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sur un aspect de spiritualité : Christ, Vierge Marie, Église dans le monde…

Ouvrir l’année sous le signe d’un cœur qui bat pour la paix

Ouvrir l’année sous le signe d’un cœur qui bat pour la paix

Au terme de la messe qu’il a présidée en ce premier jour de l’année, le Saint-Père est apparu à la fenêtre des appartements pontificaux pour la prière mariale de l’Angélus. Il a invité les fidèles à ne pas se contenter de tourner la page du calendrier, mais à «inaugurer une ère de paix et d’amitié entre tous les peuples, en laissant Dieu transformer l’histoire par l’espérance, le pardon et la miséricorde».
Léon XIV cachet journée mondiale de la paix
Léon XIV cachet journée mondiale de la paix

 

SOLENNITÉ DE MARIE MÈRE DE DIEU
LIXe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Jeudi 1er janvier 2026

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Chers frères et sœurs, bonne année !

Alors que le rythme des mois se répète, le Seigneur nous invite à transformer notre époque en inaugurant enfin une ère de paix et d’amitié entre tous les peuples. Sans ce désir du bien, il serait inutile de tourner les pages du calendrier et de remplir nos agendas.

Le Jubilé qui touche à sa fin nous a enseigné la manière de cultiver l’espérance d’un monde nouveau : en tournant notre cœur vers Dieu afin de transformer les fautes en pardon, la souffrance en consolation, les résolutions vertueuses en bonnes œuvres.

C’est ainsi que Dieu Lui-même habite l’histoire et la sauve de l’oubli, en donnant au monde le Rédempteur : Jésus. Il est le Fils unique qui devient notre frère, Il éclaire les consciences de bonne volonté, afin que nous puissions construire l’avenir comme une maison accueillante pour tout homme et toute femme qui vient au jour.

À cet égard, la fête de Noël nous conduit aujourd’hui à tourner notre regard vers Marie qui fut la première à sentir battre le cœur du Christ. Dans le silence de son sein virginal, le Verbe de la vie s’annonce comme une palpitation de grâce.

Depuis toujours, Dieu, qui est un créateur bon, connaît le cœur de Marie et notre cœur. Il nous fait connaître le sien en se faisant homme : c’est pourquoi le cœur de Jésus bat pour chaque homme et pour chaque femme.

Pour ceux qui sont prêts à l’accueillir, comme les bergers, et pour ceux qui ne le veulent pas, comme Hérode. Son cœur n’est pas indifférent à ceux qui n’ont pas de cœur envers le prochain : il bat pour les justes afin qu’ils persévèrent dans leur dévouement, et pour les injustes afin qu’ils changent de vie et trouvent la paix.

Le Sauveur vient dans le monde en naissant d’une femme : arrêtons-nous pour adorer cet événement qui resplendit en Marie Très Sainte et se reflète dans chaque enfant à naître, révélant l’image divine qui est imprimée dans notre corps.

En cette Journée, prions tous ensemble pour la paix : d’abord entre les nations ensanglantées par les conflits et la misère, mais aussi dans nos foyers, dans les familles blessées par la violence et la souffrance. Certains que le Christ, notre espérance, est le soleil de justice qui ne s’éteint jamais, demandons avec confiance l’intercession de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église.

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À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

Je vous salue tous avec affection, vous qui êtes réunis sur la place Saint-Pierre en ce premier jour de l’année. Tous mes vœux de paix et de bonheur ! Avec ma profonde gratitude, je les transmets en retour au président de la République italienne Sergio Mattarella.

Depuis le 1er janvier 1968, par la volonté du Pape Saint Paul VI, nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de la paix. Dans mon Message, j’ai voulu reprendre le vœu que le Seigneur m’a suggéré en m’appelant à ce service : « Que la paix soit avec vous tous ! ». Une paix désarmée et désarmante, qui vient de Dieu, don de son amour inconditionnel, confiée à notre responsabilité.

Très chers amis, avec la grâce du Christ, commençons dès aujourd’hui à construire une année de paix, en désarmant nos cœurs et en nous abstenant de toute violence.

J’exprime ma gratitude pour les innombrables initiatives promues à cette occasion dans le monde entier. Je rappelle en particulier la Marche nationale qui s’est déroulée hier soir à Catane et je salue les participants à celle organisée aujourd’hui par la Communauté de Sant’Egidio.

Je salue également le groupe d’étudiants et d’enseignants de Richland, dans le New Jersey, ainsi que tous les Romains et les pèlerins présents.

En ce début d’année, marquée par le huitième centenaire de la mort de saint François, je voudrais adresser à chacun sa bénédiction, tirée de l’Écriture Sainte : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ; qu’il te montre son visage et te fasse miséricorde ; qu’il tourne son regard vers toi et te donne la paix ».

Que la Sainte Mère de Dieu nous guide sur le chemin de cette nouvelle année. Meilleurs vœux à chacun.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

le Mois de janvier, LE MOIS DU SAINT NOM DE JÉSUS

le Mois de janvier, LE MOIS DU SAINT NOM DE JÉSUS

IHS extrait des armes du Pape François
IHS extrait des armes du Pape François

Dans un temps où les Mois DE MARIE et de JOSEPH sont honorés d’un certain nombre de fidèles, le Mois DE JÉSUS, de son SAINT NOM, surtout en cette année jubilaire, semble destiné à offrir un nouvel aliment à la piété de celles et de ceux qui font profession d’une dévotion particulière à la sainte famille. C’est notre cas en tant qu’Associés de la Médaille Miraculeuse.

(D’après un texte de Malines 1839)

1.° Le mois de JANVIER est le premier de l’année, et c’est assurément la bien commencer que de se mettre dès les premiers jours sous la protection du Sauveur des hommes.

2. L’Église célèbre dans le cours de ce mois plusieurs mystères, tels que la CIRCONCISION de Notre-Seigneur, son saint Nom, l’adoration des Mages et le Baptême de Jésus-Christ.

3. Ce mois n’est pas éloigné du carême, et on peut le faire servir de préparation à ce saint temps. Enfin c’est une époque à laquelle les fidèles servantes et serviteurs de Dieu ne sauraient trop multiplier leurs prières et leurs bonnes œuvres pour compenser les outrages que Jésus-Christ éprouve de la part de ceux qui passent ordinairement les jours de ce mois dans le désordre et la dissolution.

Daigne le Dieu de toute miséricorde continuer de nous bénir et de nous accorder la consolation de voir s’augmenter le nombre des disciples de Jésus-Christ, dans ces temps malheureux ! Alors les âmes fidèles pourront former entre elles une sainte alliance qui aura pour but de stimuler l’abondance de leurs mérites et la ferveur de leurs prières.

PRIÈRE

Pour obtenir de Jésus la grâce de passer saintement le mois qu’on lui aura consacré:

O adorable Jésus! prosterné aujourd’hui devant vous, je reconnais humblement que je ne suis capable par moi-même d’aucune œuvre méritoire pour mon salut, et que je ne puis même prononcer votre saint Nom sans l’assistance de l’Esprit de lumière : mais, aidé de votre grâce puissante, il n’est aucune vertu dont la pratique me soit impossible, aucun obstacle que je ne sois capable de surmonter : Je puis tout en celui qui me fortifie.

C’est pourquoi, plein de confiance en votre miséricorde, je viens implorer le secours de cette grâce merveilleuse, et solliciter les forces qui me sont nécessaires pour résister aux attaques du démon, et conserver le précieux trésor de votre amour pendant le mois dans lequel je vais entrer.

Aidez-moi durant ces saints jours à méditer les mystères de votre vie et de votre mort. Que je sois uniquement occupé de votre charité sans bornes, de votre pauvreté, de votre douceur, de votre humilité, et que je m’applique par-dessus tout à conformer ma vie à la vôtre.

Que je sois fidèle aux résolutions que votre grâce m’inspirera, et que je m’éloigne soigneusement de toutes les occasions qui pourraient me faire perdre les sentiments de dévotion et de piété que j’aurai puisés dans la méditation de tout ce que vous avez fait pour moi.

Que les années de ma vie ne s’écoulent pas dans l’indifférence pour mon salut, dans l’oubli de vos préceptes et la recherche d’un bonheur imaginaire : que je comprenne enfin, ô mon Dieu ! qu’il n’y a sur la terre de félicité solide que pour celui qui s’attache à vous servir, et que le cœur de l’homme sera dans une perpétuelle agitation, jusqu’à ce qu’il se repose en vous.

Daignez parler à mon âme, et que la douceur de votre voix qui a ramené tant de pécheurs endurcis, me détermine enfin à demeurer étroitement uni à vous jusqu’au dernier jour de ma vie. Ainsi soit-il.

ORAISON JACULATOIRE

qu’on pourra réciter au commencement ou à la fin de chaque méditation.

PAR les mérites que vous m’avez acquis en prenant un corps semblable au mien, ô très-aimable Jésus ! faites que j’obtienne la grâce d’une sincère contrition et le don de la persévérance finale.

ÉTRENNES A JÉSUS

Jésus, je vous offre pour étrennes ce que je possède ; je vous consacre mon corps, mon âme, mes parents, mes amis et mes bienfaiteurs ; mon esprit avec toutes ses pensées, mon cœur avec toutes ses affections. Je dépose à vos pieds toutes mes larmes, tous mes soupirs, toutes mes résolutions de bonté, de bienveillance envers mon prochain.

Aimable et doux Jésus, acceptez cette offrande que la plus pure des vierges, Marie, ma Mère bien-aimée, vous fait avec moi.

En souvenir de vos souffrances, de votre dénuement dans l’étable, j’emploierai une partie des dons du nouvel an à adoucir la misère des pauvres ; unissant mon offrande à votre sacrifice, daignez la présenter à la très-sainte Trinité, comme hommage de mon adoration pendant tous les jours de ma vie, la priant de répandre sur tous ceux qui me sont chers et sur moi-même la plénitude de vos grâces pendant tous les jours de cette année jubilaire.

PREMIER JOUR : INCARNATION DE NOTRE-SEIGNEUR.

(On fera bien, avant de commencer cette Méditation, de réciter les Litanies du saint Nom de Jésus)

Et Verbum caro factum est.
Et le Verbe s’est fait chair. Jean 1.

Ier POINT.

LE premier homme n’eut pas plus tôt transgressé les ordres de son Créateur, qu’il recueillit les fruits amers de sa désobéissance.

Banni du jardin de délices qui lui avait été donné en partage, il se vit errant sur une terre ingrate et solitaire, privé de la contemplation des ineffables beautés qui avaient enchanté les premiers moments de sa création, et ne conservant de son bonheur primitif qu’un souvenir désespérant qui semait d’amertume les jours de son exil.

L’affliction et la douleur qui lui étaient inconnues lorsqu’il vivait sous l’heureux empire de l’innocence, s’attachèrent à lui pour ne le plus quitter; et les horreurs de la mort qu’il devait subir un jour, commencèrent à se dévoiler autour de lui.

Ces funestes effets d’une désobéissance aux ordres de Dieu, ne se bornèrent pas à causer le malheur du premier homme : ils s’étendirent dans la suite sur tout le genre humain, dont il était le père, et cette ré¬volte fatale, semblable à une sève empoisonnée, gagnant toutes les branches du grand arbre de la création, altéra dans chacune d’elles tous les germes de la vie.

Quelle ressource restait alors au genre humain dégradé, pouvait-il espérer une réconciliation avec le Ciel? Tout paraissait perdu pour lui, et le prince des ténèbres s’applaudissait déjà de son funeste triomphe. Mais le Verbe de Dieu, par le¬quel toutes choses ont été faites, et dans qui réside la plénitude de la vie, avait arrêté, de toute éternité, le grand ouvrage de notre rédemption : il s’était offert, avant tous les siècles, à son Père comme une victime d’expiation pour les péchés des hommes.

O quel touchant spectacle pour les intelligences célestes, lorsque le Fils de Dieu renouvela, après la chute de l’homme, cette offrande de lui-même qu’il avait faite à son Père de toute éternité! S’il était permis de se représenter sous des formes humaines, la scène attendrissante qui se passa dans le Ciel en cette occasion, quels prodiges d’amour n’aurions-nous pas à admirer de la part de Jésus-Christ!

Tandis que l’éternelle Justice s’apprête à frapper le genre humain d’une réprobation universelle, nous ver¬rions ce Fils adorable quitter la droite de son Père, et se prosternant à ses pieds, lui dire:

« ô mon Père ! il est vrai, les hommes sont bien coupables : votre majesté outragée infiniment a besoin d’une prompte et éclatante réparation; mais votre justice ne peut-elle se satisfaire qu’en prononçant une sentence de mort sur la créature que vous avez formée à votre image? Les trésors de votre miséricorde n’offriraient-ils à tant de mal¬heureuses victimes aucune ressource pour échapper aux redoutables effets de votre vengeance ?

Ah ! si les enfants des hommes ne sont plus à vos yeux qu’une race de prévaricateurs et d’ingrats ; si la fumée de leur encens et l’oblation de leurs victimes sont en abomination devant vous ; voyez, ô mon Père ! voyez ce Fils qui participe, de toute éternité, à vos divins attributs :

il est prêt à se revêtir des caractères de l’humanité, et à s’offrir en holocauste pour le salut de votre créature infidèle. Qu’il devienne dès ce moment l’objet de vos malédictions : punissez en sa personne toutes les iniquités du monde : mais épargnez l’homme : Hébr. 10. Ps. 39.

0 mon âme ! as-tu jamais sérieusement médité sur la grandeur et l’excellence de ce mystère ? pour expier tes fautes, pour te sauver de la mort, le Fils de Dieu, égal en tout à son Père, interrompt en quel¬que sorte l’éternel repos de sa divinité : il abandonne le séjour de sa gloire, et s’anéantit pour te relever !…

Combien il faut que ton salut lui soit cher ! ne semble-t-il pas que son bonheur resterait imparfait, s’il ne pouvait réussir à te réconcilier avec son Père ? Ah ! si la désobéissance du premier homme a été pour toi la source de tant de misères, n’est-tu pas tentée de t’écrier ici avec un célèbre docteur : ô heureuse faute qui a mérité d’avoir un si auguste Rédempteur!

IIe POINT.

Mais si le mystère de l’Incarnation a été si admirable dans sa préparation, il ne l’est pas moins dans son accomplissement. Sans doute il était libre au Verbe de s’unir à telle nature qu’il eût voulu : mais il choisit la nature humaine, dit saint Léon, parce qu’il fallait que le démon fût vaincu dans cette nature que lui-même avait vaincue.

Le temps prédit par les prophéties étant arrivé, une des intelligences qui composent la milice céleste, fut choisie pour porter sur la terre la nouvelle des grandes miséricordes qui allaient s’opérer, et reçut l’ordre de se rendre auprès de celle que Dieu avait prédestinée de toute éternité pour être la mère de son Fils. Chargé de cette glorieuse mission, l’auguste ambassadeur quitte le séjour de la béatitude, et descend sur la terre.

De quel côté tournera-t-il ses pas? va-t-il se diriger vers cette cité orgueilleuse qui s’arroge le titre de capitale du monde, et chercher dans le palais des Césars la créature privilégiée qui doit porter dans son sein la fortune du Ciel et le salut de la terre ? Ah ! que les desseins de Dieu sont sublimes et impénétrables ! qu’elle est admirable, cette puissance qui se sert des instruments les plus fragiles pour opérer de si grandes merveilles!

C’est vers un humble bourg de la Galilée, vers un village à peine connu dans la province dont il faisait partie, que l’envoyé du Ciel a reçu l’ordre de diriger son vol: c’est là qu’une Vierge, dérobée au monde, mène, dès sa plus tendre enfance, une vie angélique et solitaire.

La faveur incomparable que le Ciel lui accorde, n’excitera pas l’admiration et les applaudissements de ses concitoyens ; personne ne publiera cette glorieuse nouvelle, et l’heureuse créature qui vient d’être initiée aux mystères célestes, ne montrera pas le moindre empressement à se faire connaître pour la mère d’un Dieu. N’importe; elle est humble et chaste, voilà ce que Jésus-Christ chérit le plus en elle.

O mon âme ! quelles leçons pour toi dans l’exécution de cet auguste mystère ! Le Verbe éternel descend du trône qu’il occupe dans le Ciel à la droite de son Père ; il vient parmi les hommes : et s’enferme pendant neuf mois dans le sein d’une Vierge.

Puis-je bien assurer que je crois fermement à un tel acte d’humilité de la part de mon Dieu, et vivre comme je le fais,
moi qui crains tant de passer dans le monde pour être d’une condition inférieure à celle où la Providence m’a placé;
moi qui me livre au dépit et à l’impatience lorsque je me vois assimilé à des personnes auxquelles je me crois supérieur ;
moi qui suis si plein de joie lorsque je m’aperçois que mes talents ou mes bonnes œuvres sont connues et publiées ;
moi qui savoure avec tant de plaisir les louanges qu’on m’adresse sur des qualités que souvent je ne possède pas?
Oh! que je suis éloigné de la ressemblance que je dois avoir avec mon divin modèle.

PRIÈRE

Oui, Jésus! je le confesse aujourd’hui, à ma honte et à ma confusion :

j’ai été jusqu’à ce moment un indifférent et un ingrat ; j’ai été un indifférent, puisque j’ai négligé de m’occuper des mystères adorables qui m’ont valu d’être arraché aux ténèbres et à l’empire de la mort ; j’ai été un ingrat, puisque j’ai abusé de vos mérites et de cette charité incompréhensible qui vous a déterminé à prendre un corps semblable au mien.

Que serais-je devenu, si vous n’aviez daigné vous intéresser en ma faveur auprès de votre Père ? Objet des malédictions divines, victime dévouée à la mort, j’étais privé pour toujours du bonheur de vous aimer, et exclus de la possession de votre gloire. Soyez béni et remercié à jamais, ô mon Rédempteur qui avez fermé l’abîme sous mes pas. Que tous les hommes comprennent enfin que c’est à vous qu’ils sont redevables de leur salut.

RÉSOLUTIONS

1.° Je méditerai souvent sur la grandeur de l’amour que Jésus-Christ m’a témoigné en s’offrant à ma place pour satisfaire à la justice de son Père. J’accepterai avec joie toutes les occasions de satisfaire pour mes péchés, et je ferai à Dieu le sacrifice des répugnances que je pourrai éprouver à exercer certaines œuvres de piété.

2.° Je m’étudierai particulièrement à acquérir l’humilité, puisque c’est cette vertu qui me donnera le plus de conformité avec Jésus-Christ, et qu’elle est appelée par les saints Pères le trésor assuré de toutes les vertus.

D’après un texte de Malines 1839

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Marie devenant Mère de Dieu

Marie devenant Mère de Dieu

TRIDUUM POUR SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU 2

Voici un beau texte sur Marie devenant Mère de Dieu, de Nicolas Cabasilas, cet émouvant théologien qui fut comme le chant du cygne de Byzance,  disparue avec toute une partie de la chrétienté. au milieu du XVe siècle.

Sainte Marie Mère de Dieu
Sainte Marie Mère de Dieu

S’il fallut jamais que l’homme se réjouît et dansât et chantât de joie, s’il y eut un instant que l’on doive célébrer avec grandeur et éclat, s’il faut pour cela demander la hauteur de l’esprit, la beauté du discours et l’élan des paroles, je n’en connais pas d’autre que ce jour où un ange vint du ciel annoncer [à Marie] tout bien à la terre.

Maintenant le ciel est en fête, maintenant resplendit la terre, maintenant la création tout entière se réjouit et celui-là même qui tient les cieux en sa main n’est pas absent de la fête – car ce qui a lieu aujourd’hui est bien une panégyrie, une célébration universelle.

Tous s’y rassemblent en une figure unique, en une même joie, dans ce même bonheur qui survient pour tous : et pour le Créateur, et pour toutes ses créatures et pour la mère elle-même du Créateur, celle qui a fait de lui un participant de notre nature, de nos assemblées et de nos fêtes. […]

La Vierge s’offrit d’elle-même et fut l’ouvrière de ce qui attira l’artisan vers la terre et mit en mouvement sa main créatrice. Qu’est-ce donc ? Ce furent sa vie toute-pure, le renoncement à tout péché, l’exercice de toute vertu, l’âme plus pure que la lumière, le corps en tout spirituel, plus lumineux que le soleil, plus pur que le ciel, plus saint que le trône des chérubins ; un envol de l’esprit ne craignant aucune hauteur, surpassant même les ailes des anges ;

un désir de Dieu anéantissant tout emportement de l’âme ; une prise de possession par Dieu, une intimité avec Dieu excluant toute pensée créée. Ayant orné son âme et son corps de tant de beauté, elle attira le regard de Dieu et révéla la beauté de notre commune nature par sa propre beauté ; elle a ainsi attiré l’impassible, et celui que l’homme avait rebuté par le péché est devenu Homme par la Vierge. […]

Lorsque vint le moment où parut celui qui apportait l’annonce, elle crut, fit confiance et accepta le service. Car c’est cela qui était nécessaire, et il le fallait en tout cas pour notre salut. Si en effet elle n’en avait pas été capable, la Bienheureuse n’aurait pu voir la bienveillance de Dieu pour l’homme, car il n’aurait pas désiré descendre sans qu’il y eût quelqu’un pour le recevoir, quelqu’un qui fût capable de servir l’économie du salut – et la volonté de Dieu sur nous n’aurait pas pu passer en acte si la Vierge n’avait pas cru et acquiescé.

Et la preuve en est que Gabriel s’est réjoui lorsque, s’adressant à elle et l’appelant pleine de grâce, il lui expliqua tout le mystère (Lc 1,26-33). Mais Dieu ne descendit pas sans que la Vierge eût demandé à savoir de quelle manière elle enfanterait. Dès qu’il l’eut persuadée, dès qu’elle eut accepté la requête, tout l’œuvre se réalisa aussitôt : Dieu revêtit l’homme et la Vierge devint Mère de son Créateur.

Si la Toute-Pure a observé devant Dieu tout ce qu’il faut observer, si elle s’est montrée aussi sainte comme homme sans rien omettre de ce qui se doit, comment n’eût-elle pas convenu à Dieu ? Et si rien n’a échappé à la Vierge de ce qui pouvait la désigner comme Mère de Dieu, si elle en a conçu un ardent amour pour lui, encore plus Dieu devait-il observer le juste retour et devenir son Fils. lui qui donne aux princes méchants selon leur cœur, comment n’aurait-il pas pris comme mère celle qui s’était montrée en tout selon son désir ?

C’est ainsi que ce don fut approprié et convenable en tout pour la Bienheureuse. C’est pourquoi, pour lui annoncer clairement qu’elle allait enfanter Dieu, Gabriel lui dit : Il régnera pour les siècles sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin (Lc 1,33). Comme si ce qu’elle venait d’apprendre n’était ni étrange ni inhabituel, elle reçut cette annonce avec joie. Et d’une voix bienheureuse, l’âme exempte de trouble et dans le calme des pensées, elle répond : Voici la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ! (Lc 1,38).

Tels furent ses mots, et la réalité suivit : Et le Verbe est devenu chair, et il a fait son habitation en nous (Jn 1,14). Ayant donné sa réponse à Dieu, elle en reçut l’Esprit, artisan de cette chair consubstantielle à Dieu. Sa voix fut une voix puissante, comme le dit David (cf. Ps 67,34), et le Verbe du Père fut formé par le verbe d’une mère, le Créateur par la voix d’une créature.

Et de même que Dieu dit : Que la lumière soit !, et aussitôt la lumière fut (Gn 1,3), de même la vraie lumière se leva à la voix de la Vierge, et Il s’unit à la chair et fut enfanté, Celui qui illumine tout homme venant en ce monde (Jn 1, 9).

Ô voix sainte ! Ô majesté de tes paroles puissantes ! Ô bouche bienheureuse rassemblant de l’exil l’univers entier ! Ô trésor de ce cœur qui déverse en quelques mots sur nous l’abondance de ses biens ! Ces mots ont transformé la terre en ciel et vidé l’enfer de ses prisonniers, ils ont fait du ciel l’habitation des hommes, des anges leurs compagnons, ils ont fondu en un seul chœur la race des cieux et celle de la terre.

Quelle action de grâce t’adresserons-nous pour ces paroles ? Oh, que peut-on te dire, toi dont rien n’est digne parmi les hommes ? Nos paroles viennent de ce qui est, mais toi tu excèdes tout ce qui surpasse le monde. S’il faut te présenter des mots, ce doit être œuvre des anges, œuvre de l’intellect chérubique, œuvre de langues de feu.

Aussi pour parler dignement de ta puissance, ayant commémoré par la bénédiction ce qui est de toi, t’ayant chanté comme notre salut autant qu’il nous est possible, nous voudrions encore emprunter la voix des anges, et nous terminerons notre discours en t’honorant par ces mots de la salutation de Gabriel : Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi !

Nicolas Cabasilas, La Mère de Dieu
Homélies sur la Nativité, sur l’Annonciation et sur la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu, trad. Jean-Louis Palierne, Éd. L’Âge d’homme, 1992

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse