Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

le christianisme, pas doctrine philosophique

08-04-2014 source : Radio Vatican

 Le christianisme n’est pas une doctrine philosophique, ce n’est pas un programme de vie pour survivre, pour être éduqués, pour faire la paix. Ce sont là les conséquences. Le christianisme est une personne debout devant la croix, une personne qui s’anéantit soi-même pour nous sauver. C’est ce qu’a développé le Pape François ce matin à la chapelle de la maison Sainte-Marthe. Et la croix, a-t-il expliqué, « n’est pas un ornement que nous devons toujours disposer sur l’autel dans les Églises. Ce n’est pas un symbole qui nous distingue des autres. La Croix est le mystère de l’amour de Dieu qui s’humilie lui-même».

«Il n’existe pas de christianisme sans croix», «il n’y a pas de possibilité de sortir tous seuls de notre péché.»

Le Christ s’humilie pour nous sauver

« Le christianisme– a-t-il observé- n’est pas une doctrine philosophique, ce n’est pas un programme de vie pour survivre, pour être éduqués, pour faire la paix. Ce sont là les conséquences. Le christianisme est une personne debout devant la croix, une personne qui s’anéantit soi-même pour se sauver, qui s’est fait péché. Et de même que s’est élevé le péché dans le désert, ici, s’est élevé Dieu, fait homme et fait péché pour nous. Et tous nos péchés étaient là. On ne peut pas comprendre le christianisme sans comprendre cette humiliation profonde du fils de Dieu, qui s’humilie soi-même en se faisant esclave jusqu’à la mort et mort sur la croix, pour nous servir. »

« Le cœur du salut de l’homme, a-t-il encore dit, est son Fils qui pris sur lui tous nos péchés, nos suffisances, nos certitudes, nos vanités, nos envies de devenir comme Dieu ». C’est pourquoi, « un chrétien qui ne sait pas glorifier Dieu crucifié n’a pas compris ce que signifie être chrétien ».

« Nos plaies, «celles qui laissent le péché en nous, se guérissent seulement par les plaies du Seigneur, par les plaies de Dieu fait homme, humilié, anéanti.» « Ceci est le mystère de la croix » : « ce n’est pas un ornement que nous devons toujours disposer sur l’autel dans les Églises. Ce n’est pas un symbole qui nous distingue des autres. La croix est le mystère, le mystère de l’amour de Dieu, qui s’humilie soi-même, qui se fait ‘rien ‘, qui se fait ‘ péché ‘. »

Dieu pardonne avec une caresse

07-04-2014 source : Radio Vatican

«Dieu ne pardonne pas avec un décret mais avec une caresse». Et avec la miséricorde «Jésus va aussi au-delà de la loi et pardonne en caressant les blessures de nos péchés». C’est à cette grande tendresse divine que le Pape François a consacré l’homélie de la Messe célébrée lundi 7 avril dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. L’Evangile de la femme adultère pardonnée a donné l’occasion au Pape d’expliquer ce qu’est la miséricorde de Dieu.

«Les lectures d’aujourd’hui — a expliqué le Pape — nous parlent de l’adultère», qui avec le blasphème et l’idolâtrie était considéré «un très grave péché dans la loi de Moïse», puni «de la peine de mort» par lapidation. Dans le passage évangélique proposé dans la liturgie (Jean 8, 1-11), qui raconte l’histoire de la femme adultère, les scribes et les pharisiens posèrent cette question à Jésus: «Que devons-nous faire de cette femme? Tu nous parles de bonté mais Moïse nous a dit que nous devons la tuer!». Ils «disaient cela — a remarqué le Pape — pour le mettre à l’épreuve, pour avoir un motif pour l’accuser ». « Si Jésus avait dit : ‘Oui, procédez à la lapidation’, ils auraient dit aux gens : ‘Votre maître si bon…regardez ce qu’il a fait de cette pauvre femme !’ Et si Jésus avait dit : ‘Non, pardonnez-la !’ ils auraient dit qu’il ne respectait pas la loi. Ce n’est pas tant cette femme adultère qui les intéressaient. Ce qu’ils voulaient c’était de lui tendre un piège. »

Que celui qui est sans péché lance la première pierre

De là la réponse du Seigneur : « Celui qui parmi vous est sans péché, qu’il lui lance la première pierre ». L ’Évangile, avec une ‘certaine ironie’ raconte que les accusateurs « s’en allèrent, un par un, en commençant par les plus âgés ». « On voit, a fait remarquer le Pape, que ces gens-là dans la banque du ciel, avaient un fameux compte-courant contre eux » Et Jésus reste alors seul avec cette femme, comme un confesseur.« Il affirme : ‘ Moi non plus je ne te condamne pas ! Va et désormais ne pèche plus’ ».

« Jésus pardonne, a affirmé le Pape, mais ici nous avons quelque chose de plus que le pardon » « Jésus va au-delà de la loi. Il ne dit pas : ‘ce n’est pas un péché que l’adultère. Non, il ne le dit pas. Mais il ne la condamne pas selon la loi. Et voilà bien le mystère de la miséricorde. » « La miséricorde, c’est quelque chose de difficile à comprendre ». Jésus conseille à la femme de « ne plus pécher ».« Et l’on voit l’attitude miséricordieuse de Jésus : défendre le pécheur de ses ennemis. » « La miséricorde, affirmait alors le Pape, va au-delà et agit dans la vie d’une personne de telle sorte que le péché soit mis de côté. » « Dieu pardonne non pas décret, mais avec une caresse, en caressant nos blessures causées par le péché ».

La miséricorde de Dieu est sans limite

06-04-2014 Radio Vatican

« Il n’y a pas de limite à la miséricorde divine offerte à chacun de nous ! » : cette phrase, le Pape l’a répétée lors de l’Angélus de ce 5e dimanche de Carême et a invité chaque fidèle présent place Saint-Pierre à le faire avec lui. « Le Seigneur est toujours prêt à soulever la pierre tombale de nos péchés, qui nous sépare de lui, la lumière des vivants », a dit le Pape, commentant la résurrection de Lazare narrée dans l’Évangile de ce dimanche. Cette résurrection est le plus grand miracle réalisé par Jésus, « un geste trop grand, trop clairement divin pour être toléré par les grands prêtres, ceux qui prendront par la suite la décision de tuer Jésus » (cfr Gv 11,53).

Juste avant de ressusciter Lazare, Jésus a dit à ses sœurs Marthe et Marie « des mots qui sont restés pour toujours dans la mémoire de la communauté chrétienne » : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; tous ceux qui vivent et qui croient en moi, ne mourront pas pour l’éternité » (Jn 11,25).

Le Pape François a ensuite comparé Lazare à chacun de nous. Quand Jésus lui crie devant le tombeau scellé « Lazare, viens dehors ! », le mort sort avec les pieds et les mains liés avec des bandes et le visage enveloppé dans un suaire. Ces bandes sont nos péchés et Jésus pousse un cri péremptoire qui s’adresse à chacun, pour nous faire sortir des « tombeaux dans lesquels nos péchés nous ont fait sombrer, des tombes que nous avons construites avec nos choix mauvais et nos choix de mort ». Jésus nous invite ainsi à la vraie liberté.

« Une vie fausse, égoïste et médiocre » est une « prison dans laquelle nous nous sommes enfermés »  et le Christ nous invite à nous défaire des « bandes » de l’orgueil, qui « nous rend esclaves ».

« Notre résurrection commence ici quand nous décidons d’obéir au commandement de Jésus en sortant vers la Lumière, vers la Vie, quand tombent les masques de nos péchés et que nous retrouvons le courage de notre dessein original, créé à l’image de Dieu ».