Tous les articles par P. Jean-Daniel Planchot

Le pape François au Panama pour des JMJ

Pour son 26e voyage international et son 40e pays visité, le Pape François va retrouver l’Amérique latine à cette occasion et devrait, une nouvelle fois, exhorter les jeunes à l’engagement.

Dans ce Panama de 4 millions d’habitants, où il n’est jamais allé, ce ne seront pas les grandes foules qui l’accueilleront. Les communications ne sont pas aisées et les jeunes des pays voisins ont dû prendre le bus durant de longues heures pour arriver sur place.

Avec 150 000 inscrits, ces Journées Mondiales de la Jeunesse seront parmi les plus petites jamais organisées. Mais ce sera à dimension humaine, ce qui ne devrait pas déplaire au Pape.

Réconciliation

Il a tenu à ce que la cérémonie pénitentielle de vendredi se déroule dans une prison, où il confessera de jeunes détenus. Au-delà de cette liturgie pénitentielle, le thème de la réconciliation traversera largement ce voyage qui, s’il se déroule seulement au Panama, aura été largement préparé par l’ensemble des pays d’une Amérique centrale avec conflits et instabilité politique. Ainsi sera centrale la question de la violence des jeunes, et ses causes : inégalités, trafics, corruption et manque d’avenir.

Violence et migrations

Le Pape évoquera sans doute la question du Nicaragua, mais aussi, plus largement la question de la violence qui n’épargne aucun pays de la région. Ainsi la Colombie, visitée il y a un plus d’un an et encore récemment frappée par un grave attentat et le Venezuela tout proche.

D’autres thèmes pourront être aussi à l’ordre du jour, tel les migrations, car beaucoup des jeunes Centraméricains qu’il rencontrera sont eux-mêmes des migrants. Il devrait aussi probablement rencontrer des victimes d’abus sexuels.

Messager de consolation et d’espérance

Au fil de ces questions, le Pape, qui célébrera l’angélus après la messe de clôture des JMJ dans un foyer d’accueil de jeunes malades du sida, passera ainsi en revue toutes les situations de la jeunesse.

Il place ainsi ces JMJ dans la continuité du chemin entamé depuis le rassemblement de Cracovie, en passant par le Synode d’octobre dernier sur les jeunes, mais en ouvrant aussi sur la prochaine assemblée, en octobre prochain, sur l’Amazonie.

De fait, les journées en diocèses auront été largement marquées par cette dimension du service et de l’engagement, notamment en matière d’écologie. Le Pape n’avait pas hésité, dans un message vidéo en novembre, à appeler les jeunes à une «révolution du service.»

UNITÉ 2019 : 6 LE SEIGNEUR EST LE CRÉATEUR DE TOUT

23 JANVIER

LE SEIGNEUR EST LE CRÉATEUR DE TOUT

Lectures bibliques

Jérémie 10,12-16 : Il fait la terre par sa puissance, il établit le monde par sa sagesse, et par son intelligence il a déployé les cieux. Quand il donne de la voix, et que les eaux grondent dans les cieux, des extrémités de la terre il fait monter les nuages, il lance les éclairs pour la pluie, il libère le vent qu’il tenait en réserve. Tout homme est stupide, faute de connaissance, tout orfèvre, méprisable à cause de son idole ; ce qu’il a coulé est un mensonge : pas de souffle en elle ! Ce n’est que vanité, œuvre dérisoire ; au temps du châtiment, tout disparaîtra. Il n’est pas ainsi, Celui qui est la part de Jacob, car il a façonné toute chose ; Israël est la tribu de son héritage, son nom est « Le Seigneur de l’univers ».

Marc 16,14-15 : Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.

Réflexion

Le monde créé manifeste l’extraordinaire puissance de Dieu. La grandeur de Dieu se rend visible dans et par toute la création : « Le Seigneur de l’univers, c’est son nom».

Aujourd’hui, nous connaissons néanmoins une grave crise écologique planétaire, qui menace la survie de la nature. Par avidité, beaucoup de gens ont été amenés à exploiter la création au-delà de ses capacités. Au nom de la croissance, on abat des forêts et la pollution détruit la terre, l’air, les rivières et les mers, rendant l’agriculture impossible et l’eau fraîche introuvable, et causant la mort des animaux.

Dans ce contexte, il convient de rappeler qu’après sa résurrection, Jésus a chargé les disciples de proclamer la Bonne Nouvelle «à toutes les créatures». Aucune portion de la création n’échappe au projet de Dieu de faire toutes choses nouvelles. Et il faut donc passer d’une tendance à exploiter la création à une attitude qui la valorise et nous réconcilie avec elle.

Des mouvements existant chez des fidèles de diverses religions en Indonésie et en bien d’autres endroits, incitent les chrétiens à encourager les Églises éco-responsables et à prendre position contre les abus environnementaux. Cela unit les chrétiens dans le témoignage rendu à leur Créateur, car « lui, c’est le créateur de tout ».

Lorsque nous nous associons à d’autres chrétiens pour défendre notre maison terrestre commune, nous ne nous engageons pas dans un militantisme, mais accomplissons le commandement du Seigneur : proclamer à toute la création la bonne nouvelle de l’amour de Dieu qui guérit et restaure.

Prière

Dieu d’amour, par ta Parole, tu crées toute chose. Nous te rendons grâce pour l’univers qui manifeste ta gloire, ta beauté et ta bonté. Par ton Esprit Saint, donne-nous la joie d’être ensemble des acteurs de la sauvegarde de la Création. Nous te le demandons au nom de ton Fils, ta Parole vivante. Amen.

les Béatitudes, vrai style de vie du chrétien

Le vrai style du chrétien est celui des Béatitudes, a dit le Pape lors de sa messe quotidienne ce lundi 21 janvier 2018  en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe au Vatican.

 

Jésus au mont des béatitudes
Jésus au mont des béatitudes

L’Évangile est le «vin nouveau» qui est donné aux fidèles, mais pour être chrétien il convient d’adopter «un comportement nouveau», un «nouveau style» dont seules les Béatitudes savent indiquer le chemin. C’est la signification de «la parole clé» qui conclut l’Évangile de saint Marc de ce jour: «À vin nouveau, outres neuves», et qui est le point de départ de l’homélie du Pape ce lundi à Sainte-Marthe.

Pour comprendre ce qu’est le style chrétien, le Pape invite à procéder en creux et à identifier les comportements qui n’en sont pas, par exemple «le style accusateur», le «style mondain» ou «le style égoïste».

Accuser les autres n’est pas chrétien

Le style accusateur est le style de ceux qui cherchent toujours à accuser les autres. Ils vivent en accusant, en disqualifiant les autres comme le ferait «un promoteur de justice raté». Ils sont toujours en train d’accuser mais ne se rendent pas compte que c’est le «style du diable». Dans la Bible, le diable est désigné comme «le grand accusateur».

«Ceci est une mode que nous avons» et qui existait déjà au temps de Jésus qui, plus d’une fois, a réprimandé les accusateurs. «Au lieu de regarder le brin de paille dans les yeux des autres, regarde la poutre qui est dans les tiens», «que ceux qui n’ont jamais péché, jettent la première pierre. »

La mondanité ruine

Vivre en accusant l’autre et en lui cherchant des défauts n’est pas chrétien, comme d’ailleurs «le style mondain». Ce sont ceux qui récitent le Credo mais vivent de «vanité, d’orgueil, agrippés à l’argent», en se croyant autosuffisants. «Le Seigneur t’a offert le vin nouveau, mais tu n’as pas changé d’outres. Tu n’as pas changé”.

La mondanité ruine tant de gens. Il s’agit de personnes mais «qui entrent dans cet esprit de vanité, d’orgueil, qui veulent se faire voir… Il n’y a pas d’humilité. Or l’humilité fait part du style chrétien. Nous devons l’apprendre des enseignements de Jésus, de la Vierge et de saint Joseph qui étaient humbles».

Rejeter l’esprit d’indifférence

Enfin l’on retrouve un autre comportement «dans nos communautés» et qui n’est pas chrétien: «le style égoïste», «l’esprit d’indifférence». Des gens croient être de bons catholiques mais agissent sans se préoccuper des autres et de leurs problèmes. «Ils ne se préoccupent pas des guerres, des maladies, des personnes en souffrance… de leur prochain. Voilà l’hypocrisie que Jésus reprochait aux docteurs de la loi».

Mais quel est donc le véritable style chrétien ? C’est celui des Béatitudes. Il liste «la douceur, l’humilité, la patience dans la souffrance, l’amour pour la justice, la capacité à supporter les persécutions, à ne pas juger les autres».

Que ceux qui souhaitent éviter d’être accusateurs, mondains ou égoïstes, lisent les Béatitudes, nos «outres nouvelles», «la route pour y arriver». Pour être vraiment chrétien, il faut avoir la capacité de réciter avec cœur le Credo, mais aussi le Notre Père.