle qui est infiniment riche.
Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.
À celle qui est infiniment haute.
Parce qu’aussi elle est infiniment descendante.
À celle qui est infiniment grande.
Parce qu’aussi elle est infiniment petite.
Infiniment humble. Une jeune mère.
À celle qui est infiniment jeune.
Parce qu’aussi elle est infiniment mère.
À celle qui est Marie.
Parce qu’elle est pleine de grâce.
À celle qui est pleine de grâce.
Parce qu’elle est avec nous.
À celle qui est avec nous.
Parce que le Seigneur est avec elle.

Charles PÉGUY

Les saintes Carmélites de Compiègne

Les saintes Carmélites de Compiègne

Carmélites de Compiègne
Carmélites de Compiègne

Les carmélites déchaussées de Compiègne, guillotinées en 1794 en pleine Terreur pendant la Révolution française, sont saintes. Le Pape François a signé en novembre 2022 le décret reconnaissant leur canonisation équipollente.

Le monastère de Compiègne fut établi en 1641. Lorsque Madame Louise de France, fille de Louis XV, eut obtenu la permission d’entrer au Carmel, elle eût voulu entrer dans cette maison ; mais le roi s’y opposa, elle choisit alors un monastère plus rapproché de Versailles, celui de Saint-Denis ; mais elle resta dévouée à celui de Compiègne, et lui procura des sujets.

C’est ainsi qu’elle y envoya Madeleine Lidoine et lui paya sa dot. En reconnaissance celle-ci voulut prendre le nom de religion de sa bienfaitrice : Sœur Thérèse de Saint-Augustin. Elle devint prieure après dix ans de profession et mourut martyre.

En 1789 elle se trouvait donc à la tête de la communauté de Compiègne qui comptait seize religieuses de chœur. Le 5 février 1790, l’Assemblée Nationale votait la suppression des monastères, et le 13, la suppression des vœux de religion. Le 20 mars suivant, elle ordonnait aux municipalités de s’enquérir auprès des religieux habitant leurs communes respectives, de leur intention de rester dans leur couvent ou d’en sortir.

Les Carmélites de Compiègne, professes et converses, protestèrent unanimement qu’elles voulaient « vivre et mourir dans leur état ». On les laissa continuer à vivre dans leur pauvreté jusqu’au 14 septembre 1792, où, en vertu d’une loi de l’Assemblée, ces saintes filles furent expulsées de leur maison et durent se disperser.

En même temps qu’elles étaient chassées de leur monastère, elles furent mises en demeure de signer le serment dit de « Liberté et Égalité ». La Prieure déclara, au nom de ses Sœurs, qu’elles ne voulaient pas le prêter ; néanmoins le maire, à l’aide d’un subterfuge, réussit à leur arracher une signature, qu’elles rétractèrent en juin 1794.

La vie continua ainsi : plusieurs professes étaient mortes, quelques autres étaient rentrées provisoirement dans leurs familles. Il en restait encore seize qui persévéraient malgré tout. Sur l’invitation de leur prieure, elles firent un acte de consécration, par lequel elles s’offraient en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et obtenir que la paix fût rendue à l’Église de France.

Deux cependant, les plus âgées, eurent un moment d’effroi à l’image de la guillotine ; mais bientôt, se reprenant, elles s’associèrent de plein cœur à leurs sœurs qui refaisaient cet acte de consécration chaque jour.

Le 22 juin 1794, le Comité Révolutionnaire de Murat-sur-Oise (c’est-à-dire de Compiègne), emprisonnait les Carmélites et les dénonçait au Comité du Salut public. Celui-ci ordonna de les expédier à Paris. Sur tout le parcours, ces saintes femmes furent lâchement abreuvées d’insultes et de brutalités provoquées par leurs conducteurs.

L’une d’elles, âgée de soixante-dix-sept ans, et infirme, ne pouvant descendre de la charrette, fut jetée sur le sol. On dut la relever ; elle remercia : « Je vous remercie de ne m’avoir pas tuée, car j’aurais manqué au bonheur du martyre que j’attends. »

Elles furent jugées le 17 juillet ; il n’y eut qu’un simulacre d’audience, dont il n’est resté que la liste des condamnées. De là elles furent conduites directement à l’échafaud. Sur les charrettes, les Carmélites chantèrent le « Salve Regina » et le « Te Deum ». Arrivées au lieu d’exécution, elles se groupent autour de la Prieure, et ensemble renouvellent leurs vœux.

Puis, la plus jeune, la novice sœur Constance, s’agenouille, demande sa dernière obédience, celle de mourir. Et, bénie, elle se livre au bourreau. La dernière, Mère Thérèse de-Saint-Augustin, inclina la tête sous le couperet. Quelle sublime grandeur dans la simplicité et la mort de ces héroïques femmes !

J.M: Planchet

premier jour de la neuvaine – Sainte Anne, âme patiente

Neuvaine à Sainte Anne

Sainte Anne avec Marie - Sainte Anne de Beaupré Québec
Sainte Anne avec Marie – Sainte Anne de Beaupré Québec

La tradition chrétienne nous a transmis le nom des parents de Marie, Joachim et Anne, et aussi le lieu de leur habitation, près du temple, à Jérusalem. Cette tradition très ancienne remonte au récit apocryphe de saint Jacques, du IIe siècle de notre ère. Ce couple discret, a accueilli, éduqué Marie et l’a éveillée dans sa grâce toute spéciale. L’intérêt pour les parents de Marie dépasse largement le folklore ou l’imaginaire, il touche au sens de la vie.

Anne et Joachim, son époux, sont de la tribu de Juda, ils avaient une vie sainte, mais n’avaient pas d’enfant malgré leurs ferventes prières. C’était pour les Juifs la pire des malédictions. Enfin ils sont exaucés : Marie est conçue. Ils sont ainsi les grands parents de Jésus.

Sainte Anne est honorée en Orient dès le Ve siècle où l’empereur Justinien élève une basilique en son honneur. En Occident, sa dévotion prend son essor au temps des croisades. Son culte est reconnu par Urbain VI en 1382. Sainte Anne est souvent représentée apprenant à lire à sa fille dans la Bible.

C’est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne devient populaire. L’origine du sanctuaire très célèbre d’Auray, en Bretagne, est due à la miraculeuse découverte d’une vieille statue de sainte Anne, accompagnée de circonstances et de prodiges extraordinaires. Sainte-Anne d’Auray est toujours aujourd’hui un pèlerinage national, tout comme celui de Sainte Anne de Beaupré au Québec.

La neuvaine à Sainte Anne, mère de la Vierge Marie, peut se faire plus spécialement du 18 au 26 juillet, le 26 étant la fête liturgique de Sainte Anne. Pour bien accomplir cette Neuvaine, la faire plutôt le matin au lever, en dédiant ainsi sa journée à Sainte Anne, prier avec beaucoup de confiance, recevoir les Sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie, si possible le 26 juillet même.

Nous vous proposons cette neuvaine afin de nous rendre plus proche la « grand mère » de Jésus, afin que nous lui parlions en toute familiarité et qu’elle nous conduise à son petit-fils.

Premier jour de la neuvaine – Sainte Anne, âme patiente

Je vous salue, sainte Anne, et avec vous je me félicite de l’honneur singulier que vous a fait le Père éternel, en vous destinant de toute éternité, à être la Mère de la Mère de Dieu.

Mais vous avez dû supporter pendant tant d’années, avec patience, la peine que vous causait votre stérilité.

Je vous rends grâce, très sainte et très adorable Trinité, de toutes les excellentes prérogatives dont a été enrichie sainte Anne et qui la rendent une avocate toujours plus puissante pour nous.

Sainte Anne, obtenez-nous une patience inébranlable dans tous les travaux et les maux de cette vie. Amen

Sainte Anne, Mère de Marie et aïeule de Jésus, vous partagez le sort des saints dans la lumière de Dieu et vous êtes toute puissante sur le Cœur de votre petit-fils. Il est venu sur terre annoncer aux pauvres la bonne nouvelle, guérir le cœur de ceux qui souffrent. Amenez à son Père les pécheurs et les justes, enseigner aux hommes l’amour de leurs frères, apportez la paix dans notre monde, apaisez les âmes et donner de l’espérance. Ma bonne mère, je viens vers vous avec une grande confiance. Écoutez mes demandes au début de cette neuvaine et implorez pour moi le Seigneur.  Amen !

Sainte Anne, Mère de la très sainte Vierge Marie Mère de Dieu, priez pour nous, secourez nous !

Notre Père, je Vous salue Marie, Gloire au Père

Oraison :
Seigneur, Toi qui es le Dieu de nos Pères, Tu as donné à Sainte Anne et à Saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la Mère de Ton Fils: accorde-nous, à leur commune prière, le Salut que Tu as promis à Ton Peuple. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Prières quotidiennes