Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Le regard et les paroles.

Le regard et les paroles.

Dans l’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sur notre regard et sur nos paroles.

Avant tout sur notre regard. Le risque que nous courrons, dit le Seigneur, est de nous concentrer pour regarder la paille dans l’œil du voisin, sans nous apercevoir de la poutre qu’il y a dans le nôtre (cf. Lc 6, 41). En d’autres termes, être très attentifs aux défauts des autres, même les petits comme une paille, et ignorer tranquillement les nôtres, en leur donnant peu d’importance.

Ce que dit Jésus est vrai: nous trouvons toujours des motifs de culpabiliser les autres et de nous justifier nous-mêmes. Et souvent, nous nous plaignons des choses qui ne vont pas dans la société, dans l’Église, dans le monde, sans nous remettre d’abord en question et sans nous engager à nous changer d’abord nous-mêmes. Tout changement fécond, positif, doit commencer par nous-mêmes.

Dans le  cas contraire, il n’y aura pas de changement. Mais — explique Jésus — ce faisant, notre regard est aveugle. Et si nous sommes aveugles, nous ne pouvons pas prétendre être des guides et des maîtres pour les autres: en effet, un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle  (cf. v. 39).

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Chers frères et sœurs, le Seigneur nous invite à purifier notre regard. Il nous demande tout d’abord de regarder en nous pour reconnaître nos pauvretés. Parce que si nous ne sommes pas capables de voir nos défauts, nous serons toujours portés à agrandir ceux des autres.  Si nous reconnaissons en revanche nos erreurs et nos pauvretés, la porte de la miséricorde s’ouvre pour nous.

Et après nous être regardés à l’intérieur, Jésus nous invite à regarder les autres comme il le fait Lui — voilà le secret: regarder les autres comme il le fait Lui —, qui ne voit pas avant tout le mal, mais le bien. Dieu nous regarde ainsi: il ne voit pas en nous des erreurs irrémédiables, mais il voit des fils qui se trompent. L’optique change: elle ne se concentre pas sur les erreurs, mais sur les fils qui se trompent.

Dieu distingue toujours la personne de ses erreurs. Il sauve toujours la personne. Il croit toujours dans la personne et est toujours prêt à pardonner les erreurs. Nous savons que Dieu pardonne toujours.  Et il nous invite à faire de même: à ne pas rechercher chez les autres le mal, mais le bien.

Après le regard, Jésus nous invite aujourd’hui à réfléchir sur nos paroles. Le Seigneur explique que  «c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche» (v. 45). C’est vrai, on comprend immédiatement ce que quelqu’un a dans son cœur selon la façon dont il parle. Les paroles que nous utilisons expriment la personne que nous sommes. Mais parfois, nous prêtons peu d’attention à nos paroles et nous les utilisons de façon superficielle.

Mais les paroles ont un poids: elles nous permettent d’exprimer des pensées et des sentiments, de donner voix aux peurs que nous avons et aux projets que nous voulons réaliser, de bénir Dieu et les autres.  Malheureusement, avec notre langue, nous pouvons toutefois aussi alimenter les préjugés et même détruire; avec la langue, nous pouvons détruire nos frères: les commérages blessent et la calomnie peut être plus tranchante qu’un couteau!

Et aujourd’hui, en particulier dans le monde numérique, les paroles vont vite; mais trop souvent, elles véhiculent la colère et l’agressivité, alimentent de fausses nouvelles et profitent des peurs collectives pour répandre des idées déformées. Un diplomate, qui fut secrétaire général des Nations unies et qui reçut le prix Nobel de la paix, dit qu’«abuser des paroles équivaut à mépriser l’être humain»  (D. Hammarskjöld, Jalons, Paris, Plon 1966).

Demandons-nous alors quel genre de paroles nous utilisons: des paroles qui expriment l’attention, le respect, la compréhension, la proximité, la compassion, ou bien des paroles qui visent principalement à nous glorifier devant les autres? De plus, parlons-nous avec douceur, ou bien polluons-nous le monde en répandant du poison: en critiquant, en nous plaignant, en alimentant l’agressivité diffuse?

Que la Vierge Marie, dont Dieu a regardé l’humilité, la Vierge du silence que nous prions à présent, nous aide à purifier notre regard et nos paroles.

PAPE FRANÇOIS ANGÉLUS Place Saint-Pierre Dimanche, 27 février 2022


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la liturgie eucharistique : l’offertoire de la messe

la liturgie eucharistique : l’offertoire de la messe


Frères et sœurs, après la liturgie de la Parole, la Messe se poursuit par la liturgie eucharistique dans laquelle l’Église rend présent le Sacrifice de Jésus sur la Croix. Le prêtre qui représente le Christ accomplit ce que le Seigneur a fait et a confié à ses disciples lors de la Cène.

Cette liturgie commence par la préparation des dons. Les fidèles sont appelés à faire d’eux-mêmes un sacrifice apprécié par le Père. Dans les signes du pain et du vin déposés sur l’autel par les mains du prêtre, la vie des fidèles, avec leurs souffrances, leurs prières, leur travail, est unie à celle du Christ et prend une valeur nouvelle.

Bien sûr, notre offrande est petite, mais le Christ a besoin de si peu. Il nous demande peu, le Seigneur, et il nous donne tellement. Cela nous demande peu. Il nous demande, dans la vie ordinaire, la bonne volonté; il nous demande un cœur ouvert; il nous demande de vouloir mieux accueillir celui qui s’offre à nous dans l’Eucharistie; il nous demande ces offrandes symboliques qui deviendront alors son corps et son sang.

Une image de ce don de soi, mouvement de prière, est représenté par l’encens consumé par le feu et qui libère un parfum s’élevant vers le ciel, il exprime bien le mouvement oblatif de ce moment : en encensant les offrandes, comme vous le faites les jours de fête, en encensant la croix, l’autel, le prêtre et le peuple sacerdotal manifestent visiblement le lien d’offertoire qui unit toutes ces réalités au sacrifice du Christ

Et n’oublions pas: il y a l’autel qu’est le Christ, mais toujours en référence au premier autel qu’est la Croix, et sur l’autel qu’est le Christ nous apportons le peu de nos dons, le pain et le vin qui deviendront alors Jésus lui-même qui se donne à nous.

Enfin, dans l’oraison sur les offrandes le prêtre demande à Dieu d’accepter les dons que l’Église lui offre, invoquant le fruit du merveilleux échange entre notre pauvreté et sa richesse. Dans le pain et le vin, nous lui présentons l’offrande de notre vie, afin qu’elle soit transformée par l’Esprit Saint en sacrifice du Christ et ne devienne avec lui qu’une seule offrande spirituelle agréable au Père.

À mesure que la préparation des dons se termine, la prière eucharistique est disponible. Que nos vies soient transformées par l’Esprit Saint et deviennent avec le Christ une seule offrande à Dieu le Père !

Je vous invite à développer dans le quotidien de votre vie cette spiritualité du don de soi qui s’exprime pleinement dans l’offertoire de la messe, et qui nous porte à offrir au Seigneur nos activités, nos souffrances et nos relations avec les autres, et à nous aider à construire la cité terrestre à la lumière de l’Évangile. Que Dieu vous bénisse.

PAPE FRANÇOIS – AUDIENCE GÉNÉRALE – Salle Paul VI au Vatican -Mercredi 28 février 2018


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être le signe d’un amour qui accueille tout le monde

Angelus : être le signe d’un amour qui accueille tout le monde

PAPE FRANÇOIS 

ANGÉLUS

Dimanche 23 février 2025

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Texte préparé par le Saint-Père

Frères et sœurs, bon dimanche !

Ce matin, dans la basilique Saint-Pierre, l’Eucharistie a été célébrée avec l’ordination de quelques candidats au diaconat. Je les salue, ainsi que les participants au Jubilé des diacres qui s’est déroulé ces jours-ci au Vatican, et je remercie les dicastères pour le Clergé et pour l’Évangélisation pour la préparation de cet événement.

Chers frères diacres, vous vous consacrez à l’annonce de la Parole et au service de la charité ; vous exercez votre ministère dans l’Église en paroles et en actes, en apportant à tous l’amour et la miséricorde de Dieu.

Je vous exhorte à poursuivre votre apostolat avec joie et – comme le suggère l’Évangile d’aujourd’hui – à être le signe d’un amour qui accueille tout le monde, qui transforme le mal en bien et qui engendre un monde fraternel. N’ayez pas peur de risquer l’amour !

Pour ma part, je poursuis avec confiance mon hospitalisation à la Polyclinique Gemelli, en suivant les traitements nécessaires ; et le repos fait aussi partie de la thérapie ! Je remercie sincèrement les médecins et le personnel soignant de cet hôpital pour les soins qu’ils me prodiguent et pour le dévouement avec lequel ils accomplissent leur service auprès des malades.

Demain, ce sera le troisième anniversaire de la guerre à grande échelle contre l’Ukraine : un anniversaire douloureux et honteux pour l’ensemble de l’humanité ! Tout en renouvelant ma proximité avec le peuple ukrainien martyrisé, je vous invite à vous souvenir des victimes de tous les conflits armés et à prier pour le don de la paix en Palestine, en Israël et dans tout le Moyen-Orient, en Birmanie, au Kivu et au Soudan.

Ces jours-ci, j’ai reçu de nombreux messages d’affection et j’ai été particulièrement touché par les lettres et les dessins des enfants. Merci pour cette proximité et pour les prières de réconfort que j’ai reçues du monde entier !

Je confie tout le monde à l’intercession de Marie et vous demande de prier pour moi.


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