Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Un grand défenseur de la Trinité, Hilaire de Poitiers

Un grand défenseur de la Trinité, Hilaire de Poitiers

Saint Hilaire de Poitiers
Saint Hilaire de Poitiers

Mémoire de saint Hilaire, évêque et docteur de l’Église. Élevé au siège épiscopal de Poitiers au milieu du IVe siècle, sous l’empereur Constance attaché à l’hérésie arienne, il en fut le premier évêque connu avec certitude.

Il défendit courageusement par ses écrits la foi de Nicée sur la Trinité et la divinité du Christ dans une Gaule acquise à l’arianisme, ce qui lui valut d’être exilé quatre ans en Phrygie. Il composa également des commentaires célèbres sur les psaumes et sur l’Évangile de Matthieu. Revenu d’Orient pour finir ses jours à Poitiers, il mourut en 367. (D’après le martyrologe Romain)

A l’occasion de l’audience générale du 10 octobre 2007, Benoît XVI a évoqué la grande figure d’Hilaire de Poitiers.

Probablement né païen en 310, dans une famille aristocratique locale, il se convertit à l’issue d’un processus de recherche de la vérité. Élu évêque de sa ville natale en 353, il s’opposa à l’arianisme qui niait la nature divine de Jésus-Christ, ce qui lui valut trois ans plus tard d’être exilé en Phrygie sur ordre de l’empereur Constance. Ce dernier avait embrassé les décisions du synode de Béziers majoritairement composé d’ariens. L’empereur étant mort, Hilaire put rentrer à Poitiers en 361, où il mourut six ans plus tard.

Dans son œuvre principale, De Trinitate, Hilaire expose son « cheminement personnel vers la connaissance de Dieu et démontre que l’Écriture atteste avec clarté la divinité du Fils, sa ressemblance au Père dans l’Évangile comme dans l’Ancien Testament qui dévoile le mystère du Christ ». Le saint évêque « a développé sa théologie trinitaire à partir de la formule baptismale même donnée par le Père: au nom du Père, du Fils et de l’Esprit ».

Saint Hilaire offre aussi des règles de lecture de l’Évangile, écrivant aussi que « certaines pages de l’Écriture annoncent Jésus comme étant Dieu, tandis que d’autres soulignent son humanité… Des passages  montrent sa préexistence aux côtés du Père…, rapportent son incarnation et jusqu’à sa mort…et sa résurrection ».

Malgré sa ferme opposition aux ariens, Hilaire était conciliant avec ceux qui acceptaient de confesser que le Fils était à l’image du Père en essence, tout en s’efforçant de les ramener à la foi véritable: non seulement ressemblance mais égalité…dans la nature divine.

Dans un esprit de conciliation il cherchait à comprendre ceux qui ne parvenaient pas à la vérité, et il les aidait avec patience et intelligence théologique à atteindre la foi authentique en la divinité de Jésus.

« Étant tout amour, Dieu est en mesure de communiquer sa pleine divinité au Fils. En assumant la nature humaine, le Fils s’est uni à tout homme… ce pour quoi la voie vers le Christ est ouverte à chacun de nous… s’il y a conversion personnelle ».

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Faisons nôtre la prière de saint Hilaire de Poitiers : « Je t’en prie, conserve pure cette foi droite qui est la mienne et donne-moi également, jusqu’à mon dernier soupir, cette voix de ma conscience, afin que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole proclamé lors de ma nouvelle naissance, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint » (Traité de la Trinité, XII, 57).

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Angélus: Dieu ne regarde pas le monde de loin

Angélus: «Dieu ne regarde pas le monde de loin,
sans toucher notre vie, nos maux et nos attentes»

Avant de réciter la prière de l’Angélus, Léon XIV a partagé aux fidèles sa réflexion sur le sens du baptême de Jésus, célébré ce dimanche et rapporté dans l’évangile de Matthieu. Le Pape a invité à se souvenir de ce don reçu qu’est le sacrement du baptême, qui engage chaque chrétien «à en témoigner avec joie et cohérence».
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FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 11 janvier 2026

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Chers frères et sœurs, bon dimanche !

La fête du Baptême de Jésus, que nous célébrons aujourd’hui, marque le début du temps ordinaire : ce temps de l’année liturgique nous invite à suivre ensemble le Seigneur, à écouter sa Parole et à imiter ses gestes d’amour envers le prochain.

C’est ainsi, en effet, que nous confirmons et renouvelons notre baptême, ce sacrement qui fait de nous des chrétiens, nous libérant du péché et nous transformant en enfants de Dieu, par la puissance de son Esprit de vie.

L’Évangile que nous entendons aujourd’hui raconte comment naît ce signe efficace de la grâce. Lorsqu’il se fait baptiser par Jean dans le Jourdain, Jésus voit « l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Mt 3, 16).

Au même moment, du ciel ouvert, on entend la voix du Père qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (v. 17). Alors toute la Trinité se rend présente dans l’histoire : comme le Fils descend dans les eaux du Jourdain, ainsi le Saint-Esprit descend sur lui et, à travers lui, nous est donné comme force de salut.

Très chers amis, Dieu ne regarde pas le monde de loin, sans toucher notre vie, nos maux et nos attentes ! Il vient parmi nous avec la sagesse de son Verbe fait chair, nous impliquant dans un projet d’amour surprenant pour toute l’humanité.

C’est pourquoi Jean-Baptiste, émerveillé, demande à Jésus : « Toi, tu viens à moi ? » (v. 14). Oui, dans sa sainteté, le Seigneur se fait baptiser comme tous les pécheurs pour révéler l’infinie miséricorde de Dieu.

Le Fils unique, en qui nous sommes frères et sœurs, vient en effet pour servir et non pour dominer, pour sauver et non pour condamner. Il est le Christ rédempteur : il prend sur lui ce qui est nôtre, y compris le péché, et nous donne ce qui est sien, c’est-à-dire la grâce d’une vie nouvelle et éternelle.

Le sacrement du baptême réalise cet événement en tout temps et en tout lieu, en introduisant chacun de nous dans l’Église, qui est le peuple de Dieu, formé d’hommes et de femmes de toutes nations et de toutes cultures, régénérés par son Esprit. Consacrons donc cette journée à nous souvenir du grand don reçu, en nous engageant à en témoigner avec joie et cohérence.

Aujourd’hui même, j’ai baptisé quelques nouveau-nés, qui sont devenus nos nouveaux frères et sœurs dans la foi : comme il est beau de célébrer comme une seule famille l’amour de Dieu qui nous appelle par notre nom et nous libère du mal !

Le premier des sacrements est un signe sacré qui nous accompagne pour toujours. Dans les heures sombres, le baptême est lumière ; dans les conflits de la vie, le baptême est réconciliation ; à l’heure de la mort, le baptême est la porte du ciel.

Prions ensemble la Vierge Marie, en lui demandant de soutenir chaque jour notre foi et la mission de l’Église.

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À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

comme je l’ai déjà dit, ce matin, selon la coutume de la fête du Baptême de Jésus, j’ai baptisé quelques nouveau-nés, enfants d’employés du Saint-Siège. Je voudrais maintenant étendre ma bénédiction à tous les enfants qui ont reçu ou recevront le baptême ces jours-ci, à Rome et dans le monde entier, en les confiant à la protection maternelle de la Vierge Marie.

Je prie tout particulièrement pour les enfants nés dans des conditions difficiles, tant sur le plan de la santé que des dangers extérieurs. Que la grâce du baptême, qui les unit au mystère pascal du Christ, agisse efficacement en eux et dans leurs familles.

Mes pensées vont vers ce qui se passe ces jours-ci au Moyen-Orient, en particulier en Iran et en Syrie, où des tensions persistantes provoquent la mort de nombreuses personnes. Je souhaite et je prie pour que le dialogue et la paix soient cultivés avec patience, dans la recherche du bien commun de toute la société.

En Ukraine, de nouvelles attaques particulièrement graves, visant principalement les infrastructures énergétiques alors que le froid s’intensifie, touchent durement la population civile. Je prie pour ceux qui souffrent et je renouvelle mon appel à cesser les violences et à intensifier les efforts pour parvenir à la paix.

Et maintenant, je salue tous les Romains et les pèlerins présents aujourd’hui sur la place Saint-Pierre. Merci, thank you, muchas gracias !

Je salue en particulier le groupe de l’école « Everest » de Madrid et l’association Bambini Fratelli de Guadalajara au Mexique : Dejemos que los niños sueñen.

Je souhaite à tous un bon dimanche !

Texte présenté par l‘Association de la Médaille Miraculeuse

Sainte Marguerite Bourgeoys, une fervente de Marie

Sainte Marguerite Bourgeoys, une fervente de Marie 1620-1700

Sainte Marguerite Bourgeoys
Sainte Marguerite Bourgeoys

Née à Troyes le Vendredi Saint 17 avril 1620, il y a juste un peu plus de 400 ans, Marguerite est fille d’Abraham Bourgeoys et de Guillemette Garnier, la sixième d’une famille de douze enfants. Elle est baptisée le jour même, en l’église Saint-Jean, voisine de la demeure familiale. Elle a 19 ans à la mort de sa mère.

Un an plus tard, le dimanche 7 octobre 1640, elle est touchée par la grâce lors d’une procession en l’honneur de Notre Dame du Rosaire à la vue d’une statue de la Vierge qui la presse de se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu.

Son premier geste est de s’inscrire à la Congrégation externe de Troyes, association de jeunes filles pieuses et charitables vouées à l’enseignement aux enfants des quartiers pauvres de la ville. C’est là qu’elle apprendra, en 1642, la fondation de Ville-Marie (Montréal) en Canada, et qu’elle percevra un premier appel à la vie missionnaire.

Cet appel se précisera en 1652, lors d’une rencontre avec le Sieur de Maisonneuve, fondateur et gouverneur de ce poste avancé de la Nouvelle-France, en quête d’une institutrice laïque pour instruire gratuitement les enfants français et indiens. La Vierge elle-même lui apparaît et confirme sa vocation: «Va, je ne t’abandonnerai pas», lui dit-elle.

Ainsi rassurée, Marguerite quitte Troyes en février 1653, dans le dénuement le plus complet. Elle aborde à Montréal le 16 novembre suivant. Sans tarder, elle se met à l’œuvre et devient l’âme de la colonie qui, peu à peu, reprend vie. On la considère à juste titre comme co-fondatrice de Montréal, avec Jeanne Mance l’infirmière et Paul de Chomedey de Maisonneuve le gouverneur maître d’œuvre.

Pour stimuler la piété des colons, elle entreprend la construction d’une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours. Convaincue de l’importance des familles dans l’édification de ce pays nouveau, elle perçoit le rôle prépondérant des femmes et met tout en œuvre pour les former. En 1658, dans une étable que lui cède le gouverneur, elle ouvre la première école à Montréal.

Trois fois, elle repasse en France pour y chercher de l’aide. Depuis 1658, le groupe des institutrices qui l’a suivie dans sa vie de prière, d’héroïque pauvreté et d’inlassable dévouement au service du prochain revêt l’aspect d’un véritable institut religieux. Il s’inspire de la « vie voyagère » de Marie et se veut, par conséquent, non cloîtré : une innovation pour l’époque en Amérique du Nord.

Ainsi naît une Congrégation externe pour parfaire l’éducation religieuse des femmes et jeunes filles. A partir de 1659, elle accueille comme une véritable mère les filles recrutées par les curés de France ou dotées par le Roi pour venir se marier à Montréal. Ainsi nait un système scolaire et se tisse un réseau d’œuvres sociales qui s’étendront à tout le pays, ce qui lui vaudra le titre de «Mère de la Colonie».

Les souffrances inhérentes à une telle fondation ne seront pas épargnées à celle qui en a pris l’initiative. Mais l’œuvre progresse : la Congrégation de Notre-Dame reçoit sa charte civile de Louis XIV en 1671, puis canonique par mandement de l’évêque de Québec en 1676, et enfin l’approbation de ses Constitutions religieuses en 1698.

La fondation achevée, Sœur Marguerite peut partir : quarante sœurs sont là pour continuer son œuvre. Elle meurt le 12 janvier 1700 en grande réputation de sainteté après avoir offert sa vie pour la guérison d’une jeune sœur.

L’action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue grâce à l’engagement de plus de 2.600 sœurs de la Congrégation de Notre-Dame qui œuvrent dans les champs d’activité les plus divers : de l’école au Collège ou à l’Université, de la promotion sociale à la pastorale familiale, paroissiale ou diocésaine, tant au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Amérique Latine, au Cameroun que récemment en France.

Marguerite Bourgeoys a été béatifiée par Pie XII le 12 novembre 1950. Saint Jean-Paul II l’a canonisé le 31 octobre 1982 et donne ainsi à l’Église du Canada sa première sainte.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse