Archives de catégorie : Méditation

sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Angélus: Jésus Christ, le trésor caché qui transforme la vie

Angélus: Jésus Christ, le trésor caché qui transforme la vie

L’Église est une communion de personnes différentes mais toutes sont «appelées à se reconnaître une en Jésus-Christ, Lui, le trésor caché, la perle précieuse, le filet qui rassemble ceux qui sont dispersés», a souligné le Pape ce dimanche 26 juillet dans sa méditation qui a précédé la prière mariale de l’angélus à Castel Gandolfo, où il poursuit son séjour estival.
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PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place de la Liberté (Castel Gandolfo)
Dimanche 26 juillet 2026

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Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Au centre de l’enseignement de Jésus, l’on trouve le mystère du Royaume de Dieu, que l’Évangile d’aujourd’hui compare à une perle et à un trésor (cf. Mt 13, 44-52). Les paraboles laissent entrevoir la surprise de celui qui trouve ce qu’il ne pouvait même pas espérer, au point que vendre ou tout abandonner n’apparaît plus comme un renoncement, mais comme un gain.

En effet, dès les premières pages, les évangélistes décrivent l’appel de Jésus à le suivre comme irrésistible : libre, certes, mais urgent et capable de susciter une réponse immédiate et animée par le désir.

C’est là un premier aspect important de la manière dont Dieu est proche et se laisse trouver : la rencontre avec son Royaume est un tournant qui ne restreint pas la vie, mais l’élargit. Si quelque chose doit désormais changer, c’est pour offrir davantage de possibilités, et non pour en retirer.

Il y a un deuxième aspect auquel Jésus semble accorder beaucoup d’importance : celui qui trouve le trésor caché dans le champ est probablement un paysan ; la perle, en revanche, est reconnue comme ayant une grande valeur par un marchand, peut-être un voyageur. Viennent ensuite deux autres paraboles dont les protagonistes sont des pêcheurs et un scribe expert en choses anciennes et nouvelles.

Il y en a d’autres encore, où le Royaume se laisse entrevoir chez une femme qui pétrit la farine, chez une autre qui range sa maison, chez un roi qui prépare la guerre, chez un homme qui projette de construire une tour, chez des administrateurs qui gèrent des paiements ou des investissements, chez des bergers et des agriculteurs. En somme, le Royaume de Dieu révèle son inestimable beauté sous différentes formes, mais il appelle tout le monde – hommes et femmes, jeunes et personnes âgées, pauvres et riches – à un profond renouveau. Tous peuvent le saisir et sont attirés par lui.

Aujourd’hui encore, l’Église est une communion de personnes différentes par leur origine, leur culture, leurs compétences, leur niveau de responsabilité, mais toutes appelées à se reconnaître comme « un » en Jésus-Christ : c’est Lui le trésor caché, la perle précieuse, le filet qui rassemble ceux qui sont dispersés.

En effet, dès le début, Jésus a appelé et rassemblé autour de lui des personnes qui, autrement, ne se seraient jamais côtoyées. C’est ainsi qu’il a montré que Dieu ne fait pas acception de personnes et que son élection est une prédilection, en particulier pour ceux qui sont petits et mis au rebut.

Frères et sœurs, il ne nous reste plus qu’à demander un don, celui-là même que le jeune roi Salomon avait invoqué (cf. 1 R 3, 5.7-12). C’est le don de discerner la perle de grande valeur, de savoir reconnaître le trésor pour lequel il vaut la peine de tout vendre.

Alors que l’industrie de la consommation modifie nos goûts, suscitant sans cesse de nouveaux besoins pour ensuite nous vendre des réponses qui ne rassasient pas et empoisonnent parfois le cœur, nous devons apprendre à saisir ce qui compte vraiment : le trésor de la relation avec Dieu qui nous ouvre à la joie et nous aide à vivre au mieux nos relations les uns avec les autres.

Que l’intercession de Marie, Trône de la Sagesse, oriente notre désir de vie vers Jésus, afin qu’il se réalise en plénitude.

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À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

hier, au Liban, a été béatifié Elias Hoyek, patriarche d’Antioche des Maronites de 1899 à 1931 et fondateur de la Congrégation des Sœurs maronites de la Sainte Famille. Il a guidé pendant plus de trente ans l’Église maronite avec un grand dévouement et une grande sensibilité pastorale.

Homme de dialogue et d’espérance, il a été une figure de référence lumineuse sur le plan ecclésial, social et politique, au point d’être surnommé « Père du Grand Liban ». Que la prière et l’intercession du nouveau Bienheureux accompagnent toujours les fidèles maronites du monde entier et obtiennent le don de la paix pour tout le peuple libanais, qui m’est si cher.

Je suis avec appréhension la persistance et l’aggravation de la violence en Terre Sainte, dont de nombreux civils ont également été victimes ces derniers temps, en Cisjordanie et à Gaza.

Je lance un appel pressant pour que l’on revienne à la négociation d’une solution politique équitable, fondée sur l’égale dignité et l’égalité des droits de chaque personne humaine, et pour que l’on rejette toute nouvelle action militaire et toute décision unilatérale, en particulier celles qui violent le respect et le status quo des lieux saints de toutes les confessions religieuses.

Je renouvelle également mon appel concernant la situation dans l’ensemble du Moyen-Orient, où l’intensification des opérations militaires a ravivé la violence et la destruction, mettant gravement en danger la vie de nombreux civils et aggravant la pénurie d’eau potable et d’électricité.

Du fond du cœur, j’exhorte toutes les parties concernées à suspendre les attaques et à rouvrir d’urgence des espaces de dialogue et de diplomatie, afin de parvenir au plus vite à la paix, tant désirée pour toute la région.

Continuons à prier pour tous les peuples du monde qui souffrent à cause de la guerre. Que le Seigneur touche les cœurs et éclaire l’esprit des responsables, afin que l’on parvienne rapidement à la réconciliation et à la paix.

Face aux incendies dévastateurs qui ont touché ces derniers jours plusieurs localités en France et en Espagne, je tiens à exprimer ma solidarité et j’invite chacun à prier pour les personnes touchées et pour le travail des secouristes.

Aujourd’hui, nous célébrons la VIe Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées, dont le thème s’inspire des paroles du prophète Isaïe : « Je ne t’oublierai jamais » (Is 49, 15).

Remercions ensemble le Seigneur pour le don que représentent les personnes âgées pour l’Église et pour la société, et engageons-nous à respecter et à valoriser leur rôle précieux, ainsi qu’à leur garantir, en toutes circonstances, l’attention et l’aide qui leur sont dues.

Je vous salue chaleureusement, vous tous qui êtes ici présents, que vous soyez résidents ou venus de différentes régions d’Italie et du monde entier !

Je souhaite tout particulièrement la bienvenue aux pèlerins de l’Œuvre de l’Église et aux évêques qui les accompagnent ; je salue et souhaite la bienvenue  aux enfants de la « Maison de la Miséricorde » de Tchortkiv, en Ukraine, accueillis par la paroisse Saint-Michel-Archange de Nocera Superiore.

Bienvenue aux adolescents de la paroisse de Manerbio ; aux participants à la Rencontre internationale des jeunes organisée à l’occasion du bicentenaire de la mort de sainte Jeanne-Antide Thouret ; aux jeunes pèlerins du mouvement d’étudiants catholiques Önze-Lieve-Vrouw Ster-Der-Zee de Maldegem, en Belgique, ainsi qu’aux élèves de l’École des carabiniers de Velletri, accompagnés de leur aumônier et de leurs officiers.

Je salue les membres de la Catholic Men Association of Cameroon.

Je pense tout particulièrement aux participants à la Fête des Pêches de Castel Gandolfo, qui sont venus apporter leurs fruits pour la Bénédiction.

Ce soir, à Rome, sur le Tibre, aura lieu la procession de la Vierge « Fiumarola » : que Marie, Mère de Jésus, accorde aux participants à cette belle tradition et à chacun de nous de vivre chaque jour selon les enseignements de l’Évangile !

Et à chacun de vous, je souhaite de tout cœur un bon dimanche !

Texte proposé par l’Association de la médaille Miraculeuse

Marie et l’extension du Règne de Dieu

Marie et l’extension du Règne de Dieu

Vierge Dorée Cathédrale Amiens
Vierge Dorée Cathédrale Amiens

Le samedi nous aimons honorer la Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie. À cet effet, il est bon de reprendre une méditation du saint Pape Jean-Paul II qui nous prépare à la grande fête de l’Assomption.

Dès les premiers siècles, le peuple chrétien a invoqué Marie comme reine. Il lui reconnaissait ainsi une dignité plus grande que celle de toute créature et il exaltait son rôle dans la vie de chaque personne et du monde tout entier.

Marie est reine non seulement parce qu’elle est la Mère de Dieu mais aussi parce qu’elle a coopéré à l’œuvre de rédemption de l’humanité. Élevée au ciel, associée au pouvoir de son Fils, elle travaille à l’extension du Règne de Dieu, en participant à la diffusion de la grâce divine dans le monde.

Demeurant en dépendance du Christ, Marie possède et exerce sur l’univers une souveraineté que son Fils lui a donnée. Son titre de reine ne se substitue pas à celui de Mère.

Sa royauté demeure un corollaire de sa mission maternelle et exprime simplement le pouvoir qui lui a été conféré pour accomplir cette mission. Marie étend ainsi sa sollicitude à toute l’humanité. Dès lors, les chrétiens manifestent leur abandon filial à celle qui est mère dans l’ordre de la grâce.

Du fait de son assomption, Marie vit en pleine communion avec le Christ et avec chacun de nous. Elle nous suit dans notre itinéraire terrestre quotidien et nous soutient de son amour maternel dans les épreuves de la vie. Élevée à la gloire du ciel, elle est totalement consacrée à l’œuvre du salut pour communiquer à tous les vivants le bonheur qui lui a été donné.

JEAN-PAUL II AUDIENCE GÉNÉRALE 23 Juillet 1997


© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

Sainte Brigitte de Suède

Sainte Brigitte de Suède

Sainte Brigitte de Suède
Sainte Brigitte de Suède

En Europe on célèbre le 23 juillet la fête de sainte Brigitte (1303-1373). Mariée toute jeune en Suède au prince Ulf, elle en eut huit enfants qu’elle éduqua dans la plus grande piété, et elle entraîna son époux à la piété par ses paroles et ses exemples.

Après la mort d’Ulf, elle entreprit de nombreux pèlerinages à divers lieux saints, elle écrivit beaucoup pour la réforme de l’Église dans sa tête et ses membres et jeta à Rome, où elle mourut en 1373, les fondations de l’Ordre du Très Saint Sauveur. (Martyrologe Romain)

On distingue deux périodes dans la vie de Brigitte de Suède. D’abord une femme mariée et la mère de huit enfants, qui s’initia à l’étude de l’Écriture et l’adopta comme règle de vie avec son époux comme tertiaires franciscains. Elle fut d’une charité généreuse et fonda un hôpital…

La seconde vie de Brigitte commença après son veuvage et son refus de se remarier afin d’approfondir « son union avec le Seigneur dans la prière, la pénitence et la charité… Après avoir distribué ses biens aux pauvres, elle se retira au monastère cistercien d’Alvastra, sans devenir moniale »… En 1349, Brigitte prit le chemin de Rome pour participer au jubilé durant lequel le Pape approuva la fondation de son ordre consacré au Saint Sauveur.

Moines et moniales se trouvent sous l’autorité d’une abbesse, une formule classique au Moyen Age. « La grande tradition chrétienne reconnaît à la femme une dignité particulière, à l’exemple de Marie, reine des apôtres, et une place spéciale au sein de l’Église qui, s’il ne coïncide pas avec le sacerdoce ordonné, a une grande importance pour la vie spirituelle de la communauté ». Sainte Brigitte alla également en pèlerinage à Assise et en Terre Sainte.

Elle fut canonisée dès 1391. Sa sainteté et ses multiples qualités en firent une figure remarquable de l’histoire européenne, « qui montre comment le christianisme a profondément imprégné la vie des peuples du continent… En la proclamant co-patronne de l’Europe, Jean-Paul II exprima le vœu que Brigitte, qui vivait dans une chrétienté occidentale non encore blessée par la division, intercède en faveur de la pleine unité des chrétiens ». (D’après la catéchèse de Benoît XVI du 27 octobre 2010)

Extraits du livre des Révélations  de Sainte Brigitte, sur la Vierge Marie

Pendant le carême de l’année 1366, notre Sainte rentra dans la Ville éternelle, qui ne cessait d’attendre toujours, comme une veuve inconsolable, l’arrivée du Vicaire de Jésus-Christ.

Elle redoubla ses prières, ses jeûnes et ses pénitences; car elle savait que le moment approchait où elle obtiendrait du Pape l’autorisation d’élever son premier couvent à Wadstena, et où il lui serait donné de présenter au Souverain Pontife, à Rome même, la règle et les statuts de son nouvel Ordre.

Il n’y manquait plus que les Leçons que les Religieuses devaient dira aux matines, en l’honneur de la Très-Sainte Vierge. Lorsqu’elle s’adressa dans ce but au divin Sauveur, fondateur de l’Ordre, celui-ci lui apparut et lui dit : « Je t’enverrai mon Ange, qui te révélera les Leçons que les Religieuses de ton couvent seront tenues de lire, aux matines, à la louange de ma Mère. Cet Ange te les dictera lui-même ; et tu écriras donc sous sa dictée. »

Brigitte se rendit alors dans son petit oratoire, d’où l’on apercevait par une croisée l’autel de l’église de Saint-Laurent-in-Damoso, attenant à sa demeure.

Sa première pensée fut que ce serait là, non loin du tabernacle toujours entouré de légions d’Anges en adoration, qu’elle aurait l’insigne honneur de recevoir la visite de l’un de ces Esprits, bienheureux, et entendrait de sa bouche les louanges de la glorieuse Reine des Anges. La main armée d’une tablette et d’un poinçon pour écrire, elle attendit donc, dans l’amour et l’humilité, l’arrivée de l’Ange du Seigneur.

Brigitte ne s’était point trompée. L’Ange désiré lui apparut à cet endroit béni d’où elle pouvait contempler le très adorable Saint-Sacrement. Il vint se placer près d’elle; son attitude exprimait une profonde vénération, son visage rayonnait et ses yeux étaient sans cesse fixés sur l’autel où le Saint-Sacrement était exposé.

Il dicta, dans la langue maternelle de Brigitte, les Leçons de matines, destinées à redire les privilèges et les gloires inénarrables de la Très-Sainte Vierge Marie. La Sainte les transcrivait jour pour jour avec la plus religieuse attention et telles qu’elles tombaient des lèvres dé l’Ange, puis elle montrait humblement à son Père spirituel ce qu’elle avait écrit. Parfois l’Ange ne se présentait pas.

Quand alors Pierre Olafson lui demandait ce qu’elle avait écrit, elle répondait modestement : « Mon Père, aujourd’hui je n’ai rien écrit; j’ai longtemps attendu l’Ange du Seigneur, pour qu’il daignât me dicter ce que je dois écrire; mais il n’est point venu. » C’est ainsi que fut composé ce qu’on appelle le Sermon angélique, ou les Leçons que les Religieuses sont obligées de lire chaque semaine à matines.

Après avoir achevé de dicter les célestes louanges de la glorieuse Reine du ciel, et après les avoir réparties en vingt et une Leçons pour les sept jours de la semaine, l’Ange dit à Brigitte qui achevait d’écrire : « Voici que j’ai préparé le vêtement de la Reine des Anges; à vous maintenant de le terminer de votre mieux.

Or donc, heureuses filles du très saint Ordre du Rédempteur, vous à qui, dans sa miséricordieuse bonté, le Créateur et le Sauveur des hommes a donné cette sainte règle, de sa propre bouche et par l’intermédiaire de son épouse qui devait la faire connaître au monde, préparez-vous par de saintes œuvres à recevoir, avec une vénération profonde et une grande dévotion, les Leçons que l’Ange du Seigneur a dictées, par l’ordre de Dieu, à votre Mère la bienheureuse Brigitte.

Ouvrez vos oreilles afin d’entendre un éloge si magnifique de la Très-Sainte Vierge Marie. Méditez avec un tueur humble les gloires et les admirables privilèges de la Mère de Dieu, que ces Leçons ont pour but de rappeler, et qu’elles soient pour vous comme un mets délicat que vous prendrez par la méditation et que vous goûterez par la contemplation.

Puis élevez vos mains et vos cœurs vers Dieu, afin de lui rendre humblement et dévotement grâce du bienfait signalé dont il vous a comblées. Que son Fils très saint, le Roi des Anges, avec lequel Marie vit et règne dans les siècles des siècles, vous accorde cette faveur. Amen ! » Sur ces mots, l’Ange disparut; Brigitte ne devait le revoir qu’au ciel.

***

Lors de son pèlerinage vers la Terre Sainte, à l’époque où le navire des pèlerins était encore à l’ancre dans le port de Naples, la Très Sainte Vierge apparut à notre Sainte, qui veillait en priant, et lui dit :
« Dieu, dans sa bonté, te permet de voir et d’entendre maintenant le jugement qui a été prononcé sur l’âme de ton fils après sa séparation du corps. Ce qui s’est fait alors sans succession de temps, devant l’incompréhensible majesté de Dieu, t’apparaîtra sous une suite d’imagés corporelles, afin d’aider ton entendement. »

Au même moment, Brigitte fut transportée dans un palais vaste et magnifique. Elle vit Jésus-Christ assis sur son tribunal et entouré de la cour innombrable des Anges et des Saints. Près de Lui se tenait sa très-sainte Mère, qui écoutait avec attention le jugement.

Elle aperçut aux pieds du juge, sous la forme d’un enfant nouveau-né, l’âme du défunt, tremblante, ne pouvant ni voir ni entendre ce qui se passait, mais en ayant la perception intime. A la droite du Juge et près de l’âme se tenait un Ange; le démon était à gauche; mais ni l’un l’autre ne touchaient l’âme.

Le démon se mit alors à crier: «Écoutez, Juge tout-puissant. J’ai à me plaindre d’une femme qui est à la fois ma Souveraine et votre Mère, à laquelle votre amour a donné tout pouvoir sur le ciel et sur la terre, et sur nous, démons de l’enfer. Elle m’a injustement ravi l’âme qui comparaît devant vous.

Car, en bonne justice, j’avais le droit de m’en emparer au moment de sa sortie du corps et de l’amener, avec mes compagnons, devant votre tribunal. Or, ô juste Juge, l’âme n’était pas sortie pour ainsi dire du corps, que cette femme, votre Mère, s’en est saisie, l’a couverte de sa puissante protection, et vous l’a présentée. »

La Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, répondit ainsi : « Écoute, Satan, ma réponse. Quand tu sortis des mains du Créateur, tu avais l’intelligence de la justice qui est en Dieu dès l’éternité et sans commencement. Tu as eu aussi la liberté d’agir à ton gré, et, bien que tu aies préféré haïr Dieu que de lui donner ton cœur, tu sais cependant ce que la justice exige.

Or je te dis qu’il m’appartient plus qu’à toi de présenter cette âme à Dieu, son Juge. Car, durant son séjour sur la terre, elle m’a témoigné une grande affection; elle se plaisait à se rappeler que Dieu a daigné me choisir pour sa Mère et qu’il a voulu m’exalter au-dessus de toutes les créatures.

La pensée des privilèges dont Dieu a bien voulu m’honorer, lui inspirait un tel amour qu’elle se disait souvent à elle-même : «Je suis si heureuse de voir la Très-Sainte Vierge Marie plus chère à Dieu que toutes les créatures, que pour rien au monde je ne donnerais la joie que j’en ressens.

Bien plus, je mets cette joie au-dessus de tous les plaisirs de la terre, et s’il était possible que Marie perdît un seul instant quelque chose de sa haute dignité, j’aimerais mieux, s’il m’était donné de l’empêcher, être éternellement tourmentée dans les abîmes de l’enfer que de le souffrir. Donc, gloire éternelle et action de grâces infinies à Dieu, pour cette faveur singulière et cette gloire immense qu’il a donnée à sa Bienheureuse Mère. »

***

A Bethléem, Brigitte et les siens pénétrèrent dans la basilique élevée sur le monticule de calcaire jurassique, où se trouve la grotte de la Nativité. Cette basilique, dite de Sainte-Marie, est une des plus anciennes de la Palestine (1); elle a cinq nefs et est bâtie en forme de croix. Brigitte descendit les quinze marches qui mènent à la grotte et se trouva enfin au lieu même où le Verbe Éternel s’était fait chair.

Le silence le plus profond régnait dans ce sanctuaire; la douce lumière des lampes éclairait l’étoile d’argent qui se montrait au centre de la grotte et qui portait cette inscription : Hic de Virgine Maria Jesus Christus natus est : L’âme de Brigitte se remplit d’une joie inexprimable à cette pensée: c’est ici que Jésus-Christ est né de la Vierge Marie; elle comprit la profondeur du mot de saint Jérôme :

« C’est par le silence et non par d’impuissantes paroles que doit être honorée la grotte où le divin Enfant fit entendre sa voix. » Elle baisa en silence et avec une profonde humilité le sol de ce lieu très saint.

Mais bientôt ce silence devait être interrompu par la douce voix de la Mère de Dieu et par les chants harmonieux des Anges qui y résonnèrent aux oreilles de Brigitte; car l’heure était venue où la Très-Sainte Vierge allait, en révélant à notre Sainte le mystère de la naissance du Christ., remplir, la promesse faite quinze années ‘auparavant.

La Sainte raconte, de la manière suivante, le gracieux tableau qu’elle eut, en cet instant, sous les yeux : « Comme j’étais dans l’étable où Notre-Seigneur est né, à Bethléem, je vis une Vierge très belle; elle était revêtue d’un manteau blanc et d’une fine tunique, à travers laquelle on apercevait sa chair virginale. Le temps de l’enfantement paraissait être venu pour elle.

A ses côtés se tenait un respectable vieillard, et près d’eux il y avait un bœuf et un âne. A leur entrée dans la grotte, le vieillard attacha les deux animaux à la crèche, sortit, et rentra peu après pour remettre à la Vierge un cierge allumé qu’il fixa à la paroi; puis il s’éloigna de nouveau pour ne point assister à la naissance de l’Enfant.

La Vierge déposa le manteau blanc dont elle était revêtue, ôta sa chaussure, détacha le voile qui couvrait sa tête, et plaça ces objets près d’elle, ne conservant que sa tunique. Ses beaux cheveux blonds, semblables à des fils d’or, tombaient sur ses épaules.

Elle sortit ensuite deux langes de lin et deux de laine, d’une finesse et d’une blancheur merveilleuses pour envelopper l’Enfant qui allait naître; puis, deux autres petits linges de toile de lin pour lui en couvrir et bander la tête; elle les posa également près d’elle pour s’en servir à l’heure opportune.

« Ces apprêts terminés, la Vierge s’agenouilla avec un grand respect, et se mit à prier. Elle s’adossa contre la crèche, le visage tourné vers l’Orient et le regard au Ciel. Les mains et les yeux levés, elle était comme ravie en extase et tout enivrée des divines suavités de la contemplation.

« Pendant qu’elle priait, je vis s’agiter en son chaste sein le trésor qu’elle portait, et soudain, en un clin d’œil, elle enfanta son Fils, lequel projetait une lumière si grande, si merveilleuse, que l’éclat du soleil ne peut lui être comparé, et que la lumière du cierge apporté par le vieillard parut comme éteinte, tant la lumière divine éclipsait toute lumière matérielle!

L’enfantement fut si prompt que je ne pus me rendre compte de ce qui s’était passé; j’aperçus seulement le glorieux Enfant à terre, tout brillant, tout rayonnant. J’entendis aussi des chants angéliques d’une grande beauté et d’une suavité merveilleuse.

« Lorsque la Vierge eut conscience de sa délivrance, elle baissa la tête, joignit les mains et, adorant l’Enfant avec un très profond respect, elle lui, dit: « Soyez le bienvenu, mon Dieu, mon Seigneur et mon Fils. » L’Enfant à ce moment pleura, et paraissait trembler de froid sur le sol dur où il était couché.

Il s’agita légèrement et étendit ses membres délicats comme pour chercher un soulagement et les caresses maternelles. La Vierge le prit alors entre ses bras, le pressa contre son cœur, le réchauffant de sa joue et de sa poitrine, dans les transports de la joie et d’une tendre compassion.

Puis, s’asseyant à terre, elle le prit sur ses genoux et l’enveloppa soigneusement de lin, puis de laine, entourant son petit corps, ses jambes et ses bras de quatre bandes cousues aux angles des langes de laine. Elle attacha ensuite sur sa tête les deux- pièces de lin qu’elle avait préparées dans ce but. Quand elle eut fini, le vieillard rentra, se prosterna à deux genoux et adora l’Enfant en pleurant de bonheur.

« La Vierge se levant alors, prit l’Enfant dans ses bras, et tous deux le posèrent dans la crèche; puis, fléchissant les genoux, ils l’adorèrent dans les sentiments d’une profonde allégresse. » Sous le charme de cette vision Brigitte oublia le temps. Elle demeura pendant de. longues heures prosternée devant la crèche, dans la contemplation du ravissant spectacle qui réjouissait son regard illuminé.

Aussi s’affligea-t-elle lorsqu’on l’avertit qu’il fallait quitter la grotte pour aller visiter les autres lieux sanctifiés de Bethléem. Jetant un dernier et tendre regard d’affection sur la crèche du Seigneur, elle se leva et, se dirigea vers l’endroit où les rois Mages avaient offert leurs présents au Sauveur et qui n’était qu’à trois pas. Avec eux, notre Sainte présenta au divin Enfant l’or de son amour, la myrrhe de sa mortification et l’encens de son ardente prière.

Le chagrin d’avoir quitté la grotte se calma rapidement; car la Mère de Dieu la guida dans tous. ces pèlerinages, en l’entretenant des célestes mystères qui s’y étaient accomplis. A l’endroit où les Mages s’étaient arrêtés, elle lui dit :

« Apprends, ma fille, que je connaissais à l’avance l’arrivée des trois rois Mages; lorsqu’ils entrèrent dans l’étable et se prosternèrent devant la crèche, mon Fils tressaillit de joie, et une sainte allégresse anima ses traits. J’étais moi-même au comble du bonheur et dans une joie inexprimable. Je prêtai toute mon attention à leurs paroles et à leurs actes, gardant et repassant ces choses en mon cœur… »

A l’endroit où les bergers contemplèrent le divin Enfant, la Très-Sainte Vierge parla à Brigitte de l’amour, de la simplicité et de la pieuse curiosité avec laquelle ces hommes avaient considéré le nouveau-né, et de la joie et de la vénération avec lesquelles ils l’avaient adoré.

sainte Brigitte, co-patronne de l’Europe