Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

SAINT VINCENT

Saint Vincent de Paul

St Vincent de Paul
St Vincent de Paul

Voilà un peu plus de 360 ans, le 27 septembre, que Vincent de Paul a quitté ce monde pour le Ciel. Durant sa vie, qu’a-t-il découvert, lui qui, jeune prêtre, voulait s’installer dans une « honorable retraite », c’est-à-dire faire carrière en se servant de l’Église ?

Il a découvert, doucement, en prenant le temps, au milieu de cuisantes vicissitudes, qu’il fallait plutôt servir cette Église, visage de Jésus Christ et communion des Saints, à la manière de la Vierge Marie, l’humble servante. Ainsi a-t-il aimé l’Église dans toute sa diversité, veillé à son expansion et désiré l’étendre sur toute la terre, comme nous y a invité Jésus :

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples. »

Par l’expérience d’une vie bien remplie, Vincent a découvert cet amour : aimer l’Église de tout son cœur. Car elle est Corps du Christ qui nous est confié, et cet amour passe par la Mission. Pas de Charité non plus sans cet amour fondamental qui va jusqu’aux brèches, jusqu’aux failles, jusqu’en toutes ses pauvretés, comme nous le crie le Magnificat de Marie.

Par cette Mère, comme Vincent, restons proches de Jésus, c’est lui qui nous a fait la grâce de son Évangile et nous montre le chemin du salut ! Que son Esprit nous accompagne pour nous guider vers le Père des cieux ! Faisons route ensemble, en Église ! Encore faut-il être accompagnés et devenir nous-mêmes compagnes, compagnons de route sur le chemin de la vie où s’expriment joie, lumière, douleur et finalement participation à la gloire éternelle de Dieu.

Que de Mystère dans ce cheminement ! Pour nous, celui-ci s’illumine par les signes de Dieu qui nous enseignent et balisent notre route. Oui, « l’emploi au salut des âmes est propre aux enfants de Dieu » (Vincent de Paul, Écrits, édition Coste 1, 378). Et c’est toujours notre tâche aujourd’hui.

Aime l’Église, insiste Vincent ! Aime l’Église, surtout à la manière de Marie, que Vincent aime tant rendre présente en concluant ses écrits, dans ses lettres comme dans ses entretiens. ■

P. Jean-Daniel Planchot, cm

Intention de prière à Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, par l’intermédiaire de saint Vincent de Paul.

 » Mère de toutes nos routes tortueuses et de toutes nos vies fracturées, Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, accorde-moi la grâce de garder toujours une grande confiance en Dieu. viens à mon aide et à l’aide de tous tes enfants qui ont recours à toi. Accueille mon appel, regarde avec tout ton cœur maternel tout ce qui me préoccupe, mes difficultés et mes épreuves, et toutes les intentions que nous te confions aujourd’hui 27 septembre.

Obtiens-moi de Jésus, par l’intermédiaire de saint Vincent de Paul que nous fêtons ce jour, la grâce et la faveur de grandir et progresser dans la foi, d’être habité d’une foi solide et juste, gaie et rayonnante, de regarder le monde avec des yeux tout remplis d’amour. Je te demande aussi de pourvoir à tous mes besoins présents, de rendre possibles les choses les plus impossibles, de donner du sens à ma vie.

Je te confie tous les membres de ma famille, amis et voisins, et tous ceux que je rencontre, les orphelins, prisonniers et prêtres, les consacrés, les réfugiés et demandeurs d’asile, nos élus et responsables de notre société, mais aussi tous les jeunes en Afrique et dans le monde, tous ceux qui souffrent de la pauvreté, précarité et du chômage, les exclus.

Bénis-nous, Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, et avec saint Vincent de Paul, prie pour nous, intercède pour nous, guide-nous, protège-nous, garde-nous toujours sous ta protection maternelle. Amen! »      Bernard

PRIÈRE

Par l’intercession de saint Vincent, invoquons le Seigneur, qu’il mette en nous le désir de l’aimer et de le servir dans nos frères les pauvres.
Accorde-nous Seigneur, « la simplicité de la colombe » pour agir tout bonnement, ne regardant que Toi seul.
Apprends-nous Seigneur « le zèle des âmes » pour témoigner de l’Évangile « suivant le sentiment et le jugement de Jésus-Christ ».
Enseigne-nous Seigneur « la douceur ». Que selon ta Vérité nous « gagnions les cœurs des hommes »; et le monde croira que tu es son seul bonheur et son salut.
Obtiens-nous Seigneur « l’humilité que Jésus Christ nous recommande si souvent pour atteindre la perfection évangélique »; que ton Église soit le signe visible de ta miséricorde.
Guide-nous Seigneur sur le chemin de « la continuelle mortification » de nous-mêmes pour vivre dans l’Esprit qu’envoyés dans ce monde, nous ne vivions que par Toi.
Accueille nos frères défunts, Seigneur « dans la mission du ciel qui est mission d’amour pour l’éternité. »

***

La fête de Saint Vincent de Paul

L’hommage vibrant du Pape François à la figure de saint Vincent de Paul

Benoît XVI cite l’exemple de saint Vincent de Paul

Textes de Saint Vincent de Paul sur le service des pauvres

Vincent de Paul et le service des pauvres

Le service des pauvres doit être préféré à tout.

Logo Congrégation de la Mission
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Nous ne devons pas considérer les pauvres selon leur extérieur, ni selon ce qui paraît de la portée de leur esprit, d’autant que bien souvent ils n’ont pas presque la figure ni l’esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres.

Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi que le Fils de Dieu qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres; qu’il n’avait presque pas la figure d’un homme en sa passion, et qu’il passait pour fou dans l’esprit des Gentils, et pour pierre de scandale dans celui des juifs; et avec tout cela il se qualifie l’évangéliste des pauvres: «Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres».

Nous devons entrer dans ces sentiments et faire ce que le Christ a fait, à savoir prendre soin des pauvres pour les guérir, les consoler, les secourir et les recommander. Le Christ lui-même a voulu naître pauvre, recevoir en sa compagnie des disciples pauvres, servir les pauvres, se mettre à la place des pauvres jusqu’à dire que le bien et le mal que nous ferons aux pauvres, il le tiendra fait à sa personne divine.

Puisque Dieu aime les pauvres, il aime par conséquent ceux qui aiment les pauvres, car, lorsqu’’on aime bien quelqu’un, on a de l’affection pour ses amis et pour ses serviteurs. Ainsi nous avons sujet d’espérer que pour l’amour des pauvres, Dieu nous aimera.

Aussi, quand nous allons voir les pauvres, efforçons-nous d’entrer dans leurs sentiments pour souffrir avec eux et nous mettre dans les dispositions de ce grand Apôtre qui disait: «Je me suis fait tout à tous».

Et pour cela, il faut tâcher d’attendrir nos cœurs et de les rendre compatissants aux souffrances et aux misères du prochain et prier Dieu qu’il nous donne cet esprit de compassion et de miséricorde, qu’il nous en remplisse et qu’il nous le conserve.

Le service des pauvres doit être préféré à toutes choses, et il ne faut pas de retardement en ce qui est du service des pauvres. Si à l’heure de votre oraison, vous devez aller porter une médecine ou quelque secours, oh! allez-y en repos, offrez à Dieu votre action comme si vous poursuiviez votre oraison.

Il ne faut pas que votre esprit soit troublé ou que vous croyiez votre conscience chargée d’un péché, parce que, pour le service des pauvres, il vous a fallu quitter l’oraison, car ce n’est pas négliger Dieu que de s’en éloigner à cause de lui: en effet, on interrompt une œuvre de Dieu pour en accomplir une autre.

Voilà pourquoi, lorsque vous quittez l’oraison pour assister un pauvre, vous devez vous souvenir que faire tout cela, c’est encore le servir. La charité est par-dessus toutes les règles, et il faut que toutes se rapportent à celle-là. C’est une grande dame, il faut faire ce qu’elle commande.

Employons-nous donc avec un nouvel amour à servir les pauvres et même à chercher les plus pauvres et les plus abandonnés; reconnaissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs et nos maîtres.

Extraits des entretiens de Saint Vincent Coste IX, 32; XIII, 811; XII, 392; IX, 319; X, 596; XI, 393

En son infortune, Job bénit le Seigneur

En son infortune, Job bénit le Seigneur

Job - vitrail - cathédrale de Troyes
Job – vitrail – cathédrale de Troyes

Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris (Jb 1,21)

Après avoir perdu tous ses biens et tous ses enfants, Job se leva, déchira ses vêtements, se rasa la tête et, se prosternant sur le sol, il adora (cf. Jb 1,20). Ses vêtements déchirés, sa tête rasée, son prosternement à terre témoignent bien qu’il a ressenti la douleur de ce coup. Mais en ajoutant II adora, on nous montre clairement que même dans la douleur il ne s’emporta pas contre la décision de celui qui le frappait…

Écoutons ce qu’il dit alors : Nu, je suis sorti du sein de ma mère, et nu, j’y retournerai (Jb 1,21). Puisque, par la décision du Seigneur, il avait tout perdu, il se remit en mémoire, afin de garder patience, le temps où il n’avait pas encore ce qu’il venait de perdre.

La pensée qu’à un certain moment il n’avait rien de tout cela lui adoucit la souffrance de le perdre. Car c’est une grande consolation, quand nous perdons nos biens, de nous rappeler le temps où nous étions dépourvus de ces choses maintenant perdues.

*

Puisque la terre nous a tous engendrés, ce n’est pas sans raison que nous l’appelons notre mère. Aussi est-il écrit : Un joug pesant accable les fils d’Adam depuis le jour où ils sortent du sein maternel, jusqu’au jour de leur sépulture au sein de la mère commune (Si 40,1).

Le bienheureux Job, pour pleurer patiemment ce qu’il a perdu en ce monde, considère avec attention l’état dans lequel il y est venu, et, pour garder plus sûrement patience, il pense encore davantage à l’état dans lequel il le quittera : Nu, je suis sorti du sein de ma mère, et nu, j’y retournerai.

C’est-à-dire : nu, la terre m’a produit à mon entrée en ce monde, et quand je le quitterai, c’est dans ma nudité que la terre me recevra. J’ai perdu ce que je devais abandonner après l’avoir reçu : qu’ai-je donc perdu qui me fût propre ?

*

Et puisque la consolation ne doit pas seulement venir de la vue de notre état, mais aussi de’ la justice de notre Créateur, Job dit encore : Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, comme il a plu au Seigneur, il en est advenu (Jb 1,21 ; Vulgate).

Le saint homme, éprouvé par l’adversaire, avait tout perdu ; mais sachant que Satan n’avait pas le pouvoir de l’éprouver sans la permission de Dieu, il ne dit pas : « Le Seigneur a donné, le diable a enlevé », mais : Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris.

Peut-être y aurait-il eu de quoi se plaindre si l’ennemi avait enlevé le bien donné par le Créateur ; mais puisque celui qui a ôté n’est autre que celui qui a donné, il n’a fait que reprendre son propre bien et n’a pas enlevé le nôtre. Si c’est de lui que nous avons reçu les biens dont nous jouissons en cette vie, pourquoi nous plaindre s’il juge bon de nous retirer ce que sa largesse nous avait prêté ?….

Écoutons maintenant Job conclure en louant son Juge par ces paroles de bénédiction : Que le nom du Seigneur soit béni (Jb 1,21). Tout ce que Job a pensé de juste, il le conclut en bénissant le Seigneur… Cet homme, pourtant sous le coup de l’épreuve, entonne au Seigneur une hymne de louange.

Saint Grégoire le Grand – Morales sur Job, 2, 29 à 31 : PL 75, 569 à 571. Traduction Orval. LUNDI (26e semaine ordinaire)