Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

SAINT RÉMI

Saint Rémi baptisant Clovis
Saint Rémi baptisant Clovis

Grégoire de Tours affirme que saint Rémi fut évêque de Reims pendant soixante-dix ans ou plus, ce qui doit constituer un record. Rémi mourut vers 530, le 15 janvier.

Dans son testament, le vieil évêque fait allusion au « roi Clovis d’illustre mémoire, que j’ai tenu, dit-il, sur les fonts du baptême ». C’est la gloire de Rémi d’avoir baptisé Clovis et introduit, de ce fait, le peuple des Francs dans l’Église catholique.

Mais si l’évêque de Reims fut appelé à baptiser Clovis, c’est qu’il avait exercé de longue date une influence déterminante dans le cheminement du chef franc vers la foi.

Dès l’avènement de Clovis (481), Rémi lui avait adressé un véritable programme de gouvernement, dans lequel il lui disait : « L’important est que la justice de Dieu ne chancelle pas chez vous. Que votre prétoire soit acces­sible à tous, et que personne n’en sorte triste. »

Conseiller du roi, Rémi ne se refusait pas non plus à rappeler ses collègues, les évêques, à leurs devoir : « Le Seigneur ne nous a pas établis pour dominer sur le peuple, mais pour le conduire avec dou­ceur. »

P. Jounel

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Notre-Dame de Madhu au Sri Lanka

Notre Dame de Madhu au Sri Lanka
Notre Dame de Madhu au Sri Lanka

Ce sanctuaire marial a accueilli le pape François le 14 janvier 2015 pour un court moment de prière, en mémoire des milliers de victimes de la guerre civile.

Plus qu’un sanctuaire, Madhu apparaît comme un espace sacré pour tous les Sri-Lankais. Parce que c’est le seul lieu où des Cinghalais, majoritairement bouddhistes, et des Tamouls, majoritairement hindous, acceptent de s’asseoir côte à côte, de se parler, de se respecter, et même de partager leur nourriture.

Au XVIe siècle, l’île de Ceylan (de nos jours Sri Lanka) était entre les mains de Hollandais calvinistes. Le petit village de Mentai vénérait la statue de la Vierge de Madhu, la Vierge Marie, sous l’appellation du Saint Rosaire. En 1670, les Hollandais reçurent l’ordre de faire cesser cette vénération.

Encerclés dans l’église Sainte-Marie de Madhu, perdue au cœur de la jungle et lieu spirituel important pour leur communauté, de courageux catholiques réussirent à traverser la ligne, emportant avec eux leur statue vénérée. Où la cacher, sinon dans la jungle ? C’est là qu’on la retrouvera après la persécution, dans une petite chapelle.

Le sanctuaire de Madhu deviendra un lieu spirituel important et un but de pèlerinage. En effet, la Dame de Madhu est vénérée par les chrétiens, les bouddhistes, les hindous du Sri Lanka, cinghalais ou tamouls. L’église actuelle de Sainte-Marie de Madhu, perdue au cœur de la jungle, date de 1872.

Elle a été très endommagée au cours du conflit qui dura de 1983 à 2009. L’évêque du lieu avait alors déclaré: « Ce sanctuaire avait permis d’accueillir des milliers de réfugiés, comme dans les années 1990, où 36 000 personnes déplacées y avaient trouvé refuge. À présent, pour la première fois de son histoire, c’est Notre Dame de Madhu qui devient une réfugiée. »

Mais la grande œuvre de Notre-Dame s’y poursuit, c’est le salut des pécheurs. Trente ou quarante prêtres confessent des jours durant au confessionnal ; de nombreux catéchumènes se lèvent, des processions se forment, bref une vie mariale ardente anime le sanctuaire.

Le sanctuaire marial de Notre-Dame de Madhu est à 250 km plus au nord de Colombo, dans le diocèse de Mannar, très près du parc national de Wilpattu. Ses fêtes les plus populaires  sont les 2 juillet, 15 août et 7 octobre qui attirent chaque année 600 000 chrétiens, bouddhistes, hindous et musulmans.

***

Trois sanctuaires dédiés à la Vierge Marie sont des pèlerinages importants pour les catholiques du Sri Lanka : Notre Dame de Madhu (au nord-ouest, où le pape s’est rendu mercredi 14 janvier 2015), Notre Dame de Matara (sud) et Notre Dame de Lanka * (ouest), où le pape s’est rendu le jeudi 15 janvier 2015, avant de partir pour les Philippines.

  • basilique nationale Notre-Dame de Lanka
    basilique nationale Notre-Dame de Lanka

    Cette basilique, dédiée à la Vierge Marie sous le vocable de Notre Dame de Lanka, a été voulue par l’archevêque français de Colombo, Mgr Jean-Marie Masson (1938-1947), Oblat de Marie Immaculée (OMI), qui, en 1940, avait fait le vœu que, si l’île échappait aux horreurs de la guerre, il aurait construit une basilique en ex-voto. Sous son impulsion, l’île a été consacrée à Marie. En 1946, il a reçu le feu vert du Vatican pour construire l’église. En 1948, le pape Pie XII a proclamé la Vierge de Lanka protectrice du Sri Lanka.
    Les origines de ce sanctuaire remontent au début de ce siècle, lorsqu’un petit sanctuaire à Notre-Dame de Lourdes (une petite chapelle) a été érigé par quelques laïcs catholiques et le père A. Kieger OMI, en 1911, la zone étant alors une partie de la paroisse de Ragama. Le 11 novembre 1917, le père A. Collorec OMI a construit une petite grotte de Notre-Dame de Lourdes avec l’aide de quelques ouvriers catholiques de Colombo. La chapelle a ensuite été agrandie pour accueillir un nombre croissant de pèlerins, et dans les années 1930, à côté de l’église, on a construit une grande grotte à Notre-Dame de Lourdes dans un énorme rocher, achevée en 1959 et bénie par le Révérend James R. Knox, Délégué Apostolique de Ceylan, le 11 février 1959 (plus tard Cardinal Knox). L’église et le sanctuaire avec le «puits sacré» à ses côtés sont progressivement devenus un lieu de pèlerinage pour les catholiques de l’archidiocèse de Colombo.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

Un grand défenseur de la Trinité, Hilaire de Poitiers

Un grand défenseur de la Trinité, Hilaire de Poitiers

Saint Hilaire de Poitiers
Saint Hilaire de Poitiers

Mémoire de saint Hilaire, évêque et docteur de l’Église. Élevé au siège épiscopal de Poitiers au milieu du IVe siècle, sous l’empereur Constance attaché à l’hérésie arienne, il en fut le premier évêque connu avec certitude.

Il défendit courageusement par ses écrits la foi de Nicée sur la Trinité et la divinité du Christ dans une Gaule acquise à l’arianisme, ce qui lui valut d’être exilé quatre ans en Phrygie. Il composa également des commentaires célèbres sur les psaumes et sur l’Évangile de Matthieu. Revenu d’Orient pour finir ses jours à Poitiers, il mourut en 367. (D’après le martyrologe Romain)

A l’occasion de l’audience générale du 10 octobre 2007, Benoît XVI a évoqué la grande figure d’Hilaire de Poitiers.

Probablement né païen en 310, dans une famille aristocratique locale, il se convertit à l’issue d’un processus de recherche de la vérité. Élu évêque de sa ville natale en 353, il s’opposa à l’arianisme qui niait la nature divine de Jésus-Christ, ce qui lui valut trois ans plus tard d’être exilé en Phrygie sur ordre de l’empereur Constance. Ce dernier avait embrassé les décisions du synode de Béziers majoritairement composé d’ariens. L’empereur étant mort, Hilaire put rentrer à Poitiers en 361, où il mourut six ans plus tard.

Dans son œuvre principale, De Trinitate, Hilaire expose son « cheminement personnel vers la connaissance de Dieu et démontre que l’Écriture atteste avec clarté la divinité du Fils, sa ressemblance au Père dans l’Évangile comme dans l’Ancien Testament qui dévoile le mystère du Christ ». Le saint évêque « a développé sa théologie trinitaire à partir de la formule baptismale même donnée par le Père: au nom du Père, du Fils et de l’Esprit ».

Saint Hilaire offre aussi des règles de lecture de l’Évangile, écrivant aussi que « certaines pages de l’Écriture annoncent Jésus comme étant Dieu, tandis que d’autres soulignent son humanité… Des passages  montrent sa préexistence aux côtés du Père…, rapportent son incarnation et jusqu’à sa mort…et sa résurrection ».

Malgré sa ferme opposition aux ariens, Hilaire était conciliant avec ceux qui acceptaient de confesser que le Fils était à l’image du Père en essence, tout en s’efforçant de les ramener à la foi véritable: non seulement ressemblance mais égalité…dans la nature divine.

Dans un esprit de conciliation il cherchait à comprendre ceux qui ne parvenaient pas à la vérité, et il les aidait avec patience et intelligence théologique à atteindre la foi authentique en la divinité de Jésus.

« Étant tout amour, Dieu est en mesure de communiquer sa pleine divinité au Fils. En assumant la nature humaine, le Fils s’est uni à tout homme… ce pour quoi la voie vers le Christ est ouverte à chacun de nous… s’il y a conversion personnelle ».

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Faisons nôtre la prière de saint Hilaire de Poitiers : « Je t’en prie, conserve pure cette foi droite qui est la mienne et donne-moi également, jusqu’à mon dernier soupir, cette voix de ma conscience, afin que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole proclamé lors de ma nouvelle naissance, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint » (Traité de la Trinité, XII, 57).

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse