Et postquàm venerunt in locum qui vocatur Calvaría, ibi crucifixerunt eum.
Lorsqu’ils furent arrivés vers un endroit appelé le Calvaire, ils attachèrent Jésus à la croix. Luc 23.
Ier Point.
IHS extrait des armes du Pape François
Nous voici enfin arrivés au mystère qui renferme les plus étonnantes merveilles ; c’est aujourd’hui surtout que l’amour du Fils de Dieu va se manifester dans toute son étendue : l’auguste sacrifice qui doit abolir tous les sacrifices, est au moment de s’accomplir. Sois, attentive, ô mon âme, et ne crains point de t’abandonner à tous les sentiments que fera naître en toi l’incompréhensible spectacle dont tu vas être témoin.
Aussitôt que les soldats se virent maîtres de la personne de Jésus, ils se hâtèrent de préparer tous les instruments nécessaires pour l’immolation de leur adorable victime. Ils lui ôtèrent d’abord le manteau d’écarlate qu’ils lui avaient mis par dérision, le revêtirent de ses habits ordinaires, et le chargèrent de la croix sur laquelle ils devaient l’attacher.
Saint Paul converti sur le chemin de Damas Église Saint Paul Lyon
EN ce 25 janvier, nous célébrons la conversion de saint Paul. Comment la rencontre a-t-elle pu se faire un jour entre le judaïsme passionné de Saul de Tarse et le message libérateur de Jésus ?
Car quand Saul, – son nom avant sa conversion – entendit parler de Jésus de Nazareth et de ses disciples, ce fut pour s’y opposer violemment de tout son zèle de juif fervent et pour persécuter… jusqu’au jour où sa vie fut soudain retournée par un évènement et une expérience inoubliable dont nous avons trois récits dans les Actes des Apôtres (9,3 ; 22,6 ; 26,13).
C’est au terme d’un voyage de Jérusalem à Damas. Il est midi. Or, voici que soudain une lumière plus lumineuse que le soleil, qui est pourtant dans tout son éclat, enveloppe Saul et sa troupe. Tous sont terrassés et tombent à terre.
Saul entend une voix lui parler : «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» Il lui répond : «Qui es-tu, Seigneur ?» La voix reprend : «Je suis Jésus que tu persécutes.» Et Saul, de nouveau : «Seigneur, que veux-tu que je fasse ?» La voix répond : «Relève-toi, va à Damas ; là, on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.»
____________________________________________________________________________________ Hans Speckaert XVIe siècle – La conversion de saint Paul sur le chemin de Damas | DR
Saul se relève mais, bien qu’il ait les yeux grands ouverts, le voici devenu aveugle. Il restera ainsi trois jours dans la nuit complète. Il est conduit par la main jusqu’à Damas, et là il logera chez un certain Jude qui habite la rue Droite, la grande rue de Damas.
C’est lui-même qui nous donne la vérité sur cette conversion lorsqu’il déclare : «J’ai été empoigné par Jésus Christ» (Philippiens 3,12). Cette emprise personnelle du Christ sur sa vie, à partir de ce moment-là, sera radicale. Il dira plus tard : «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.»
Le Ressuscité s’est manifesté à Saul comme Messie glorifié en Dieu et vivant dans ses disciples avec lesquels il ne fait qu’un. ■
P. Jean-Daniel Planchot, cm
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SAINT PAUL :
COURTE BIOGRAPHIE
LES brefs morceaux choisis des lettres de saint Paul qui sont lus à la messe du dimanche ne donnent qu’une faible idée de ce que sont réellement ces lettres, et de ce que fut l’extraordinaire aventure de Paul avec le Christ et avec les hommes.
Il faudrait lire chaque lettre comme un tout, en la replaçant dans son contexte historique. Les Bibles contiennent des introductions qui peuvent y aider. Mais on peut aussi essayer de résumer ce qui s’est passé pour Paul.
SAUL APPROUVAIT
Paul n’était pas n’importe qui. Ses parents étaient « citoyens romains ». Lui-même avait reçu, à Jérusalem, la meilleure éducation qui se puisse, à l’école du plus grand maître d’alors, Gamaliel. Il était Pharisien, et connaissait certainement à fond les Écritures et leurs commentaires. Le jour où Étienne fut lapidé, Saul (c’est son nom juif) était là, et « il approuvait ».
LE CHEMIN DE DAMAS
Nous avons vu que Saul était sincère dans son opposition farouche au christianisme naissant. Celui-ci apparaissait comme une secte nouvelle, une hérésie dangereuse, une déformation de la vraie foi au Dieu d’Abraham et de Moïse. Saul part pour Damas afin d’y arrêter les adeptes de Jésus le Nazaréen.
Qu’est-ce que Saul pensait de ce Jésus ? Est-il possible que jamais il ne se soit demandé : « Et si finalement c’était vrai ?… » Or, voici qu’en chemin il est soudain renversé et aveuglé ; Jésus vivant lui parle : « Pourquoi me persécutes-tu ? »
Ainsi, ce Jésus crucifié est donc vivant, et de plus il identifie à lui ses disciples…
L’APÔTRE DU CHRIST RESSUSCITÉ
Cet évènement, qu’on appelle la « conversion » de saint Paul, est une vocation, une désignation, un choix fait par le Christ. Paul sera l’instrument de l’Évangile dans le monde grec et romain.
Mais surtout et d’abord, cet évènement est une rencontre personnelle avec le Christ Jésus ressuscité. Cela est vrai pour tous : il n’y a pas de vie chrétienne authentique sans d’abord une rencontre personnelle avec le Christ.
Cette rencontre, et ce choix, font de Paul un « apôtre » du Christ, au même titre que les Douze. Cela, Paul le revendiquera souvent et fortement.
PAUL S’ADRESSE AUX JUIFS
Après son baptême (à Damas) Paul est retourné à Tarse (Turquie). C’est là en effet que Barnabé est venu le chercher, et tous deux s’en vont à Antioche annoncer le Christ ressuscité. Dans toutes les villes de cette région (Asie Mineure) il y avait des communautés de Juifs.
C’est à eux que Paul s’adresse, dans les synagogues, le jour du sabbat. Il s’efforce de leur montrer que Jésus de Nazareth est le Messie annoncé par les Prophètes, et que Dieu a réalisé en Jésus les promesses faites à Abraham, Moïse et David.
PAUL SE TOURNE VERS LES PAÏENS
En fait, une énorme hostilité se déploie contre Paul. Les Juifs refusent totalement son message. Il est roué de coups, lapidé, laissé pour mort…
Devant cette attitude de refus de ses frères Juifs, Paul décide de se tourner vers les non-Juifs, les «païens», et de leur annoncer Jésus-Christ. Car, finalement, l’Évangile du Christ est pour tous ! Jésus est le Sauveur de tous les hommes, et non seulement des Juifs.
Intuition décisive, audace inouïe, point de départ qui va donner à l’Évangile sa vraie dimension.
LE CONCILE DE JÉRUSALEM
Les esprits étaient si peu préparés à cette idée d’un salut pour tous en Jésus qu’une grave discussion s’élève. Certains prétendent que les païens qui veulent le baptême doivent d’abord se faire Juifs et accepter la Loi de Moïse.
Avec véhémence, et contre Pierre lui-même, Paul affirme alors que la foi en Jésus-Christ suffit, que c’est elle qui sauve, et non la Loi de Moïse. Paul s’en expliquera longuement dans ses lettres aux Romains et aux Galates. Oui, le Christ suffit.
Ainsi est accompli un nouveau pas décisif. Le christianisme naissant se dégage du Judaïsme qui l’a préparé. Le chrétien est l’homme qui se définit d’abord et avant tout par référence au Christ, et non pas uniquement par référence à Abraham et à Moïse.
Au Concile de Jérusalem, rassemblé pour débattre de tout cela, les Douze demandèrent seulement que, de toute façon, on s’abstienne de ce qui choquerait trop les chrétiens venus du judaïsme (viandes offertes aux idoles, viandes étouffées…).
Paul-de-Tarse
AU CŒUR DE LA CIVILISATION
Paul veut maintenant porter l’Évangile au cœur de la civilisation, dans les grandes villes intellectuelles et commerçantes. Il pense à Éphèse (Turquie). Mais un songe lui indique de franchir la mer et de passer en Grèce.
Voilà que l’Évangile pénètre en Europe. Après la ville de Philippes (en Macédoine), Paul se rend à Corinthe, alors capitale de la Grèce. Déjà, sans doute, il pense à Rome, capitale de l’empire. Il a même remplacé son nom juif Saul par un nom romain : Paulus.
Le Christianisme est ainsi né principalement dans les villes, et d’abord dans les milieux les plus pauvres : dockers, petits artisans, esclaves, etc. Bientôt, cependant, il gagnera les grandes familles, les penseurs, et plus tard l’empereur lui-même (Constantin).
PHILOSOPHIES ET RELIGION
Paul a d’abord cru qu’il devait s’adresser aux païens en leur montrant que son Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, est le vrai Dieu, bien plus excellent que toutes leurs idoles et divinités mythologiques. Il s’est mis à leur faire des démonstrations philosophiques.
Et… ce fut son échec cuisant d’Athènes. Lorsqu’il en vint, dans son discours, à la résurrection du Christ, tous se moquèrent de lui ! Les philosophies d’alors (Stoïciens, Épicuriens) excluaient complètement toute idée d’une résurrection.
Paul comprit alors quel fossé séparait l’Évangile de toutes ces philosophies. Dès lors, il prêche résolument le mystère pascal du Christ, Jésus mort et ressuscité, donc un message explicitement fou aux yeux du monde, mais en réalité sagesse véritable, sagesse de Dieu !
L’Évangile n’est pas une philosophie. Il est un mystère de salut, fondé sur une personne vivante, Jésus-Christ, et sur un évènement, sa résurrection.
Ici encore, un pas décisif est accompli.
CHRÉTIENS DANS LE MONDE PAÏEN
Reste à Paul une œuvre de longue haleine : former les nouvelles communautés chrétiennes et les aider à trouver, au sein du monde païen d’alors, la forme de vie qui soit conforme à l’Évangile de Jésus ressuscité. C’est ainsi que, peu à peu, il dégage des grands traits de la vie chrétienne et de l’homme nouveau re-né en Jésus-Christ. On en trouve des échos dans presque toutes ses lettres.
Paul est arrêté à Jérusalem pour avoir fait entrer avec lui dans le Temple un non-Juif. Il en appelle à l’empereur. Après un voyage périlleux sur la Méditerranée, il est donc conduit à Rome, où il séjourne deux ans, en liberté surveillée. Libéré, il visite encore les Églises qu’il a fondées. Puis, on ne sait au juste à quelle occasion, il est de nouveau arrêté, condamné à mort, et exécuté, à Rome, sur la route d’Ostie.
Textes présentés par l’Association de la Médaille Miraculeuse
Saint François de Sales, évêque de Genève, Docteur de l’Église
Fondateur de l’Ordre de la Visitation, patron de la presse catholique
François de Sales (1567-1622) est un homme de dialogue et de la douceur sans renoncer à la vérité. C’est l’un des premiers évangélisateurs modernes à se servir des feuillets et des affiches. Il propose un modèle de vie chrétienne pour tous les états de vie.
Saint François de Sales – Francisco Bayeu y Subìas
Il naît le 21 août 1567 à Thorens-Glières, en France, d’une noble et ancienne famille de Boisy, en Savoie. Il se forme dans les meilleurs collèges français, puis il contente le désir de son père qui rêve pour lui une carrière juridique, et va étudier le droit à l’université de Padoue.
Ici il mûrit un certain intérêt pour la théologie. Il prépare une licence avec la meilleure mention et rentre en France ; en 1592 il s’inscrit dans l’ordre des avocats.
Mais son grand désir est désormais de devenir prêtre, ainsi l’année suivante, le 18 décembre, il est ordonné prêtre et trois jours après, à l’âge de 26 ans, il célèbre sa première messe. Nommé archiprêtre du chapitre de la cathédrale de Genève, François révèle des dons de zèle et de charité, de diplomatie et d’équilibre.
Avec l’invasion du calvinisme il se porte volontaire pour évangéliser la région du Chablais. Dans la prédication il cherche le dialogue, mais se heurte à des portes fermées, à la neige, au froid, à la faim, à des nuits de bivouac, guet-apens, insultes et menaces.
Il étudie alors la doctrine de Calvin pour la comprendre à fond et pour mieux expliquer les différences avec le credo catholique ,et au lieu de recourir à la seule prédication et à la dispute théologique, il invente le système de publication, d’affiches publiques ou la distribution de porte à porte des feuillets et affiches qui exposent les différentes vérités de foi de manière simple et efficace.
Les conversions ne sont pas seulement nombreuses, mais aussi disparaissent l’hostilité et le préjugé envers le catholicisme. François s’établit ensuite à Thonon, dans la capitale du Chablais où il se consacre, entre autre, aux visites aux malades, à des œuvres de charité et à des entretiens personnels avec les fidèles. Il demande son transfert à Genève, ville symbole de la doctrine calviniste, avec le désir de récupérer le plus de croyants à l’Église catholique.
L’épiscopat à Genève et l’amitié avec Jeanne Françoise Fremyot de Chantal
En 1599 il est nommé évêque coadjuteur de Genève, et après trois ans, le diocèse est totalement dans ses mains, avec siège à Annecy. François s’y dépense sans réserve : il visite les paroisses, forme le clergé, réorganise les monastères et les couvents ; il ne se ménage pas pour la prédication, la catéchèse et des initiatives pour les fidèles.
Il choisit la catéchèse dialoguée ; la persévérance et la douceur dans la direction spirituelle provoquent différentes conversions. Au mois de mars 1604, durant la prédication de Carême à Dijon, il fait la connaissance de Jeanne Françoise Fremyot de Chantal avec laquelle s’instaure une belle amitié d’où naît aussi une correspondance de direction spirituelle.
C’est à elle qu’il dédie, en 1608, Philothée ouIntroduction à la vie dévote. Philothée est le nom idéal de celui qui aime ou veut aimer Dieu ; François conçoit le texte pour résumer de manière concise et pratique les principes de la vie intérieure et pour enseigner à aimer Dieu de tout son cœur et de toutes ses forces dans le quotidien de la vie.
L’idée est celle de former à une vie pleinement chrétienne ceux qui vivent dans le monde et doivent assumer des tâches civiles et sociales. L’œuvre eut un succès énorme.
La naissance de la Congrégation de la Visitation de Sainte Marie
La longue et intense collaboration entre François et Jeanne donna de grands fruits spirituels. Parmi ceux-ci la Congrégation de la Visitation de Sainte Marie fondée en 1610 à Annecy avec le but de principal de visiter et secourir les pauvres.
Huit ans après, la congrégation devînt un ordre contemplatif (aujourd’hui les moniales sont appelées visitandines); François lui-même en donne les constitutions en s’inspirant de la règle de Saint Augustin. Mais Jeanne de Chantal décide, ensuite, que ses religieuses s’occupent aussi de l’éducation et de l’instruction des filles, spécialement de familles aisées.
En 1616 François écrit Théotime ou traité de l’amour de Dieu, œuvre d’une extraordinaire épaisseur théologique, philosophique et spirituelle, pensée comme une longue lettre adressée a l’ami « Théotime » ; il présente à chaque personne sa vocation essentielle : vivre et aimer.
Le texte veut indiquer les meilleures voies pour que chacun puisse réaliser une rencontre personnelle avec Dieu. François de Sales meurt le 28 décembre 1622 à Lyon, à l’âge de 52 ans, et le 24 janvier de l’année suivante sa dépouille est transférée à Annecy.
« Ayez mémoire et souvenance, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils ; que vous êtes puissante et que je suis un pauvre homme vil et faible. Je vous supplie, très douce Mère, que vous me gouverniez et me défendiez dans toutes mes voies et actions.
Ne dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez ; car votre bien-aimé Fils vous a donné tout pouvoir, tant au ciel comme en la terre. Ne dites pas que vous ne devez ; car vous êtes la commune Mère de tous les pauvres humains et particulièrement la mienne.
Si vous ne pouviez, je vous excuserais disant : il est vrai qu’elle est ma mère et qu’elle me chérit comme son fils, mais la pauvrette manque d’avoir et de pouvoir. Si vous n’étiez ma Mère, avec raison je patienterais disant : elle est bien assez riche pour m’assister ; mais hélas, n’étant pas ma mère, elle ne m’aime pas.
Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que vous êtes puissante, comment vous excuserais-je si vous ne me soulagez et ne me prêtez votre secours et assistance ? Vous voyez, ma Mère, que vous êtes contrainte d’acquiescer à toutes mes demandes.
Pour l’honneur et la gloire de votre Fils, acceptez-moi comme votre enfant, sans avoir égard à mes misères et péchés. Délivrez mon âme et mon corps de tout mal et me donnez toutes vos vertus, surtout l’humilité. Enfin, faites-moi présent de tous les dons, biens et grâces, qui plaisent à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Ainsi soit-il. »