Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

incroyant par orgueil, croyant par humilité

13-02-2014 source : Radio Vatican

Un croyant peut perdre la foi à cause de ses passions et de son orgueil, alors qu’un païen peut devenir croyant par son humilité : voilà, en résumé, l’idée développée par le Pape François ce jeudi matin durant la Messe célébrée en la chapelle de la Maison Sainte Marthe.

Les lectures du jour nous font réfléchir sur un double cheminement : « de l’idolâtrie au Dieu vivant », et au contraire, « du Dieu vivant vers l’idolâtrie ». La méditation du Pape part de l’Évangile, où une « femme courageuse », une païenne, demande à Jésus de libérer sa fille du démon. C’est une mère « désespérée et une mère, face à la souffrance d’un enfant, fait l’impossible ».

« Jésus lui explique qu’il est venu tout d’abord pour les brebis de la maison d’Israël, mais il lui explique avec un langage dur : ‘ Laisse d’abord les enfants manger à leur faim, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. ‘ Mais cette femme, qui certainement n’était pas allées à l’université, savait comment lui répondre. Et elle lui répond non pas avec son intelligence, mais avec ses tripes de mère, avec son amour : ‘C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants, donne-moi ces miettes !’ Cette femme, ajoutait le Pape, « n’avait pas honte » et face à sa foi Jésus accomplit le miracle : ‘À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille’» :

Chercher Dieu pour le trouver

« Elle s’était exposée au risque de faire mauvaise impression, mais elle a insisté, et du paganisme et de l’idolâtrie, elle a trouvé la santé pour sa fille et pour elle-même le Dieu vivant. C’est le cheminement d’une personne de bonne volonté, qui cherche Dieu et le trouve. Le Seigneur la bénit. Tellement de personnes font ce cheminement-là et le Seigneur l’attend ! Mais c’est l’Esprit Saint qui les porte en avant pour entamer ce cheminement. Chaque jour, dans l’Église du Seigneur des personnes font ce cheminement, silencieusement, pour trouver le Seigneur, parce qu’ils se laissent porter en avant par l’Esprit Saint ».

« Mais il y aussi le cheminement contraire », celui de Salomon, comme dans la première lecture. Salomon était « l’homme le plus sage de la terre », il avait reçu de Dieu de grandes bénédictions, il avait « une réputation universelle, tout le pouvoir », il était « un croyant en Dieu, mais qu’est-il arrivé ? » Il aimait les femmes et avait de nombreuses concubines païennes , ce qui a eu pour conséquence que « son cœur s’est fourvoyé pour suivre d’autres dieux » : et ainsi il a introduit les idoles en Israël. « Et ces femmes ont affaibli le cœur de Salomon lentement, lentement. Son cœur ne resta pas intègre avec le Seigneur, comme le cœur de David, son père » :

Pécher, mais l’humilité de demander pardon

« Son cœur s’est affaibli, il s’est affaibli ainsi et a perdu la foi. Il a perdu la foi. L’homme plus sage du monde s’est laissé entraîner par un amour indiscret, sans discrétion ; il s’est laissé entraîner par les passions. ‘Mais mon père, Salomon n’a pas perdu la foi, il croyait en Dieu et était capable de réciter la Bible !’ Oui, c’est vrai, mais avoir la foi ne signifie pas être capable de réciter le Credo. Tu peux réciter le Credo et avoir perdu la foi ».

Salomon « était un pécheur, comme son père David. Mais il est allé de l’avant et de pécheur il s’est converti en corrompu. Son cœur était corrompu, par cette idolâtrie. Son père était pécheur, mais le Seigneur avait pardonné tous ses péchés, parce qu’il était humble et demandait pardon ». Salomon, par contre, était « tellement sage », mais l’orgueil et ses passions l’ont porté à la corruption. « C’est dans le cœur que l’on perd la foi » :

« La semence maligne de ses passions a grandi dans le cœur de Salomon et l’a porté à l’idolâtrie. Nous l’avons entendu, dans la première lecture, dans l’Alléluia, ce très beau conseil :’Accueillez avec docilité la Parole. Avec docilité. La Parole qui a été plantée en vous pour vous porter au salut’. Imitons la cananéenne, cette femme païenne, en accueillant la Parole de Dieu, qui a été plantée en nous et qui nous portera au salut. Que la Parole de Dieu nous protège sur ce chemin et ne permette pas que nous finissions dans la corruption et l’idolâtrie. »

Comment vivons-nous l’Eucharistie

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre, à Rome
Mercredi 12 février 2014

Frères et sœurs, comment vivons-nous l’Eucharistie, et que représente-t-elle pour nous ? La participation à l’Eucharistie doit vraiment toucher notre existence et notre cœur, et ne pas être seulement comme une parenthèse qui ne transformerait pas notre vie. Puisque le Christ s’est donné pour chacun d’entre nous, la messe nous conduit-elle à nous sentir vraiment frères et sœurs, fait-elle grandir en nous la capacité de nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie, et pleurer avec ceux qui pleurent ? Puisque le Christ s’est livré pour le pardon des péchés, la messe nous donne-t-elle la grâce de nous sentir pardonnés et de pardonner à notre tour ? L’Eucharistie est une action du Christ, elle est la source de la mission de l’Église. Par elle, il veut entrer dans notre existence pour que, dans chaque communauté chrétienne, il y ait cohérence entre la liturgie et la vie.

Je salue bien cordialement les pèlerins de langue française, en particulier tous les jeunes des collèges et des lycées venus de France. Je vous invite à participer chaque dimanche à l’Eucharistie afin d’y rencontrer le Christ qui donne sa vie pour nous. C’est là que nous trouvons la grâce de transformer notre vie en profondeur, et nos relations avec les autres. Bon pèlerinage à Rome.


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PAPE FRANÇOIS AUDIENCE GÉNÉRALE 12-01-2014 – texte complet

Journée Mondiale du Malade 2014

11-02-2014source : Radio Vatican

Depuis 1992, le 11 février, mémoire liturgique de Notre-Dame de Lourdes, l’Eglise célèbre tous les ans, la Journée mondiale du Malade. L’accompagnement des personnes souffrantes est une priorité évangélique. Sous l’inspiration de Jean-Paul II, cette journée rappelle la dignité de toute personne, malade ou âgée. Elle est dédiée autant aux malades qu’aux personnes qui les assistent au quotidien : parents, amis, personnel médical.

L’objectif de la Journée mondiale du Malade est d’encourager les bien-portants à soutenir les personnes souffrantes et à être attentifs à leurs besoins, à leur donner de leur temps pour qu’elles ne se sentent pas mises à l’écart. Cela concourt à leur apaisement et parfois même à leur guérison. La joie, la compassion, l’affection peuvent avoir des effets thérapeutiques. Une parole exprimée avec simplicité, un geste posé avec sincérité permettront à des personnes qui souffrent de retrouver goût à leur vie.

Cette année, la journée a pour thème : « Foi et charité : ‘nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères’ » (1 Jn 3,16). Le Pape François rappelle dans son message que l’Église reconnaît dans les malades une présence spéciale du Christ souffrant. « Le Fils de Dieu fait homme n’a pas supprimé la maladie et la souffrance de l’expérience humaine, écrit-il, mais en les assumant lui-même, il les a transformées et leur a données une nouvelle dimension ». Dimanche, à l’Angélus, le Saint-Père a remercié le personnel de santé qui accomplit un travail précieux. Il a appelé les familles à ne pas avoir peur de la fragilité de leurs proches frappés par la maladie.

A l’invitation du Saint Père, prions notamment pour le pape émérite Benoît XVI qui, il y a un an, le 11 février 2013, provoquait la stupeur générale, en déclarant renoncer au ministère d’Évêque de Rome, successeur de Saint Pierre, huit ans après son élection le 19 avril 2005. “Aujourd’hui je vous invite à prier avec moi pour Sa Sainteté Benoît XVI, un homme de grand courage et humilité.”