Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Angélus: «Le Royaume de Dieu se répand même au milieu de l’ivraie»

Angélus: «Le Royaume de Dieu se répand même au milieu de l’ivraie»

À la prière de l’Angélus à Castel Gandolfo où il effectue sa pause estivale, le Pape a encouragé chacun des fidèles à «devenir la petite graine de l’Évangile qui germe et le levain d’amour qui transforme la pâte du monde». Il a également exhorté à adopter un «style évangélique, sans nous opposer précipitamment par des jugements arrogants, sans nous imposer par le pouvoir et la force, sans perdre confiance en l’œuvre de Dieu».
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PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place de la Liberté (Castel Gandolfo)
Dimanche, 19 juillet 202

Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Après la parabole du semeur, Jésus continue de s’adresser aux foules à travers plusieurs images : le bon grain et l’ivraie, la graine de moutarde, le levain dans la farine (cf. Mt 13, 24-43).

Il s’agit de trois petites paraboles qui visent à rappeler l’avènement du Royaume de Dieu dans l’histoire, son action dans la vie des hommes, la manière dont il grandit, se développe et transforme le monde de l’intérieur. Par ces récits, Jésus nous met en garde contre la tentation de considérer Dieu comme une figure puissante, qui s’impose par la force, qui occupe l’espace pour dominer, qui arrive de manière triomphante.

Au contraire, Dieu privilégie la petitesse, signe de son amour discret, qui nous laisse libres de l’accueillir ou de le refuser, qui cherche à se frayer un chemin même au milieu de l’ivraie, qui agit de manière cachée et invisible comme la plus petite des graines et qui fait lever la pâte en silence.

Frères et sœurs, à travers ces paraboles, Jésus nous dit quelque chose d’important sur la manière dont Dieu agit dans notre vie et dans l’histoire. Parfois, nous nous attendons à quelque chose de spectaculaire, nous souhaitons un Dieu qui intervienne d’en haut pour arracher immédiatement l’ivraie du mal.

Nous imaginons un Dieu fort et puissant et, malheureusement, c’est à cette image que nous adaptons également notre manière d’être chrétiens et d’être Église. Au contraire, le Royaume de Dieu se répand même au milieu de l’ivraie et nous demande un regard capable de saisir le bien qui germe même dans les ténèbres du mal, sans tout juger aussitôt.

Il vient comme la plus petite des graines et exige donc la patience de savoir accompagner les processus, en le reconnaissant dans la petitesse du quotidien et dans la simplicité de la vie ordinaire ; il grandit de manière invisible, comme le levain dans la farine, et ainsi, il nous libère du découragement et nous invite à avoir confiance même lorsqu’il nous semble que Dieu est absent.

Car en réalité, Il nous accompagne toujours et son amour est toujours à l’œuvre pour nous.

Ce style de Dieu doit également devenir la manière dont, tant comme individus qu’en tant qu’Église, nous habitons la réalité qui nous entoure. Nous sommes appelés à adopter un style évangélique, sans nous opposer précipitamment par des jugements arrogants, sans nous imposer par le pouvoir et la force, sans perdre confiance dans l’œuvre de Dieu.

Il s’agit – disait alors le cardinal Ratzinger – de nous soumettre à la logique de la graine, qui n’est pas celle du succès et de la grandeur, mais qui nous demande de nous faire petits et de servir la vie des personnes (cf. Discours au Congrès des catéchistes et des professeurs de religion, 10 décembre 2000).

Ainsi, nous deviendrons nous-mêmes comme une petite graine d’Évangile qui germe et comme un levain d’amour qui transforme la pâte du monde.

Prions la Très Sainte Vierge Marie, qui a su accueillir la graine de la Parole dans la petitesse, afin qu’elle nous soutienne sur notre chemin et intercède pour nous.

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À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

alors que je passe quelques jours de repos, je vous adresse à nouveau mes salutations et ma gratitude, à vous tous, habitants de Castel Gandolfo, et j’accueille avec joie les pèlerins qui arrivent des quatre coins du monde !

Nous continuons à suivre avec inquiétude ce qui se passe dans divers pays déchirés par la guerre et la violence. N’oublions pas ceux qui souffrent et meurent à cause des conflits, et joignons à l’engagement généreux en faveur de la paix notre prière constante.

Je salue la Communauté Cenacolo de Mère Elvira, réunie à Saluzzo à l’occasion de la Fête de la Vie, le Mouvement des Familles Nouvelles des Focolari rassemblé pour l’École internationale, les étudiants mexicains qui participent à l’APRA Summer School et le groupe de la Catholic Worldview Fellowship.

J’adresse également mes salutations aux jeunes adultes membres du Regnum Christi qui participent au Cours international des formateurs. Je salue également ceux qui participent au « Lion Pilgrimage », accompagnés de S.E. Monseigneur Anthony Percy, évêque auxiliaire de  Sydney en Australie

Je salue également les familles et les enfants de l’œuvre des Sœurs de la Charité de l’Assomption de Rome, les jeunes de la paroisse de San Salvatore à Jérusalem, le groupe Giovanissimi de la paroisse de Sant’Agostino à Bovolenta et les pèlerins de l’Académie liturgique de Rzeszów.

Je vous souhaite à tous un excellent dimanche !

Texte présenté par l’Association de  la Médaille Miraculeuse

Marie selon Péguy

À celle qui est Marie

Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.
Alors il faut prendre son courage à deux mains.
Et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.
Être hardi. Une fois.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle.
Parce qu’aussi elle est infiniment bonne.
À celle qui intercède.  La seule qui puisse parler de l’autorité d’une mère.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.
Parce qu’aussi elle est infiniment douce.

Vierge Marie angle rue de Sèvres rue St Placide à Paris
Vierge Marie angle rue de Sèvres rue St Placide à Paris

À celle qui est infiniment riche.
Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.
À celle qui est infiniment haute.
Parce qu’aussi elle est infiniment descendante.
À celle qui est infiniment grande.
Parce qu’aussi elle est infiniment petite.
Infiniment humble. Une jeune mère.
À celle qui est infiniment jeune.
Parce qu’aussi elle est infiniment mère.
À celle qui est Marie.
Parce qu’elle est pleine de grâce.
À celle qui est pleine de grâce.
Parce qu’elle est avec nous.
À celle qui est avec nous.
Parce que le Seigneur est avec elle.

Charles PÉGUY

Les saintes Carmélites de Compiègne

Les saintes Carmélites de Compiègne

Carmélites de Compiègne
Carmélites de Compiègne

Les carmélites déchaussées de Compiègne, guillotinées en 1794 en pleine Terreur pendant la Révolution française, sont saintes. Le Pape François a signé en novembre 2022 le décret reconnaissant leur canonisation équipollente.

Le monastère de Compiègne fut établi en 1641. Lorsque Madame Louise de France, fille de Louis XV, eut obtenu la permission d’entrer au Carmel, elle eût voulu entrer dans cette maison ; mais le roi s’y opposa, elle choisit alors un monastère plus rapproché de Versailles, celui de Saint-Denis ; mais elle resta dévouée à celui de Compiègne, et lui procura des sujets.

C’est ainsi qu’elle y envoya Madeleine Lidoine et lui paya sa dot. En reconnaissance celle-ci voulut prendre le nom de religion de sa bienfaitrice : Sœur Thérèse de Saint-Augustin. Elle devint prieure après dix ans de profession et mourut martyre.

En 1789 elle se trouvait donc à la tête de la communauté de Compiègne qui comptait seize religieuses de chœur. Le 5 février 1790, l’Assemblée Nationale votait la suppression des monastères, et le 13, la suppression des vœux de religion. Le 20 mars suivant, elle ordonnait aux municipalités de s’enquérir auprès des religieux habitant leurs communes respectives, de leur intention de rester dans leur couvent ou d’en sortir.

Les Carmélites de Compiègne, professes et converses, protestèrent unanimement qu’elles voulaient « vivre et mourir dans leur état ». On les laissa continuer à vivre dans leur pauvreté jusqu’au 14 septembre 1792, où, en vertu d’une loi de l’Assemblée, ces saintes filles furent expulsées de leur maison et durent se disperser.

En même temps qu’elles étaient chassées de leur monastère, elles furent mises en demeure de signer le serment dit de « Liberté et Égalité ». La Prieure déclara, au nom de ses Sœurs, qu’elles ne voulaient pas le prêter ; néanmoins le maire, à l’aide d’un subterfuge, réussit à leur arracher une signature, qu’elles rétractèrent en juin 1794.

La vie continua ainsi : plusieurs professes étaient mortes, quelques autres étaient rentrées provisoirement dans leurs familles. Il en restait encore seize qui persévéraient malgré tout. Sur l’invitation de leur prieure, elles firent un acte de consécration, par lequel elles s’offraient en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et obtenir que la paix fût rendue à l’Église de France.

Deux cependant, les plus âgées, eurent un moment d’effroi à l’image de la guillotine ; mais bientôt, se reprenant, elles s’associèrent de plein cœur à leurs sœurs qui refaisaient cet acte de consécration chaque jour.

Le 22 juin 1794, le Comité Révolutionnaire de Murat-sur-Oise (c’est-à-dire de Compiègne), emprisonnait les Carmélites et les dénonçait au Comité du Salut public. Celui-ci ordonna de les expédier à Paris. Sur tout le parcours, ces saintes femmes furent lâchement abreuvées d’insultes et de brutalités provoquées par leurs conducteurs.

L’une d’elles, âgée de soixante-dix-sept ans, et infirme, ne pouvant descendre de la charrette, fut jetée sur le sol. On dut la relever ; elle remercia : « Je vous remercie de ne m’avoir pas tuée, car j’aurais manqué au bonheur du martyre que j’attends. »

Elles furent jugées le 17 juillet ; il n’y eut qu’un simulacre d’audience, dont il n’est resté que la liste des condamnées. De là elles furent conduites directement à l’échafaud. Sur les charrettes, les Carmélites chantèrent le « Salve Regina » et le « Te Deum ». Arrivées au lieu d’exécution, elles se groupent autour de la Prieure, et ensemble renouvellent leurs vœux.

Puis, la plus jeune, la novice sœur Constance, s’agenouille, demande sa dernière obédience, celle de mourir. Et, bénie, elle se livre au bourreau. La dernière, Mère Thérèse de-Saint-Augustin, inclina la tête sous le couperet. Quelle sublime grandeur dans la simplicité et la mort de ces héroïques femmes !

J.M: Planchet