Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Jésus, pas d’armée pour vaincre le mal

03-09-2013 source : Radio Vatican

« Jésus n’a pas besoin d’armée pour chasser les démons, il n’a pas besoin de l’arrogance, ni de la force ni de l’orgueil. Où se trouve Jésus, il y a toujours l’humilité, et l’amour ». Voilà ce qu’a déclaré le Pape François durant la messe de ce mardi matin en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican. Le Pape a mis l’accent sur la distinction entre « la lumière tranquille » de Jésus qui parle à notre cœur et la lumière du monde, une « lumière artificielle » qui nous rend arrogants et orgueilleux.

L’identité chrétienne est « une identité de la lumière et non pas des ténèbres ». Le Pape François a axé son homélie en partant de paroles de Saint Paul adressées aux premiers disciples de Jésus : « Frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, vous êtes tous des fils de la lumière ». Cette lumière, a fait remarquer le Pape, « n’a pas été bien accueillie par le monde ». Mais Jésus, ajoutait-il, est venu justement pour nous sauver du péché, « sa Lumière nous sauve des ténèbres ». Alors « qu’aujourd’hui on peut imaginer avoir la lumière avec tellement de progrès scientifiques et biens de l’humanité ».

La lumière du monde est artificielle

« On peut tout connaître, on peut posséder la science de tout et cette lumière sur les choses. Mais la lumière de Jésus est une autre affaire. Ce n’est pas une lumière de l’ignorance, non ! C’est une lumière de sagesse et de connaissance, mais c’est autre chose que la lumière du monde. La lumière que nous offre le monde est une lumière artificielle, peut-être forte, forte comme un feu d’artifice, comme un flash photo. Mais par contre la lumière de Jésus est une lumière douce, une lumière tranquille, une lumière remplie de paix, c’est comme la lumière de la nuit de Noël : sans prétention ».

Et, ajoutait encore le Pape, c’est une lumière qui “s’offre et procure la paix”. La lumière de Jésus, a poursuivi le Pape François, « ne fait pas du spectacle, c’est une lumière qui vient du cœur ». Toutefois, « c’est vrai que le diable tant de fois se travestit en ange de lumière : car il aime imiter Jésus et sembler bon, il nous parle tranquillement, comme Jésus a parlé après avoir jeûné dans le désert ». Voilà pourquoi nous devons demander au Seigneur « la sagesse du discernement pour reconnaître quand c’est Jésus qui nous donne la lumière ou quand c’est le démon, travesti en ange de lumière ».

Comment reconnaître la Lumière de Jésus ?

« Tant de gens croient vivre dans la lumière et sont dans les ténèbres, mais ne s’en aperçoivent pas. Comment est donc cette lumière de Jésus ? La lumière de Jésus, nous pouvons la reconnaître parce que c’est une lumière humble, ce n’est pas une lumière qui s’impose : elle est humble, douce, avec la force de cette douceur. C’est une lumière qui parle au cœur. C’est une lumière qui t’offre la Croix. Si nous, dans notre for intérieur nous sommes des personnes douces, nous sentons la voix de Jésus dans notre cœur et nous regardons sans peur la Croix : alors cette lumière est la lumière de Jésus ».

Mais si par contre arrive une lumière qui te « te rend orgueilleux », a avertit le Pape, une lumière qui « t’amène à regarder les autres de haut, à les mépriser, qui t’amène à l’arrogance, cette lumière n’est pas celle de Jésus : c’est celle du diable, travesti en Jésus, en ange de lumière ». « Jamais nous ne pouvons trouver un Jésus qui ne soit pas humble, sans amour et sans Croix ». Nous devons aller vers Lui « sans peur », suivre sa lumière parce qu’elle est « belle et fait tant de bien ». Dans l’Évangile de ce jour, a conclu le Pape, Jésus chasse le démon et les gens prennent peur face à une parole qui chasse les esprits impurs. « Mais cette Parole est humble, douce, pleine d’amour ».

L’appel de Marie

Marie et CatherineIl n’y a rien de plus touchant que de méditer les paroles dites à Sœur Catherine par la Vierge, dans la Chapelle de la rue du Bac, lors de sa première apparition. Elles résument toute sa tendre sollicitude.

C’est ainsi que Marie nous parle et nous invite. Elle connaît la force redoutable de nos mauvais vouloirs et la résistance que nous opposons à la grâce ; elle comprend notre misère qui est de nous complaire dans l’indifférence et de nous habituer à demeurer loin de Dieu.

C’est pourquoi la sainte Mère nous appelle infatigablement et nous invite à venir vers le Seigneur. On demeure confondu devant une telle bienveillance. Comment résister à ce geste d’émouvante bonté ?

« En ce moment, écrit Sœur Catherine, je sentis l’émotion la plus douce de ma vie, et il me serait impossible de l’exprimer. La Sainte Vierge m’expliqua comment je devais me conduire  dans les peines, et, me montrant de la main gauche le pied de l’autel, elle me dit de venir me jeter là et d’y répandre mon cœur, ajoutant que je recevrais là toutes les consolations dont j’aurais besoin.»

Catherine, sortie de l’extase où la plongeait la présence de la Sainte Vierge, ne garda pas en elle seule, ni pour elle seule, les confidences de celle-ci, mais s’en alla accomplir sa mission en transmettant à son confesseur ce qui lui avait été confié.

« Mon enfant, dit Marie, je veux vous charger d’une mission ; vous y souffrirez bien des peines, mais vous les surmonterez à la pensée que c’est pour la gloire du Bon Dieu. Vous serez contredite, mais vous aurez la grâce, ne craignez point ; dites tout ce qui se passe en vous, avec simplicité et confiance. Vous verrez certaines choses ; vous serez inspirée dans vos oraisons, rendez-en  compte à celui qui est chargé de votre âme. »

Ainsi Sœur Catherine a-t-elle répondu à l’appel d’en haut ; ainsi avons-nous à y répondre nous-mêmes. La Vierge Marie nous y invite, et cela d’autant plus en cette année de la Foi. ■

Jean-Daniel Planchot, cm

Dieu : pas de haine, d’envie et de jalousie

Là où il y a Dieu, il n’y a pas de haine, d’envie et de jalousie, et il n’y a ces bavardages qui tuent les frères : c’est ce qu’a affirmé le Pape François ce matin à Sainte Marthe, où il a recommencé à célébrer la messe après la pause estivale.

La rencontre de Jésus avec ses compatriotes, les habitants de Nazareth, comme le raconte l’Évangile de saint Luc proposé par la liturgie de ce lundi, a été au centre de l’homélie du Pape. Les Nazaréens admirent Jésus, a-t-il relevé, mais ils attendent de lui quelque chose d’étonnant : « Ils voulaient un miracle , ils ont voulu un spectacle » pour croire en lui. C’est pour cela que Jésus dit qu’ils n’ont pas la foi et « que ceux-ci se sont tellement mis en colère. Ils se sont levés, et poussaient Jésus jusqu’au sommet de la montagne pour le faire tomber et le tuer »:

« Mais regardez comment les choses ont changé. Elles ont commencé avec beauté, avec admiration, et elles se sont terminées par un crime : vouloir tuer Jésus. Et ceci à cause de la jalousie, de l’envie , de toutes ces choses … Ce n’est pas quelque chose qui est arrivé il y a deux mille ans , cela arrive tous les jours dans nos cœurs, dans nos communautés. Quand dans une communauté on dit: « Ah , celui qui est arrivé chez nous est une bonne personne ! ». On en parle bien le premier jour , le deuxième plus tellement, et le troisième on commence à faire des ragots ».

Ainsi, les Nazaréens « voulaient tuer Jésus »:

« Mais ceux qui au sein d’une communauté colportent des ragots sur leurs frères, sur les membres de la communauté, veulent tuer : c’est la même chose que ça! L’apôtre Jean , dans sa Première Lettre 3:15c dit ceci: « Celui qui hait son frère dans son cœur, est un meurtrier ». Nous sommes habitués à bavarder, à faire des potins . Mais combien de fois nos communautés, même notre famille, est un enfer dans lequel se commet le crime de tuer son frère et sa sœur avec sa langue. »

« Une communauté , une famille – a poursuivi le Pape – est détruite par cette envie, qui sème le diable dans le cœur et fait dire du mal des autres. Ces jours –ci, on parle tant de paix. Nous voyons les victimes des armes, mais nous devons penser à nos armes quotidiennes : langue , les potins , les ragots. » Chaque communauté, a conclu le Pape, doit vivre avec le Seigneur :

« Pour qu’il y ait la paix dans une communauté , une famille, un pays, dans le monde , nous devons commencer ainsi : être avec le Seigneur. Et où est le Seigneur il n’y a pas l’envie, il n’y a pas de crime , pas de haine , pas de jalousie . Il y a la fraternité. Demandons cela au Seigneur : ne jamais tuer son voisin avec notre langue, et être avec le Seigneur comme nous serons tous au ciel. Ainsi soit-il . »