Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Le Pape prie pour les martyrs d’aujourd’hui

26-12-2013 source : Radio Vatican

Giotto._St._Etienne._1320-1325._Horne_Museum_Florence_Italie« Prions particulièrement pour les chrétiens qui subissent des discriminations à cause de leur témoignage rendu au Christ et à l’Évangile ». En ce jour de la Saint-Étienne qui commémore le premier martyr de l’Église, « un homme rempli de foi et d’Esprit Saint », « choisi avec six autres pour le service des veuves et des pauvres dans la première communauté de Jérusalem » et qui « fut trainé hors des murs de la ville et lapidé », le Pape François a appelé les fidèles réunis place Saint-Pierre à prier et à penser à ces martyrs d’aujourd’hui.

« Jésus transforme la mort de ceux qui l’aiment en aurore d’une vie nouvelle »

L’Angélus de ce 26 décembre s’inscrit dans l’octave de Noël, « un temps de joie pour tout le peuple de Dieu ». Or fêter un martyr dans ces circonstances peut paraitre incongru mais « dans l’optique de la foi, a expliqué le Pape, la fête de Saint-Étienne est en pleine harmonie avec la signification profonde de Noël. Dans le martyr, en effet, la violence est vaincue par l’amour ; la mort par la vie. L’Église voit dans le sacrifice des martyrs leur “montée au ciel”. Jésus transforme la mort de ceux qui l’aiment en aurore d’une vie nouvelle ».

L’injustice doit être éliminée

C’est pourquoi en ce second jour de l’octave de Noël, le Pape a demandé de prier pour « ces frères et sœurs qui, comme saint Étienne, sont accusés injustement et font l’objet de violences diverses. Cela arrive spécialement là où la liberté religieuse n’est pas encore garantie ou n’est pas pleinement appliquée. Cela arrive aussi dans des pays et des milieux qui, théoriquement, garantissent la liberté et les droits de l’Homme, mais où, de fait, les croyants, et spécialement les chrétiens, font face à des limites et des discriminations. » « Sur le plan civil, l’injustice doit être dénoncée et éliminée » s’est enfin exclamé le Pape.

Laissons le coeur s’émouvoir pour la paix

banners_25-dic-natale-FR_125-12-2013 source : Radio Vatican

MESSAGE URBI ET ORBI – NOËL 2013

Gloire et paix : ce sont les deux axes majeurs du message de Noël que le Pape François vient de lire depuis le balcon de la Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre en ce jour de Noël devant une foule immense rassemblée place Saint-Pierre.

Le message du Pape fut donc d’abord et avant un message de paix, ou d’espoir de paix pour des peuples et des régions en guerre ou en crise. Tous les grands dossiers d’actualité ont ainsi été abordés. Expliquant avant tout que « la paix est un engagement de tous les jours, qu’on fait avancer à partir du don de Dieu, de sa grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ ».

Les premières pensées du Pape François vont aux « enfants qui sont les victimes les plus fragiles des guerres, aux personnes âgées, aux femmes maltraitées, aux malades ».

La Syrie, un conflit sans fin, qui a trop duré

Au niveau international, le premier pays cité est la Syrie, préoccupation majeure pour le Pape depuis son élection en mars dernier. « Le conflit en Syrie a trop brisé de vies ces derniers temps, fomentant haine et vengeance. Continuons à prier le Seigneur, pour qu’il épargne au bien-aimé peuple syrien de nouvelles souffrances et que les parties en conflit mettent fin à toute violence et garantissent l’accès aux aides humanitaires. Nous avons vu combien la prière est puissante ! Et je suis heureux qu’aujourd’hui des croyants de diverses confessions religieuses s’unissent aussi à notre supplication pour la paix en Syrie. Ne perdons jamais le courage de la prière ! Le courage de dire : Seigneur, donne ta paix à la Syrie et au monde entier. » Le Pape François a fait référence à la veillée de prière qu’il a organisé en septembre au plus fort des tensions internationales concernant l’usage d’armes chimiques par le régime syrien.

Outre la Syrie, le Pape François a évoqué le Proche-Orient, priant Dieu qu’il bénisse « la Terre que tu as choisie pour venir dans le monde et fais aboutir à une heureuse issue les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens ». « Guéris les plaies de l’Irak bien-aimé, encore frappé par de fréquents attentats ».

Afrique, de la Centrafrique au Soudan du Sud, en passant par le Nigeria

Autre conflit : la République centrafricaine, « souvent oubliée des hommes. Mais toi, Seigneur, tu n’oublies personne ! et tu veux porter aussi la paix à cette terre, déchirée par une spirale de violence et de misère, où beaucoup de personnes sont sans maison, sans eau ni nourriture, sans le minimum pour vivre. » Le Pape n’oublie pas non plus le Soudan du Sud qui a précipité dans la violence ces derniers jours et demande au Seigneur d’y favoriser la concorde. Il demande aussi que Dieu regarde le Nigeria, « lacéré par de continuelles attaques qui n’épargnent pas les innocents ni ceux qui sont sans défense. »

Le Pape François a eu également une pensée pour les déplacés et les réfugiés, « spécialement dans la Corne de l’Afrique et dans l’est de la République démocratique du Congo. » Autre préoccupation du Pape : les personnes « en quête d’une vie digne », les migrants. Et de souhaiter qu’ils trouvent « accueil et aide » et de souhaiter que « des tragédies comme celles à laquelle nous avons assisté cette année, avec les nombreux morts à Lampedusa, n’arrivent jamais plus. »

Le Pape a aussi pointé du doigt la traite des êtres humains, qualifiée de « délit contre l’humanité ». « Tourne ton regard vers les nombreux enfants qui sont enlevés, blessés et tués dans les conflits armés, et vers tous ceux qui sont transformés en soldats, volés de leur enfance ».

La protection de l’environnement

L’environnement a également été abordé dans ce message de Noël. « Seigneur du ciel et de la terre, regarde notre planète, que la convoitise et l’avidité des hommes exploitent souvent sans faire preuve de discernement ». Et de demander au Seigneur d’assister et de protéger « tous ceux qui sont victimes de calamités naturelles, surtout le cher peuple philippin, gravement frappé par le récent typhon ».

Malgré toutes ces tragédies, le Pape a appelé tous les fidèles et les pèlerins présents place Saint-Pierre à laisser « notre cœur s’émouvoir, laissons-le se réchauffer à la tendresse de Dieu ». « Demandons-lui qu’il nous aide à construire la paix chaque jour, dans notre vie, dans nos familles, dans nos villes et dans nos nations, dans le monde entier ».

A Noël, faisons place à Jésus plutôt… … qu’aux achats et au bruit

23-12-2013 source : Radio Vatican

A Noël, comme Marie, faisons place à Jésus qui vient. C’est l’invitation lancée par le Pape François lors de la messe célébrée ce lundi matin en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican. En ce jour qui précède la naissance du Seigneur, il a souligné que l’Église, comme Marie, est dans l’attente d’un accouchement. Marie aussi, « a éprouvé ce qu’éprouvent toutes les femmes à ce moment-là ». « Elle a ressenti les signes dans son corps, dans son âme » que son fils était sur le point de naître. « Et nous comme Église, accompagnons la Vierge Marie dans cette attente ». Le Seigneur vient deux fois « à Noël, que nous allons fêter maintenant, la naissance physique », et « celle qui viendra à la fin y mettre un terme ». Mais comme l’affirme Saint Bernard, il existe une troisième naissance :

« Il existe une troisième venue du Seigneur : celle de chaque jour. Le Seigneur chaque jour visite son Église ! Il visite chacun de nous et notre âme aussi entre dans cette ressemblance : notre âme ressemble à l’Église, notre âme ressemble à Marie. Les Pères du désert disent que Marie, l’Église notre âme sont féminines, et ce que l’on peut dire de l’une, on peut le dire de manière analogue de l’autre. Notre âme aussi est dans l’attente, dans cette attente pour la venue du Seigneur ; un âme ouverte qui appelle : ‘Viens Seigneur’ ».

La vigilance est la vertu du pèlerin

Et à chacun de nous, ces jours-ci, « l’Esprit Saint demande d’adresser cette prière : Viens ! Viens ! ». Tous les jours de l’Avent, « nous avons dit dans la préface de la messe que nous, l’Église, comme Marie, nous sommes vigilants, dans l’attente ». Et la vigilance « est la vertu » du pèlerin. Nous tous « sommes des pèlerins » :

« Et je me demande : nous sommes dans l’attente ou nous sommes fermés ? Nous sommes vigilants ou nous nous sommes arrêtés dans le confort d’un hôtel, le long de la route et nous ne voulons plus aller de l’avant ? Sommes-nous pèlerins ou sommes-nous perdus ? C’est pour cela que l’Église nous invite adresser cette prière, ce ‘Viens’, à ouvrir notre âme et que notre âme, ces jours-ci, soit vigilante et dans l’attente. Être en éveil ! Que se passe-t-il en nous si le Seigneur vient ou s’il ne vient pas ? Si nous faisons de la place au Seigneur ou plutôt aux fêtes, aux achats, aux bruits…Notre âme est-elle ouverte, comme est ouverte la Sainte Mère Église et comme est ouverte la Vierge Marie ? Ou notre âme est-elle fermée, et nous avons mis sur la porte la pancarte : ‘Prière de ne pas déranger’ ».

« Le monde ne prend pas fin avec nous, nous ne sommes pas ce qu’il y a de plus important au monde : c’est le Seigneur, avec la Vierge Marie et Mère l’Église ! » Et voilà, « il est bon que nous répétions cette invocation : ‘O sagesse, clé de David, Roi des nations, viens !’ » :

« Et aujourd’hui, répétons sans cesse ce ‘Viens’, et cherchons à ce que notre âme ne soit pas là à nous dire : ‘Ne pas déranger’. Non, que notre âme soit ouverte, que notre âme soit grande, pour recevoir le Seigneur ces jours-ci et qu’elle commence à entendre ce que l’Église chantera demain : ‘Sachez qu’aujourd’hui vient le Seigneur ! Et demain vous verrez sa gloire ! ».