Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Le cri qui importune

07-12-2013 source : L’Osservatore Romano

La prière est « un cri » qui ne craint pas d’« importuner Dieu », de faire du bruit, comme lorsqu’on « frappe à une porte » avec insistance. Voilà, selon le Pape François, la signification de la prière qui doit être adressée au Seigneur en esprit de vérité et avec la certitude qu’il peut vraiment l’exaucer.

Le Pape en a parlé dans l’homélie de la Messe célébrée vendredi matin, 6 décembre, dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. Faisant référence au passage du chapitre 9 de Matthieu (27-31), il a tout d’abord attiré l’attention sur un mot contenu dans le passage de l’Évangile « qui nous fait réfléchir : le cri ». Les aveugles, qui suivaient le Seigneur, criaient pour être guéris. « Même cet aveugle à l’entrée de Jéricho criait et les amis du Seigneur voulaient le faire taire. » Mais cet homme « demande au Seigneur une grâce et il la demande en criant », comme pour dire à Jésus : « Mais fais-le ! J’ai droit à ce que tu fasses cela ! ».

« Le cri est ici un signe de la prière. Jésus lui-même, quand il nous enseignait à prier, disait de le faire comme un ami importun qui, à minuit, allait demander un morceau de pain pour ses invités ». Ou bien «  de le faire comme la veuve avec le juge corrompu ». En substance, « de le faire – dirais-je – en étant importun. Je ne sais pas, peut être est-ce que cela ne sonne pas bien, mais prier est un peu comme importuner Dieu pour qu’il nous écoute ».

Du reste, quand nous prions, c’est le Seigneur lui-même qui nous demande : « Tu crois que je peux faire cela ? ». Une interrogation de laquelle naît la question que chacun doit se poser à lui-même : « Suis-je certain qu’il peut le faire ? Ou est-ce que je prie un peu, mais je ne sais pas s’il peut le faire ? ». La réponse est qu’« il peut le faire », même si « nous ne savons pas quand il le fera et comment il le fera ». Précisément «  celle-ci est la sécurité de la prière ».

En ce qui concerne ensuite le « besoin » spécifique qui motive notre prière, il faut le présenter « avec vérité au Seigneur : je suis aveugle, Seigneur, j’ai ce besoin, j’ai cette maladie, j’ai ce péché, j’ai cette douleur ». Ainsi, il « sent le besoin, mais il sent que nous demandons son intervention avec sécurité ».

En conclusion, le Pape François a réaffirmé la nécessité de toujours réfléchir « si notre prière est un besoin et si elle est sûre » : elle est « un besoin car nous disons la vérité à nous-mêmes », et elle est « sûre parce que nous croyons que le Seigneur peut faire ce que nous demandons ».

Paroles chrétiennes à ancrer dans le Christ

05-12-2013 source : Radio Vatican

Celui qui prononce des paroles chrétiennes sans le Christ, c’est-à-dire sans le mettre en pratique, se fait du mal à soi-même et aux autres, parce qu’il est soumis à l’orgueil et provoque de la division, même dans l’Église : voilà en résumé ce qu’a affirmé le Pape François, ce jeudi matin, durant la messe célébrée dans la Chapelle de la Maison Sainte Marthe. Écouter et mettre en pratique la parole du Seigneur c’est comme construire la maison sur le roc.

Le Pape François explique la parabole de l’Évangile de la liturgie de ce jeudi. Jésus reproche aux pharisiens de connaitre les commandements mais de ne pas les mettre en pratique dans leur vie : « ce sont des paroles bonnes », mais si elle ne sont pas mises en pratique « non seulement elles ne servent pas, mais elles font du mal : elles sont trompeuses, elles nous font croire que nous avons une belle maison, mais sans fondations ». Une maison qui n’est pas construite sur le rocher.

« Cette image du rocher se réfère au Seigneur. Isaïe, dans la Première Lecture, le dit : « Ayez toujours confiance dans le Seigneur, parce que le Seigneur est un rocher éternel ! ». Le rocher, c’est Jésus-Christ ! Le rocher, c’est le Seigneur ! Une parole est forte, elle donne la vie, elle peut aller de l’avant, elle peut tolérer toutes les attaques, si cette parole a ses racines en Jésus-Christ. Une parole chrétienne qui, dans la vie d’une personne, n’a pas ses racines vitales en Jésus-Christ, est une parole chrétienne sans le Christ ! Et les paroles chrétiennes sans le Christ sont trompeuses, elles font du mal ! Un écrivain anglais, un jour, en parlant des hérésies disait qu’une hérésie est une vérité, une parole, qui est devenue folle. Quand les paroles chrétiennes sont sans le Christ, elles commencent à prendre le chemin de la folie ».

Une examen de conscience s’impose sur notre lien à Jésus-Christ

« Une parole chrétienne sans le Christ te porte à la vanité, à l’assurance mais surtout à l’orgueil, au pouvoir pour le pouvoir. Et le Seigneur renverse ces personnes. C’est une constante dans l’histoire du Salut. Anna, la mère de Samuel le dit; Marie le dit dans le Magnificat : le Seigneur renverse la vanité, l’orgueil de ces personnes qui se croient des rocs. Ces personnes qui suivent une parole mais sans Jésus-Christ : une parole chrétienne certes, mais sans le rapport avec Jésus-Christ, sans l’amour de Jésus-Christ. Voilà ce que le Seigneur nous dit aujourd’hui : de construire notre vie sur ce rocher, et le rocher c’est Lui ». « Un examen de conscience nous fera du bien, affirme le Pape, pour comprendre « comment sont nos paroles », si ce sont des paroles « qui pensent être puissantes », capables « de nous donner le salut », ou si ce sont « des paroles avec Jésus-Christ ».

« Je me réfère aux paroles chrétiennes, parce qu’en l’absence de Jésus-Christ, cela nous divise entre nous, dans l’Église. Demandons au Seigneur la grâce de nous aider dans cette humilité, que nous devons toujours avoir, de dire des paroles chrétiennes en Jésus-Christ, et non pas sans Jésus-Christ. Cette humilité d’être des disciples sauvés et d’aller de l’avant non pas avec des paroles qui, se croyant puissantes, finissent dans la folie de la vanité, de l’orgueil. Que le Seigneur nous donne cette grâce de l’humilité de prononcer des paroles fondées sur Jésus-Christ ! »

que signifie ressusciter ?

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 4 décembre 2013
condensé

Chers frères et sœurs, il n’est pas facile de comprendre la réalité future de la résurrection de la chair. L’Écriture Sainte est un chemin vers la pleine foi dans la résurrection des morts. Elle nous dit que notre résurrection est liée à celle de Jésus. C’est lui qui, au dernier jour, ressuscitera ceux qui auront cru en lui. Mais que signifie ressusciter ? Avec la mort, le corps se décompose alors que l’âme va à la rencontre du Seigneur, dans l’attente d’être de nouveau réunie à son corps, au dernier jour, par la puissance de Dieu. De la même manière que Jésus est ressuscité dans son propre corps, parce que nous sommes ses disciples, nous ressusciterons nous aussi, dans notre propre corps, un corps désormais glorieux et transfiguré. Seule la foi nous rend accessible cette certitude. Mais, dès ici-bas, par le Baptême, nous avons reçu une semence de cette résurrection à venir, et nous y participons déjà.

Le Pape prie pour les religieuses et toutes les personnes enlevées en Syrie

Le Pape François a lancé ce mercredi un appel pour les sœurs orthodoxes emmenées par des hommes armés dans le nord de la Syrie, et « toutes les personnes enlevées en raison du conflit » dans ce pays. A l’issue de l’audience générale sur la place Saint-Pierre, le Pape a évoqué le sort « des religieuses du monastère gréco-orthodoxe de Sainte Thècle à Maaloula en Syrie, qui ont été emmenées par la force par des hommes armés ». « Nous prions pour ces sœurs et pour toutes les personnes enlevées en raison du conflit. Continuons à prier et à opérer ensemble pour la paix. » Les sœurs ont été contraintes de quitter leur couvent et emmenées vers Yabroud.