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Sur terre un bonheur sans nuage, est-ce possible?

3e SEMAINE APRÈS PÂQUES : LUNDI

Sur terre un bonheur sans nuage, est-ce possible ?

la flamme de l'espérance
la flamme de l’espérance

Ceux qui attendent sur terre un bonheur sans nuage ne peuvent être que des rêveurs ou des égoïstes. Car la suppression de toutes les souffrances n’est malheureusement pas prévisible pour demain; et en admettant même que l’on puisse avoir le privilège, rare, d’ignorer soi-même les deuils, maladies, tristesses ou ennuis de la vie, comment oublier tous ceux qui souffrent autour de nous, et comment y remédier de façon satisfaisante?

Le christianisme est réaliste en ce qu’il ne nous promet pas l’exemption de la condition humaine. L’Évangile au contraire nous annonce la croix, et nous la prêchons, à la suite de saint Paul. Mais cette révélation nous apprend du même coup à inclure notre peine elle-même dans la joie, où elle se dissout.

La souffrance en effet n’exclut la joie que si elle se clôt sur elle-même. Si elle est sans but. Dès lors, nous souffrons doublement : de souffrir d’abord, et en outre de nous révolter en vain contre une peine stérile, scandaleusement inutile par conséquent au regard de notre raison.

Mais que la souffrance devienne croix, que la raison s’épanouisse dans la foi, et le présent douloureux apparaît comme le gage même de l’avenir. Le cœur accepte alors, comme il arrive à la femme qui enfante, en prévision de l’enfant qu’elle porte déjà… : « et votre tristesse elle-même se changera en joie » (Jn. 16, 20).

Dom Claude Jean-Nesmy

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

QUATRE-VINGT-CINQUIÈME LECTURE : De la satisfaction

QUATRE-VINGT-CINQUIÈME LECTURE : De la satisfaction

Abbe-Charles-Francois-LHOMOND-1727-1794
Abbe-Charles-Francois-LHOMOND-1727-1794

Facite fructus dignos poenitentiae.

Faites de dignes fruits de pénitence. Matthieu 3.

J’avais mérité des tourments éternels, et vous voulez bien, ô mon Dieu ! les changer en quelques peines passagères. Vous pourriez me condamner à un supplice affreux, et vous vous contentez d’une légère satisfaction.

Cet adoucissement est le fruit des souffrances que vous avez endurées pour moi. J’accepte, ô mon Dieu ! toutes les peines que votre justice m’imposera, pour l’expiation de mes péchés ; je les unis à la satisfaction que vous avez offerte pour moi.

Daignez m’appliquer le mérite de votre mort ; j’accomplirai fidèlement la pénitence qui me sera imposée ; je supporterai avec patience les maladies et toutes les afflictions que votre providence m’enverra.

Je les regarderai comme des témoignages de votre amour, persuadé que vous ne me châtiez en cette vie que pour m’épargner en l’autre, j’y ajouterai même des pénitences et des mortifications volontaires, pour suppléer à l’insuffisance de celles qui m’auront été prescrites par le saint tribunal.

Quelques légères privations dans mes repas, quelques aumônes faites de ce que j’aurai retranché à la sensualité, l’exactitude à me lever a l’heure marquée, la fidélité à garder le silence dans le temps et le lieu où il est ordonné ; toutes ces pratiques qui ne peuvent nuire à ma santé, vous seront très agréables ; unies à vos souffrances, elles serviront à expier mes péchés, et à satisfaire à votre justice.

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse

NB : à ceux qui le demanderont – par contact -, je donnerai gratuitement la version de ces prières, mise en EPUB.
P. J.-Daniel Planchot, cm

sous le signe de l’espérance

3e DIMANCHE APRÈS PÂQUES – sous le signe de l’espérance

la flamme de l'espérance
la flamme de l’espérance

Après Pâques, le 1e Dimanche prêchait la foi. Le 2e évoquait la charité qui unit le Bon Pasteur à son troupeau. Le 3e est sous le signe de l’espérance. Par le fait même, avant que ne s’intensifie la préparation à la venue de l’Esprit-Saint (4e, 5e, 6e Dimanches), avant de recevoir- par conséquent avec le Consolateur divin les arrhes de la joie pleine et céleste, dès maintenant nous apparaît clairement l’aspect que prend cette joie sur la terre.

Les chrétiens sont pleins de joie parce qu’ils ont la foi, et pour autant sont divinement consolés parce qu’ils ont l’assurance d’être aimés de Dieu et guidés par ce Bon Pasteur en la Personne de Jésus-Christ. Ils ont le réconfort de l’espérance parce qu’ils savent où ils vont.

Rien ne saurait leur enlever cette joie là, puisque leur fidélité est plus forte que les attirances du monde, leur amour plus fort que la mort, leur patience à toute épreuve. En un mot, leur joie est pascale, donc inaltérable, surmontant le monde, la souffrance et la mort même. « Heureux es-tu, Israël ! Qui est semblable à toi, peuple sauvé par le Seigneur, lui, le bouclier qui te protège » (Dt. 33, 29).

Dom Claude Jean-Nesmy

Texte présenté par l’Association de la Médaille Miraculeuse